Il y a des matins où tu aimes Dieu, où tu marches avec lui, mais où tu es frustré. Tu regardes ta vie, tes problèmes, tes difficultés, tes souffrances, et tu te dis : ce n'est pas juste. Puis tu regardes autour de toi ces gens qui n'aiment pas Dieu, qui ne marchent pas avec lui, et qui semblent avoir une belle vie. Quelque chose en toi murmure : à quoi ça sert de suivre Dieu ?
Le pasteur David Pothier a prêché ce message dans le Psaume 73 à l'église Nouvelle Vie. Il s'adresse à trois personnes : celui qui aime Dieu mais qui est frustré, celui qui se garde pur et se demande si ça donne quelque chose, et celui qui traverse une crise dans sa foi. Dans la Bible, Job a traversé une crise parce qu'il avait tout perdu. Élie a traversé une crise parce qu'il était en burnout. David en a traversé plusieurs à cause de ses ennemis. Jérémie parce qu'obéir à l'appel de Dieu lui coûtait très cher. Dans le Psaume 73, Asaph traverse une crise de foi parce que ses yeux n'étaient pas à la bonne place.
Le titre du message est simple : mets tes yeux à la bonne place. Fais bien attention à ce que tu regardes.
Plan du message
1. Dieu est bon : le fondement à ne jamais perdre de vue
2. Asaph regarde les méchants et sombre dans une distorsion de la réalité
3. Il touche le fond et voit sa vocation comme une punition
4. Le sanctuaire de Dieu change sa perspective
5. Il redécouvre que Dieu est fidèle et suffisant
6. L'appel : mets tes yeux sur Dieu, une gloire t'attend de l'autre côté
1. Dieu est bon : le fondement à ne jamais perdre de vue
Asaph était un lévite, le conducteur de louange du temple de Dieu. Il a écrit douze des cent cinquante psaumes. C'était un modèle pour toute une nation, un homme fort spirituellement. Pourtant, même les plus forts d'entre nous peuvent traverser une crise. La bonne nouvelle, c'est que Dieu l'a soutenu dans cette crise et l'en a fait sortir victorieux.
Asaph nous ouvre son journal intime. Et il commence par une déclaration au verset 1 : « Dieu est bon pour Israël, pour ceux qui ont le cœur pur. » Avant de raconter sa chute, il pose le fondement. La vie est dure, mais Dieu est bon. Si tu traverses des difficultés en ce moment, ne perds jamais de vue la bonté de Dieu. Malgré tout ce que tu traverses (le découragement, le désespoir, la détresse, la solitude, la dépression peut-être), ne perds jamais de vue que Dieu est bon.
Dieu est bon pour ceux qui ont le cœur pur. Ça prend un cœur pur pour voir la bonté de Dieu. Jésus a dit : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. » Avoir un cœur pur, ce n'est pas être parfait ni ne jamais tomber. C'est refuser d'avoir deux maîtres : tu ne veux pas servir Dieu et l'argent, Dieu et le sexe, Dieu et le pouvoir. Tu veux un seul maître. Ce n'est pas que Dieu ne soit pas bon pour les autres (il est simplement bon), , mais seuls ceux qui ont le cœur pur voient sa bonté. Sans cette pureté, tu peux recevoir des douches de grâce sans même les remarquer.
Si tu as un cœur pur en ce moment, ne le perds jamais. Même si ça te coûte quelque chose, même si tu te retrouves seul, même si on se moque de toi. Ça ne vaut pas la peine de perdre la pureté de ton cœur pour ne plus voir Dieu. Voir Dieu, c'est ce qui donne le plus de vie à ton existence.
2. Asaph regarde les méchants et sombre dans une distorsion de la réalité
Après avoir posé ce fondement, Asaph avoue au verset 2 : « Pourtant, il s'en fallut de peu que mes pieds ne trébuchent. Un rien de plus et je tombais. » Le conducteur de louange d'Israël en est venu à presque abandonner Dieu. Pourquoi ? « J'étais jaloux des arrogants en voyant la prospérité des méchants. »
Le verbe voir ici, en hébreu, ne veut pas dire un simple regard : Asaph a posé son attention sur les méchants et il n'a plus pu arrêter de les regarder. Il les voyait au travail, sur Instagram, sur Snapchat, sur TikTok, à l'école secondaire, au cégep, à l'université, à Hollywood, sur Netflix. Les méchants avaient l'air heureux, et c'était ça son problème.
Pourquoi celui qui n'aime pas Dieu semble heureux ? Pourquoi celui qui a triché à l'examen a la meilleure note ? Pourquoi celui qui a menti sur son CV a la promotion ? Pourquoi le mauvais gars part avec la fille ? Asaph tombe dans la jalousie. Son problème n'était pas seulement que le méchant prospère, mais qu'il ne cessait de le regarder.
Si tu mets tes yeux sur les hommes, si tu mets ton espoir dans les gens, ce n'est qu'une question de temps avant que tu traverses une grave crise de foi. Quand tu mets ton regard à la mauvaise place, tu commences à avoir une distorsion de la réalité. Tu regardes la vie du méchant et tu vois quelque chose qui n'est pas là : comme s'il n'avait jamais de problème, comme si tout allait toujours bien pour lui.
C'est exactement ce qui arrive à Asaph. Aux versets 4 à 12, il décrit une vie de méchants qui n'existe pas vraiment : exempts de souffrance jusqu'à leur mort, en pleine santé, épargnés des peines communes aux hommes, arrogants et fiers de l'être, blasphémateurs sans conséquence, toujours tranquilles, entassant les richesses. Ce n'est pas vrai que le méchant n'a jamais de souffrance. Ce n'est pas vrai qu'il est toujours en santé. « Il pleut sur les justes et sur les injustes. » Mais parce qu'Asaph ne regarde pas à la bonne place, il croit qu'il manque quelque chose dans sa propre vie.
3. Il touche le fond et voit sa vocation comme une punition
Au verset 13, il crashe : « C'est donc en vain que je suis resté pur, que j'ai lavé mes mains en signe d'innocence. » Puis au verset 14 : « Chaque jour je subis des coups, je suis châtié chaque matin. »
Là, il faut réaliser ce qu'était le quotidien d'Asaph. Sa mission, c'était d'aller au temple chaque matin, d'être dans la présence de Dieu et d'y conduire le peuple. Quel privilège extraordinaire ! Le roi David lui-même a écrit : « Un jour dans tes parvis vaut mieux que mille ailleurs. » David aurait tellement voulu la vocation d'Asaph. Mais parce qu'Asaph ne met pas ses yeux à la bonne place, il voit son privilège comme une punition.
C'est ce qui arrive quand tu regardes à la mauvaise place. Tu vas voir ta job comme une punition alors que c'est une bénédiction. Tu vas voir le fait d'être parent comme une punition alors que c'est un cadeau. Tu vas voir les engagements du mariage comme une malédiction alors que, oui, tu perds une part de liberté, mais tu gagnes un époux ou une épouse.
Ta vocation n'est pas une punition. Ton travail n'est pas une punition. Ton service à l'église n'est pas une punition. Se lever à cinq heures du matin pour s'occuper de tes enfants, c'est difficile, mais ce n'est pas une punition : c'est un privilège. Quand tu vois les bénédictions comme des punitions, c'est parce que tu ne mets pas tes yeux à la bonne place.
Au verset 16, Asaph essaie de s'en sortir en rationalisant : « Je me suis mis à réfléchir, j'ai cherché à comprendre, je trouvais cela bien trop injuste. » Il dit à Dieu : Si je ne comprends pas, je ne peux pas obéir. Si je ne comprends pas, je ne peux pas être fidèle. C'est une impasse.
4. Le sanctuaire de Dieu change sa perspective
Puis vient le tournant, au verset 17 : « Jusqu'à ce que j'entre dans le sanctuaire de Dieu, et que je fasse attention au sort final des méchants. »
Quand il était seul chez lui, à ruminer, Asaph ne voyait pas clair. Mais quand il est arrivé dans la maison de Dieu, dans le sanctuaire, dans la présence de Dieu, sa perspective a changé. Aux versets 18 à 20, il voit maintenant la fin des méchants : « Tu les places sur un terrain glissant, tu les entraînes vers la ruine. En un instant ils sont perdus, ils sont détruits, l'épouvante les saisit. Comme les images du rêve qui s'évanouissent après le réveil. »
Aux versets 21 et 22, il reconnaît sa propre folie : « Quand j'avais le cœur amer, je me tourmentais, j'étais stupide et ignorant, je me comportais avec toi comme une bête sans raison. » Tant qu'il gardait les yeux sur le méchant et sur sa prospérité, il pensait comme un homme stupide. Une fois arrivé au sanctuaire, ses yeux se sont remis à la bonne place et sa lecture des événements a complètement changé.
Si tu es frustré, fatigué, découragé, dépassé, déprimé, troublé ou anxieux ce matin, la question à te poser est simple : où est-ce que tu regardes ? Si tu regardes aux gens, tu vas glisser vers l'envie et la jalousie, et ça va attaquer ta foi. Ne t'irrite pas contre le méchant. Ne jalouse pas le méchant. La Bible ne te demande pas d'approuver le méchant, seulement de ne pas mettre tes yeux sur lui.
Ne regarde pas aux célébrités d'Hollywood. Ne regarde pas aux influenceurs ou influenceuses sur Instagram. Ne regarde pas non plus aux autres chrétiens. Mets ton regard sur Dieu.
5. Il redécouvre que Dieu est fidèle et suffisant
Au verset 23, Asaph fait une découverte : « Cependant je suis toujours avec toi, tu m'as saisi la main droite. » Dans son moment de crise, dans son moment de doute, Dieu était avec lui du début à la fin. Dieu ne l'avait jamais abandonné. Verset 24 : « Selon ton plan tu me conduis, puis tu me prendras dans la gloire. » Même quand il était dans le brouillard, Dieu le dirigeait.
Si tu souffres, si tu es dans l'incompréhension, si tu es dans la frustration : reste attaché à lui. Laisse ta main dans la sienne, parce que de l'autre côté il y a une gloire qui t'attend. « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Il y a beaucoup de souffrance inutile dans ce monde, mais pour un croyant, aucune souffrance n'est gaspillée. Ultimement, du bien en sortira.
Puis viennent les versets 25 à 28, l'un des plus beaux passages de la Bible :
« Qui d'autre ai-je au ciel que toi ? Et sur la terre, je ne prends plaisir qu'en toi. Ma chair et mon cœur peuvent se consumer, Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. »
Il n'a pas commencé le psaume comme ça. Il avait les yeux à l'horizontale. Puis quand il a réalisé que Dieu était avec lui tout ce temps, ses yeux se sont levés. « Qui d'autre ai-je au ciel que toi ? » Il n'y a pas un ange, il n'y a rien qui puisse rivaliser. Et la deuxième partie est encore plus forte : « Sur la terre, je ne prends plaisir qu'en toi. »
Ce n'est pas qu'Asaph n'aime plus rien sur cette terre, sa famille, ses amis, un bon repas. Il veut dire que le plaisir qu'il trouve en Dieu est tellement plus grand que tout le reste devient secondaire.
« Ma chair et mon cœur peuvent se consumer. » La chair, c'est le physique : la maladie, la perte de force, la perte d'autonomie. Le cœur, c'est l'émotionnel : le découragement, la dépression profonde, les moments où tu ne vas pas bien. Mais Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. Le partage, c'était la terre, l'héritage, quelque chose de très concret. Asaph dit : Dieu est plus important que mes possessions.
C'est le langage de la suffisance de Dieu : je n'ai pas eu la job, mais Dieu est suffisant. Ce mariage ne s'est pas passé comme je pensais, mais Dieu est suffisant. Je n'ai pas la santé physique ni émotionnelle que je voudrais, mais Dieu est suffisant. Mon compte en banque est vide, mais Dieu est suffisant. Je n'ai pas l'appartement, la maison, la job, les amis, la promotion que je voudrais : mais Dieu est suffisant.
Rien n'a changé dans la situation d'Asaph entre le début et la fin du psaume. Sa perspective, elle, a complètement changé, parce qu'au lieu de mettre ses yeux sur les gens, il les a mis sur Dieu.
6. L'appel : mets tes yeux sur Dieu, une gloire t'attend de l'autre côté
David Pothier termine avec un avertissement et un souvenir. L'avertissement : pendant un long moment, Asaph allait au temple sans être vraiment dans le temple. Il était dans la maison de Dieu sans être dans la présence de Dieu, parce que son esprit était ailleurs, avec les méchants, à les envier.
Ne fais pas la même erreur. Pourquoi es-tu à l'église ce matin ? Pas pour regarder aux hommes, mais pour regarder à Dieu. Pas pour ressasser les déceptions et les frustrations (tu as été choisi ou tu ne l'as pas été, tu as été admis ou pas), , mais pour lever tes yeux vers Dieu. C'est un combat. Il faut se battre pour cette présence.
Puis le souvenir. À un souper de Noël, David Pothier a rencontré Stéphane, un homme qui venait de perdre son épouse d'un cancer après seulement deux mois de mariage. Ils s'étaient battus contre la maladie pendant quelques années. Sans enfant, séparés rapidement. Ce soir-là, on chantait des chants de louange, et Stéphane, dans son puits, chantait aussi. Il se battait. Il n'avait plus ce qu'il aimait le plus, ce qu'il chérissait le plus. Mais il levait les yeux. Qui d'autre ai-je au ciel que toi ? Sur la terre, je ne prends plaisir qu'en toi.
Si tu es dans ce désert aujourd'hui, si tu es dans le Psaume 73 : mets tes yeux à la bonne place. Ne laisse pas tes yeux s'attarder sur les méchants. Mets tes yeux sur l'Éternel. Est-ce que ça donne quelque chose d'être pur ? Oh que oui. Est-ce que ça donne quelque chose de marcher avec Dieu ? Oh que oui. Tu ne le vois pas toujours sur le moment, mais c'est toujours payant d'obéir à Dieu. Il n'y a pas une seule fois où Dieu te demandera quelque chose de difficile qui ne paiera pas.
Ne perds pas ton cœur pur. Heureux celui qui a le cœur pur, car il verra Dieu. Ça ne vaut pas la peine de ne plus voir Dieu. Mets tes yeux à la bonne place, mets tes yeux sur l'Éternel : une gloire t'attend de l'autre côté.
Points à retenir
- Ta situation ne changera peut-être pas, mais ta perspective peut changer si tu déplaces ton regard.
- Regarder aux gens, aux influenceurs ou aux méchants qui semblent réussir crée une distorsion de la réalité. Regarder à Dieu remet les choses à leur juste place.
- Un cœur pur, ce n'est pas la perfection : c'est le refus d'avoir deux maîtres.
- Ta vocation, ton travail, ta famille, ton service ne sont pas une punition. Ce sont des privilèges qui se transforment en fardeaux quand ton regard glisse.
- Dieu est fidèle : même dans ta crise, il tient ta main droite. Dieu est suffisant : quand tout le reste te manque, il reste le rocher de ton cœur.
Application personnelle
- Aujourd'hui, où est-ce que tes yeux se posent le plus souvent : sur Dieu, sur toi-même, ou sur ceux qui semblent avoir mieux réussi sans lui ?
- Quels comptes, chaînes ou personnes nourrissent en toi la jalousie ou la distorsion de la réalité ? Es-tu prêt à ne plus les regarder ?
- Y a-t-il un privilège de ta vie (ton travail, tes enfants, ton mariage, ton service à l'église) que tu regardes actuellement comme une punition ? Que se passerait-il si tu changeais ta perspective ?
- Que veux-tu dire à Dieu comme Asaph au verset 23 : « Cependant je suis toujours avec toi, tu m'as saisi la main droite. » En quoi Dieu a-t-il été fidèle dans ta crise ?
- Peux-tu compléter cette phrase : « Je n'ai pas ______, mais Dieu est suffisant » ?
Versets cités
- Psaume 73 · le psaume d'Asaph, texte de base du message
- Matthieu 5.8 · « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. »
- Psaume 84.10 · « Mieux vaut un jour dans tes parvis que mille ailleurs. »
- Romains 8.28 · « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. »
- Matthieu 5.45 · « Il pleut sur les justes et sur les injustes. »
FAQ
Qui est Asaph, l'auteur du Psaume 73 ?
Asaph était un lévite, conducteur de louange dans le temple de Dieu. Il a écrit douze des cent cinquante psaumes de la Bible. Modèle spirituel pour tout Israël, il a pourtant traversé une profonde crise de foi que ce psaume nous raconte comme un journal intime.
Pourquoi le juste souffre-t-il pendant que le méchant prospère ?
Asaph reconnaît que ce constat l'a presque fait tomber. Ce n'est qu'en entrant dans le sanctuaire de Dieu qu'il a compris deux choses : le sort final des méchants, qui basculent vers la ruine, et la fidélité durable de Dieu, qui tient la main droite du croyant même au cœur du brouillard.
Que signifie « avoir le cœur pur » dans le Psaume 73 ?
Ce n'est pas être parfait ni ne jamais tomber, mais refuser d'avoir deux maîtres. Un cœur pur ne veut pas servir Dieu et l'argent, Dieu et le sexe, Dieu et le pouvoir. Il veut un seul maître. C'est ce cœur non divisé qui voit la bonté de Dieu, ici et maintenant.
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