Jacques 1 : la joie de persévérer quand l'épreuve te pousse

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Jacques 1 : la joie de persévérer quand l'épreuve te pousse | Église comme à la maison | Efficient Church

Introduction

Est-ce que ta foi est vivante ? Est-ce qu'elle est en bonne santé ? Tu as peut-être déjà croisé une foi qui n'a pas l'air d'aller bien : austère, un peu éteinte, pas très attirante. C'est une réalité : notre foi peut être en mauvaise santé. C'est justement ce que Jacques aborde dans sa lettre, et c'est pour cela que l'Église comme à la maison ouvre, en cette rentrée, une nouvelle série intitulée « Une foi vivante », pour parcourir tout le livre de Jacques dans les prochains mois en groupes de maison.

Le prédicateur commence par une question simple : comment gères-tu les frustrations ? Il raconte ses vacances de l'été avec ses quatre garçons, cette petite boutique de souvenirs remplie d'objets à crochets où le grand défi était de ressortir sans rien casser et surtout sans rien acheter. Gérer la frustration des enfants, c'est difficile. Mais nous aussi, adultes, nous avons des frustrations à gérer. Le grand défi de la vie, c'est de tenir bon quand on est à contre-courant, quand on sait ce qu'il faut faire ou ne pas faire et que c'est vraiment dur. On appelle cela la résilience : persévérer dans une direction qui n'est pas évidente.

Peut-être que tu dois persévérer dans tes études, dans ton travail ou ta recherche d'emploi, dans le pardon à pratiquer en famille ou entre amis, dans le soin de ton prochain ou de la planète. Et il y a aussi des combats intérieurs où il faut persévérer. Jacques 1:1-18 nous montre comment Dieu peut nous aider à devenir persévérants.

Plan du message

1. L'épreuve, un sujet de joie ? (Jacques 1:1-4)

  • Jacques s'adresse d'abord aux chrétiens, et plus précisément aux chrétiens d'origine juive, d'où l'expression « aux douze tribus dispersées ». Si tu n'es pas chrétien, ce passage ne s'adresse pas directement à toi, même si la suite va te parler.
  • À première vue, le texte semble contradictoire : « Considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés. » Jacques dit en quelque sorte : réjouissez-vous de souffrir. C'est un peu fou.
  • Le mot grec utilisé signifie à la fois épreuve et tentation. Il désigne les luttes extérieures (Jacques parlera plus loin de la pauvreté, du mépris, de la persécution, de la maladie) et les luttes intérieures (les mauvais désirs, la convoitise, la médisance, le manque d'amour).
  • Jacques ne dit pas que l'épreuve est joyeuse. Il dit qu'il faut faire un effort mental pour la considérer comme quelque chose qui va nous permettre d'être joyeux : poser le regard de Dieu sur nos épreuves.
  • Il justifie cela au verset 3 : la mise à l'épreuve de la foi produit la persévérance, et la persévérance doit accomplir parfaitement sa tâche pour que nous soyons « parfaitement qualifiés, sans défaut ». La persévérance est un élément essentiel de la maturité chrétienne : il faut que nous soyons musclés en persévérance.
  • On dit souvent que pour être un bon chrétien il faut être courageux, faire des pas de foi de fou, prier pour les malades. Jacques dit que la maturité, c'est surtout la persévérance. Où est-ce que nous baissons facilement les bras ? Où est-ce qu'on éclate de colère, qu'on se laisse emporter par les émotions ? Sommes-nous résistants à la tentation ?

2. S'entraîner comme un athlète (Jacques 1:3-4, 12)

  • Le prédicateur raconte sa préparation à un marathon, lui qui part de très loin et qui garde le souvenir du cross du collège comme « le pire truc de sa vie ». Les premiers footings, c'est la souffrance : les pieds sont lourds, on transpire, on est tout rouge, le corps supplie d'arrêter. Mais en persévérant, on apprivoise ce rapport à la souffrance, on développe son cardio, on se muscle.
  • La vie chrétienne, c'est un peu cela. Nous ne sommes pas appelés à faire nos choix uniquement en évitant les difficultés. Parfois il faut les accepter et se dire : je vais m'entraîner dans ma persévérance. Comme un athlète qui se confronte à la difficulté pour se muscler.
  • Cela ne veut pas dire qu'il faut chercher les épreuves à tout prix. Mais Dieu nous dit de ne pas être étonnés qu'il y ait des épreuves dans la vie chrétienne, et d'y voir une occasion d'entraîner notre « muscle de la persévérance ».
  • La vie chrétienne n'est pas un lancer de javelot, c'est plutôt un match de rugby très long, comme celui de la veille : on se demande comment les joueurs tiennent jusqu'au bout, mais ils sont entraînés, musclés, et ils tiennent bon.
  • Dieu veut que nous soyons persévérants et fidèles, pour qu'un jour, devant lui, il puisse dire : « Bon et fidèle serviteur, viens partager la joie de ton maître » (Matthieu 25:21).
  • Si tu as la foi en Jésus : est-ce que ta fidélité à Dieu est solide ? Est-ce que ton amour pour Dieu est solide ? Est-ce que ton rapport à l'épreuve se limite à la difficulté, ou est-ce que tu demandes : « Dieu, qu'est-ce que tu veux faire avec moi dans cette épreuve ? » La foi mature est une foi qui persévère. Ce n'est pas facile à entendre quand on traverse des épreuves incompréhensibles qui nous percent le cœur, mais la suite du passage vient nous encourager.

3. Demander la sagesse sans cœur partagé (Jacques 1:5-8)

  • « Si l'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans faire de reproches. » C'est très encourageant : persévérer et suivre Jésus est difficile, mais Dieu veut nous aider, nous donner sa sagesse, ses conseils.
  • Le prédicateur souligne le témoignage de Déborah, partagé plus tôt dans la rencontre, qui a pris le temps dans ses difficultés de questionner Dieu et de lui demander un éclairage.
  • Jacques invite à demander sans douter. Image : tu as vraiment mal au ventre, tu consultes un médecin qui diagnostique une maladie grave, mais avec un remède à suivre. Tu rentres chez toi avec l'ordonnance, et tu te dis : je vais quand même regarder sur Doctissimo, tester quelques plantes, faire ma propre sauce. Tu n'as pas vraiment confiance dans le médecin.
  • Jacques dit : si tu demandes de l'aide à Dieu, fais-lui totalement confiance. Abandonne-toi à son diagnostic, à sa méthode, à son remède. Il met en lumière le « cœur partagé », l'homme « instable dans toute sa conduite ».
  • Le prédicateur témoigne : issu d'une famille chrétienne, il a mis du temps à suivre Jésus, et pendant longtemps il a eu un cœur partagé. C'est ce qui nous empêche de vivre pleinement ce que Dieu veut faire en nous : on écoute un peu les conseils du grand Médecin, puis on jette à la poubelle tout ce qu'il a prescrit, et il ne se passe rien. Ce n'est qu'à 18 ans qu'il s'est dit : et si j'essayais ? Et si je cherchais vraiment Dieu et ses conseils, avec mon cœur ?
  • La foi mature cherche la sagesse de Dieu et la suit entièrement. Est-ce que nous cherchons avec ardeur les conseils de Dieu ?
  • Une illustration reçue d'un ami : quand on traverse une épreuve, c'est comme si quelque chose nous poussait dans le dos. Si on fait confiance à Dieu, si on regarde le Seigneur et qu'on s'appuie sur lui, la souffrance nous rapproche de Dieu et il vient nous soutenir. Mais si on ne prend pas Dieu dans l'équation et qu'on veut se débrouiller seul, l'épreuve nous pousse à l'opposé de Dieu. Ce n'est pas Dieu qui s'éloigne de nous : c'est nous qui choisissons de nous éloigner, parfois en nourrissant de la colère contre lui. Et pourtant, Dieu garde la main tendue.

4. Où est ta sécurité ? (Jacques 1:9-12)

  • « Que le frère de condition humble tire fierté de son élévation, et que le riche au contraire se montre fier de son abaissement, car il disparaîtra comme la fleur de l'herbe. » Jacques nous rappelle que nous redeviendrons poussière. On a l'impression que le monde nous appartient, alors que tant de choses sont éphémères.
  • On croit que le bonheur viendra avec ce nouvel iPhone, cette nouvelle maison. Mais quand on suit Jésus, on cherche à se détacher de cela : notre sécurité n'est pas dans le monde matériel, elle est en Dieu.
  • Pour la personne pauvre, c'est peut-être plus facile : elle n'a pas de richesses qui lui font croire qu'elle est en sécurité. Le riche, lui, quand il devient chrétien, doit lâcher sa richesse, au sens où il ne doit plus y trouver sa sécurité, et c'est parfois plus difficile.
  • « Heureux l'homme qui tient bon face à la tentation. » C'est la deuxième fois que le texte parle de joie : il y a une vraie joie à persévérer. Certains de nos désirs peuvent nous détourner de Dieu, mais il y a une vraie joie à tenir bon.
  • Le prédicateur cite l'acteur Jim Carrey, qui a dit un jour que tout le monde devrait devenir riche et célèbre et réaliser tous ses rêves, pour voir que ce n'est pas la réponse. C'est frappant venant de quelqu'un qui a tout réussi.
  • Est-ce que je résiste à la tentation de mettre ma sécurité dans l'argent, dans mes compétences, dans mon couple ? Est-ce que j'ai compris que ce n'est pas là que je trouverai le bonheur, mais dans la relation et la fidélité avec Dieu ? Quand on comprend cela, on a plus de force pour persévérer.
  • Suivre Jésus, aimer Dieu de tout son cœur, aimer son prochain comme soi-même, c'est difficile. Mais il y a une vraie bénédiction : « il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment ». Le vrai cadeau, c'est la vie éternelle. La vie ne s'arrête pas : elle se poursuit auprès de Dieu, et cette perspective éternelle change tout. Et cette relation commence déjà maintenant : on peut déjà se réjouir que Dieu soit avec nous.

5. Courir en sachant qu'il y a une arrivée (Jacques 1:12)

  • Le prédicateur se souvient d'une partie de la SaintéLyon courue de nuit, en décembre, avec un départ à minuit, dans le froid et sous la pluie. Si on isole le moment, cela n'a aucun sens de sortir courir à minuit et demi sous la pluie. Ce qui motivait les coureurs, c'était de savoir qu'il y avait une arrivée, et quelque chose d'incroyable à la fin : célébrer une grande victoire.
  • C'est ce que Jésus dit et ce que Jacques rappelle : tenez bon, car à un moment donné les souffrances s'arrêteront, on pourra célébrer cette victoire avec Jésus, la course sera terminée. Mais pour l'instant, continuons, persévérons. Si tu es chrétien, tu es dans la course, et elle n'est pas facile.
  • Le prédicateur a vu grandir des amis qui ont découvert la foi en Jésus puis l'ont abandonnée. Garder la foi n'est pas évident.
  • Paul, à la fin de sa vie, n'a pas dit : j'ai implanté des églises, j'ai prié pour des gens, j'ai fait des trucs de ouf. Il a dit : « J'ai combattu le bon combat, j'ai gardé la foi » (2 Timothée 4:7). Un des grands défis du chrétien, c'est de garder la foi.

6. C'est Dieu qui te porte (Jacques 1:13-18)

  • Jacques met un peu la pression : persévérez, surtout n'arrêtez pas. Mais il termine au verset 16 par un passage magnifique : « Ne vous y trompez pas, mes frères et sœurs bien-aimés : tout bienfait et tout don parfait viennent d'en haut, ils descendent du Père des lumières, en qui il n'y a ni changement ni l'ombre d'une variation. Conformément à sa volonté, il nous a donné la vie par la parole de vérité afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures. »
  • Dieu sait que nous allons chuter. Dieu sait que ce sera dur de persévérer dans la foi. Mais la bonne nouvelle, c'est que c'est Dieu qui sauve. La parole de vérité, c'est l'Évangile : Jésus vient nous sauver de nos péchés et fait de nous une nouvelle création. En croyant en Jésus et en son pardon, on vit une nouvelle vie, et Dieu vient nous aider dans cette vie par le Saint-Esprit.
  • Pour persévérer et être fidèles à Dieu, appuyons-nous sur le pardon, sur ce que Jésus a fait, et sur le Saint-Esprit dont Jésus veut nous équiper pour la course. Nous sommes un peu comme des coureurs handicapés dans la course : nous avons besoin d'aide pour tenir bon.
  • Le prédicateur pense à l'histoire de Rick, aux États-Unis. Des parents reçoivent un enfant handicapé, paralysé, et les médecins leur laissent peu d'espoir, doutant même que son cerveau fonctionne. Les parents décident pourtant de lui apprendre ce qu'on apprend à l'école, et persévèrent jusqu'à découvrir que l'enfant comprend très bien, même si son corps ne répond pas. Un jour, le père court une course en poussant son fils en fauteuil. Le fils, qui communique par ordinateur, lui dit : « Quand tu cours avec moi, j'ai l'impression de ne pas être handicapé. »
  • Alors ce père, qui n'est pas du tout un coureur et a 35 ans, dit : fils, on va faire des courses. Ils enchaînent les courses jusqu'aux triathlons et aux Ironman, les compétitions les plus difficiles ; le prédicateur évoque plus de deux cents triathlons courus ensemble. Ce père qui pousse le fauteuil est une très belle image de ce que Dieu veut faire dans notre vie.
  • Nous sommes incapables de persévérer dans tous les domaines, mais notre Père qui est dans le ciel est capable de nous sauver, de nous aider, de nous pousser, de nous entraîner dans la course. La question : est-ce que tu veux l'aide de Dieu pour persévérer ? Est-ce que tu es d'accord que Dieu te porte ? Pour cela, il faut s'abandonner à Dieu.
  • Ce père aime son fils à fond et se donne à fond pour s'investir dans sa vie. Que tu sois croyant ou non, le prédicateur t'invite à te rapprocher du Seigneur et à compter sur lui.

Points à retenir

  • Jacques ne dit pas que l'épreuve est joyeuse : il invite à poser le regard de Dieu sur elle, parce que la mise à l'épreuve de la foi produit la persévérance, et la persévérance conduit à la maturité.
  • La foi mature n'est pas d'abord celle qui fait des exploits, c'est celle qui persévère. On se muscle en persévérance comme un coureur qui apprivoise la souffrance des premiers footings.
  • Dieu donne sa sagesse simplement et sans reproche, mais il attend qu'on lui fasse totalement confiance. Le cœur partagé, qui écoute Dieu puis fait sa propre sauce, ne reçoit rien.
  • L'épreuve pousse dans le dos : vers Dieu si on s'appuie sur lui, loin de Dieu si on veut se débrouiller seul. Ce n'est jamais Dieu qui s'éloigne, et sa main reste tendue.
  • La sécurité n'est pas dans l'argent, les compétences ou le couple, mais en Dieu. La couronne de vie, la vie éternelle, donne une perspective qui change tout, et cette relation commence dès maintenant.
  • Nous sommes incapables de persévérer seuls, mais c'est Dieu qui sauve : par le pardon de Jésus et par le Saint-Esprit, notre Père nous porte dans la course comme ce père qui pousse le fauteuil de son fils.

Application personnelle

  1. Dans quel domaine penses-tu que tu devrais être plus persévérant ou persévérante ?
  2. Quand tu n'arrives pas à persévérer, as-tu déjà expérimenté le pardon, le conseil ou la force de Dieu ? Explique.
  3. Si tu es chrétien, y a-t-il des épreuves ou des tentations que tu vis actuellement et qui pourraient être l'occasion de muscler ta persévérance ?
  4. Face à une difficulté, est-ce que tu demandes : « Dieu, qu'est-ce que tu veux faire avec moi dans cette épreuve ? » ou est-ce que tu ne vois que la difficulté ?
  5. Où as-tu tendance à placer ta sécurité : l'argent, tes compétences, ton couple ? Qu'est-ce que cela change de la placer en Dieu ?

Versets cités

Questions fréquentes

Jacques demande-t-il vraiment de se réjouir de souffrir ?

Non. Jacques ne dit pas que l'épreuve est joyeuse en elle-même. Il demande un effort mental : considérer l'épreuve comme quelque chose que Dieu peut utiliser pour produire la persévérance, et donc poser sur elle le regard de Dieu.

Que veut dire le mot épreuve dans Jacques 1 ?

Le terme grec employé par Jacques signifie à la fois épreuve et tentation. Il couvre les luttes extérieures (pauvreté, mépris, persécution, maladie) et les luttes intérieures (mauvais désirs, convoitise, médisance, manque d'amour).

Qu'est-ce qu'un cœur partagé selon Jacques 1:6-8 ?

C'est celui qui demande la sagesse à Dieu mais doute et suit finalement ses propres idées, comme un patient qui reçoit une ordonnance puis va chercher son propre remède ailleurs. Jacques appelle à faire totalement confiance à Dieu, son diagnostic et son remède.

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