Combattre et monter : la foi qui tient dans l'épreuve

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Tu traverses une épreuve qui dure ? Une saison où la maison, le mariage, le travail et l'église semblent tous vaciller en même temps ? Ce message, prêché à l'église Tokyo Christ Church le 18 janvier 2026, part d'un texte court d'Exode 17 pour te donner deux verbes de survie : combattre, et monter. Deux mots qui ont porté un frère à travers trois années difficiles, et qui peuvent porter les tiennes.

Introduction : deux mots pour une année entière

Le prédicateur, revenu à Tokyo après près de vingt ans à Nagoya, ne cache pas son émotion en reprenant la parole dans cette église qui l'a vu naître spirituellement. Il vient parler d'une chose très concrète : sa famille, son couple, sa foi ont été secoués comme jamais entre 2022 et 2025. Beaucoup de frères et sœurs, après avoir entendu son témoignage lors d'une retraite en septembre dernier, lui ont posé la même question inquiète : « Ça va vraiment ? Ce n'est pas trop pour toi ? » Sa réponse, il veut la donner aujourd'hui à toute l'assemblée. Sa réponse est simple, et elle est aussi le titre non-dit de sa prédication : ça va. Non pas parce que les tempêtes se sont calmées, mais parce que Dieu lui a donné une manière de traverser qui protège vraiment.

Cette manière, il l'a trouvée dans quatre lignes d'Exode 17. Deux verbes seulement : combattre, et monter. Ces deux mots sont devenus le mot-thème de son année 2025. Et si tu es toi aussi dans une saison où tu ne sais plus par quel bout attraper les difficultés, ces deux verbes peuvent devenir les tiens.

Le texte : Exode 17.8-11

« Amalek vint combattre Israël à Rephidim. Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, sors, et combats Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; et lorsqu'il baissait sa main, Amalek était le plus fort. » (Exode 17.8-11, LSG)

Tu connais probablement l'histoire. Israël combat, Moïse lève les mains, Dieu donne la victoire. Mais si tu prends le temps d'imaginer à quel point ce combat était insurmontable, le texte se met à parler autrement. C'est ce que le prédicateur nous invite à faire.

Plan de la prédication

1. Combattre : trois raisons de trembler avant la bataille

Israël, à Rephidim, part au combat dans des conditions humainement désastreuses. Trois éléments rendent cette bataille effroyable.

Un ennemi terrifiant. Le nom même d'Amalek signifie « celui qui capture, celui qui pille ». Ce peuple nomade du sud du Sinaï vivait de razzias. Sa cruauté était connue de tous. Ce ne sont pas des paysans qu'on vient combattre : ce sont des soldats de métier, pour qui piller et tuer est un mode de vie. Représente-toi la peur d'un peuple d'esclaves face à ces guerriers-là.

Aucune arme digne de ce nom. Israël sort d'Égypte comme peuple d'esclaves. Un esclave ne possède pas d'armes. Selon certains commentateurs, les seules armes disponibles étaient celles ramassées sur les bords de la mer Rouge, après la noyade de l'armée égyptienne : des lames étrangères, sans doute des khépesh, ces épées courbes qu'aucun Hébreu n'avait jamais tenues. Imagine que l'on te tende, la veille de ta première bataille, un outil que tu n'as jamais vu et qu'on te dise « débrouille-toi ».

La toute première bataille. C'est peut-être le plus lourd. Personne dans le camp n'a jamais combattu. Les jeunes hommes que Josué doit choisir n'ont pas de vétéran à qui demander conseil. Ils ont passé 430 ans à faire des briques, pas la guerre. « Papa, comment on se bat ? », « Je ne sais pas, mon fils. Je n'ai fait que de la brique. » Cette nuit-là, avant la bataille, on peut imaginer les larmes des mères, les questions muettes des pères, l'angoisse des jeunes envoyés en premier.

Et pourtant, le texte le dit clairement : ils ont vraiment combattu. Ce n'est pas un cas où Dieu a paralysé l'ennemi tout seul, comme il l'a parfois fait. Le mot hébreu, comme les traductions modernes, dit bien guerre, bataille, combat. Il y a eu des blessés. Il y a eu des morts. Quand Moïse baissait les mains, « Amalek était le plus fort ». Cela signifie que des Israélites tombaient réellement.

2. Ce que ce combat nous dit du combat spirituel

Cette découverte a beaucoup encouragé le prédicateur. Elle dit deux choses très importantes sur la manière dont Dieu nous fait traverser nos propres batailles.

D'abord, la victoire finale appartient à Dieu, absolument. Nous serons conduits jusqu'au ciel, nous serons formés à l'image de Christ, c'est la promesse. Mais entre-temps, Dieu ne nous garde pas de tout. Il y a des échecs. Il y a des blessures. Il y a parfois de lourds sacrifices. Le combat chrétien n'est pas une bulle protectrice où rien ne peut nous toucher. C'est un vrai combat, où l'on peut vraiment perdre du terrain sur telle ou telle bataille, sans perdre pour autant la guerre.

Ensuite, Dieu prépare son peuple à des batailles qu'il n'a jamais menées auparavant. À 30 ans de vie chrétienne, on peut être tenté de croire qu'on a déjà tout vu. C'est faux. Il y a des combats que tu ne pourras livrer qu'après dix, vingt ou trente ans de marche avec Christ, parce qu'ils touchent des fondations que tu n'avais jamais eu à revoir. Ces combats-là, ce sont peut-être les plus profonds de ta vie.

3. Le combat personnel : trois années dans l'ombre et la lumière

Le prédicateur raconte alors ce que ces trois dernières années ont représenté pour lui. Ce n'est pas facile à entendre, et il ne cherche pas à le rendre joli. Il partage, entre autres, deux fragments d'un journal spirituel qu'il a commencé à tenir en s'inspirant de Néhémie reconstruisant les murailles de Jérusalem en 52 jours (Néhémie 6). Sa question : quelles sont mes murailles écroulées, et comment les reconstruire, pierre après pierre ?

Un jour de 2024, en pleine nuit, il court hors de chez lui en criant dans la rue qu'il veut se jeter dans le vide. Une nuit de fin d'année, il tremble sur le canapé en répétant « j'ai peur, j'ai peur », tandis que son épouse pose sa main sur son dos et lui lit la Parole. À ce moment-là, il sait (de manière tranchante, existentielle), qu'il est dans un combat spirituel réel. L'ennemi cherche les brèches. Là où les fondations sont fissurées, il entre.

Ce témoignage n'est pas là pour te choquer. Il est là pour te dire : si tes fondations semblent craquer à certains endroits, tu n'es pas seul, et tu n'es pas à côté de la foi. Tu es probablement en train de vivre une bataille que Dieu attend depuis longtemps pour toi.

4. Monter : le geste qui décide de la victoire

Voici la deuxième moitié du texte, et c'est celle qui pèse cent fois plus lourd que la première : Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Aussi longtemps que Moïse tient ses mains levées, Israël l'emporte. Dès qu'il les baisse, Amalek reprend le dessus. À la fin, il faut poser une pierre sous Moïse pour qu'il s'asseye, et Aaron et Hur soutiennent ses bras de part et d'autre.

Comprends bien le message : ce n'est pas la force des combattants qui décide de l'issue. C'est la posture de celui qui monte pour intercéder et s'en remettre à Dieu. Bien peu de gens sont capables physiquement de tenir sur la colline. Mais tout le monde peut faire ceci : monter, en pensée, en prière, dans un coin de sa journée, et remettre l'issue au Seigneur.

Cette posture, dit le prédicateur, est cent fois plus importante que la bataille elle-même. Elle est une foi et une prière qui refuse de se laisser dicter son état par le score du moment. La victoire finale appartient à Dieu. Quand tu comprends cela, la bataille elle-même prend une saveur différente : elle n'est pas moins vraie, mais elle n'est plus écrasante.

5. Comment « monter » concrètement

Pour lui, monter, c'est aussi très littéralement grimper une petite pente derrière chez lui, le long d'une rivière, en priant. Vingt à trente minutes de marche avec le chien. Quand le temps manque, ce sera une marche de cinq marches dans le parc voisin. Peu importe le lieu, l'essentiel est que ce soit tenable. Une chose qu'on peut réellement faire chaque semaine, chaque jour si possible. Une pratique où l'on remet, encore et encore, sa bataille au Seigneur.

À côté de cela, il a construit d'autres appuis très concrets : un dévotionnel familial travaillé, préparé, budgété, jusqu'à imprimer un « mode d'emploi de moi-même » pour aider sa femme à comprendre quand il est vraiment épuisé, parce qu'il n'a pas naturellement conscience de sa fatigue avant d'être au bord de l'effondrement. Et la lecture patiente d'un livre qui l'a bouleversé : Les dépressions spirituelles de Martyn Lloyd-Jones. Lu, relu, annoté, recopié, parce qu'il y a des saisons où l'on doit apprendre à lire ce que Dieu a mis à notre disposition, avec sérieux.

Points à retenir

  • Ta bataille est réelle. Le combat spirituel n'est pas une image. Il y a des blessures, il y a des reculs, il y a parfois des saisons de trois ans. Dieu ne te trompe pas quand il te fait passer par là.
  • Combattre, oui. Mais monter, cent fois plus. Le vrai levier de la victoire, ce n'est pas ta force au bas de la colline. C'est ta capacité à monter, en prière et en confiance, remettre l'issue au Seigneur.
  • La victoire finale appartient à Dieu. Cela ne veut pas dire que tu ne perdras aucune bataille. Cela veut dire que la guerre est déjà gagnée en Christ, et que tu es appelé à la vivre depuis ce résultat-là.
  • Après trente ans de foi, il reste des batailles nouvelles. Certaines fondations ne se révèlent qu'après vingt ou trente ans de marche. Ce n'est pas une régression. C'est une profondeur nouvelle du travail de Dieu en toi.
  • Rends ta discipline durable. Ce n'est pas la grande promesse spirituelle qui te tient. C'est le petit rendez-vous quotidien que tu peux vraiment garder, année après année.

Application personnelle

  • Quelle est aujourd'hui, dans ta vie, la bataille où tu es sur le point de baisser les mains ?
  • À quoi ressemblerait ta « colline » à toi, le lieu, le moment, la posture où tu montes remettre cette bataille à Dieu ?
  • Qui, dans ton entourage, pourrait être ton Aaron ou ton Hur, quelqu'un pour te soutenir les bras quand tu n'y arrives plus seul ?
  • Y a-t-il une lecture, un livre, un enseignement que Dieu a mis sur ta route et que tu retardes de creuser sérieusement ?
  • Es-tu prêt à faire de ta discipline spirituelle quelque chose de petit et tenable plutôt que de grand et intermittent ?

Versets cités

  • Exode 17.8-11 · Israël combat Amalek, Moïse lève les mains.
  • Néhémie 6 · Reconstruction des murailles en 52 jours.
  • Hébreux 12.1-2 · « Rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus. »

FAQ

Que veut dire « combattre et monter » dans la vie chrétienne ?

« Combattre » désigne l'engagement concret dans les batailles réelles de ta vie : couple, famille, travail, relations, péché habituel. « Monter » désigne le fait de te retirer, comme Moïse sur la colline, pour prier, intercéder et remettre l'issue à Dieu. Les deux sont nécessaires, mais monter est le levier décisif : c'est de là que la victoire descend.

Peut-on encore vivre des combats spirituels majeurs après 30 ans de foi ?

Oui, et souvent ce sont les plus profonds. Certaines fondations de ta vie ne se révèlent fissurées qu'après des années de marche. Dieu attend parfois vingt ou trente ans avant de mettre le doigt sur elles, parce que c'est seulement à ce moment-là que tu es prêt à les reconstruire. Ce n'est pas une régression, c'est une œuvre plus profonde.

Comment tenir dans la durée quand la bataille dure des années ?

En rendant ta discipline spirituelle petite et tenable. Un vrai rendez-vous quotidien de cinq minutes vaut mieux qu'une heure intermittente. Trouve ton lieu de montée (même s'il ne s'agit que de quelques marches dans un parc), et remets, encore et encore, ta bataille au Seigneur. Entoure-toi de frères qui peuvent soutenir tes bras quand ils tombent.

pour prendre des notes et poser une question.

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