« Ton corps, ton choix » ? Non : tu appartiens à Christ

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Introduction

Matthew Glock est parti tôt un matin, en déplacement pour ses responsabilités d'implantation d'église. Dans le métro parisien, une publicité lui saute au visage : une salle de sport promet « 80 jours pour être la meilleure version de toi-même » et signe son slogan sur trois mots. Choisis ton corps. Trois mots qui résument la culture qui t'entoure. Trois mots qui disent : tu t'appartiens, tu es autonome, tu décides.

Ce dimanche à Momentum, Matthew Glock t'ouvre 1 Corinthiens 6.12-20 pour te placer face à l'exact contre-pied. Paul écrit à une église qui, elle aussi, disait « Tout m'est permis » et qui traînait cette liberté jusque chez les prostituées de Corinthe. Face à cette culture d'hier et d'aujourd'hui, l'apôtre pose un principe fondamental de la vie chrétienne, en une phrase que tu peux redire à voix haute : je ne m'appartiens pas, j'appartiens à Dieu. Une phrase qui heurte, qui fait peur, et qui pourtant te ramène à la maison.

Plan de la prédication

1. « Choisis ton corps » : une culture inhumaine qui a besoin d'être rompue

Ne minimise pas ce que la culture te dit chaque jour. Pas seulement à la salle de sport. À l'école, au travail, dans les publicités, dans les récits que tu consommes. Elle t'enseigne que tu appartiens à toi-même. Que tu es responsable de tout. Que tu peux devenir ce que tu veux. Matthew Glock rappelle qu'il était assis la veille, dans le train, à côté d'un frère en Christ qui a été gardien de prison pendant quarante ans, et qui résumait le glissement en une phrase entendue chez les jeunes détenus : « Il n'y a pas de loi. J'ai le droit de faire ce que je veux, quand je veux, où je veux. »

Cette vision, dit le prédicateur, est carrément inhumaine. Il faut l'entendre. Ce n'est pas la manière dont Dieu nous a créés. Et elle produit deux fruits amers. D'un côté la frénésie de la réussite : je dois tout réussir puisque je suis seul responsable. De l'autre le naufrage de la résignation : je ne peux rien, je suis parmi les délaissés. Entre les deux, une anxiété immense face à un choix qui ne s'arrête jamais. Paul écrit précisément pour arracher les Corinthiens à ce mensonge, et pour t'en arracher aussi. Il faut une rupture nécessaire avec la culture ambiante, et une nouvelle compréhension de ce qu'est ton corps.

2. « Je ne m'appartiens pas » : le principe fondamental de la vie chrétienne

Le principe posé par Paul tient en cinq mots : je ne m'appartiens pas. Matthew Glock le répète, il faut le laisser cogner. Cela heurte celui qui n'a pas entendu l'Évangile. Cela heurte encore celui qui l'a entendu. Et ça fait peur, parce que la question qui vient tout de suite après est : alors j'appartiens à qui ?

Attention à ce moment-là. Le prédicateur insiste : ce principe n'autorise personne à prendre autorité sur toi à la place de Dieu. Toutes les fois où un homme, un groupe, un système a dit à un autre « tu m'appartiens », cela a produit abus, violences, dominations. La bonne nouvelle est ailleurs : je ne m'appartiens plus parce que je me remets à un Autre, à Dieu lui-même, qui m'a racheté. Et cette phrase, encore, tu peux te la redire simplement : je ne m'appartiens pas, j'appartiens à Dieu.

3. Racheté à un grand prix : un langage de marché d'esclaves

Paul termine son argumentation par cette formule : « Vous ne vous appartenez pas à vous-même car vous avez été rachetés à un grand prix. » Ce vocabulaire vient du marché d'esclaves. Une personne était propriété d'une autre, exposée à la vente. Quelqu'un la prenait là où elle était et payait le prix pour l'affranchir.

Dans l'Ancien Testament, le prophète Osée illustre cela avec une force poignante. Dieu lui demande d'épouser une femme qui se prostitue, il a des enfants avec elle, elle retourne à cette vie, et Dieu dit : « Va, reprends-la. » C'est notre histoire. Christ a payé le plus grand prix pour te racheter. Ce n'est pas toi qui abandonnes ou qui lâches prise ou qui décides de te donner : c'est Dieu qui a agi, et ce que tu as à faire, c'est dire simplement merci. Quand tu reviens à cela, dit le prédicateur, tu retrouves ton humanité. Tu reviens à la maison. Tu redeviens ce que Dieu a créé.

4. Liberté chrétienne : ne confonds pas matières indifférentes et questions éthiques

Les Corinthiens brandissaient un slogan : « Tout m'est permis ! » Ils avaient déformé la liberté chrétienne. Ils avaient pris la juste conscience que certaines choses sont indifférentes (la nourriture, par exemple), et l'avaient étendue à tout, jusqu'à justifier de fréquenter les prostituées au motif que « Dieu ne me jugera pas là-dessus ».

Paul corrige avec force au verset 12 : « Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile. Tout m'est permis, mais je ne me laisserai pas dominer par quoi que ce soit. » Et il ne dit pas cela parce qu'il aurait une force intérieure exceptionnelle. Il le dit parce qu'il appartient à Dieu, qu'il a été racheté, et que la puissance du Saint-Esprit habite en lui. C'est cette puissance qui te permet de dire non à ce qui te domine. Attention à ne pas mélanger les registres : la nourriture est neutre, l'immoralité sexuelle ne l'est pas. La liberté chrétienne concerne les matières indifférentes et non les questions éthiques.

5. Ton corps est un membre de Christ, un temple du Saint-Esprit

Paul dit ensuite deux choses inouïes sur ton corps. D'abord : « Vos corps sont les membres de Christ. » Ton corps (pas ton esprit seulement, ton corps), est un membre de Christ. Ensuite : « Votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu. » Ce corps appartient à Dieu, et il porte en lui la présence même de son Esprit.

Matthew Glock cite le commentaire de Gordon Fee : les Corinthiens pensaient que la présence de l'Esprit impliquait une négation du corps. Paul soutient exactement l'inverse : la présence de l'Esprit atteste et forme leur corps. Autrement dit, quand tu viens à Christ et que l'Esprit Saint entre en toi, ton corps ne devient pas moins précieux, il devient infiniment plus précieux. Ce n'est pas une chose à mépriser, ni à dominer, ni à idolâtrer : c'est une chose à honorer.

6. L'Évangile réunit ce que l'humanité avait séparé

Depuis la chute, l'humanité confond tout dans cette question du lien entre le corps et l'esprit. Soit elle dit que le corps est mauvais et doit être bridé, c'était courant chez certains Grecs. Soit elle dit que le corps est tout et qu'il faut le laisser aller, c'est le versant « choisis ton corps ». Soit encore elle adore le corps comme une idole, ce que Paul dénonce en Romains 1 : ils ont adoré la création au lieu du Créateur.

L'Évangile rejoint ce qui avait été séparé. Le corps et l'esprit sont réunis en Christ. Pourquoi le sait-on ? Parce que Christ vit aujourd'hui dans le même corps qu'il avait sur cette terre, un corps désormais glorifié. Et un jour, ce corps qui se détruit peu à peu, ce corps dont tu te demandes parfois s'il tiendra jusqu'au bout, Dieu le transformera en corps immortel. Alléluia. Il n'y a pas de vie spirituelle séparée de ton corps. Ta vie spirituelle est dans ce corps, et c'est avec ce corps que tu glorifies Dieu.

7. Compassion pastorale : « ta vie est cachée en lui »

Matthew Glock termine avec une note de tendresse. Dire « j'appartiens à Dieu » ne signifie pas que tout va bien, que tout est résolu, que tout ira mieux demain. Il n'y a probablement pas une seule personne dans l'assemblée qui n'ait quelque chose qui la tracasse au sujet de son corps. Une maladie, une souffrance, une prière répétée mille fois et pas encore exaucée. Ces choses sont réelles.

Ce que Dieu te dit, c'est : je ne suis pas indifférent, parce que ton corps appartient à Christ, je le sais, et au milieu de tout cela, je suis là avec toi. Cette vérité doit aussi te donner beaucoup de compassion pour les frères et sœurs qui traversent des situations difficiles. Ne dis jamais légèrement « ça va aller mieux ». Sache plutôt que ta vie est cachée en lui, que ta vie lui appartient, et que le Créateur de toute chose (même quand tu ne le vois pas), sait ce qui est le mieux pour toi. Tu peux lui faire confiance.

Points à retenir

  • La culture qui te dit « choisis ton corps » est inhumaine. Ce n'est pas ainsi que Dieu t'a créé, et cela produit soit une frénésie de réussite, soit un abandon résigné.
  • Le principe fondamental de la vie chrétienne tient en une phrase. Je ne m'appartiens pas, j'appartiens à Dieu. Redis-la à voix haute quand la culture t'assourdit.
  • Ce n'est pas toi qui te donnes : c'est Dieu qui t'a racheté. Le vocabulaire vient du marché d'esclaves. Christ a payé le prix, tu as à dire merci.
  • La liberté chrétienne concerne les matières indifférentes, pas les questions éthiques. « Tout m'est permis » ne s'étend pas à ce qui te dominera ni à ce qui viole la volonté de Dieu.
  • Ton corps est membre de Christ et temple du Saint-Esprit. L'Esprit ne nie pas ton corps : il le remplit, il l'honore, il en fait un lieu de la présence divine.
  • L'Évangile réunit ce que le péché avait séparé. Christ vit dans un corps ressuscité, gage que le tien sera un jour transformé en corps immortel.
  • Appartenir à Christ ne veut pas dire que tout va bien. Tes douleurs sont réelles, et il est là avec toi. Ta vie est cachée en lui.

Application personnelle

  • Quelles voix, dans ta semaine, te répètent le mensonge « tu t'appartiens, choisis ton corps » ? Où as-tu besoin d'une rupture nette avec cette culture ambiante ?
  • Peux-tu redire à voix haute, aujourd'hui, la phrase de Paul : « Je ne m'appartiens pas, j'appartiens à Dieu » ? Qu'est-ce que cela change dans une décision concrète que tu portes ?
  • Y a-t-il une zone de ta vie où tu confonds encore « matière indifférente » et « question éthique », où tu te justifies par « tout m'est permis » ce qui, en réalité, te domine ?
  • Comment traites-tu ton corps ? Comme quelque chose à mépriser, à dominer, ou à idolâtrer, ou comme un membre de Christ et un temple du Saint-Esprit à honorer ?
  • Quelle souffrance corporelle ou intime portes-tu depuis longtemps sans exaucement ? Peux-tu déposer devant Dieu la certitude que ta vie est cachée en lui, sans rien nier de la réalité de ta douleur ?
  • Vers quel frère ou quelle sœur, qui traverse une épreuve dans son corps, l'Esprit t'appelle-t-il à tourner un regard de compassion, sans les phrases faciles ?

Versets cités

  • 1 Corinthiens 6.12-20 · « Vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes, car vous avez été rachetés à un grand prix »
  • Osée 1 à 3 · l'image du rachat : « Va, aime cette femme »
  • Romains 1.21-25 · l'humanité qui adore la création au lieu du Créateur
  • Colossiens 3.3 · « votre vie est cachée avec Christ en Dieu »
  • Philippiens 3.21 · Christ transformera notre corps de misère en corps glorieux

FAQ

Que veut dire « je ne m'appartiens pas, j'appartiens à Dieu » ?

C'est le principe que Paul pose au terme de 1 Corinthiens 6 : « Vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes, car vous avez été rachetés à un grand prix. » Cela signifie que ta vie, ton corps, ton avenir ne sont pas à ta disposition exclusive : ils sont sous la seigneurie du Christ qui t'a racheté. Ce n'est pas une aliénation, c'est une libération. Tu es arraché à ce qui te dominait et remis à Celui qui t'aime et qui a payé le prix pour toi.

Est-ce que « tout m'est permis » veut dire que je peux tout faire ?

Non. Ce slogan circulait déjà dans l'Église de Corinthe et Paul le corrige immédiatement : « Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile. Tout m'est permis, mais je ne me laisserai pas dominer par quoi que ce soit. » La liberté chrétienne concerne les matières indifférentes (la nourriture, par exemple), pas les questions éthiques comme l'immoralité sexuelle. Et même dans les matières indifférentes, la question à te poser est : est-ce que cela m'édifie, ou est-ce que cela finira par me dominer ?

Pourquoi Paul insiste-t-il autant sur le corps ?

Parce que les Corinthiens, influencés par certaines philosophies grecques, méprisaient le corps et pensaient que la vie spirituelle se déroulait ailleurs. Paul affirme au contraire que ton corps est membre de Christ et temple du Saint-Esprit. La résurrection de Jésus dans un corps réel en est le gage : un jour, ton propre corps sera transformé en corps immortel. Il n'y a pas de vie spirituelle séparée de ton corps, c'est avec lui que tu glorifies Dieu.

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