Ce que tu vas trouver ici
Ce temps de questions fait suite à la prédication sur le couple dans la série QUELLE FAMILLE !. Huit questions concrètes ont été posées, et les intervenants y ont répondu sans esquiver. Tu vas retrouver la matière brute, structurée en questions-réponses, pour que tu puisses la lire, y revenir, et l'appliquer là où tu en es, que tu sois marié, fiancé, célibataire, ou simplement en train d'y réfléchir.
Le plan de cet article
- Si mon conjoint profite de mes sacrifices, dois-je continuer à servir ?
- Quand la réciprocité est déséquilibrée, comment en parler ?
- La soumission dans le couple est-elle liée à la chute ?
- Comment vivre concrètement cette soumission ?
- Célibataire, ces qualités me concernent-elles ?
- À qui les femmes non mariées doivent-elles se soumettre ?
- Différences de personnalité : péché ou simple caractère ?
- Comment gérer l'accumulation des rôles sans perdre l'essentiel ?
1. Si mon conjoint profite de mes sacrifices, dois-je continuer à préférer l'autre sans attendre de retour ?
La réponse courte est oui. Mais elle mérite d'être expliquée.
Dans Éphésiens 5, Paul dit que le mariage est une image de la relation entre Christ et son Église. Alors pose-toi la question : est-ce que Christ te rappelle constamment ce que tu lui dois pour ce qu'il a fait ? Est-ce qu'il te dit : « N'oublie pas, j'ai payé pour tes péchés, donc ramasse tes chaussettes, fais la vaisselle, remplis mon café, lave la voiture » ? Non. Ça ne marche pas comme ça.
Le défi dans le mariage, c'est de dire : « Je vais faire la vaisselle, non pas parce que j'aime faire la vaisselle, mais parce que j'aime ma femme. » Ou « parce que j'aime mon mari ». Tu sers par amour, pas pour la contrepartie.
Un des intervenants a aussi partagé son propre vécu : à un moment de son mariage, il pensait qu'il faisait tout et que c'était l'autre le problème. En réalité, il fallait qu'il comprenne mieux la grâce de Dieu. Tout ce qu'il avait, c'était par grâce. Cette compréhension a changé sa manière de servir et lui a rendu la joie du service.
2. Quand la réciprocité est vraiment déséquilibrée, comment en parler sans juger ?
Il peut arriver qu'un vrai décalage s'installe et qu'on ait l'impression d'être exploité. Est-ce qu'il faut se taire pour autant ? Non. Mais la manière change tout.
Si l'Évangile a formé ta mentalité, ça va changer ta façon de t'adresser à ton conjoint. Tu ne rentres pas dans un tribunal pour juger l'autre. Tu vises sa croissance spirituelle. Tu parles sans colère, sans égoïsme. Et quand l'autre voit ça, ça ouvre des cœurs et des oreilles. Vous êtes ensemble, en train de viser la même chose.
Un rappel utile : dans 1 Corinthiens 13, l'amour ne s'irrite pas et ne soupçonne pas le mal. Tu peux gérer les choses, mais pas dans le but de faire justice toi-même.
3. La soumission de la femme au mari est-elle uniquement liée à la chute ?
La question posée était : si Adam et Ève n'avaient pas péché, y aurait-il quand même cette notion de soumission ?
Réponse : le péché n'a pas créé la hiérarchie, il l'a abîmée. Il y a un ordre créationnel dans le premier mariage, avant la chute. Ce qu'on voit en Genèse 3, après la chute, ce n'est pas l'apparition d'une hiérarchie : c'est son dysfonctionnement. « Tes désirs se porteront vers ton mari » (la femme va chercher à prendre le dessus, à manipuler. « Il dominera sur toi »), l'homme va utiliser son autorité pour écraser, régner mal, pour son propre profit.
Et si tu regardes Dieu lui-même, tu vois une réalité qui aide : dans la Trinité, le Fils se soumet au Père, mais sans péché, sans division, dans une paix et un amour parfaits. C'est ce modèle-là qui éclaire le couple, pas une caricature autoritaire.
4. Concrètement, comment vit-on cette soumission au quotidien ?
Une intervenante a partagé son témoignage. Ça n'a pas toujours été facile, notamment autour de choix professionnels et du fait de s'installer en France. Elle est allée à 1 Pierre 3:5-6 :
« Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, comme Sara, qui obéissait à Abraham et l'appelait son seigneur. C'est d'elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte. »
Deux choses l'ont aidée : prier ce passage, et choisir de « faire le bien sans se laisser troubler par la peur ». Elle n'a pas caché que c'était difficile, ni qu'il fallait beaucoup de dialogue dans le couple. Mais la prière et le choix concret de faire le bien ont porté du fruit.
Un autre intervenant a rappelé 1 Timothée 2 : les hommes sont appelés à prendre l'initiative de la prière et de la conduite spirituelle. Quand l'épouse fait le travail que Dieu lui demande, ça aide aussi le mari à assumer sa propre responsabilité, au lieu de la lui transférer.
À ce sujet, une anecdote de Tim et Kathy Keller a été partagée. Il s'agissait de partir habiter au centre de New York alors qu'ils vivaient dans une banlieue tranquille. Tim a dit à Kathy : « Si tu ne veux pas, on n'ira pas. » Kathy lui a répondu : « Tu ne vas pas me faire ça. Tu ne vas pas faire reposer sur mes épaules le choix que toi tu dois prendre, en me faisant croire que tu prends soin de moi. En réalité, tu me transfères ta culpabilité. » Ce genre de franchise, dans la réciprocité, aide chacun à porter sa part.
5. Si je suis célibataire, ces qualités du conjoint idéal me concernent-elles ?
Oui, complètement. Un intervenant, qui s'est marié à 37 ans, a eu du temps pour y réfléchir avant. Voici ce qu'il en tire.
Tu es appelé à imiter Christ. Dans Marc 8:34, Jésus t'appelle à renoncer à toi-même, à prendre ta croix et à le suivre. Dans Marc 10:45, il dit qu'il est venu non pour être servi, mais pour servir. Ce n'est pas l'alliance au doigt qui te rend humble, serviteur, plein de sagesse. C'est quelque chose qui se cultive dès maintenant.
Si une jeune femme te regarde et se dit : « Lui, il pourrait faire un bon mari, il n'est pas fier, il aide, il accompagne, il est sûr de lui sans être arrogant, il est plein de sagesse », c'est parce que tu as travaillé ces traits en tant que célibataire. Ça se prépare tôt et ça te sert toute ta vie.
Cela façonne aussi la façon de faire du dating. Ne te contente pas de voir la personne au cinéma ou au restaurant. Regarde-la dans une communauté, avec les autres. C'est là qu'on voit un caractère.
6. Les femmes non mariées doivent-elles se soumettre à quelqu'un à part Dieu ?
D'abord, une remise en perspective : personne n'est complètement libre. En France, on aime dire qu'on naît libre, mais ce n'est pas vrai. Les bébés sont les créatures les plus dépendantes qui existent.
Tu as toutes sortes d'autorités au-dessus de toi : Dieu, tes parents, la communauté de l'Église, le cadre dans lequel tu vis. La question n'est donc pas « suis-je libre ou soumise ? », mais « à quelles autorités saines suis-je en train de répondre ? »
7. Comment gérer les différences de personnalité : péché ou simple différence ?
Un premier conseil pratique, un peu taquin : essayez de vous connaître un minimum avant de vous marier, pour éviter les surprises du genre « ah bon, tu détestes le foot ? »
Plus sérieusement, la démarche commence par toi. Demande au Seigneur, par son Esprit, de t'éclairer sur ce que toi, tu dois changer : des mauvaises habitudes, des préférences non nécessaires. Puis invite l'autre à prier pour toi. La sanctification décrite en Éphésiens n'est pas réservée aux mariés, c'est toute l'Église que le Seigneur sanctifie.
Ensuite, apprends à voir les petites choses dans le grand contexte de la personne. Ton conjoint est méticuleux, ça t'agace quand il remarque tout ? Peut-être que grâce à lui, vous n'êtes jamais partis en vacances avec l'eau qui coule et les lumières allumées. Regarde le tableau entier.
Prends aussi en compte le vécu passé de ton conjoint. Vos vies avant le mariage étaient différentes. Ce qui pour toi n'a jamais été un problème peut être un vrai poids pour lui. Un exemple concret : dans ta famille, ouvrir une bouteille de vin le week-end est normal ; dans la sienne, l'alcool rappelle des souffrances d'enfance. Ce n'est pas une petite habitude anodine. Il faut pouvoir en parler.
Enfin, un déplacement d'objectif décisif : il ne s'agit pas de voir l'autre changer pour qu'il devienne selon ce que toi tu veux, mais pour qu'il ressemble davantage à Christ. Ça change complètement les enjeux.
8. Comment gérer l'accumulation des rôles : mari, père, employé, frère en Christ, sans passer à côté du but de Dieu ?
Le mot est simple : priorité. C'est probablement le mot le plus mal utilisé au monde. On l'emploie au pluriel, alors qu'une priorité, par définition, sert à distinguer ce qui compte le plus.
Voici une hiérarchie qu'un des intervenants a proposée pour un homme marié avec enfants :
- Ta relation personnelle avec le Seigneur Jésus.
- La relation de ton épouse avec le Seigneur Jésus.
- L'éducation de tes enfants à la connaissance de l'Éternel.
- Ton service envers tes frères et sœurs dans l'Église locale.
- Ton rôle au travail et le reste.
Ça t'aide à répondre concrètement quand ton chef te demande de rester plus tard. Est-ce que la bonne chose ce soir, c'est de rester ? Parfois oui. Parfois, c'est de dire : « Désolé, ce soir je pars à 18 h, je dois lire une histoire à mes enfants. » Sans cette hiérarchie, tu mets tous les curseurs à 100 % et tu exploses en vol.
Hébreux 10:24-25 a aussi été rappelé : « Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres. » Tes frères et sœurs en Christ ont besoin de toi. Cette perspective communautaire fait partie des priorités, elle n'est pas un « en plus » facultatif.
Points à retenir
- Tu sers par amour, pas pour la contrepartie. Christ ne te rappelle jamais ce que tu lui dois. Cette grâce te libère pour préférer l'autre.
- Parle du décalage, mais pas au tribunal. Vise la croissance spirituelle de ton conjoint, sans colère ni égoïsme. Ça ouvre les cœurs.
- La hiérarchie dans le couple n'est pas née du péché. Elle appartient à l'ordre créationnel. Le péché l'a corrompue, il ne l'a pas inventée.
- Ne dépose pas ton caractère au seuil du mariage. Sers, humilie-toi, prépare-toi dès aujourd'hui, que tu sois célibataire ou marié.
- Une priorité au singulier. Sans hiérarchie claire, tu explose en vol. Christ d'abord, puis l'épouse, les enfants, l'Église, le reste.
Application personnelle
- Quand tu sers ton conjoint cette semaine, quelle motivation habite ton cœur : l'amour ou l'attente d'un retour ?
- Y a-t-il un sujet de tension que tu retiens depuis des mois parce que tu redoutes d'en parler « comme au tribunal » ? Qu'est-ce qui changerait si tu visais d'abord la croissance spirituelle de l'autre ?
- Si tu es célibataire, quel trait de caractère de Christ es-tu en train de cultiver activement en ce moment ? Lequel négliges-tu ?
- Prends dix minutes pour écrire tes priorités actuelles, dans l'ordre. Ta pratique de la semaine passée les reflète-t-elle vraiment ?
- Quel élément du vécu passé de ton conjoint mérite d'être re-écouté avec plus d'attention ?
Versets cités
- Éphésiens 5 · Le mariage, image de la relation entre Christ et son Église.
- Genèse 3 · Le désir et la domination : la hiérarchie du couple abîmée par la chute.
- 1 Pierre 3:5-6 · Sara, Abraham, et le choix de faire le bien sans se laisser troubler.
- 1 Timothée 2 · Les hommes appelés à prendre l'initiative de la prière.
- Marc 8:34 · Renoncer à soi-même, prendre sa croix, suivre Jésus.
- Marc 10:45 · Le Fils de l'homme est venu servir, non pour être servi.
- Hébreux 10:24-25 · S'exhorter mutuellement à l'amour et aux bonnes œuvres.
- 1 Corinthiens 13 · L'amour ne cherche pas son intérêt et ne s'irrite pas.
FAQ
La soumission signifie-t-elle que la femme n'a pas voix au chapitre dans les décisions du couple ?
Non. Le témoignage partagé et l'anecdote de Tim et Kathy Keller montrent l'inverse : la femme parle, exprime, corrige (parfois durement), et le mari écoute. Ce que la Bible refuse, c'est la manipulation d'un côté et la domination écrasante de l'autre. Ce qu'elle propose, c'est une paix et un amour parfaits comme dans la Trinité.
Si mon conjoint refuse de changer, dois-je continuer indéfiniment à servir sans rien dire ?
Servir sans attendre de retour, oui. Se taire indéfiniment, non. La démarche est de parler, mais avec la mentalité de l'Évangile, en visant la croissance spirituelle de l'autre, pas en le mettant au tribunal. Ta manière change la manière dont c'est reçu.
Je suis célibataire, dois-je vraiment m'appliquer cet enseignement sur le couple ?
Oui, à deux niveaux. D'abord, l'appel à imiter Christ (renoncement, service, humilité) ne dépend pas du mariage, il vient de Marc 8 et 10. Ensuite, le caractère se prépare avant l'alliance : c'est en tant que célibataire que tu commences à devenir la personne que tu seras dans le couple.
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