Changer radicalement : accorde ta vie au Royaume

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Introduction

Pour ce deuxième dimanche de l'Avent, Mélanie Ehrismann médite Matthieu 3.1-12 : Jean-Baptiste surgit dans le désert de Judée avec un cri qui secoue tout le monde, « Changez radicalement, car le règne des cieux s'est approché. » Ce n'est pas une attente passive qui nous est demandée pendant l'Avent, mais une préparation active du chemin du Seigneur qui vient. Mélanie propose une image qui éclaire tout le texte : celle d'un orchestre symphonique qui s'accorde avant de jouer.

Plan du message

1. Une attente active, pas passive

  • La semaine dernière avec Stéphane Guillet, l'Église a vu que personne ne sait quand Jésus reviendra, Jésus lui-même invite à rester en veille sans s'endormir.
  • Aujourd'hui, Matthieu 3 propose une autre forme d'attente : préparer le chemin du Seigneur qui vient. Ce n'est plus seulement veiller, c'est agir en amont de la rencontre.
  • On est au tout début de l'Évangile de Matthieu. Jésus n'a même pas commencé son ministère, on sait juste qu'il est né. Et déjà Jean-Baptiste ouvre la route.
  • Jean a le look d'un prophète de l'Ancien Testament : vêtement de poil de chameau, ceinture de cuir, nourriture faite de criquets et de miel sauvage. Et il en a aussi le message.

2. Jean-Baptiste et la voix d'Ésaïe 40 : un même appel

  • Les quatre évangiles associent le ministère de Jean à cette voix annoncée en Ésaïe 40 : « C'est celui qui crie dans le désert. Préparez le chemin du Seigneur. Rendez droit ses sentiers. »
  • Dans son contexte, Ésaïe 40 parle au peuple d'Israël en exil, loin de la maison, sans terre ni temple. Au cœur de cette longue attente, une promesse jaillit : le Seigneur va intervenir, il vient par le désert, alors préparez-lui le chemin.
  • Jean affirme que le moment est venu : « le règne des cieux s'est approché. » Le Seigneur est là, il arrive. L'heure de la délivrance et du jugement a sonné.
  • C'est bien la présence de Jésus sur terre qui provoque cela, Jésus, appelé Emmanuel, « Dieu avec nous ». Préparer le chemin, c'est se préparer à sa venue.

3. « Changer radicalement » : s'accorder comme un orchestre

  • Derrière « changez radicalement », il y a l'idée de repentance, que beaucoup de traductions rendent par « repentez-vous ».
  • La repentance n'est pas se sentir mal. C'est une invitation à penser différemment. Une conversion, un changement de direction, un appel à être totalement réorienté, une modification de cap complète de l'intérieur.
  • Changer, ce n'est pas devenir quelqu'un d'autre. C'est « rester comme tu es, mais ne reste pas comme tu es. Sois qui tu es, mais ne reste pas comme tu es. »
  • L'image de l'orchestre symphonique : avant chaque répétition, chaque musicien s'accorde. Le trombone n'est pas appelé à devenir un violon, mais en tant que trombone, il est appelé à s'accorder. Se préparer, c'est s'accorder.
  • Changer radicalement, c'est accorder tout son être avec le ciel, parce que le royaume est en train d'arriver. S'aligner à Dieu parce qu'il est là, tout proche.
  • S'aligner à Dieu, c'est aussi un demi-tour : se détourner du péché, des idoles, de tous ces faux dieux qui prennent la place de Dieu dans ta vie, pour te tourner vers le seul et unique Dieu révélé en Jésus-Christ.

4. Des fruits dignes du changement radical

  • Comment sait-on si on s'est vraiment réorienté vers Dieu ? Par des fruits dignes du changement radical.
  • La foule adhère au message de Jean et se fait baptiser en signe de ce changement de vie, comme les baptisés de la semaine dernière.
  • Les pharisiens et les sadducéens, docteurs de la loi, viennent aussi demander le baptême. Mais Jean les critique sévèrement : « Qui vous a montré comment fuir la colère à venir ? Produisez donc un fruit digne du changement radical. »
  • Ils savent super bien faire et dire ce qu'il faut, mais sans conversion personnelle, sans conversion intérieure et authentique. Leur démarche n'est pas sincère : elle n'a pas les fruits qui vont avec.
  • Dans l'image de l'orchestre, c'est le musicien professionnel qui arrive, s'installe, mais ne s'accorde pas. Il participe au projet, mais juste parce qu'il est pro, il pense qu'il n'a plus besoin de s'accorder.

5. Le jugement : non pour faire peur, mais pour secouer les endormis

  • Jean rappelle à plusieurs reprises la venue du jugement : la hache prête à attaquer les racines, la fourche qui sépare le blé de la paille, le feu qui brûle.
  • Ce n'est pas pour faire peur. C'est pour secouer une foule endormie, et particulièrement des religieux qui se reposent sur leur piété, sur leur statut, sur leur appartenance à Dieu.
  • Le jugement n'est pas une menace, c'est une réalité qui accompagne la bonne nouvelle du règne de Dieu. Et le feu a une double fonction : il purifie ceux qui appartiennent à Dieu, et il révèle la faute de ceux qui le rejettent.
  • En rappelant le sérieux de ce qui est en jeu, Jean appelle à une réponse sincère, détachée de toute excuse, de tout privilège, de tout succès du passé. Une réponse là, maintenant, aujourd'hui, tel que tu es.

6. Deux leçons de la critique adressée aux pharisiens

  • Première leçon : tous sont appelés à la conversion. Ceux qui sont loin de Dieu comme ceux qui sont tout proches. Ceux qui n'ont aucune éducation chrétienne comme ceux qui ont baigné dedans depuis petits. Ceux qui n'ont jamais lu la Bible comme ceux qui la connaissent par cœur.
  • Ce qui compte, ce n'est pas le point où tu es, mais la trajectoire que tu prends. Quelle orientation tu prends aujourd'hui ?
  • Deuxième leçon : une conversion personnelle et authentique produit du fruit naturellement, comme un arbre en bonne santé. Penser différemment implique de vivre différemment.
  • D'où l'importance du discipulat. Le manuel utilisé pour préparer les futurs baptisés s'appelle d'ailleurs « Préparation au baptême et à la vie de disciple ». Le baptême n'est pas en lui-même le critère du changement radical, c'est toute la suite, la vie à la suite de Jésus, une vie transformée, cohérente avec la trajectoire prise.

7. Les « conversions » qui reviennent dans la vie chrétienne

  • La tentation, dans notre attente de la venue de Jésus, serait de revendiquer notre statut, « je suis déjà chrétien, je viens tous les dimanches, je suis déjà baptisé, je n'ai plus besoin de me remettre en question », plutôt que de répondre à l'appel de Dieu, de changer pour lui ressembler.
  • Répondre à l'appel, c'est reconnaître que même baptisés, engagés, formés, nous avons encore besoin de laisser Jésus nous transformer. Nous devons encore nous repentir pour vivre notre foi de manière concrète.
  • Il y a la première conversion, le moment où l'on donne sa vie à Jésus, où l'on manifeste par le baptême la volonté de vivre différemment. Et puis il y a toutes les autres conversions dans le reste de la vie chrétienne.
  • Un pasteur témoigne dans un ouvrage : « Je me suis converti quatre fois. » Non pas qu'il ait changé quatre fois de religion, dans la Bible, la conversion, ce n'est pas adhérer à une religion, c'est toujours adhérer à Christ. Par quatre fois, Dieu a réorienté sa vie d'une manière radicalement différente.
  • Dans l'image de l'orchestre : au milieu de la répétition, le chef arrête et pointe un musicien qui n'est plus accordé. Est-ce un manque d'amour ? Non, c'est une grâce. Sans cette correction, le violoniste ne pourrait pas continuer à participer à la symphonie.

8. Jésus-Christ, celui qui vient dans toute sa puissance

  • Ce récit rappelle que ce n'est pas nous qui faisons venir Jésus. C'est lui qui vient dans toute sa grandeur et sa puissance. Et lui seul a autorité de pardonner les péchés, n'est-ce pas là sa puissance ?
  • En lui, le règne des cieux ne s'est pas seulement approché, il a été inauguré par sa mort et sa résurrection.
  • Jésus ne s'est pas seulement approché de nous, il a pris notre place pour que nous puissions participer à ce règne, pour que nous puissions anticiper la mélodie céleste maintenant, en ce temps.
  • En cette saison d'attente, aiguisons notre oreille : où est-ce que l'Esprit est en train de pointer nos dissonances ? Acceptons-nous de répondre à l'appel de Dieu aujourd'hui, encore une nouvelle fois ? Laissons Dieu réorienter notre vie d'une manière radicalement différente.

Points à retenir

  • L'Avent n'est pas qu'une attente passive : Matthieu 3.1-12 t'appelle à préparer activement le chemin du Seigneur qui vient.
  • « Changer radicalement » veut dire s'accorder, comme un musicien avant la répétition : rester ce que tu es, mais ne pas rester comme tu es.
  • La conversion, ce n'est pas se sentir mal, c'est penser différemment et se réorienter tout entier vers le Dieu révélé en Jésus-Christ.
  • Une conversion authentique produit des fruits naturellement, comme un arbre en bonne santé. Sans fruits, la démarche religieuse reste creuse, Jean l'a dit sévèrement aux pharisiens.
  • Il n'y a pas qu'une seule conversion dans la vie chrétienne. Même baptisé, même engagé, tu as encore besoin de laisser Jésus réorienter ta vie, et cette correction est une grâce, pas un rejet.

Application personnelle

  1. Sur quel point de ta vie l'Esprit de Dieu est-il en train de pointer une « dissonance » que tu n'écoutes plus depuis longtemps ?
  2. Pendant cet Avent, ton attente de Jésus est-elle plutôt passive (« on verra bien ») ou active (« je prépare le chemin ») ? Qu'est-ce qui changerait cette semaine si tu la prenais comme une préparation ?
  3. Es-tu tenté de te reposer sur ton statut (baptême, engagement, ancienneté à l'église), pour éviter d'entendre l'appel à te réorienter aujourd'hui ?
  4. Quels sont les faux dieux ou les habitudes précises dont tu as besoin de te détourner pour te tourner à nouveau vers Christ ?
  5. Si un frère ou une sœur te faisait la remarque du « chef d'orchestre » sur un point précis de ta vie, saurais-tu y entendre une grâce plutôt qu'un rejet ?

Versets cités

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Questions fréquentes

Que veut vraiment dire « changer radicalement » ou « se repentir » dans ce texte ?

Contrairement à ce qu'on entend parfois, la repentance biblique n'est pas se sentir mal ou culpabiliser. Le mot grec derrière « changer radicalement » (souvent traduit « repentez-vous ») décrit une conversion, un changement de direction, une réorientation totale de l'intérieur. Mélanie Ehrismann propose l'image d'un musicien qui s'accorde avant la répétition : il ne devient pas un autre instrument, il reste ce qu'il est, mais il accepte d'être réajusté pour jouer juste. C'est ça, changer radicalement : rester qui tu es, mais ne pas rester comme tu es. C'est aussi un demi-tour, se détourner de tout ce qui prend la place de Dieu (le péché, les idoles, les faux dieux) pour se tourner vers le Dieu révélé en Jésus-Christ.

Pourquoi Jean-Baptiste est-il si dur avec les pharisiens qui viennent au baptême ?

Parce qu'ils viennent au baptême sans conversion intérieure et authentique. Ce sont des docteurs de la loi qui savent parfaitement dire et faire ce qu'il faut, mais leur démarche n'est pas sincère. Jean le repère à un signe simple : ils n'ont pas les fruits qui vont avec. Dans l'image de l'orchestre, ils sont ces musiciens professionnels qui, parce qu'ils se croient bons, pensent ne plus avoir besoin de s'accorder. Ils s'installent dans l'orchestre mais ne se laissent pas ajuster. Jean rappelle qu'une conversion authentique produit du fruit naturellement, comme un arbre en bonne santé. Sans fruits, ni statut, ni ancienneté, ni piété apparente ne suffisent, même pas de pouvoir dire « nous avons Abraham pour père ».

Si je suis déjà baptisé et engagé dans l'Église, est-ce que ce texte me concerne encore ?

Oui, et c'est même l'un des points centraux du message. Mélanie Ehrismann souligne qu'il y a la première conversion (le moment où l'on donne sa vie à Jésus et où on la manifeste par le baptême), puis toutes les autres conversions qui reviennent dans la vie chrétienne. Un pasteur témoigne ainsi s'être « converti quatre fois » : non pas qu'il ait changé quatre fois de religion, mais que Dieu a par quatre fois réorienté sa vie d'une manière radicalement différente. Répondre à l'appel de Jean-Baptiste aujourd'hui, c'est reconnaître que même baptisé, engagé et formé, tu as encore besoin de laisser Jésus te transformer. Se reposer sur son statut (« je suis déjà chrétien, je n'ai pas besoin de me remettre en question ») est précisément la posture que Jean reproche aux pharisiens.

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