« Jusqu'ici l'Éternel t'a secouru » : ta pierre d'Ében-Ézer

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Introduction

Il y a des matins où tu regardes ta vie et où tout te semble à la fois donné et suspendu. Le passé porte des traces d'un secours réel. Le présent, lui, pèse. Le Dimanche de l'Église Persécutée, à l'ELM, la prédication du culte t'invite à poser un mot sur ce que tu vis : « Jusqu'ici, l'Éternel nous a secouru. » C'est le cri de Samuel, en 1 Samuel 7:12, lorsqu'il ramasse une pierre et la plante au sol entre Mitspa et Shen.

Le texte s'ouvre sur un peuple secoué. L'arche de l'alliance a été mise de côté vingt ans à Kirjath-Jearim, dans la maison d'Abinadab. Les Philistins pressent. Israël pousse des gémissements. Et Dieu envoie Samuel, non pour reprocher, mais pour rassembler, appeler à la repentance, offrir un agneau, prier. Le peuple revient. Dieu délivre. Une pierre est posée. Elle s'appelle Ében-Ézer, la « pierre du secours ».

Le prédicateur relit cette histoire dans le contexte des chrétiens persécutés d'aujourd'hui (Kamala au Népal, le pasteur Omar au nord du Mozambique), pour te ramener à ta propre traversée. Nos épreuves posent la question : où est Dieu ? Les vies broyées par la persécution répondent, en filigrane, une chose forte : la fidélité de Dieu ne s'éteint pas au cœur du désert, elle s'y révèle.

Plan du message

1. Un temps d'oppression et une confusion spirituelle (1 Samuel 7:2 et le contexte des Juges)

  • Le prédicateur situe le passage : cette histoire clôt la période des Juges. Le peuple d'Israël vit le même cycle qui se répète. D'abord Israël s'éloigne de Dieu et adopte les idoles des peuples voisins. Puis cet éloignement empêche la bénédiction et la protection de Dieu. Les ennemis prennent le dessus, maltraitent le peuple. Dieu envoie alors un juge pour ramener le peuple à lui et le délivrer. Puis le cycle recommence.
  • Le contexte est aussi celui d'une alliance mal comprise. La lecture précédente (1 Samuel 4) montre qu'Israël voyait la présence de l'arche à ses côtés (le coffre sacré au-dessus duquel Dieu habitait), comme une garantie automatique de la victoire au combat. Dieu, lui, attendait autre chose : un réel attachement du cœur, une mise à l'écart exclusive des idoles.
  • Cette erreur de compréhension crée chez Israël une attente d'un secours qui ne vient pas. Le peuple est déboussolé, déçu. Il se réjouissait de la présence de Dieu mais l'honorait mal. Une attitude qui tenait plus de la superstition que de la foi obéissante.
  • L'arche est restée vingt ans à Kirjath-Jearim. Le peuple avait mis à l'écart son culte à Dieu, parce qu'il en avait peur et ne savait plus comment gérer sa présence au milieu de lui.
  • Le prédicateur pose alors les questions qui te concernent aujourd'hui : as-tu peur d'aller plus loin avec Dieu de ce qu'il pourrait te demander de faire ? Préfères-tu vivre en marge de sa présence, appuyé sur une fausse sécurité ? Laisses-tu ta vie chrétienne se résumer à des règles que tu suis, alors que Jésus t'appelle à une réelle relation avec lui ? Professes-tu le Seigneur de ta bouche sans savoir comment lui plaire par une foi obéissante ?
  • L'oppression est double : elle est la conséquence de l'infidélité du peuple, et le moyen que Dieu utilise pour le faire revenir à lui. Il change le mal en bien, la malédiction en bénédiction.

2. Les témoignages de Kamala et du pasteur Omar (Église Persécutée)

  • Kamala, Népal. Née dans une famille hindoue au sein d'une communauté pauvre à l'ouest du Népal. Alors qu'elle est jeune, son père se convertit suite à une guérison miraculeuse. Elle-même découvre la foi en un Dieu d'amour qui sauve.
  • Plus tard, elle choisit d'épouser un homme hindou qui la détourne progressivement du Seigneur. Sa vie devient de plus en plus difficile : une belle-famille alcoolique, un mari infidèle qui l'empêche de pratiquer sa foi. C'est dans cette souffrance, réalisant que le chaos découle de sa désobéissance, qu'elle se repent de sa trahison et qu'elle revient à sa famille chrétienne et à la foi.
  • Le pasteur Omar, Mozambique. Il sert dans le nord du Mozambique, une zone où la persécution violente contre les croyants est malheureusement pratique courante. Avec sa femme Magdalena, il est appelé à servir dans une petite ville où il n'y avait pas d'église.
  • Il partage l'Évangile progressivement. Un petit nombre de personnes et parfois des familles entières deviennent chrétiennes. Malgré les menaces, les agressions et même de fausses accusations d'enlèvement, il continue à partager l'Évangile et à former de nouveaux disciples.
  • Un jour, un groupe islamique l'attaque. Ils le jettent à terre, le lient et s'apprêtent à le frapper violemment à la tête avec un bâton. Omar pense que sa dernière heure est arrivée. C'est à ce moment précis qu'il vit une expérience puissante de la présence de Dieu à ses côtés. La promesse de Jésus, « Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:20), lui revient à la mémoire. Par la foi, il s'y accroche comme à une ancre. Sa délivrance intervient miraculeusement par l'arrivée à point nommé de l'armée régulière.
  • La leçon commune de ces deux vies : ces chrétiens n'ont pas nécessairement péché ou ne se sont pas nécessairement éloignés de Dieu. Ils se sont réfugiés et rapprochés de lui parce que les choses allaient mal. Cette nouvelle intimité avec Dieu se prolonge au-delà de l'épreuve, de sorte que les difficultés et les persécutions leur sont finalement profitables.

3. La nécessité d'un retour sincère à Dieu (1 Samuel 7:3-9)

  • Samuel dit à toute la maison d'Israël : « Si c'est de tout votre cœur que vous revenez à l'Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Astartés, dirigez votre cœur vers l'Éternel et servez-le lui seul, et il vous délivrera de la main des Philistins. » Et les enfants d'Israël ôtèrent du milieu d'eux les Baals et les Astartés, et ils servirent l'Éternel seul (1 Samuel 7:3-4).
  • Samuel rassemble le peuple à Mitspa. Ils puisent de l'eau et la répandent devant l'Éternel. Ils jeûnent ce jour-là. Ils confessent : « Nous avons péché contre l'Éternel. » Samuel juge les enfants d'Israël à Mitspa.
  • Le prédicateur souligne l'attitude de Samuel : il ne fait pas de reproche au peuple, comme Dieu non plus n'en fait pas lorsque nous nous tournons avec sincérité vers lui. Il accueille, encourage, rappelle les conditions d'un retour réel à Dieu, et participe lui-même pleinement à ce retour.
  • Lorsque les Philistins montent contre Israël, le peuple demande à Samuel : « Ne cesse point de crier pour nous à l'Éternel notre Dieu, afin qu'il nous sauve de la main des Philistins. » Samuel prit un agneau de lait et l'offrit tout entier en holocauste à l'Éternel. Il cria à l'Éternel pour Israël, et l'Éternel l'exauça (1 Samuel 7:8-9).
  • Le retour de Kamala illustre la même dynamique. Elle doit endurer le divorce, la persécution de son frère qui n'est pas chrétien, mais elle trouve refuge en Dieu et le recherche de tout son cœur. Elle est d'abord hébergée provisoirement dans l'église, puis elle trouve une chambre où vivre avec sa fille et reconstruire sa vie. Elle témoigne de la bonté de Dieu à son égard, car il lui a fait bon accueil lorsqu'elle s'est repentie.

4. Une pierre est posée : Ében-Ézer, jusqu'ici l'Éternel nous a secouru (1 Samuel 7:10-12)

  • Pendant que Samuel offrait l'holocauste, les Philistins s'approchèrent pour attaquer Israël. L'Éternel fit retentir en ce jour son tonnerre sur les Philistins. Ils furent battus devant Israël. Les hommes d'Israël sortirent de Mitspa, poursuivant les Philistins et les battant jusqu'au-dessous de Beth-Car.
  • Samuel prit une pierre qu'il plaça entre Mitspa et Shen. Il l'appela du nom d'Ében-Ézer, en disant : « Jusqu'ici l'Éternel nous a secouru » (1 Samuel 7:12).
  • La pierre commémorative posée par Samuel est un signe de reconnaissance à Dieu et un rappel pour les générations futures. Elle constitue une pierre de référence, un signe visible, un souvenir permanent pour le peuple du secours et de la fidélité de Dieu à leur égard.
  • La parole de Samuel montre que son regard s'étend à toute la période des Juges. Malgré les chutes périodiques d'Israël, Dieu a toujours été fidèle. Il a toujours veillé sur son peuple pour le ramener à lui et le sauver. Il ne manque jamais de répondre lorsque le peuple se tourne vers lui dans une repentance sincère.
  • La question que le prédicateur te pose : n'es-tu pas, toi aussi, appelé à faire des points de marche dans ta vie ? À jeter un regard en arrière, un regard à froid, et à reconnaître la présence bénissante du Seigneur à tes côtés, même dans les temps de difficulté ?
  • Cette démarche de reconnaissance est un acte d'adoration salutaire. Tu te places dans une juste attitude vis-à-vis de celui qui, comme un bon père, t'a fidèlement conduit, protégé, secouru, et dans certains cas corrigé avec amour pour te ramener sans cesse à lui.
  • Peut-être peux-tu même placer, de manière visible dans ton environnement de vie, ton logement, des pierres souvenirs qui témoignent des interventions de Dieu en ta faveur. Ces souvenirs deviennent autant de témoignages auprès de ta famille, de tes amis, pour faire connaître et honorer la fidélité de Dieu.

5. Une foi qui gagne en maturité : le témoignage prolongé de Kamala et d'Omar

  • Lorsque tu considères la fidélité de Dieu tout au long de ta marche jusqu'à aujourd'hui, tu peux dire avec Samuel : « Jusqu'ici, l'Éternel nous a secouru. » Cela te fortifie dans ta foi et la fait gagner en maturité. Tu deviens plus fort pour affronter les difficultés de demain, parce que tu as déjà expérimenté la bonté et la fidélité de Dieu dans le passé, au sein de l'épreuve.
  • Kamala partage : « Quand j'étais jeune, j'allais à l'église, mais c'était juste une routine. Maintenant, après avoir été confrontée à cette situation, je me sens plus proche de Dieu. D'après mon expérience, je peux dire que Dieu nous envoie des épreuves dans la vie pour nous rapprocher de lui. Il ne nous abandonne pas dans les moments difficiles. Il veut que nous dépendions de lui et que nous ayons foi en lui. Il nous aide à surmonter les difficultés. Si je n'avais pas accepté Jésus-Christ, je serais perdue. Je ne sais pas comment j'aurais fini. Je n'aurais pas aimé ma fille de la même manière, et je serais passée à côté de bien des bénédictions. Maintenant, grâce à Dieu, je suis heureuse. »
  • Omar et sa femme, contraints de déménager suite à la persécution, se tournent vers Dieu pour savoir s'ils doivent continuer leur ministère. La fidélité de Dieu prouvée renforce la foi d'Omar. Il décide même de revenir sur les lieux où il a été persécuté pour continuer sa mission.
  • Il témoigne : « Le Seigneur Jésus nous voulait ici pour servir les disciples et l'église de cette région, pour être aussi la voix des chrétiens persécutés, de ceux qui souffrent, de ceux qui pleurent, de ceux qui passent par des épreuves. Maintenant que moi aussi je suis passé par là, je comprends ce que cela signifie réellement d'être persécuté, de souffrir pour le nom de Jésus. C'est quelque chose que le Seigneur fait brûler dans mon cœur. »

6. Conclusion : jusqu'ici, et pour la suite

  • Sache regarder en arrière pour considérer la grande fidélité de Dieu dans ta marche à ses côtés, et la manière dont il permet aux épreuves de te ramener constamment à lui. Réjouis-toi des délivrances apportées, de son pardon toujours offert, de sa bienveillance sans cesse démontrée.
  • En t'appuyant sur l'expérience passée de sa fidélité, dans les bons et les mauvais jours, apprends à revenir sans cesse à lui, dans l'humilité et la repentance, pour grandir dans ta foi et ton intimité spirituelle avec lui.
  • Sois aussi attentif à la voix du Saint-Esprit en toi. N'es-tu pas invité à être, pour ton entourage et pour l'Église persécutée, l'expression concrète du secours et de la fidélité de Dieu ?
  • « Jusqu'ici, l'Éternel nous a secouru, et il sera notre secours à tous encore dans l'avenir. »

Points à retenir

  • Le cycle des Juges se répète : Israël s'éloigne, Dieu laisse l'oppression monter, envoie un juge, délivre, et le cycle recommence. Ta vie chrétienne peut connaître le même cycle si tu confonds présence de Dieu et garantie automatique.
  • Une alliance mal comprise fabrique une religion de superstition : Israël se réjouissait de la présence de l'arche mais l'honorait mal. Dieu attendait un cœur.
  • L'oppression a deux visages : conséquence du péché et outil de Dieu pour ramener son peuple à lui. Il change le mal en bien.
  • Samuel n'accuse pas, il accueille, rappelle les conditions, offre le sacrifice, prie. C'est ainsi que Dieu lui-même t'accueille lorsque tu reviens avec sincérité.
  • Kamala au Népal et Omar au Mozambique montrent que l'intimité gagnée dans l'épreuve se prolonge au-delà. Leurs épreuves leur ont finalement été profitables.
  • Ében-Ézer (« pierre du secours »), est un acte d'adoration. Pose des points de marche, des souvenirs visibles, pour honorer la fidélité de Dieu et l'annoncer aux tiens.

Application personnelle

  1. Y a-t-il aujourd'hui, dans ta vie, une « arche mise à l'écart », un domaine de la présence de Dieu que tu évites parce qu'elle te demande trop, ou parce que tu ne sais plus quoi en faire ?
  2. Es-tu tenté par la superstition, croire qu'un rite, une pratique religieuse ou une simple habitude te met à l'abri, alors que Dieu attend le retour de ton cœur ?
  3. Dans quelle épreuve traversée récemment peux-tu reconnaître, avec du recul, la main de Dieu qui t'a ramené à lui ? Quel « jusqu'ici » peux-tu prononcer aujourd'hui ?
  4. Quelle « pierre souvenir » vas-tu poser concrètement cette semaine (un objet, une note, un temps de reconnaissance en famille), pour dire à toi et aux tiens : Ében-Ézer, l'Éternel nous a secouru ?
  5. Es-tu prêt à être, à ton tour, l'expression du secours de Dieu pour quelqu'un, un chrétien persécuté à porter dans la prière, un frère éprouvé à visiter, une main à tendre ?

Versets cités

FAQ

Que veut dire « Ében-Ézer » et pourquoi Samuel pose-t-il cette pierre ?

Ében-Ézer signifie littéralement « pierre du secours ». En la plaçant entre Mitspa et Shen après la victoire sur les Philistins, Samuel accomplit trois choses en un seul geste : il rend grâce à Dieu, il fixe la mémoire du peuple sur un secours réel et daté, et il laisse aux générations suivantes un signe visible que la fidélité de Dieu ne s'est jamais démentie tout au long de la période des Juges. Cette pierre est un acte d'adoration autant qu'un enseignement transmis. Ton équivalent aujourd'hui, ce peut être un objet, une note ou un temps régulier en famille qui rappellent à voix haute ce que Dieu a fait pour toi.

Pourquoi Dieu laisse-t-il l'oppression atteindre son peuple avant de délivrer ?

Le prédicateur donne une double clé. D'un côté, l'oppression est la conséquence d'un éloignement du peuple : Israël avait adopté les idoles des peuples voisins et mis l'arche à l'écart. De l'autre, Dieu utilise cette même oppression comme un moyen pour ramener son peuple à lui. C'est ce qu'illustrent aussi les vies de Kamala et d'Omar : sans nécessairement avoir péché, ils se sont naturellement réfugiés en Dieu parce que les choses allaient mal, et cette intimité gagnée dans l'épreuve leur est finalement restée. Dieu change le mal en bien, la malédiction en bénédiction.

Comment un chrétien peut-il « poser une pierre » aujourd'hui ?

Ce n'est pas un rite obligatoire, c'est une habitude d'adoration à retrouver. Concrètement : prends un temps régulier (mensuel, trimestriel, annuel), où tu jettes un regard à froid en arrière, où tu nommes précisément les délivrances, les corrections avec amour, les portes ouvertes. Écris-les. Partage-les avec ta famille, tes amis. Place, si tu veux, un objet dans ton logement qui rappelle une intervention précise de Dieu. Le but n'est pas de faire un musée, mais de garder l'histoire vivante et de la transmettre, pour que, comme au temps de Samuel, la génération suivante sache que « jusqu'ici, l'Éternel nous a secouru ».

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