Introduction
Depuis deux mois, l'Église comme à la maison travaille un thème : le développement personnel chrétien, ou comment la foi en Dieu peut nous aider à progresser. Gary reprend la définition : le développement personnel, c'est « l'ensemble des démarches qui permettent à l'individu de s'accomplir ». S'accomplir, se concrétiser, réussir, mener à bien un projet qu'on a à cœur. En gros, être accompli, c'est devenir une meilleure version de soi-même, avancer toujours.
Puis il pose une question à l'assemblée, sans exiger de réponse : est-ce que tu penses être aujourd'hui la meilleure version de toi-même ? Certains diront oui, ils ont fait des choix, traversé des situations, fait ce qu'il fallait. D'autres diront qu'ils peuvent encore être meilleurs. Gary, lui, pense qu'on peut toujours avancer : le lui de dix ans était moins bon que celui d'aujourd'hui, et celui d'aujourd'hui aspire à devenir encore meilleur. Mais cela demande des efforts, une envie de s'améliorer, et souvent un changement d'habitudes. Or le changement, c'est précisément ce qui fait peur.
On aime notre petite routine, on aime maîtriser. Quand ça change, ça ne dépend plus de nous. Il suffit qu'Instagram change de logo ou déplace les émoticônes pour que des amis se plaignent de ne plus rien comprendre. Et c'est encore plus difficile quand ce sont nos vies qui doivent changer. Pourtant, ces changements sont parfois nécessaires. Alors que propose Dieu par rapport à ça ? Pour Gary, la meilleure façon de devenir meilleur, c'est de se tourner vers Dieu : « Quand mon Mac ne fonctionne pas, je vais chez Apple, parce que ce sont les fabricants. Dieu est mon créateur. Si je dois m'améliorer, je me tourne vers lui. » Et pour le montrer, il ouvre l'histoire d'un homme qui a vécu un changement radical : Saul, devenu Paul.
Plan du message
1. Qui était Saul avant sa transformation
- Première apparition : la lapidation d'Étienne. On entend parler de Saul pour la première fois en Actes 7:58, pendant la lapidation d'Étienne, un croyant qui partageait sa foi en Jésus et son sacrifice, et qui s'est fait attraper. Saul était présent. Actes 8:1 précise qu'il « avait donné son approbation » à cette exécution : il n'était donc pas n'importe qui. Il avait un certain pouvoir, une autorité suffisante pour approuver une mise à mort.
- Une mission : détruire l'Église. Actes 8:3 raconte que Saul cherchait à détruire l'Église, allant de maison en maison pour en arracher les croyants, hommes et femmes, et les jeter en prison. Un schéma se met en place : sa mission, c'est arrêter les croyants.
- Jusqu'à vouloir tuer. Actes 9:1-2 : Saul, qui ne pensait qu'à menacer et tuer les disciples du Seigneur, se rend chez le grand prêtre pour obtenir des lettres de recommandation pour les synagogues de Damas, afin d'arrêter ceux qui suivaient la voie du Seigneur et de les ramener à Jérusalem.
- La pire chose qui pouvait arriver à l'Église. Si on s'arrête à ces extraits, ce gars-là, c'est la pire menace pour les chrétiens de l'époque. Jésus venait de partir, l'Église démarrait, elle voulait propager la Parole, et Saul était là, prêt à les arrêter et les tuer. Personne n'aurait parié que cet homme écrirait presque la moitié du Nouveau Testament : 13 lettres sur les 27 livres.
- La route de Damas. Tout a basculé en chemin vers Damas. Saul a été entouré de lumière, il est tombé à terre, et il a entendu : « Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Il a demandé : « Qui es-tu, Seigneur ? » et la réponse est venue : « Je suis Jésus, que tu persécutes. » À partir de ce moment-là, un changement a commencé dans sa vie. Il a rencontré Jésus, et il a changé complètement.
2. Le Paul de la fin : 1 Timothée 1:12-16
- Le contexte de la lettre. 1 Timothée est une lettre que Paul adresse à Timothée, son assistant, un de ses bras droits. Timothée l'a accompagné plusieurs années sur des voyages missionnaires et lors de son emprisonnement à Rome. Paul le considérait comme son fils dans la foi. Timothée se trouve à Éphèse avec une mission spécifique, et Paul lui écrit pour lui rappeler cette mission et l'encourager à garder la foi. Juste au milieu, aux versets 12 à 16, Paul parle de lui-même, de ce qu'il a vécu.
- Un passage personnel. Ce n'est plus une théorie, c'est du vécu : « J'ai été quelqu'un qui offensait Dieu, qui était contre lui, et je suis aujourd'hui à son service. » L'homme qui écrit ces lignes vers la fin de sa vie est bien différent de celui d'Actes 9.
- Verset 12 : de la maîtrise à la dépendance. « Je suis reconnaissant envers celui qui m'a rendu capable de remplir cette tâche, Jésus-Christ notre Seigneur. » Dans Actes 9, Paul allait au-devant du grand prêtre, réclamait les autorisations, prenait les choses en main, décidait. Ici, il reconnaît que tout ce qu'il a fait et tout ce qu'il est capable de faire, son grand ministère, ses lettres, son évangélisation, sa persévérance en prison, c'est grâce à Dieu, grâce à ce Jésus qu'il persécutait avant. Il n'est plus le maître de lui-même ; il est en totale soumission et totale dépendance envers Dieu.
- Verset 13 : il reconnaît ses fautes et son ignorance. « Moi qui autrefois l'offensais, le persécutais et l'insultais, il a été compatissant envers moi, car j'agissais par ignorance, puisque je n'avais pas la foi. » Paul était instruit, formé par les meilleurs, il connaissait la loi sur le bout des doigts. Quand il persécutait, il était sûr de travailler pour Dieu. Son ignorance, c'est qu'il n'avait pas encore compris la grâce de Jésus que ces chrétiens vivaient et partageaient. Il persécutait parce qu'il ne connaissait pas encore Jésus.
- Verset 14 : Dieu donne la foi qui manquait. « Dans la surabondance de sa grâce, notre Seigneur a fait naître en moi la foi et l'amour que l'on trouve dans l'union avec Jésus-Christ. » En décidant de suivre Jésus, Paul est équipé par Dieu qui lui donne la foi qu'il n'avait pas. Peut-être te dis-tu : « Moi, je n'ai pas la foi. Il y a peut-être un Dieu, une entité supérieure, mais je n'arrive pas à croire. » Fais comme Paul : va vers lui, et c'est lui qui t'équipe, lui qui te donne la foi. Il connaît tes besoins. Paul agissait sans avoir la foi, Dieu le savait, il ne l'a pas condamné pour ça ; au contraire, il l'a utilisé et a fait de grandes choses à travers lui.
3. Ce que Jésus a annoncé, Paul l'a vécu (Marc 2:17)
- Un parallèle. 1 Timothée 1:15 fait écho à Marc 2:17. « La parole que voici est certaine, elle mérite d'être reçue sans réserve : Jésus-Christ est venu dans ce monde pour sauver des pécheurs. Je suis pour ma part l'exemple type d'entre eux. »
- Le contexte de Marc 2:17. Jésus mangeait avec des collecteurs d'impôts, très mal vus à l'époque, et avec des pécheurs notoires. Les pharisiens interrogent les disciples : comment peut-il s'asseoir à la même table qu'eux ? Jésus, qui les a entendus, répond : « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
- Paul l'a reconnu. C'est exactement ce que Paul a vécu : il a reconnu qu'il était pécheur, il a compris que ce qu'il faisait était contre Jésus. Ce sont les paroles d'une personne qui a vraiment été pardonnée, qui a reçu Jésus dans sa vie.
- Et toi, si tu te sens loin ? Comme Paul, à cause de ce qu'on a vécu ou fait, on peut se dire qu'on ne peut pas être accepté par Dieu, qu'on n'a pas ce qu'il faut pour s'approcher de lui. Tu peux te sentir loin parce que tu sais que ta vie ne plaît pas à Dieu. Mais Dieu le sait aussi. Comme avec Paul qui était loin de lui, il s'approche de toi et vient te toucher. Les luttes que tu as, il les connaît.
- Le changement a eu lieu après la rencontre, pas avant. À la fin de sa vie, Paul parle comme un homme apaisé, passé d'une personne violente qui persécutait l'Église à quelqu'un qui aimait cette Église. Ce changement a eu lieu quand il s'est rapproché de Dieu, et pas avant. Il n'a pas eu besoin de changer pour avoir ce contact avec Dieu. Pour nous aussi : le changement vient à travers Dieu, à travers cette recherche de Dieu.
4. Courir vers le but : la meilleure version de soi-même
- Paul, au moment de cette lettre, était-il la meilleure version de lui-même ? Gary le pense. Il a trouvé un sens à sa vie ; c'est le message d'une personne apaisée, qui connaît le but de sa vie et sait dans quelle direction elle va.
- Philippiens 3:13-14. « Frères et sœurs, je n'estime pas l'avoir déjà atteint, mais je fais une chose : oubliant ce qui est derrière et me portant vers ce qui est devant, je cours vers le but pour remporter le prix de l'appel céleste de Dieu en Jésus-Christ. » Paul a évolué, il ne fait plus par lui-même, il oublie ce qui est derrière. Sa vision est claire et simple : partager la Parole de Dieu, se rapprocher de Dieu, remplir l'appel que Dieu lui a donné.
- Le développement personnel selon la société, ou selon Dieu. Quand on cherche un sens à sa vie, on se cale souvent sur les idées de la société : tu dois avoir tel physique, t'habiller de telle façon, faire tel métier. Paul a abandonné tout ça. Il a laissé la position respectée qu'il avait pour devenir un serviteur du Seigneur, et c'est là qu'il se sentait le mieux : en mettant en pratique l'appel que Dieu lui avait mis sur le cœur.
- Tu n'es pas trop loin pour la grâce. Paul était pécheur, persécuteur, l'une des plus grandes menaces que l'Église ait connues, et Dieu lui a fait grâce. Tu n'es pas à une distance énorme de Dieu, telle que sa grâce ne puisse pas t'atteindre. Dieu est là. Tu n'as plus qu'un pas à faire : accepter qu'il est là et recevoir ce pardon immérité, cette réconciliation avec Dieu, offerte à tout le monde à travers le sacrifice de Jésus.
- Mets Dieu dans l'équation. Ce ne sont pas nos propres efforts qui feront que Dieu nous accepte ; c'est à travers lui qu'on peut être transformé et devenir meilleur. Gary lance un défi : si tu portes des soucis tout seul, si tu te dis « il faut que j'améliore ça avant de pouvoir aller vers Dieu » ou « il faut que je le fasse seul », mets Dieu dans l'équation. Regarde comment ça se passe avec lui. Tu pourrais être surpris. La grâce est un cadeau, et c'est à travers elle qu'on se dit : je ne veux plus faire ce que moi j'ai envie de faire, je veux faire le meilleur pour Jésus.
- Dieu peut utiliser ton passé. Peut-être penses-tu que ton passé est trop lourd pour que Dieu t'accepte. Regarde celui de Paul : plein de petits détails que Dieu a utilisés, comme sa citoyenneté romaine qui, à un moment, a empêché qu'on le tue. Chacun de nous a des dons et surtout des expériences que Dieu a mis en nous et qui peuvent servir à sa gloire.
- L'encouragement final. Tourne-toi vers Dieu, va vers lui, cherche ce que Dieu avait en tête quand il t'a créé. Vois où tu en es par rapport à cette personne qu'il a voulu créer, et peu importe si tu en es loin : cherche les étapes pour t'en rapprocher. Comme Paul l'a dit, il n'avait pas encore atteint le but ; beaucoup d'entre nous non plus. Et c'est seulement avec Dieu qu'on peut y aller. Découvre la grâce et le pardon de Dieu, laisse-toi toucher et transformer par cela.
Points à retenir
- On peut toujours devenir meilleur, mais cela demande des efforts et un changement d'habitudes, et le changement fait peur parce qu'il nous échappe.
- La meilleure façon de s'améliorer, c'est de se tourner vers Dieu, son créateur : comme on retourne chez le fabricant quand la machine ne fonctionne plus.
- Saul, persécuteur violent qui approuvait l'exécution d'Étienne et voulait tuer les disciples, est devenu l'auteur de 13 des 27 livres du Nouveau Testament. Tout a commencé par une rencontre avec Jésus sur la route de Damas.
- À la fin de sa vie, Paul ne se présente plus comme celui qui prend les choses en main, mais comme celui qui dépend entièrement de Jésus-Christ pour tout ce qu'il a accompli (1 Timothée 1:12).
- Paul n'a pas changé pour accéder à Dieu : c'est en se rapprochant de Dieu qu'il a été transformé. Ce ne sont pas nos efforts qui nous font accepter par Dieu.
- Si tu n'as pas la foi, va quand même vers Dieu : c'est lui qui l'a fait naître en Paul (1 Timothée 1:14), et il connaît tes besoins.
- Tu n'es jamais trop loin pour que la grâce t'atteigne. Il ne reste qu'un pas : accepter qu'il est là et recevoir son pardon.
Application personnelle
- Quelle est ton attitude face au changement ? Est-ce quelque chose qui te fait peur, que tu ne veux pas faire, que tu refuses, ou es-tu complètement ouvert à changer pour devenir meilleur ?
- Penses-tu te donner à fond pour être meilleur ? Souvent on veut, mais on ne veut pas faire l'effort. Comme on l'a vu avec Paul, devenir la personne qu'il était lui a coûté.
- Crois-tu pouvoir changer seul, ou as-tu besoin d'autres personnes et de l'aide de Dieu ?
- Y a-t-il des choses dans ta vie que tu sais devoir changer ou améliorer, mais que tu ne fais pas ? Si oui, pourquoi ? Est-ce parce que cela demande des efforts qui ne te plaisent pas, ou parce qu'il te manque l'humilité nécessaire ?
- Quel souci portes-tu tout seul aujourd'hui, en te disant qu'il faut d'abord régler ça avant d'aller vers Dieu ? Que se passe-t-il si tu mets Dieu dans l'équation dès maintenant ?
Versets cités
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Questions fréquentes
Faut-il changer sa vie avant de pouvoir s'approcher de Dieu ?
Non. C'est le cœur du message : Paul n'a pas changé pour accéder à Dieu, c'est quand il s'est rapproché de Dieu qu'il a été transformé. Ce ne sont pas nos efforts qui font que Dieu nous accepte. La grâce est offerte à tout le monde à travers le sacrifice de Jésus, et le changement vient ensuite, à travers ce contact avec Dieu.
Que veut dire Paul quand il affirme avoir agi « par ignorance » en 1 Timothée 1:13 ?
Paul était instruit, formé par les meilleurs, et il connaissait la loi sur le bout des doigts. Quand il persécutait les chrétiens, il pensait travailler pour Dieu. Son ignorance, c'est qu'il n'avait pas encore compris la grâce de Jésus que ces chrétiens vivaient et partageaient. Il persécutait parce qu'il ne connaissait pas encore Jésus. La rencontre sur la route de Damas a mis fin à cette ignorance.
Et si je n'ai pas la foi, comment faire ?
Paul lui-même dit qu'il agissait « sans avoir la foi » (1 Timothée 1:13), et pourtant Dieu ne l'a pas condamné pour cela : dans la surabondance de sa grâce, il a fait naître en lui la foi et l'amour (1 Timothée 1:14). L'encouragement de Gary : fais comme Paul, va vers Dieu, et c'est lui qui t'équipe et te donne la foi qui te manque. Il connaît tes besoins.
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