Introduction
Dans la première partie de son message sur la convoitise, le pasteur Célestin YAO avait nommé le piège : depuis Éden, Satan sème le doute puis dévie le désir, et il attaque nos vies sur les mêmes trois portes que Jésus a vues au désert, convoitise de la chair, convoitise des yeux, orgueil de la vie. Aujourd'hui, il pose la question qui devait suivre : comment on triomphe, concrètement, de chacune de ces trois convoitises ?
Le pasteur ne se contente pas d'un principe général. Il donne une clé maîtresse (la maîtrise de soi comme fruit de l'Esprit), puis un antidote pratique pour chaque type de convoitise. Il l'illustre avec la mise en garde de Paul à Timothée sur Démas, avec les témoignages de personnes de l'église qui ont vu leurs finances se déverrouiller après avoir demandé pardon, et avec un défi très direct adressé aux jeunes gens attaqués par les pensées impures.
Ce message est la suite du précédent. Là où le premier posait le diagnostic, celui-ci pose le remède.
Plan du message
1. Ce que la convoitise a déjà volé : Démas et le siècle présent
Avant de donner les remèdes, le pasteur Célestin YAO rappelle ce qu'un chrétien peut perdre s'il banalise le piège. Il ouvre la deuxième épître de Paul à Timothée. Paul est en prison, il écrit à son fils Timothée : « Viens au plus tôt vers moi, car Démas m'a abandonné, par amour pour le siècle présent. » Démas n'était pas un inconnu. C'était un compagnon de l'apôtre Paul. Il travaillait à ses côtés. Et pourtant, la convoitise l'a détaché.
Le pasteur commente : le siècle présent, c'est exactement ce que l'apôtre Jean décrit, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'orgueil de la vie. Combien de personnes ont aimé Dieu hier, ont crié à lui pour se retrouver dans ce pays, et aujourd'hui ne le cherchent plus, ne trouvent plus le temps de prier ? Il partage l'exemple d'une sœur venue le voir il y a quelques années. Elle sentait que Dieu l'envoyait vers des personnes aisées, dans un environnement de gens qui ont réussi. Le pasteur l'avait mise en garde : dans ce genre d'environnement, il faut que ton amour pour Jésus soit sans faille. Elle est partie. Au lieu de gagner ces personnes à Jésus, elle a été absorbée par leur monde. Aujourd'hui, Jésus n'a plus sa place dans sa vie. Voilà pourquoi il ne faut pas banaliser.
2. La clé maîtresse : la maîtrise de soi comme fruit de l'Esprit
La clé qui ouvre les trois serrures, c'est la maîtrise de soi. Le pasteur revient au fruit de l'Esprit dans Galates 5.22-23 : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, et enfin la tempérance, que d'autres versions traduisent maîtrise de soi. Il compare le fruit de l'Esprit à une orange : une seule orange, plusieurs tranches. La maîtrise de soi est l'une de ces tranches, et elle n'est pas seulement là pour t'empêcher de te mettre en colère. Elle est là pour te faire répondre non quand toute la convoitise se propose à toi.
C'est très concret : jeudi, jour de paye, tu as envie de sortir magasiner ; la maîtrise de soi te dit de rester à la maison. Aujourd'hui, tu n'as même plus besoin de sortir, la chance en ligne est là ; la maîtrise de soi te dit de fermer l'application. Le pasteur ajoute Galates 5.24 : « Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » Quand tu sais mettre la chair à sa place, sa voix devient plus lointaine avec le temps. Elle finit par dire elle-même : celui-là, ça ne vaut pas la peine, ça ne marche pas avec lui.
3. Vaincre la convoitise de la chair : marcher selon l'Esprit
Le pasteur passe ensuite aux antidotes point par point. Pour la convoitise de la chair, l'antidote se trouve dans Galates 5.16 : « Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair. » Il ne dit pas « il se pourrait » ; il dit « vous n'accomplirez pas ». Marcher selon l'Esprit, c'est se connecter à ce que l'Esprit aime : la Parole, la prière, le temps de jeûne, l'atmosphère d'adoration. Quand tu bascules là, la chair n'a plus le terrain.
Le pasteur devient très pratique et s'adresse aux jeunes gens (mais toute l'église écoute) qui se battent avec la masturbation, avec des pensées impures, avec la débauche. Tout commence par des idées et des images qui viennent bombarder. Le pasteur lance un défi : au moment même où la tentation est forte, mets ta playlist d'adoration, un message qui t'a touché, un chant qui élève ton âme. Puis essaie de te livrer à ta convoitise en même temps. Le pasteur répète trois fois : « Je te mets au défi devant Dieu. » Quand l'Esprit prend le relais dans ton corps, ton propre corps devient découragé pour la convoitise. Tu viens de créer une autre atmosphère, et c'est là que Paul dit : marche selon l'Esprit.
4. Vaincre la convoitise des yeux : lever les yeux comme le Père voit
Au départ, Dieu a donné les yeux pour contempler l'œuvre de ses mains et l'adorer, pas pour convoiter. La convoitise des yeux, elle, est toujours égoïste, orientée vers ce qui doit me satisfaire moi. L'antidote, dit le pasteur, c'est un langage biblique qui revient souvent : « Lève les yeux et regarde. » À chaque fois que Dieu dit ça (à Abraham, à d'autres), c'est pour dire : « Regarde comme moi je vois, selon mon fardeau, selon mes besoins, selon le battement de mon cœur. »
Le pasteur reprend Jean 4.34-35. Jésus arrive en Samarie, un pays que les Juifs regardent de haut. Ses disciples reviennent avec de la nourriture. Jésus, lui, lève les yeux : « Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson ? Voici, je vous le dis, levez les yeux, les champs sont déjà blancs pour la moisson. » Il n'a pas vu un peuple ennemi. Il a vu des hommes et des femmes qui avaient besoin de Dieu. Et Jésus, qui devait juste passer, est resté deux jours. Le pasteur applique ça très directement à l'église : demain, en levant les yeux sur Montréal, ne regarde pas comme tout le monde regarde. Regarde comme le Père voit. C'est ça qui enlève la convoitise des yeux : le regard ne cherche plus à se servir, il cherche à faire la volonté du Père.
5. Vaincre l'orgueil de la vie : le mystère de l'action de grâce et le contentement
Pour la troisième convoitise, l'orgueil de la vie, la clé est double : le mystère de l'action de grâce et le contentement. Le pasteur insiste : c'est un mystère. Quelqu'un qui sait rendre grâce à Dieu pour là où il est, quelqu'un qui sait dire « Seigneur, c'est toi qui me conduit, je te rends grâce pour ce que tu as fait et ce que tu feras », ne tombe pas dans l'orgueil de la vie. Beaucoup ne sont jamais satisfaits de ce qui est dans leur main aujourd'hui, ils veulent, ils veulent, ils veulent. Apprends à rendre grâce pour ce que Dieu met dans tes mains cette saison. Demain, il augmentera.
Le pasteur cite Philippiens 4.11-13. Paul écrit depuis la prison, et pourtant son épître est appelée l'épître de la joie. Il dit : « J'ai appris à être content de l'état où je me trouve. Je sais vivre dans l'humiliation et je sais vivre dans l'abondance. » Et c'est dans ce contexte-là qu'il dit le verset qu'on cite souvent : « Je puis tout par celui qui me fortifie. » Ce n'est pas un cri de conquête, c'est le témoignage d'un homme qui a appris le contentement. Sa joie ne dépend pas des circonstances extérieures. C'est un état d'esprit. Le pasteur relie enfin à Philippiens 4.6-7 : « En toute chose, faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces, et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs. » Cette paix-là garde ton cœur contre toute forme de convoitise.
6. Ne banalise pas : le témoignage des finances déverrouillées
Avant de conclure, le pasteur revient sur une application très concrète, l'endettement. Il rappelle la démarche donnée la fois précédente : quand tu es pris dans l'engrenage des dettes, avant de crier « Seigneur, bénis-moi », demande d'abord pardon d'avoir gérer tes finances sans la sagesse d'en haut. Puis il rend compte de trois témoignages reçus cette semaine. Une sœur avait tenté de consolider ses dettes ; sa banque avait refusé à cause de son ratio d'endettement. Elle a demandé pardon comme le message l'y invitait ; une autre banque l'a approchée et elle va signer pour éponger cette dette. Un couple est venu témoigner qu'ils viennent d'acquérir un deuxième triplex, deux ans après le premier. Et une jeune fille a reçu, en plus de ce que son père lui envoie d'habitude, un bonus de 6 000 dollars, comme une visitation.
Le message est simple : il est possible, dans un pays capitaliste, de ne pas être endetté. Les seules dettes que le pasteur autorise, ce sont celles qui servent à acquérir un actif comme une maison ou un condo, parce que ta maison prend de la valeur. La voiture de l'année, elle, est une dette qui perd. Vis selon ce que Dieu met dans tes mains aujourd'hui. Ne sois jamais étouffé financièrement. La carte de crédit n'est pas ton argent. Ne jette pas l'argent que Dieu te donne aux banques. Fais grandir ton amour pour Jésus avant tout autre désir, et la maîtrise de soi fera le reste.
Points à retenir
- La convoitise n'est pas anodine. Elle a détaché Démas, un compagnon de Paul, par amour pour le siècle présent. Elle peut te détacher aussi si tu la banalises.
- La clé maîtresse pour vaincre les trois convoitises, c'est la maîtrise de soi, fruit de l'Esprit selon Galates 5.22-24.
- Convoitise de la chair : marcher selon l'Esprit (Galates 5.16). Au moment de la tentation, bascule dans l'atmosphère qui plaît à l'Esprit, Parole, prière, adoration.
- Convoitise des yeux : lever les yeux comme le Père voit (Jean 4.34-35). Contempler pour adorer et servir, au lieu de regarder pour se servir.
- Orgueil de la vie : le mystère de l'action de grâce et le contentement (Philippiens 4.11-13). Rendre grâce pour ce qui est dans ta main aujourd'hui.
- Les finances sont le terrain où ces trois convoitises se voient le plus vite. Demander pardon, apprendre la sagesse, vivre selon ses moyens, laisser l'Esprit conduire.
Application personnelle
- Sur quelle des trois convoitises l'ennemi te bombarde-t-il le plus en ce moment : la chair, les yeux ou l'orgueil de la vie ?
- Quelle playlist, quel message, quel chant peux-tu préparer maintenant pour basculer dans l'atmosphère de l'Esprit dès que la tentation revient ?
- Quand tu poses les yeux sur les gens autour de toi (collègues, voisins, inconnus dans la rue), les regardes-tu comme des cibles, des rivaux, ou comme des champs déjà blancs pour la moisson ?
- Pour quoi, précisément, peux-tu rendre grâce à Dieu aujourd'hui dans ce que tu as déjà dans les mains, plutôt que dans ce que tu voudrais avoir demain ?
- Si tu es endetté, es-tu prêt à demander pardon avant de demander une bénédiction, et à couper une dépense concrète cette semaine ?
Versets cités
- 2 Timothée 4.9-10 · « Démas m'a abandonné, par amour pour le siècle présent. »
- 1 Jean 2.15-16 · « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie. »
- Galates 5.16 · « Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair. »
- Galates 5.22-24 · Le fruit de l'Esprit, dont la maîtrise de soi. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair.
- Jean 4.34-35 · Jésus en Samarie : « Levez les yeux, les champs sont déjà blancs pour la moisson. »
- Philippiens 4.11-13 · « J'ai appris à être content de l'état où je me trouve. »
- Philippiens 4.6-7 · « La paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs. »
FAQ
Qu'est-ce qui rend la maîtrise de soi différente d'un simple effort de volonté ?
Le pasteur Célestin YAO insiste sur un point : la maîtrise de soi n'est pas une force de caractère qu'on tire de soi-même. C'est un fruit de l'Esprit, listé dans Galates 5.22-23. Elle pousse quand la vie est connectée à l'Esprit, Parole, prière, adoration, communion. Autrement dit, elle est le résultat d'une marche, pas d'un serrage de dents. C'est pour cela que l'antidote à la convoitise de la chair est « marchez selon l'Esprit » et non « serrez les dents contre la chair ».
Le défi de la playlist d'adoration, ce n'est pas trop simpliste face à des addictions profondes ?
Le pasteur en parle avec autorité pastorale, pas comme d'une astuce magique. Le principe biblique est celui de Paul : quand tu marches selon l'Esprit, tu n'accomplis pas les désirs de la chair. Basculer d'atmosphère au moment même où la tentation est forte, c'est mettre en pratique ce texte. Ce n'est pas un substitut à la repentance, à l'accompagnement, à la Parole reçue et méditée. C'est une manière de rompre l'engrenage dans l'instant, pour que la voix de la chair devienne, à force, plus lointaine.
Le pasteur parle beaucoup d'argent. Pourquoi ?
Parce que l'argent est le terrain le plus visible où les trois convoitises s'expriment ensemble : la publicité vise les yeux, les achats compulsifs alimentent la chair, la carte de crédit et la voiture de l'année nourrissent l'orgueil de la vie. Les témoignages qu'il rapporte cette semaine, la sœur qui va signer pour éponger sa dette, le couple qui acquiert un deuxième triplex, la jeune fille qui reçoit un bonus inattendu, montrent que quand un cœur se repositionne, Dieu peut agir concrètement sur les finances. Il est possible de vivre dans une société capitaliste sans être étouffé financièrement.
pour prendre des notes et poser une question.