Introduction
Deux petits versets sur lesquels on passe presque toujours vite. Une salutation d'ouverture d'épître, comme une formule polie qu'on n'écoute plus. Et pourtant, en s'arrêtant sur Éphésiens 1:1-2, Mélanie Ehrismann montre que Paul y glisse déjà tout ce qu'il va développer dans sa lettre : un projet de Dieu qui te dépasse, une identité nouvelle qui te définit, et deux mots qui résument l'Évangile, grâce et paix.
Plan du message
1. La volonté de Dieu : un projet cosmique dans lequel tu as ta place
- Paul se présente comme « apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu » : un envoyé, un ambassadeur du roi choisi par Dieu.
- Il n'est pas apôtre par ambition personnelle ni par pression sociale, mais parce que Dieu l'a voulu.
- La volonté de Dieu, ce n'est pas d'abord « quel métier Dieu veut pour ma vie » ou « avec qui Dieu veut que je me marie ». C'est le grand projet de réconciliation par lequel Dieu établit son royaume et rassemble toute chose en Jésus.
- Le renversement à opérer : la question n'est pas « quelle est la place de Dieu dans mon histoire ? » mais « quelle est ma place dans l'histoire de Dieu ? ».
- Dieu a transformé un Saul persécuteur en Paul bâtisseur d'Église. Aujourd'hui encore, ses lettres font partie de son ministère apostolique, et tu en bénéficies.
2. Le peuple saint : ton identité ne dépend pas de ta perfection
- Paul n'écrit pas « aux chrétiens d'Éphèse », il écrit « à ceux qui font partie du peuple saint et croient en Jésus-Christ ».
- « Saint », dans notre culture, évoque un super-chrétien canonisé. Mais Paul ne s'adresse pas à des gens parfaits, sinon il n'aurait même pas eu à écrire cette lettre.
- « Saint » n'est pas un compliment moral, c'est une identité : mis à part pour Dieu. Israël était appelé la nation sainte ; dans le Nouveau Testament, cette identité passe à tous ceux qui sont en Christ.
- Tu es saint parce que tu appartiens à Dieu, pas parce que tu vis déjà parfaitement. C'est la question du « à qui tu appartiens », pas du niveau atteint.
- Le vrai danger : te définir d'abord par tes imperfections plutôt que par ce que Christ a fait pour toi. Tu es adopté par le Père, racheté par le Fils, scellé par l'Esprit, avant tout le reste.
3. Grâce et paix : l'Évangile en deux mots, à recevoir chaque jour
- « Que la grâce et la paix vous soient accordées » n'est pas une formule polie équivalente à « bonjour, bienvenue ». C'est un résumé de l'Évangile.
- La grâce, c'est le don immérité de Dieu, son initiative gratuite envers des pécheurs. Sans la grâce, il n'y a pas de salut.
- La paix, c'est le statut d'une relation restaurée : réconciliation avec Dieu et avec les autres. La paix est le résultat de la grâce, c'est pourquoi Paul dit « grâce et paix », dans cet ordre.
- Paul souhaite la grâce et la paix à des croyants qui les ont déjà reçues, parce que ces bienfaits « peuvent encore s'élargir » dans leur vie. Tu as chaque jour besoin de grâce pour être sanctifié, tenir dans la foi, aimer, pardonner.
- Deviens à ton tour un instrument de cette grâce et de cette paix autour de toi, dans ton Église d'abord.
Points à retenir
- La volonté de Dieu, c'est d'abord son projet cosmique de réconciliation, pas une réponse individuelle à tes questions de carrière ou de mariage.
- Ta vie n'est pas un solo : tu es appelé à devenir un maillon dans l'histoire du salut, comme Paul en son temps.
- « Saint » n'est pas un compliment moral, c'est une identité : mis à part pour Dieu, parce que tu es en Christ.
- Grâce et paix résument l'Évangile en deux mots. La grâce vient en premier, la paix en découle.
- Tu as besoin de grâce et de paix chaque jour, pas seulement au moment de ta conversion, pour être transformé, pour aimer, pour pardonner.
Application personnelle
- Quand tu penses à la « volonté de Dieu », est-ce que tu la ramènes d'abord à tes propres choix ou est-ce que tu la vois comme le grand projet dans lequel tu es invité à entrer ?
- Est-ce qu'il t'est déjà arrivé de ne pas oser dire que tu es chrétien ? Qu'est-ce que cela révèle de la manière dont tu définis ton identité ?
- Est-ce que tu te définis d'abord par tes imperfections ou par ce que Christ a fait pour toi ?
- Le défi du dimanche : passer les cinq premières minutes après le culte à parler à une personne que tu ne connais pas. Serais-tu prêt à le tenter dimanche prochain ?
- Le défi de la semaine : invite quelqu'un de ton Église à manger, à boire un café, à faire une balade. Qui pourrais-tu appeler cette semaine ?
Versets cités
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Questions fréquentes
Que signifie vraiment « peuple saint » chez Paul ?
Ce n'est pas un compliment moral qui décrirait un chrétien parfait. Dans l'Ancien Testament, Israël est appelé « nation sainte » parce qu'il est mis à part pour Dieu. Dans le Nouveau Testament, cette identité de « peuple saint » s'étend à tous ceux qui sont en Christ. Tu es saint parce que tu appartiens à Dieu, pas parce que tu vis déjà parfaitement.
Pourquoi Paul dit-il « grâce et paix » dans cet ordre, et pas l'inverse ?
Parce que la paix est le résultat de la grâce. C'est parce que Dieu a pris l'initiative gratuite d'aller vers des pécheurs (grâce) qu'une relation restaurée avec lui devient possible (paix). Inverser les deux mots reviendrait à inverser la logique de l'Évangile.
Pourquoi Paul souhaite-t-il la grâce et la paix à des croyants qui les ont déjà reçues ?
Parce que ces bienfaits « peuvent encore s'élargir dans leur vie », comme le formule le commentateur Dominique Angers. Tu as besoin de la grâce chaque jour, pas seulement au moment de ta conversion : pour être sanctifié, pour tenir dans la foi, pour aimer, pour pardonner. La grâce n'est pas un événement passé, c'est une source qui continue à couler.
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