Introduction
Invitée à ICC Montréal, la pasteure Peggy N'NAH NDONG a posé une question qui coupe court aux discours sur la "vie difficile" du chrétien : si tu es aujourd'hui assis dans cette église, connecté à ce ministère, formé par des pères spirituels, ce n'est pas un hasard. Tu es le fruit d'un disciple. Quelqu'un, avant toi, a payé le prix pour que tu sois là.
Son message part d'un seul verset, Jean 15.16 : "Ce n'est pas vous qui m'avez choisis ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure." Tout le sermon tient dans ce que la plupart des chrétiens oublient : Jésus n'a pas dit "portez du fruit". Il a dit "un fruit qui demeure". Ce n'est pas la même chose.
La pasteure Peggy avertit dès l'entrée : le discipulat n'est pas une contrainte que l'église t'impose pour te fatiguer. C'est un privilège. Et si tu ne le vois pas comme un privilège, tu ne le vivras jamais comme une meilleure vie. Voici ce qu'elle a partagé, dans l'ordre où elle l'a partagé.
Plan de la prédication
1. Le discipulat, un privilège que tu n'as pas mérité
La pasteure Peggy insiste sur l'ordre des mots de Jésus : "Ce n'est pas vous qui m'avez choisis, mais moi je vous ai choisis." Autrement dit, calme-toi. Ne sois pas orgueilleux. Tu n'as posé aucune action qui te qualifiait. Tu étais dans le mensonge, l'adultère, la pornographie, dans des choses compliquées, et la grâce de Dieu est descendue sur toi comme elle est descendue sur Marie.
Elle raconte sa propre histoire : arrivée à ICC en 2002, connectée depuis 24 ans à ses pères spirituels, l'apôtre Yvan Castanou, l'apôtre Yves, maman Maude, maman Adri. Elle dit ne pas voir ça comme le fruit d'une semence, mais comme une grâce. "Personne ne mérite ça." Le discipulat commence là : dans la conscience que Dieu t'a regardé alors que rien en toi ne te positionnait pour cela.
Si tu comprends que c'est un privilège, tu arrêtes de te plaindre de ce que Dieu te demande. Si tu ne le comprends pas, tu vas passer ta vie à croire que ta vie chrétienne est un problème. La pasteure Peggy répond directement à ceux qui écrivent des livres du genre "Chrétien mais déprimé" : non, ça n'existe pas. Ce qui existe, c'est un chrétien qui n'a pas encore compris qu'il vit la meilleure vie.
2. Le disciple est protégé, pas parce qu'il craint Dieu, mais parce qu'il est disciple
La pasteure Peggy prend l'exemple d'un verset souvent mal cité : "L'ange de l'Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les arrache au danger" (Psaume 34.8). Beaucoup de chrétiens le prient en oubliant la deuxième partie. Ils veulent l'arrachement, mais ils n'entrent pas dans la crainte.
Et elle va plus loin : ceux qui craignent Dieu, dans la Bible, sont les disciples. Ce ne sont pas les fidèles du dimanche qui chauffent les chaises. Ce sont ceux qui ont accepté de marcher dans les valeurs, la vision, la parole de leur maître. C'est pour cela que Jésus dit "je vous ai établis afin que…". Il ne t'a pas établi pour rester assis. Il t'a établi pour aller, porter du fruit, et que ce fruit demeure.
Elle rappelle que la meilleure vie ne veut pas dire zéro tribulation. La Bible parle de tribulations. Sans elles, tu n'aurais aucune raison de prier. Mais la meilleure vie, c'est cette capacité, au milieu des difficultés, de te réfugier dans la présence de Dieu, et d'y trouver une joie que le monde n'a pas.
3. Un fruit qui demeure, ou pas de fruit du tout
La pasteure Peggy insiste sur le mot "demeure". Quel est le fruit de Jésus qui est demeuré aujourd'hui, deux mille ans après ? Ce ne sont pas les foules qu'il a nourries. Ce ne sont pas les miracles qu'il a faits. Ce sont ses disciples. Les disciples de Jésus ont perpétué son travail, et c'est parce qu'ils l'ont perpétué que toi et moi sommes en train de lire sa parole aujourd'hui.
Elle en tire une règle sévère mais claire : ce qui n'est pas transmis par toi finit par mourir. Ce qui n'est pas transmis par toi finit par être enterré. Ce qui n'est pas transmis par toi finit par disparaître. Elle prend l'exemple d'Élisée, qui n'avait laissé qu'un faux disciple, Guéhazi, et dont l'onction ne s'est pas transmise comme elle aurait dû.
Elle prend aussi l'exemple de Michael Jackson : voilà quelqu'un qui est mort depuis des années, et dont l'influence continue à modeler des générations, à travers un film qui vient de sortir. Question qu'elle pose sans détour : qui va dominer le monde ? Les disciples de Christ, ou les disciples de Satan ? Parce que c'est une question de disciples. On le voit par le fruit.
4. Abraham : Dieu choisit pour perpétuer
La pasteure Peggy s'appuie ensuite sur Genèse 18.19, où Dieu dit lui-même pourquoi il a choisi Abraham : "Car je l'ai choisi, afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel, en pratiquant la droiture et la justice, et qu'ainsi l'Éternel accomplisse en faveur d'Abraham les promesses qu'il lui a faites."
Elle en tire une conclusion qui remet les choses en ordre : les promesses de Dieu ne s'accomplissent pas dans le vide. Elles s'accomplissent parce qu'un homme, une femme, décide de transmettre à la génération qui vient. Sans transmission, les promesses meurent avec toi. Avec transmission, elles courent de génération en génération, comme le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.
Autrement dit, le discipulat n'est pas une invention de l'apôtre Yvan Castanou ni d'une méthode d'église. C'est le plan de Dieu depuis Abraham. Et si tu es dans une église où on t'apprend à faire des disciples, tu es en train de marcher dans quelque chose de bien plus grand que ta petite vie personnelle.
5. La qualité de tes disciples détermine ton niveau d'influence
Vers la fin, la pasteure Peggy partage quelque chose qu'elle dit avoir reçu au moment même où elle prêchait : le type de disciples qui sortiront de ta vie va déterminer le niveau auquel Dieu pourra t'emmener.
Le fruit révèle deux choses : une nature, et une maturité. Là où Dieu veut te positionner, tu ne pourras pas fonctionner seul. Tu auras besoin d'hommes fidèles, d'hommes honnêtes, qui vont faire en sorte que ce que Dieu met entre tes mains ne s'effondre pas. Elle témoigne : "Si je peux faire aujourd'hui ce que je fais, c'est parce que par la grâce de Dieu, j'ai engendré des disciples qui me soutiennent, qui me soulagent, qui me suppléent."
Sa prière pour toi : que Dieu t'accorde d'être un bon disciple pour tes pères, afin que tu engendres à ton tour de bons disciples, et que lorsque Dieu te positionnera plus haut, ce soit avec eux que tu montes.
6. L'invitation : commencer par donner sa vie à Christ
Le sermon se termine sur une invitation. La pasteure Peggy rappelle une chose simple : le plus grand miracle, ce n'est pas un paralytique qui marche, ce n'est même pas un mort qui ressuscite. Le plus grand miracle, c'est un cœur qui revient à Dieu. C'est pour cela qu'il y a de la joie dans le ciel quand une seule âme revient au Père (Luc 15.10).
Elle prie avec deux jeunes femmes qui viennent de lever la main et invite l'église à ne pas les laisser seules ensuite. Parce que sans accompagnement, sans discipulat, ce choix décisif reste une émotion. Avec discipulat, il devient une destinée.
Points à retenir
- Le discipulat est un privilège, pas une contrainte : Dieu t'a choisi alors que rien en toi ne te qualifiait (Jean 15.16).
- Jésus n'a pas dit "porte du fruit", il a dit "un fruit qui demeure". La différence, c'est la transmission.
- Ce qui n'est pas transmis par toi finit par mourir, par être enterré, par disparaître.
- Abraham a été choisi non pour lui-même, mais pour "ordonner à sa maison après lui" (Genèse 18.19). Le discipulat est le plan de Dieu depuis la Genèse.
- La qualité des disciples qui sortent de ta vie va déterminer le niveau auquel Dieu pourra te positionner.
Application personnelle
- Est-ce que tu vis ton engagement en Christ comme un privilège, ou comme un poids que l'église te met sur les épaules ?
- Cite une personne concrète dont tu es aujourd'hui le fruit spirituel. As-tu déjà pris le temps de la remercier, et Dieu, pour elle ?
- Qui es-tu en train de discipler en ce moment ? Si personne ne te vient à l'esprit, qu'est-ce qui t'en empêche ?
- Regarde ta vie chrétienne : quel fruit resterait de toi si tu partais demain ? Un fruit qui demeure, ou seulement des souvenirs ?
- Dans quel domaine (famille, travail, église, quartier) Dieu te demande d'ordonner à "ta maison après toi" de garder sa voie, comme Abraham ?
Versets cités
- Jean 15.16 · "Ce n'est pas vous qui m'avez choisis, mais moi je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure."
- Genèse 18.19 · "Car je l'ai choisi, afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel."
- Psaume 34.8 · "L'ange de l'Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les arrache au danger."
- Proverbes 13.22 · "L'homme de bien laisse un héritage aux enfants de ses enfants."
- Luc 15.10 · "Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent."
FAQ
Le discipulat, ce n'est pas juste pour les pasteurs ?
Non. La pasteure Peggy le rappelle clairement : le discipulat, c'est à tous les niveaux. Au sein de l'église, mais aussi au sein de ta famille, de ton travail, de la nation. La question à se poser, c'est : quelle empreinte tu vas laisser, et est-ce que les gens auront envie de la transmettre après toi ?
Pourquoi Jean 15.16 insiste-t-il sur "un fruit qui demeure" plutôt que "beaucoup de fruit" ?
Parce que beaucoup de fruit qui ne demeure pas revient à ne pas avoir porté de fruit. Ce qui n'est pas transmis meurt avec toi. Le mot "demeure" oriente tout : Dieu ne cherche pas des exploits ponctuels, il cherche une œuvre qui traverse les générations, comme l'alliance avec Abraham.
Comment reconnaître que je suis vraiment un disciple, et pas juste un fidèle qui assiste ?
La pasteure Peggy propose un critère simple : la protection de Dieu (Psaume 34.8) et l'exaucement des prières (Jean 15.16 : "afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne") sont attachés au discipulat. Si tu vis dans une frustration chronique, si tes prières restent sans réponse pendant des années, la question à poser n'est pas "pourquoi Dieu m'a abandonné", mais "est-ce que je suis en train de marcher dans le discipulat qu'il attend de moi".
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