Dieu court vers toi : la parabole du fils prodigue

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Introduction

Si tu es loin du Père ce matin, il y a une chose que tu dois entendre avant tout : Dieu n’a pas dégoût de toi. Dieu a compassion de toi. C’est par ces mots que David Pothier ouvre sa prédication, dans un moment charnière pour la Chapelle : l’acquisition d’un nouveau bâtiment à Cartierville, à Montréal.

Il commence en parlant de course à pied. Eliud Kipchoge, marathonien extraordinaire, a été le premier à courir un marathon sous les deux heures. Usain Bolt reste le plus rapide sur 100 mètres. Mais David Pothier veut te parler d’un autre coureur : « le plus grand coureur de toute l’histoire ». Une course pour retrouver un fils qui était perdu. L’histoire est en Luc 15.

Ce n’est pas un récit sentimental. C’est une révélation du cœur de Dieu qui, à travers Jésus, court à ta rencontre, même quand tu penses ne plus mériter d’être appelé son enfant.

Plan de la prédication

1. Un fils qui dit à son père : « Je te veux mort »

La parabole raconte un jeune homme qui demande sa part d’héritage. À l’époque, ça revient à dire à son père : « Je voudrais que tu sois mort. » David Pothier le rappelle avec humour : dans plusieurs cultures, un enfant qui parle ainsi à ses parents s’attire immédiatement une réaction ferme. Mais dans la parabole, le père fait le partage.

Le fils vend tout, part dans un pays lointain et gaspille son héritage dans une vie de débauche. David Pothier fait un parallèle direct avec le Québec : « On veut la liberté, on veut la justice, on veut l’égalité, mais on ne veut plus du Père. » Nous avons pris l’héritage chrétien, mais nous sommes en train de le gaspiller parce qu’on ne veut plus de Dieu. Résultat : des communautés brisées, des familles brisées, des mariages brisés, et surtout des âmes brisées. Nous sommes la génération la plus anxieuse, la plus déprimée et la plus médicamentée de l’histoire.

2. Un fils rendu au fond du trou

Le jeune homme se retrouve gardien de porcs, prêt à se rassasier de la nourriture des bêtes. Pour un jeune juif, c’est l’humiliation extrême : le porc est un animal impur. David Pothier insiste : c’est ce qui nous arrive quand on s’éloigne du Père. On finit entouré de gens qui prétendent nous aimer, mais qui ne sont là que pour nous utiliser.

Un jour, le fils se dit : « Chez mon père, même les ouvriers mangent à leur faim. Je vais retourner et lui demander de me traiter comme un ouvrier. » Il prépare un discours en trois points : « J’ai péché contre Dieu et contre toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers. » Son idée : rembourser, un jour, la dette envers son père.

3. Un Père qui court, malgré la honte

Il part, mais le texte dit que lorsque son père le vit encore loin, il fut ému de compassion, courut à sa rencontre, se jeta à son cou et l’embrassa longuement (Luc 15.20). Ce père n’a pas eu dégoût de son fils, il n’a pas eu honte de lui, même s’il sentait le porc.

David Pothier attire l’attention sur un détail que 2000 ans de christianisme ont banalisé : à l’époque, un père ne court jamais en public. Les hommes portaient de longues robes ; courir imposait de relever sa robe et de montrer ses jambes, ce qui était une honte. Ce père court malgré la honte. Ce père ressemble à Dieu.

4. La coutume du Kezazah : pourquoi le Père court vraiment

Le théologien Kenneth Bailey éclaire l’arrière-plan de la parabole avec une coutume juive appelée le Kezazah (littéralement : « couper »). Si un jeune juif avait perdu son héritage aux mains de non-juifs et qu’il voulait réintégrer sa communauté, il devait passer devant les anciens du village. Le père n’avait pas le droit d’assister à la cérémonie, parce que la bénédiction du père a préséance sur la décision de la communauté. La mère pouvait plaider, mais la décision revenait aux anciens.

Si la communauté refusait de réintégrer le fils, on prenait un pot d’argile rempli de grains (le grain était précieux, on ne gaspillait rien), et on le fracassait à ses pieds en disant : « Tu as brisé notre confiance, tu as brisé notre communauté, les dommages sont irréparables. Que ta vie soit maintenant comme ce vase brisé. Tu n’es plus le bienvenu ici. Tu es coupé. »

Le père surveille l’horizon parce qu’il veut atteindre son fils avant l’entrée du village, avant les anciens. Il court, l’embrasse, et donne trois ordres avant même que le fils ait pu prononcer son discours :

  • La robe, celle du père lui-même. En la portant, personne ne peut cracher sur le fils ni le maudire.
  • La bague, le sceau, l’équivalent de la carte de crédit familiale. Il le restaure dans les affaires familiales.
  • Les sandales, seuls les esclaves marchaient pieds nus. Il n’est pas un serviteur, il est un fils.

Quand le fils entre au village, il porte déjà la robe, la bague, les sandales, la bénédiction et le pardon du père. Les anciens ne peuvent plus l’exclure. La bénédiction du père a préséance sur la décision de la communauté.

5. Ce que Dieu a fait avec nous

David Pothier fait le pont : « C’est exactement ça que Dieu a fait avec nous. » Quand Dieu nous a vus dans notre péché, il n’est pas resté dans son ciel les bras croisés. Il a dit : « Je vais y aller moi-même. » Dieu est devenu un homme. La croix de Jésus-Christ, c’est Dieu qui court vers nous.

Ce n’est pas parce que le péché est léger, s’il l’était, Jésus n’aurait pas eu besoin de mourir. C’est parce que le cœur du Père saigne pour toi. Dieu a déjà couru vers toi. Dieu est encore en train de courir vers toi aujourd’hui.

Points à retenir

  • Dieu n’a pas dégoût de toi. Peu importe ta misère, tes dépendances, ton anxiété, ta solitude, ton orgueil, ton péché, le cœur du Père est ému de compassion.
  • L’héritage sans le Père perd tout son sens. On peut garder les valeurs chrétiennes de liberté, de justice et d’égalité, mais si on rejette le Père, on gaspille l’héritage.
  • Le Père court malgré la honte. À l’époque, courir était humiliant pour un homme âgé. Dieu accepte l’humiliation pour te rejoindre avant que la communauté ne te condamne.
  • La croix de Jésus, c’est Dieu qui court vers toi. Elle te couvre de la robe, de la bague et des sandales du Père avant même que tu aies pu dire ta première parole.
  • Être une bonne personne ne sauve pas. Même les gens religieux et « rangés » peuvent être loin du Père. Seul le Père sauve.

Application personnelle

  1. Es-tu conscient que tu es peut-être loin du Père, même en étant une « bonne personne » ?
  2. Quelle est la chose que tu essaies de gaspiller pour te sentir libre, et qui te laisse plus vide qu’avant ?
  3. Est-ce que tu perçois Dieu comme un juge distant, ou comme un Père qui court vers toi malgré ta honte ?
  4. Qu’est-ce qui t’empêche aujourd’hui de courir vers Lui à ton tour ?
  5. Y a-t-il une personne autour de toi que tu peux aider à revenir au Père, comme Stéphane a été aidé ?

Un témoignage : Stéphane

David Pothier termine avec l’histoire de Stéphane, arrivé pour la première fois à la Chapelle en avril 2018 pour une célébration de Pâques au Théâtre Saint-Denis. Anxieux, dépendant à la cocaïne, entouré de relations négatives, il n’avait pas prévu venir à l’église. Ce jour-là, il a levé la main pour recevoir Jésus, puis a senti « une chaleur indescriptible envahir son cœur ». Quelques mois plus tard, à la Chapelle du Mile End, on a prié pour sa dépendance. Dieu l’a libéré net de plus de 20 ans d’addiction. Il a ensuite épousé l’amie qui l’avait invité. Et il est devenu chef de projet pour bâtir, avec des dizaines de bénévoles, le nouveau bâtiment de Cartierville.

Une vie perdue, retrouvée, restaurée, envoyée. « L’église, ce n’est pas d’abord un bâtiment. L’église, c’est les gens. Ce sont des pierres vivantes. »

Versets cités

FAQ

Que signifie la parabole du fils prodigue en Luc 15 ?

Elle révèle un Père qui accueille sans réserve celui qui revient à lui. Jésus la raconte en réponse aux pharisiens et aux spécialistes de la loi qui lui reprochent de fréquenter des collecteurs d’impôts et des pécheurs notoires. C’est la troisième d’une série (brebis perdue, drachme perdue, fils perdu) : Dieu se réjouit toujours quand ce qui était perdu est retrouvé.

Qu’est-ce que la coutume du Kezazah ?

Selon le théologien Kenneth Bailey, c’est une cérémonie juive ancienne. Si un jeune homme avait perdu son héritage aux mains de non-juifs et voulait revenir dans son village, les anciens décidaient de sa réintégration. En cas de refus, on fracassait un pot d’argile rempli de grains à ses pieds pour marquer une exclusion irréparable. Dans la parabole, le père court pour arriver avant les anciens et couvrir son fils de sa propre bénédiction, la bénédiction du père a préséance sur la décision de la communauté.

Comment revenir à Dieu quand on se sent trop loin ?

La question n’est pas de savoir si Dieu court vers toi, il l’a déjà fait en Jésus-Christ. La vraie question, c’est : est-ce que toi, tu vas courir vers Lui ? Dis-lui simplement : « Je cours vers toi, avec mon anxiété, mes peurs, mes dépendances, tout. » Il ne forcera jamais ta volonté. Il t’attend.

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