« Crois-tu cela ? » Cette question, Jésus la pose à Marthe devant le tombeau de son frère Lazare. Deux mille ans plus tard, elle nous rejoint là où nous en sommes : dans la maladie, dans l'attente, dans les prières qui semblent rester sans réponse. Ce sermon parcourt Jean 11, l'un des passages les plus connus des évangiles, pour dire une chose simple mais exigeante : le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu d'amour et de grâce, et la vraie question de ta vie n'est pas « Est-ce que Dieu peut ? » mais « Crois-tu qu'il est bon, même quand il tarde ? »
Ce texte est destiné aussi bien à celui qui n'a pas encore mis sa foi en Christ qu'au croyant qui traverse une saison difficile. Parce que la question « Crois-tu ? » ne s'arrête pas au jour de la conversion. Elle revient à chaque épreuve, à chaque silence de Dieu, à chaque prière qui semble arriver trop tard.
Plan de l'article
- Béthanie, une famille aimée de Jésus
- « Celui que tu aimes est malade » : la prière de la confiance
- Pourquoi Jésus attend deux jours de plus
- Trois mots grecs pour l'amour : phileo, storgê, agapê
- Recevoir l'amour de Dieu pour pouvoir aimer
- « Lazare s'est endormi » : la mort du croyant
- Crois-tu au Dieu d'amour et de grâce ?
1. Béthanie, une famille aimée de Jésus
Le récit s'ouvre à Béthanie, dans le village de Marie et de sa sœur Marthe. Jean prend soin de préciser que Marie est celle qui, plus tard, oindra les pieds du Seigneur et les essuiera de ses cheveux (Jean 12). Cette famille (Marthe, Marie, Lazare), est connue de Jésus. Ils ne sont pas anonymes. Ils sont ses amis.
Un jour, Lazare tombe malade. Ses deux sœurs envoient dire à Jésus : « Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade » (Jean 11:3). Elles n'ajoutent aucune demande. Pas de mode d'emploi, pas de plan de guérison. Elles savent que la relation suffit. Jésus les connaît, Jésus les aime, il fera ce qui est juste.
Il y a quelque chose de très beau dans cette prière. Elle ne dicte rien à Dieu. Elle expose la situation, elle rappelle la relation, et elle laisse Christ décider.
2. « Celui que tu aimes est malade » : la prière de la confiance
Marthe et Marie auraient pu écrire un message plus urgent, plus détaillé : « Viens vite, guéris-le, ne tarde pas. » Elles ne le font pas. Elles savent à qui elles parlent. Elles font confiance à son cœur.
C'est ce que Dieu attend de toi aujourd'hui. Quand tu pries, tu n'as pas à convaincre Dieu de t'aimer, ni à négocier avec lui pour qu'il agisse. Tu peux simplement lui présenter la situation et lui dire : « Seigneur, tu sais. Fais selon ta volonté. » La confiance ne consiste pas à toujours obtenir ce que tu demandes ; elle consiste à croire que Dieu, dans son amour, choisira ce qui est le meilleur.
3. Pourquoi Jésus attend deux jours de plus
La réaction de Jésus est déroutante. Il dit : « Cette maladie n'est point à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11:4). Puis il attend deux jours entiers avant de se mettre en route. Deux jours pendant lesquels Lazare meurt.
Comprends bien : ce n'est pas de l'indifférence. Le texte dit expressément que Jésus aimait Marthe, sa sœur et Lazare (Jean 11:5). Il aime, et il attend. Pourquoi ?
Parce que l'amour de Dieu ne se réduit pas à faire disparaître le problème le plus vite possible. Notre logique humaine, c'est : « Si Dieu m'aime, il doit m'épargner la souffrance. » La logique de Dieu, c'est : « Parce que je t'aime, je vais te faire traverser cela pour que ta foi devienne inébranlable et que ma gloire soit manifestée. »
Tu as sans doute déjà prié pour une situation qui ne s'est pas arrangée aussi vite que tu l'espérais. Peut-être même que Dieu n'a pas répondu comme tu voulais. Avec le recul, beaucoup de croyants témoignent : « Si Dieu m'avait exaucé au moment où je le voulais, je ne l'aurais jamais cherché aussi profondément. » Le retard n'est pas un abandon. Il est parfois l'endroit où Dieu creuse en toi une foi plus solide.
4. Trois mots grecs pour l'amour : phileo, storgê, agapê
Un détail du texte grec éclaire tout le passage. Quand les sœurs disent « celui que tu aimes », elles utilisent le verbe phileo, l'amour d'affection, de fraternité, entre amis proches (la racine de « Philadelphie »). C'est un amour réel, mais conditionné par l'affinité, le lien, la sympathie mutuelle.
Dans le monde grec, il existe aussi storgê, l'affection familiale entre parents et enfants, et éros, l'amour entre l'homme et la femme. Chacun de ces amours dépend d'un lien, d'une émotion, d'une réciprocité.
Puis, quand Jean nous dit que Jésus aimait Marthe, Marie et Lazare (v. 5), il change de verbe. Il emploie agapaô, la racine d'agapê, cet amour qui ne dépend ni de l'affinité, ni de l'humeur, ni du mérite. Un amour qui donne sans attendre de retour. C'est l'amour dont Paul parle en Romains 5:8 : « Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. »
Jésus n'aime pas Lazare parce que Lazare le mérite. Il l'aime en agapê, d'un amour qui reste stable quand tout s'effondre. Et c'est cet amour-là que Dieu veut te faire connaître.
5. Recevoir l'amour de Dieu pour pouvoir aimer
Voici ce que le prédicateur souligne avec force : notre plus grand ennemi, c'est notre manque d'amour. Tu es appelé à aimer ton prochain, à aimer tes ennemis, à prier pour ceux qui te persécutent (Matthieu 5:44). Sois honnête : par tes propres forces, tu n'y arrives pas. Au maximum, tu peux déployer un phileo, un peu de sympathie, un peu de patience pour ceux avec qui tu t'entends bien.
L'agapê, tu ne peux pas la produire. Tu peux seulement la recevoir. Dieu te la donne par son Esprit, et il te la donne à mesure que tu la demandes. C'est là que le combat spirituel se joue : non pas dans le « je dois faire plus d'efforts », mais dans « Seigneur, remplis-moi de ton amour, parce que je n'en ai pas assez pour cette personne, pour cette situation, pour ce jour ».
Ne t'écroule pas sur toi-même quand tu constates que ton cœur est sec. Tourne-toi plutôt vers celui qui possède l'amour en abondance et demande. Il donne à qui demande.
6. « Lazare s'est endormi » : la mort du croyant
Jésus dit à ses disciples : « Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller » (Jean 11:11). Les disciples croient qu'il parle d'un sommeil ordinaire. Jésus doit préciser : « Lazare est mort » (v. 14).
Cette manière de parler n'est pas anodine. Dans la Bible, le vocabulaire du « sommeil » pour parler de la mort est réservé aux justes, à ceux qui appartiennent à Dieu. La mort physique existe pour le croyant, mais elle n'est plus la mort véritable, parce que la résurrection est promise. Christ est passé le premier ; ceux qui sont à lui suivent.
Voilà pourquoi Jésus peut dire à Marthe, quelques versets plus loin :
« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jean 11:25-26)
Cette parole n'est pas une consolation vague. C'est une promesse liée à une personne. Ce n'est pas « crois en une doctrine », c'est « crois en moi ».
7. Crois-tu au Dieu d'amour et de grâce ?
La question de Jésus à Marthe est aussi sa question pour toi aujourd'hui.
Si tu n'as jamais mis ta foi en Christ, la question est directe : crois-tu qu'il est celui qu'il dit être ? Crois-tu que sa mort et sa résurrection suffisent pour te pardonner et te donner la vie éternelle ?
Si tu es déjà croyant, la question revient sous une autre forme : dans cette épreuve que tu traverses, dans cette prière qui semble sans réponse, dans ce silence qui dure, crois-tu que Dieu est encore un Dieu d'amour et de grâce ? Crois-tu qu'il t'aime en agapê, même quand tu ne comprends pas ?
Marthe a répondu : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Jean 11:27). Ce n'est pas une réponse théorique. Elle la prononce avant que son frère ne sorte du tombeau. Elle croit alors qu'elle ne voit encore rien. C'est cela, la foi.
Points à retenir
- La prière n'est pas un mode d'emploi imposé à Dieu ; c'est une confiance qui expose la situation et laisse Christ décider.
- Le retard de Dieu n'est jamais un abandon : il travaille souvent une gloire plus grande à travers l'attente.
- L'amour de Dieu (agapê) ne dépend ni de ton mérite, ni de ton état, ni de ta performance spirituelle.
- Tu ne peux pas produire l'agapê par tes forces. Tu la reçois du Père et tu la laisses couler à travers toi.
- La mort du croyant est un sommeil : la résurrection en Christ change définitivement le visage de la mort.
Application personnelle
- Quelle situation actuelle es-tu tenté de reprocher à Dieu parce qu'il « tarde » ? Peux-tu la remettre entre ses mains, comme Marthe et Marie ?
- Où, dans ta vie, essaies-tu d'aimer par tes propres forces (phileo) alors que Dieu t'invite à demander son amour à lui (agapê) ?
- Y a-t-il une personne que tu trouves impossible à aimer ? Dis-le à Dieu clairement et demande-lui son amour pour elle.
- Crois-tu personnellement, aujourd'hui, à la promesse de Jean 11:25-26 ? Qu'est-ce qui, concrètement, changerait dans ta semaine si tu la prenais au sérieux ?
- À qui, dans ton entourage, pourrais-tu poser doucement cette question de Jésus : « Crois-tu cela ? »
Versets cités
- Jean 11:1-4 · La maladie de Lazare et la promesse de gloire
- Jean 11:5-6 · Jésus aime et pourtant reste deux jours de plus
- Jean 11:11-14 · « Lazare s'est endormi »
- Jean 11:25-27 · « Je suis la résurrection et la vie »
- Romains 5:8 · Dieu prouve son amour envers nous
- Matthieu 5:44 · Aimez vos ennemis
FAQ
Pourquoi Jésus a-t-il attendu deux jours avant d'aller voir Lazare ?
Pas par indifférence, le texte souligne au contraire qu'il aimait Marthe, Marie et Lazare. Il attend pour que la gloire de Dieu soit pleinement manifestée par la résurrection, et pour que la foi de ceux qui assistent au miracle en soit affermie. L'attente fait partie de son amour, pas de son absence.
Que signifie « crois-tu cela ? » dans Jean 11:26 ?
Jésus ne demande pas à Marthe si elle adhère à une idée abstraite sur la résurrection. Il lui demande si elle croit en lui comme étant la résurrection et la vie. La foi biblique n'est pas d'abord une conviction intellectuelle : c'est une confiance placée dans la personne de Christ.
Comment aimer quelqu'un qu'on n'arrive pas à supporter ?
Commence par reconnaître honnêtement que tu n'en es pas capable. Puis demande à Dieu son amour à lui pour cette personne. L'agapê n'est pas un effort héroïque de ta part, c'est un don que le Saint-Esprit fait descendre dans ton cœur quand tu le lui demandes.
pour prendre des notes et poser une question.