Pourquoi l'intelligence émotionnelle compte vraiment
Quand tu penses à la leadership, tu vois d'abord des compétences : savoir bien parler, avoir un beau profil, un CV solide. Ce sont de bonnes choses, ce sont des choses importantes. Mais elles ne suffisent pas. Dans cet épisode de Leadership che conta, sur DeepTalk, Daniele et Bruno reviennent parler de nous-mêmes, parce que toutes les personnes compétentes ne savent pas guider. Il faut d'autres dynamiques, et l'une des plus décisives, c'est l'intelligence émotionnelle.
Un leader s'occupe des autres, c'est clair. Mais qui s'occupe du leader, si ce n'est lui-même ? Tu dois être vraiment conscient de ce que tu dois faire pour t'aider toi, et par conséquent pour aider les autres. Tout part de là.
Le plan de cet épisode
1. Ce qu'est l'intelligence émotionnelle
L'intelligence émotionnelle, c'est la capacité de connaître les autres à travers l'empathie. Si tu n'arrives pas à instaurer ce type de rapport, tu ne connais pas la personne en profondeur, et donc tu n'arrives pas non plus à la faire grandir. Mais avant cela, tu dois reconnaître, comprendre et savoir gérer tes propres émotions. C'est seulement ensuite que tu peux aider les personnes devant toi à gérer les leurs.
2. Gérer les émotions négatives
Colère, fatigue, stress : quand tu te laisses prendre par une émotion négative, tu adoptes une attitude négative envers les gens. Bruno le reconnaît lui-même : il a grandi avec l'idée que le leader doit être impassible, ne rien laisser transparaître. Eh bien, non. Même sur le plan psychologique, on a vu que l'émotivité du leader est importante pour que la personne puisse s'ouvrir, parler, avoir confiance en toi. Tu dois être conscient de ce que tu vis et choisir comment répondre en fonction de ce que tu ressens.
Si tu ne gères pas tes émotions, tu risques de communiquer de travers et de créer un climat négatif. Ça ne fait de bien à personne : ni en famille, ni au travail, ni à l'école, ni dans le sport.
3. La cocotte-minute
Une image utile, c'est celle de la cocotte-minute. Dedans, tu mets tout : le stress, la colère, les émotions que tu n'arrives pas à gérer. Si tu ne les reconnais pas, si tu ne leur donnes pas de nom, tôt ou tard la cocotte explose. Et malheureusement, elle explose au visage des autres. Le problème ne se limite pas à un projet qui se bloque, sportif, professionnel, familial : ce sont les personnes avec qui tu vis qui en paient le prix. Les plus fragiles se mettent en marge, et parfois on ne les récupère plus.
4. Reconnaître, pas seulement exprimer
Contrôler tes émotions ne veut pas dire d'abord les exprimer, mais les reconnaître. Un exemple tout simple : reconnaître quand tu es fatigué. Le dire aux personnes autour de toi, en famille. « En ce moment je suis fatigué, c'est difficile pour moi de porter une discussion de façon posée. » La fatigue te pousse à dire des choses que tu ne veux pas dire, à blesser quelqu'un. Quand tu es jeune, tu as des temps de récupération différents, mais si tu es un leader, ça ne t'arrange pas quand même : la communication change, tu n'arrives plus à raisonner correctement, tu perds la vision, et avec elle la cohérence.
5. Pose-toi la bonne question
Quand tu t'énerves, demande-toi : « Pourquoi j'agis comme ça ? Pourquoi je me mets en colère dans cette situation ? Qu'est-ce qui me fait réagir ? » C'est peut-être quelque chose que tu as vécu dans le passé qui te fait remonter certaines émotions. C'est peut-être la fatigue. C'est peut-être une mauvaise gestion du temps, de mauvaises priorités. Nous pensons toujours que c'est la faute des autres, qu'ils sont ceux qui nous font réagir ainsi. En réalité, les autres parlent, c'est toi qui décides comment réagir. Reviens toujours à la question : « Est-ce que je réagis ou est-ce que je choisis ? »
6. La soupape de décompression
Si tu as la charge de personnes, il te faut une soupape de décompression. Un hobby, un sport, quelque chose qui te fait un peu t'évader. Pour l'un, c'est prendre la voiture et faire un tour. Bruno raconte même qu'au début de son mariage, sa soupape à lui était de sortir, prendre la voiture, et aller s'acheter des écrans et des ordinateurs dans un magasin d'électronique, sa femme a vite compris que cette soupape coûtait un peu cher. Pour un autre, c'est écouter de la musique d'un certain type, qui aide à se relâcher complètement. Quand tu es dans une boucle négative, mieux vaut te distraire de ces pensées, reprendre la concentration, la vision, ta manière d'être. Chacun doit trouver sa propre manière de se remettre en marche.
7. Empathie : comprendre, pas juger
L'intelligence émotionnelle ne concerne pas que toi, elle concerne aussi les autres. Être empathique ne veut pas dire que tu acceptes ce que l'autre est en train de faire. Être empathique, c'est simplement comprendre pourquoi il le fait. Une personne peut agir d'une certaine façon parce qu'en elle-même, elle porte une motivation différente de ce qu'on voit. Plus tu es empathique, plus tu comprends, plus tu peux aider l'autre à grandir, à faire la bonne chose au lieu de la mauvaise. Et plus tu comprends la personne, plus elle baisse ses défenses, et plus la communication devient possible. Attention cependant : comprendre pour aider, pas pour juger, pas pour poser des préjugés. La grande force d'un leader, c'est de faire grandir les gens.
8. Stabilité sous pression
Le leader se retrouve souvent sous pression, il doit prendre beaucoup de décisions, et des décisions importantes. Ton équilibre aide les autres à être stables. Si tu es équilibré émotionnellement, tu peux travailler avec n'importe qui : avec les plus fougueux comme avec les plus tranquilles. Si tu ne l'es pas, dès que les caractères fougueux entrent dans le groupe, le projet se ferme. Les gens ont besoin de stabilité aujourd'hui, parce que la société est très rapide.
9. Les gens cherchent du vrai, pas du parfait
Les gens ne cherchent pas un leader parfait. Ils cherchent quelqu'un de stable dans ses émotions. Un leader peut s'améliorer, il doit toujours s'améliorer, mais il ne doit pas faire semblant d'être parfait. Si tu te montres faussement comme quelqu'un sans émotions, et qu'un jour on te voit pleurer, tout s'écroule. Si tu dois pleurer, pleure devant tout le monde, mais explique pourquoi. La nouvelle génération cherche des personnes vraies. Elle regarde beaucoup comment nous parlons, comment nous agissons. Nous sommes un modèle pour elle, y compris sur le plan de l'émotivité.
Points à retenir
- La compétence ne suffit pas. Pour guider les autres, il faut aussi de l'empathie, de l'écoute et une vraie gestion des émotions.
- Reconnais avant d'exprimer. Donne un nom à ce que tu ressens (fatigue, colère, stress), avant que la cocotte-minute n'explose.
- Choisis, ne réagis pas. Les autres parlent, c'est toi qui décides comment répondre. Reviens toujours à la question : « Est-ce que je réagis ou est-ce que je choisis ? »
- Empathie, c'est comprendre, pas justifier. Comprends le pourquoi d'un comportement pour aider la personne à grandir, pas pour la juger.
- La stabilité vaut mieux que la perfection. Les gens ne cherchent pas un leader parfait, ils cherchent un leader vrai et stable.
Application personnelle
- Quelle est aujourd'hui ma « cocotte-minute » ? Quelles émotions suis-je en train d'accumuler sans les reconnaître ?
- Quand est-ce que j'ai dit pour la dernière fois à quelqu'un « Je suis fatigué, aujourd'hui c'est difficile pour moi de raisonner correctement » ? Pourquoi j'ai du mal à l'admettre ?
- Dans la dernière situation où j'ai « pété un plomb », qu'est-ce qui m'a vraiment fait sortir de mes gonds ? Était-ce la personne en face, ou quelque chose de plus profond ?
- Quelle est ma soupape de décompression ? Est-ce que j'en ai une saine, ou est-ce que je déverse simplement sur les personnes autour de moi ?
- Vers qui dois-je revenir, aujourd'hui, pour clarifier une parole mal dite et restaurer la relation ?
Versets cités
Dans cet épisode de DeepTalk, Daniele et Bruno ne citent pas directement de versets bibliques. Le thème de l'intelligence émotionnelle et de la maîtrise de soi trouve pourtant un fort écho dans l'Écriture, en particulier dans le fruit de l'Esprit (Galates 5:22-23) et dans la sagesse des Proverbes sur la lenteur à la colère (Proverbes 16:32).
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'intelligence émotionnelle dans la leadership ?
C'est la capacité de reconnaître, de comprendre et de gérer d'abord tes propres émotions, pour ensuite aider les personnes devant toi à gérer les leurs. Elle passe par l'empathie : connaître les autres en comprenant leurs motivations, sans les juger.
Un leader doit-il montrer ses émotions ?
Oui, mais avec conscience. L'idée du leader impassible est dépassée. L'émotivité du leader aide les personnes à s'ouvrir et à faire confiance. Si tu dois pleurer, pleure devant les autres, mais explique pourquoi et cherche à grandir avec eux.
Comment développer l'empathie ?
Par l'écoute. Même les petites phrases peuvent te révéler beaucoup d'une personne. Plus tu écoutes et plus tu es empathique, plus tu aides les autres à grandir. Souviens-toi : comprendre ne veut pas dire accepter, et cela ne sert pas à juger, cela sert à accompagner.
pour prendre des notes et poser une question.