Introduction
Un homme est là, chaque jour, à la porte du temple qu'on appelle la Belle Porte. Il est infirme de naissance. Il tend la main. Il attend un peu d'argent, de quoi tenir la journée. Pierre et Jean montent au temple pour la prière de trois heures de l'après-midi. Ils passent devant lui. L'homme les regarde en espérant recevoir quelque chose. Alors Pierre lui dit ces mots que tu connais peut-être par cœur : « De l'argent et de l'or, je n'en ai pas ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche » (Actes 3:6, LSG).
C'est un des récits les plus célèbres du livre des Actes. Il vient juste après la Pentecôte. Pierre n'est plus le même homme. Une semaine plus tôt, tu aurais vu un pêcheur nerveux, celui qui avait juré trois fois ne pas connaître Jésus. Aujourd'hui, tu le vois planté devant un infirme, sûr de la puissance du nom qu'il annonce. Que s'est-il passé ? Le Saint-Esprit est descendu. Et un homme rempli de l'Esprit se tient debout dans la seule confiance qui compte : le nom de Jésus.
Plan du texte
1. La Belle Porte : une rencontre ordinaire qui bascule
Pierre et Jean montent au temple à l'heure de la prière. L'infirme, lui, est porté chaque jour au même endroit pour mendier. Le texte dit qu'il fixe les apôtres, s'attendant à recevoir de l'argent. Pierre le regarde à son tour et lui dit : « Regarde-nous » (v. 4). L'homme lève les yeux. Il attend une pièce. Il va recevoir bien plus.
Note le geste : Pierre saisit l'homme par la main droite (v. 7). Il ne prononce pas seulement une parole en l'air. Il touche, il agit, il fait lever l'homme au moment où il annonce le nom de Jésus. Aussitôt, les pieds et les chevilles de l'infirme deviennent fermes. Il se lève d'un bond, il marche, il saute, il loue Dieu, il entre dans le temple avec Pierre et Jean.
2. Pierre avant la Pentecôte : une foi hésitante
Pour comprendre ce qui vient de se passer, il faut regarder Pierre avant. En Matthieu 19:27, il dit à Jésus : « Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi ; qu'en sera-t-il pour nous ? » C'est la voix d'un disciple qui a suivi Jésus, mais qui cherche encore la récompense, la confirmation, la sécurité.
Après la résurrection, en Jean 21, Jésus rejoint Pierre au bord du lac de Tibériade. Il l'appelle par son nom entier : « Simon, fils de Jonas ». Pas « Pierre ». Pas le surnom que Jésus lui avait donné. Son nom de naissance. Et par trois fois, Jésus lui demande : « M'aimes-tu ? » Trois fois. Le même nombre que les trois reniements devant la servante, au feu de la cour du grand prêtre.
Dans le grec, il y a un jeu de mots qu'on perd en français. Jésus emploie le verbe agapaô, l'amour de sacrifice, l'amour sans condition, celui qui donne sans reprendre. Pierre, lui, répond avec le verbe philéô, l'amour d'amitié, l'amour entre frères, un amour bon mais conditionnel, qui dépend de la relation. Pierre n'ose pas s'aligner sur le mot de Jésus. Il sait ce qu'il a fait. Il ne veut plus promettre plus qu'il ne peut tenir.
3. Une sainte résignation
Le prédicateur cite une expression qu'un ancien pasteur aimait employer : « la sainte résignation » (en japonais, seinaru hirakinaori). Ce n'est pas de la résignation triste. C'est une capitulation lucide. Pierre semble dire : « Seigneur, tu sais que je t'ai trahi. Je te trahirai peut-être encore. Mais à cet instant, je t'aime, de l'amour dont je suis capable. »
C'est là que la Pentecôte va tout changer. Un homme qui a arrêté de bâtir sa foi sur sa propre force est un homme prêt à recevoir la puissance du Saint-Esprit. Pierre, à la Belle Porte, ne dit plus « regardez-moi ». Il dit « au nom de Jésus ». Et c'est le nom qui guérit, pas l'homme.
4. Ce que j'ai, je te le donne
Pierre est honnête : « De l'argent et de l'or, je n'en ai pas. » Il ne cache pas sa pauvreté. Il ne fait pas semblant. Mais il possède quelque chose de plus grand : le nom de Jésus, et la certitude que ce nom relève, guérit, sauve. Un chrétien rempli du Saint-Esprit n'est pas un chrétien qui a tout. C'est un chrétien qui sait ce qu'il a, et qui le donne.
Le prédicateur évoque ces retraites de sanctification dans les montagnes de Hakone, il y a vingt, trente, quarante ans. Là-bas, il entendait souvent cette question : « Es-tu un chrétien à sec, un chrétien qui dit "gimme, gimme", ou un chrétien qui a été rempli et qui déborde ? » La différence n'est pas dans l'intensité des émotions. Elle est dans la source. Le chrétien à sec compte sur lui. Le chrétien rempli compte sur Jésus.
5. Le discours de Pierre à la foule
Quand les gens accourent au portique de Salomon, stupéfaits, Pierre ne prend pas le mérite. Il dit : « Hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de cela ? Pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous, comme si c'était par notre propre puissance ou par notre piété que nous eussions fait marcher cet homme ? » (v. 12). Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob a glorifié son serviteur Jésus, celui-là même qu'ils ont livré et renié devant Pilate. Dieu l'a ressuscité. « C'est par la foi en son nom que son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez » (v. 16).
Pierre ne se met pas au centre. Il met le nom de Jésus au centre. C'est le signe le plus sûr qu'un homme est vraiment rempli du Saint-Esprit : il s'efface, et Christ paraît.
Points à retenir
- Un chrétien rempli du Saint-Esprit fait confiance à Jésus, pas à lui-même. Pierre ne dit pas « regarde-moi » ; il dit « au nom de Jésus ».
- La sainte résignation précède la puissance. Il faut cesser de compter sur sa propre force pour recevoir celle de Dieu.
- Ce que tu as reçu, donne-le. Pierre n'avait ni or ni argent. Il avait le nom de Jésus. C'était assez.
- La Pentecôte n'ajoute pas un vernis émotionnel ; elle transforme la source de la foi. Ce n'est plus toi qui portes ta foi, c'est l'Esprit qui la porte en toi.
- La vraie guérison pointe toujours vers le Christ, pas vers l'instrument. Pierre refuse la gloire des passants et la renvoie à Jésus.
Application personnelle
- Es-tu, en ce moment, un chrétien « à sec » ou un chrétien qui déborde ? Où est la source de ta confiance aujourd'hui ?
- Y a-t-il un endroit de ta vie où tu répètes à Jésus « je t'aime » avec le petit mot philéô, parce que tu n'oses plus promettre l'agapè ? Que veut-il te dire dans ce lieu-là ?
- Quel est le « ce que j'ai » que tu peux donner cette semaine, au nom de Jésus, à quelqu'un qui tend la main autour de toi ?
- Y a-t-il un reniement, une trahison, une lâcheté que tu portes encore ? Est-ce que tu es prêt à la sainte résignation, reconnaître ta faiblesse et laisser Christ prendre la place ?
- Quand tu vois Dieu agir, à qui vas-tu la gloire ? À l'instrument ou au Seigneur ?
Versets cités
- Actes 3:1-16 · Guérison de l'infirme à la Belle Porte
- Matthieu 19:27 · « Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi »
- Jean 21:15-17 · « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? »
- Matthieu 11:28 · « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés »
FAQ
Que signifie « au nom de Jésus » dans Actes 3 ?
Ce n'est pas une formule magique. Dans la culture biblique, le nom porte l'autorité et l'identité de la personne. Parler « au nom de Jésus », c'est agir sous son autorité, en s'appuyant entièrement sur ce qu'il est. Pierre ne mobilise pas une technique ; il s'efface devant celui qui guérit.
Quelle est la différence entre agapè et philéô ?
Agapè est l'amour de sacrifice, inconditionnel, celui que Dieu manifeste à la croix. Philéô est l'amour d'affection, d'amitié, plus proche du cœur humain ordinaire. En Jean 21, Jésus questionne Pierre avec agapaô, et Pierre répond avec philéô. Pierre reconnaît son incapacité à promettre l'amour absolu, et Jésus le rétablit quand même.
Que veut dire « rempli du Saint-Esprit » concrètement ?
Ce n'est ni un état émotionnel, ni un exploit spirituel. C'est laisser l'Esprit devenir la source de ta confiance, de ta parole, de ton action. Un chrétien rempli n'est pas un chrétien parfait ; c'est un chrétien qui ne compte plus sur lui-même, mais sur Christ.
Prédicateur : [À COMPLÉTER, pasteur du Culte du 31 mai 2026]
Texte : Actes 3:1-16
Date : 31 mai 2026
Église : Yokohama Sion / Numazu Sion (traduction libre du japonais)
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