Introduction
Quand tu regardes ton père, ton frère ou un proche qui refuse encore Jésus, il t'arrive de baisser les bras. Tu te dis que son coeur est trop dur, que trop d'années sont passées, que rien ne bougera plus. La conversion de Saul, sur le chemin de Damas, te rappelle qu'aucun homme n'est hors de portée du Christ. Ce sermon, prêché à quelques jours de la Fête des Pères, relie l'histoire de Saul à celle d'un père japonais qui a longtemps tourné le dos à l'Évangile avant de se rendre à Jésus à 56 ans. Un père qui a interdit à son fils d'aller à l'église, qui priait dans un temple bouddhiste, qui vivait pour son travail à Tokyo, et que Dieu a rejoint.
1. Saul, un persécuteur zélé : mais pas hors de portée
Actes 9 s'ouvre sur un tableau terrible. Saul "respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur" (Actes 9.1). Il n'était pas simplement indifférent à l'Évangile: il voulait l'écraser. Il allait à Damas, muni de lettres officielles du souverain sacrificateur, pour arrêter hommes et femmes et les ramener enchaînés à Jérusalem. Aux yeux des chrétiens de l'époque, Saul était l'ennemi public numéro un. Personne ne priait pour sa conversion en s'attendant vraiment à la voir arriver.
Et pourtant, c'est lui que Jésus arrête en pleine course. Une lumière du ciel, une voix: "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?" (Actes 9.4). Le persécuteur tombe à terre. Celui qui pensait défendre Dieu apprend qu'il combattait Dieu lui-même. C'est là toute la puissance de la grâce: elle rejoint l'homme au moment où il est le plus loin.
2. Un père qui a longtemps tourné le dos à Jésus
Le prédicateur raconte son propre père. Quand lui et ses frères se sont convertis, l'un après l'autre, le père a d'abord ignoré. Puis il est devenu hostile. Un jour de Nouvel An, sur le chemin d'un sanctuaire, le plus jeune frère refuse l'offrande de son père en disant simplement: "Je suis chrétien, je ne donne pas d'offrande aux idoles." Le père rentre chez lui en furie. Il attend son fils aîné, celui qui avait déjà refusé la même chose quelques jours plus tôt chez son oncle, et l'interdit d'église.
Pendant trois à six mois, ce garçon de treize ans ne peut plus se rendre à l'église. Il a soif. Il pleure. Il prie. Sa soif de louer Dieu grandit, et sa prière pour son père devient plus déterminée. "J'ai compris cette année-là que venir à l'église n'est pas un dû, c'est une grâce", dit le prédicateur. Il se souvient aussi des personnes malades, alitées, empêchées, qui aimeraient être au culte et ne le peuvent pas. Dieu se sert même de cet interdit paternel pour former son coeur.
3. Dieu convertit à son heure : pas à la nôtre
Le père du prédicateur avait de solides raisons humaines de rejeter Jésus. Ancien rugbyman au lycée, kendoka à l'université, il s'était endurci par la discipline. Pour son travail il partait à l'aube et rentrait au petit matin, entre Ginza, Akasaka et Roppongi. Le dimanche, sa femme et ses enfants étaient à l'église quand il aurait voulu les avoir à la maison. Il avait fait un séjour de zazen dans un temple bouddhiste réputé de Kamakura, pour "l'entraînement mental". Bref, tout en lui résistait à l'Évangile.
Et pourtant, il a fini par plier. À 56 ans, il a reconnu Jésus comme Sauveur. Il a servi dans son église comme ancien, comme membre de la chorale. Il est parti au ciel à 89 ans, il y a quatre ans, exactement dans le lieu où le prédicateur préside aujourd'hui. Trente-trois ans de foi. "La même durée que le ministère terrestre de Jésus", note-t-il, ému. Ananias avait dû surmonter sa peur pour aller trouver Saul (Actes 9.13-15). Jamais l'aîné n'aurait cru un jour prêcher devant son père baptisé.
4. Ce que Dieu voit en l'homme que tu penses perdu
Quand Ananias hésite, le Seigneur lui répond: "Va, cet homme est un instrument que j'ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d'Israël" (Actes 9.15). Dieu ne voit pas Saul comme Ananias le voit. Ananias voit un dossier de crimes. Dieu voit un apôtre à venir.
Fais le même exercice pour cette personne qui t'inquiète. Ton conjoint qui refuse encore Christ. Ton parent endurci. Ton collègue qui se moque. Dieu peut voir en eux ce que tu n'oses plus imaginer. Ta prière n'est pas naïve: elle rejoint la volonté déjà arrêtée du Père. Comme le rappelle le prédicateur, "il fallait que je prie pour mon père, pas seulement pour lui, mais aussi pour ma propre vie d'église, qui dépendait de sa conversion".
5. Trois jours d'aveuglement, puis Ananias
Après sa rencontre avec Jésus, Saul reste trois jours sans voir, sans manger, sans boire (Actes 9.9). Trois jours de vide, de silence, de mort à lui-même. Puis vient Ananias, un disciple ordinaire, envoyé par le Seigneur. Il pose les mains sur Saul et l'appelle "frère", le persécuteur devenu frère (Actes 9.17). Les écailles tombent. Saul est baptisé. Il mange. Il se relève.
Ne néglige pas ta place d'Ananias. Tu n'es peut-être qu'un chrétien ordinaire, sans grand titre. Mais Dieu peut se servir de toi pour poser la main sur quelqu'un qui vient de croiser Jésus dans le silence de son coeur. Un mot juste, un accueil sans jugement, un baptême partagé peuvent achever ce que la grâce a commencé.
Points à retenir
- Aucun coeur n'est trop endurci pour la grâce. Saul persécutait; il est devenu apôtre.
- Dieu se sert même des refus et des interdits qui te blessent pour former ta soif de lui.
- Le temps de Dieu n'est pas le tien. Trente-trois ans avant conversion, puis trente-trois ans de service.
- Prie précisément pour la personne que tu penses perdue: Dieu voit déjà en elle ce que tu n'oses plus voir.
- Ton rôle d'Ananias compte. Un chrétien ordinaire peut poser la main qui achève l'oeuvre.
Application personnelle
- Pour qui as-tu cessé de prier parce que tu le trouvais trop loin? Reprends cette personne devant le Seigneur cette semaine.
- Ta pratique du dimanche est-elle un dû ou une grâce? Que changerais-tu si elle t'était retirée trois mois?
- Qu'est-ce que Dieu essaie de former en toi à travers un empêchement ou un refus que tu subis en ce moment?
- Si Ananias avait obéi à sa peur au lieu d'obéir au Seigneur, Saul ne serait pas devenu Paul. À qui Dieu te demande-t-il d'aller aujourd'hui, alors même que tu as peur?
- Écris le prénom d'une personne pour qui tu vas prier chaque jour pendant un mois. Tiens ce nom devant Dieu comme le fils de ce sermon l'a fait pour son père.
Versets cités
- Actes 9.1-22 · La conversion de Saul (LSG)
- Actes 9.4 · "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?" (LSG)
- Actes 9.15 · "Cet homme est un instrument que j'ai choisi" (LSG)
- Actes 9.17 · "Frère Saul" (LSG)
FAQ
Que faire si je prie pour un proche depuis des années sans voir de changement?
Le père du prédicateur s'est converti à 56 ans, après des décennies de résistance. Ta prière n'est pas perdue. Elle rejoint la patience de Dieu, qui ne compte pas les années comme toi. Continue de nommer cette personne devant le Seigneur, et laisse-le fixer le moment.
Est-il normal de souffrir quand un proche s'oppose à ma foi?
Oui. Le fils du sermon a été blessé, empêché d'aller à l'église, incompris par son propre père. Cette souffrance est réelle. Elle n'est pas un signe que Dieu t'a abandonné. Souvent, elle devient l'endroit précis où ta prière devient plus profonde et ta soif plus vraie.
Faut-il refuser toute participation à un culte non chrétien en famille?
Le sermon ne donne pas une règle universelle, mais un témoignage: un garçon de treize ans a simplement dit "je suis chrétien, je ne fais pas d'offrande", sans agressivité, sans provocation. La ligne se pose devant Dieu, avec respect pour ta famille, et sans reniement de Christ. Demande la sagesse du Seigneur pour ta situation précise.
pour prendre des notes et poser une question.