Comment abattre les geants qui se dressent dans ta vie

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Introduction

Tout le monde affronte des géants. Ce sont les enfants qui redoutent l'école le lundi matin, l'adulte qui traîne à sortir du lit parce qu'il est découragé, le collègue difficile qu'il faut supporter, la dette qui grossit, l'anxiété qui reste accrochée à toi. Les géants, ce sont ces combats qui te dépassent, qui te paraissent trop grands, trop musclés, trop bien armés pour toi.

David Pothier, à La Chapelle, a repris l'histoire la plus connue de la Bible : David et Goliath, en 1 Samuel 17. Deux armées face à face. Chacune choisit son champion. Le champion des Philistins sort des rangs : Goliath, près de trois mètres, un casque de bronze, une cuirasse à écailles, un javelot, une énorme épée. En face, un jeune berger de quinze ans, cinq pieds, une fronde et cinq pierres polies. Sur le papier, l'affaire est pliée. Sauf que David gagne. Et l'armée d'Israël se met à courir derrière les Philistins.

David Pothier tire de ce récit cinq principes très concrets pour affronter les géants qui se dressent dans ta vie. Le dernier renverse toute la perspective, parce qu'il te rappelle que tu n'es pas David dans l'histoire, et c'est là que se trouve la meilleure nouvelle.

Plan de l'article

  1. La constance dans l'ombre fabrique des tueurs de géants
  2. Contrer le rejet et refuser de vivre de l'approbation des autres
  3. Courir vers le géant au lieu de fuir le problème
  4. Couper la tête du géant, pas juste le mettre à terre
  5. Christ, le plus grand David, a écrasé le plus grand géant

1. La constance dans l'ombre

Avant d'être roi, avant d'affronter Goliath, David est berger. À l'époque, garder les moutons n'est pas un métier valorisé. C'est une tâche de seconde classe, celle que personne ne veut faire, celle que personne ne voit. Et pourtant David reste fidèle. Quand ses frères plus âgés partent à la guerre avec Saül, David, trop jeune pour l'armée, retourne s'occuper des brebis de son père (1 Samuel 17.14-15).

Une lecture courante fait de David un jeune homme qui rêve du palais et s'impatiente dans les champs. David Pothier propose l'inverse : ce n'est pas le cœur de David. David trouve important de bien s'occuper de ses brebis, parce qu'il est fidèle dans les petites choses. C'est exactement là que beaucoup de gens perdent leur potentiel et leur appel : dans le manque de fidélité aux choses invisibles.

Tu veux devenir président de la compagnie, mais tu n'es pas prêt à passer le balai. Tu veux devenir pasteur, mais tu n'es pas prêt à monter les chaises. David Pothier cite l'amiral William McRaven, auteur de Make Your Bed : si tu veux changer le monde, commence par faire ton lit le matin. Les grandes choses, ce sont presque toujours des petites choses répétées un million de fois avec constance. La constance dans l'ombre fabrique des tueurs de géants. Alors la question est simple : est-ce que tu fais le minimum quand on te demande quelque chose, ou est-ce que tu fais un peu plus ?

2. Contrer le rejet

Quand David arrive sur le champ de bataille, son grand frère Éliab le méprise (1 Samuel 17.28). Et ce n'est ni la première ni la dernière fois que David sera rejeté dans sa vie, par ses frères, parfois par son père, plus tard par ses propres enfants. David Pothier est direct : que tu sois jeune ou plus âgé, tu n'accompliras pas ce que Dieu a pour toi si tu as besoin de l'approbation de tout le monde.

Il partage son propre parcours. À l'école secondaire, il a été mis de côté, rejeté, moqué. Le lundi matin était la pire chose de sa semaine. Mais avec le recul, il comprend que Dieu ne le punissait pas. Dieu le bénissait. Parce que pour devenir la personne que Dieu l'appelait à devenir, il ne pouvait pas être avec « eux ». S'il avait été intégré à leur groupe, il aurait été influencé dans une direction qui n'était pas la sienne.

Alors si toi aussi tu es mis de côté, si on ne t'a pas invité, si tu te sens rejeté, ne pleure pas trop vite. Dieu est peut-être en train de te préserver. Tu n'es pas appelé à être comme tout le monde. Tout le monde reste couché le dimanche matin, toi tu viens à l'église. Tout le monde fait ce qu'il veut, toi tu es appelé à autre chose. Tu es un enfant de Dieu. Tu es un guerrier de l'Éternel. Tu es un tueur de géants.

3. Cours vers le géant

Le verset 48 dit que David court vers le géant. C'est décisif. Pendant quarante jours, matin et soir, Goliath vient défier l'armée d'Israël. Ça fait quatre-vingts fois que le roi Saül entend le défi, et quatre-vingts fois il balaie le problème sous le tapis. David l'entend une seule fois, et il court vers le géant.

David Pothier insiste : les problèmes ne s'en vont pas parce qu'on les ignore. Il raconte l'histoire de son lave-vaisselle qui suintait un peu, il y a plusieurs années. Une petite affaire, il n'avait pas le temps. Trois semaines plus tard, il démontait une section de sa maison remplie de moisissure. Il y a toujours un prix à ignorer les problèmes. Tes dettes ne se paieront pas parce que tu les ignores. Tes problèmes de pureté ne se règleront pas comme par magie quand tu te marieras. Tes tensions au travail ou dans le ministère ne disparaîtront pas d'elles-mêmes.

David Pothier cite Jeff Bezos : la majorité du stress dans nos vies vient du fait qu'on sait ce qu'on devrait faire et qu'on ne le fait pas. Alors arrête de fuir, arrête d'ignorer. Cours vers le problème. Pourquoi ? Parce que tu as la puissance du Saint-Esprit en toi, et quand tu te mets en marche, ça libère la puissance de Dieu, la faveur du ciel, les forces qui vont te permettre de régler ces situations. « Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4.4).

4. Coupe la tête du géant

Au verset 51, David ne se contente pas d'avoir mis Goliath à terre avec sa fronde. Il court, prend l'épée de Goliath, et lui coupe la tête. Il veut être certain que le géant ne se relèvera pas. David Pothier prévient tout de suite : c'est une métaphore. Il ne s'agit pas de faire du mal à quelqu'un.

Mais spirituellement, c'est un principe puissant. Il y en a qui ont lancé la roche, qui ont mis leur géant à terre, mais qui l'ont laissé se relever. Tu as mis le géant à terre, mais tu regardes encore ses photos, ses réseaux sociaux. Tu as mis le géant à terre, mais tu gardes son numéro dans ton téléphone. Tu as mis le géant à terre, mais tu réponds encore à ses textos. Tu as mis le géant à terre, mais tu rouvres la porte de ton appartement.

David Pothier cite John Piper : « If you don't kill sin, sin will kill you. » Coupe la tête. Efface l'application. Résilie l'abonnement. Débranche l'internet, jette ton téléphone dans le fleuve s'il le faut. Coupe les liens avec ce Goliath-là. Coupe tes cartes de crédit. Vide les bouteilles dans l'évier. Quand un croyant décide d'achever le péché, Dieu libère les forces du ciel pour lui permettre de le faire. Mais il faut être résolu.

5. Christ, le plus grand David

Ici, David Pothier renverse tout. Quand on lit David et Goliath, on se met spontanément à la place de David. Erreur. La Bible parle de Jésus du début à la fin, et la vraie question devant chaque récit, c'est : où est Jésus dans l'histoire ? Jésus n'est pas Goliath, ni les Philistins, ni le roi Saül, ni l'armée d'Israël. Jésus est représenté par David.

Mauvaise nouvelle : tu n'es pas David. Tu n'as pas son courage. Tu ressembles davantage à l'armée d'Israël, cachée dans ses tentes, paralysée par la peur. Bonne nouvelle : justement, tu n'as pas besoin d'être David. Il existe un plus grand David. Un plus grand champion, qui a fait pour toi ce que tu étais incapable de faire pour toi-même.

David a combattu un géant de neuf pieds qui avait l'apparence d'un serpent, la Bible insiste sur ses écailles et le bronze de son armure, un mot proche du serpent en hébreu. Mais Jésus, lui, a combattu le vrai serpent ancien, celui de Genèse 3, la tête du dragon, la tête de Satan. Il l'a écrasé en donnant sa vie à la croix. Jésus est le plus grand champion de toute l'histoire, et c'est parce qu'il a vaincu le plus grand géant que tu peux, aujourd'hui, faire face aux plus petits qui se dressent devant toi.

Points à retenir

  • Personne n'est à l'abri des géants. Être chrétien ne t'exempte pas de l'anxiété, du rejet, de la tentation, du découragement ou des dettes.
  • La constance dans les petites choses invisibles prépare les victoires visibles. Fais ton lit, occupe-toi de tes brebis.
  • Cherche ton identité en Dieu, pas dans l'approbation de tout le monde. Le rejet peut être le lieu où Dieu te façonne.
  • Ignorer un problème lui donne du temps pour grossir. Cours vers le géant pendant qu'il est encore un géant, pas un désastre.
  • Un péché qu'on ne finit pas se relève. Achève-le : coupe l'accès, coupe le contact, coupe les moyens.
  • Tu n'es pas David. C'est Christ, le vrai champion, qui a écrasé le serpent ancien à la croix. Ta force de combattre vient de sa victoire à lui.

Application personnelle

  1. Quel est le géant qui se dresse devant toi en ce moment, la peur, la dette, le rejet, une relation toxique, une addiction, un travail que tu redoutes ? Nomme-le clairement.
  2. Dans quelle « petite chose » invisible es-tu appelé à être fidèle cette semaine, sans attendre que quelqu'un le remarque ?
  3. De qui cherches-tu l'approbation au point de retarder ce que Dieu t'appelle à faire ? À qui as-tu donné trop de pouvoir sur ta vie ?
  4. Quel problème as-tu ignoré depuis trop longtemps ? Quelle est la première action concrète pour courir vers lui aujourd'hui ?
  5. Quel géant as-tu mis à terre sans lui couper la tête ? Quel accès, quel numéro, quelle application, quelle bouteille dois-tu supprimer pour de bon ?

Versets cités

FAQ

Est-ce que devenir chrétien fait disparaître les géants de ma vie ?

Non. David Pothier le dit clairement dans son message : ce n'est pas parce qu'on est chrétien qu'on n'aura jamais de géants à affronter. Anxiété, peur, découragement, solitude, tentation, tout le monde y passe. Ce que la foi change, c'est ta manière de les combattre : tu ne les affrontes plus seul, et tu ne comptes plus sur ta seule force.

Pourquoi David représente-t-il Jésus dans cette histoire, et pas moi ?

Parce que la Bible entière raconte l'histoire d'un Sauveur promis dès Genèse 3.15, qui viendrait écraser la tête du serpent. David affronte un géant décrit comme un serpent (armure d'écailles, mot hébreu proche de « serpent »), et il l'écrase. C'est une préfiguration. Le vrai champion, celui qui écrase le vrai serpent ancien, c'est Jésus à la croix. Toi, dans le récit, tu es plutôt l'armée d'Israël, sauvée par le champion.

Concrètement, ça veut dire quoi « couper la tête » d'un péché ?

C'est enlever la possibilité pratique de retomber. Effacer l'application, résilier l'abonnement, supprimer le numéro, couper la carte de crédit, vider les bouteilles, éviter le lieu, changer de trajet, demander à quelqu'un de te tenir responsable. Tant que tu laisses au géant un moyen de se relever, il se relèvera. La victoire spirituelle passe presque toujours par des décisions très concrètes.

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