Moi et ma maison : 7 principes pour marquer ta famille pour Dieu

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Introduction

Au terme du livre de Josué, un vieil homme de près de cent dix ans convoque tout Israël à Sichem. C'est son dernier sermon. Il regarde son peuple dans les yeux et lance une phrase qui traverse trente-cinq siècles jusqu'à toi : « Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel » (Josué 24.15). Dans cette prédication à la chapelle, David Pothier prend cette déclaration et te la remet dans la main, parce qu'un jour toi aussi tu vas prêcher ton dernier sermon, probablement sur un lit d'hôpital ou dans ta chambre. Et la question la plus importante ne sera pas ce que tu diras, mais qui sera là pour t'entendre. Ta famille marchera-t-elle avec Dieu ?

Sichem n'est pas un lieu choisi au hasard. C'est là qu'Abraham a bâti un autel à l'Éternel après la promesse. C'est là que Jacob a bâti un autel après sa réconciliation avec Ésaü. C'est là que les ossements de Joseph ont été enterrés à leur retour d'Égypte. C'est là, dans Josué 8, que le peuple a renouvelé l'alliance après avoir traversé le Jourdain. Sichem, c'est le lieu de l'engagement. Et Josué te ramène là aujourd'hui pour un dernier face à face avec Dieu.

« Maintenant, craignez l'Éternel et servez-le avec intégrité et fidélité… Si vous ne trouvez pas bon de servir l'Éternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir… Mais moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. », Josué 24.14-15

Avant d'aller plus loin, un mot pour te libérer : ce message n'est pas là pour te culpabiliser. Si tu as eu des manquements comme parent ou grand-parent, bienvenue dans le club. On ne peut pas refaire le passé. La bonne question, ce n'est pas « qu'est-ce que j'aurais dû faire hier ? », mais « qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui pour impacter demain, au nom de Jésus ? ». Voici sept principes que Josué nous laisse pour avoir un impact spirituel dans nos maisons.

Plan de l'article

  1. Des convictions profondes
  2. La responsabilité personnelle
  3. Des décisions courageuses
  4. Une déclaration prophétique
  5. Une vocation divine
  6. Un exemple catalytique
  7. Un impact générationnel

1. Des convictions profondes

Dans la version Semeur, le texte dit « Quant à moi ». Cette expression met un contraste : peu importe ce que la foule va choisir, moi j'ai déjà décidé. Josué ne prend pas ses décisions en fonction de la masse populaire ou de l'opportunisme, mais sur des convictions profondes. Aujourd'hui, les gens de conviction sont rares. Même dans l'Église, on pense comme tout le monde sur la sexualité, le mariage, le caractère sacré de la vie, l'argent. On suit le courant.

Josué, lui, a eu le courage de se tenir devant la majorité pour obéir à Dieu. Dans Exode 32, tout le peuple tombe dans l'idolâtrie mais Josué reste au côté de Moïse et ne fléchit pas le genou devant le veau d'or. Dans Nombres 13-14, quand le peuple refuse d'entrer dans la terre promise par peur, Josué se lève avec Caleb et dit : « Ce pays-là, c'est un bon pays. Soyons forts, emparons-nous de ce que l'Éternel nous donne. »

Tes enfants et tes petits-enfants n'ont pas besoin de parents qui vont dans le sens du courant. Ils ont besoin de parents avec des convictions profondes, capables de mettre un cadre. Il faut du courage pour dire non à une époque où dire non est perçu comme un manque d'amour. Jonathan Haidt, un auteur qui n'est pas chrétien, recommande aujourd'hui : pas de smartphone avant 14 ans, pas de médias sociaux avant 16 ans, pas de téléphone à l'école, jeu libre dans le monde réel. Les évidences sont là. Personne n'irait donner une pile de revues pornographiques à son enfant de 13 ans, mais on le laisse seul dans sa chambre avec un cellulaire, qui est pire. Ça prend des convictions profondes pour poser un cadre dans l'amour.

2. La responsabilité personnelle

« Moi et ma maison. » Ça commence avec toi. Si tu ne prends pas la responsabilité spirituelle pour ta famille, personne ne va la prendre à ta place. C'est pour cette raison que l'un des meilleurs conseils sur la parentalité se trouve dans Deutéronome 6.5 : « Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. »

Aimer Dieu, ce ne sont pas seulement des sentiments. C'est facile de se bercer d'illusion. Ce qui prouve que tu aimes vraiment Dieu, c'est ta façon de marcher, ce sont tes actions. Tes enfants ont besoin de te voir aimer Dieu de toute ton âme, de toute ta force, de toute ta pensée. Ils ont besoin d'être inspirés par un père ou une mère qui aime Dieu. Ça commence avec toi.

En 2026, il te faut une foi réfléchie, intelligente, capable de répondre aux questions de tes enfants. N'aie pas peur des questions, de la science, de la connaissance. Ce qui est dans ton cœur doit faire du sens dans ta tête. La foi chrétienne n'est pas antilogique. Mais elle ne se transmet pas de tête à tête. Elle se transmet de cœur à cœur. « De tout ton cœur. » From heart to heart.

David Pothier raconte : son père était un grand gaillard, un « tof », qui ne pleurait jamais. Sauf quand il louait son Créateur, les mains levées, chantant plus fort que toute l'église réunie, les larmes aux joues. Petit garçon, David regardait ça et se disait : « Il voit quelque chose que je ne vois pas. Je veux voir ce qu'il voit. Je veux connaître celui qui le connaît. »

Et si tu n'as pas eu ce modèle ? Le pasteur Craig Etridge, un des hommes les plus solides que David connaisse, n'a pas grandi dans un foyer chrétien. Son père était alcoolique. Un jour Craig a décidé : « Ça s'arrête avec moi. Les choses de Dieu commencent avec moi. » Aujourd'hui, il a eu le privilège d'amener ses deux parents au Seigneur Jésus-Christ. Dieu change la destinée de ceux qui disent : « Ça commence avec moi. »

3. Des décisions courageuses

Il faut du courage pour dire « moi ». Il en faut encore plus pour dire « moi et ma maison ». Parce que Josué comprenait qu'il était le prêtre de sa maison et qu'il devait aussi décider pour ses enfants. Et ça, ça commence quand ils sont jeunes, quand ils ne peuvent pas encore décider.

David est reconnaissant envers sa mère qui lui disait : « Tu n'as pas le choix, tu viens à l'église. » Est-ce que tu forces ton enfant à aller à l'école ? À prendre son bain ? À faire ses devoirs ? À manger ses légumes ? Alors tu peux le forcer à venir à l'église. Aujourd'hui, on donne trop de choix aux enfants. Le petit Samuel de 3 ans décide de ce qu'il mange, où il s'assoit, à quelle place il est dans l'auto. On a cru qu'en leur donnant tout ce choix on formerait des adultes à l'estime forte. On a plutôt formé des adultes à l'ego démesuré, rongés par l'anxiété. Les enfants-rois que nous sommes ont engendré des enfants-dieux. Mais être dieu, ce n'est pas facile à porter.

Il existe trois phases dans la parentalité : care, coaching, counseling. Le care, c'est un contrôle élevé quand ils sont petits : soins et protection. Le coaching, à l'adolescence : c'est leur match, mais avec ton plan de jeu, sous ton autorité. Le counseling, quand ils ont quitté la maison : des conseils sur demande. Le problème d'aujourd'hui, c'est qu'on conseille des enfants de 3 ans et qu'on « care » encore des enfants de 30 ans. Une plante qui n'est pas plantée dans un pot finit par mourir. David marche avec Dieu parce que ses parents étaient plantés dans la maison de l'Éternel, et parce qu'ils l'y ont planté aussi.

4. Une déclaration prophétique

« Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. » C'est une déclaration prophétique. Josué annonce l'avenir de sa maison à haute voix. La vie et la mort sont au pouvoir de la langue (Proverbes 18.21). Parents, vous avez dans votre bouche un pouvoir hallucinant. Vos murmures pour vos enfants sont comme des cris dans leur cœur. Assure-toi que ce soit constructif, que ce soit la voix de Dieu qui sorte de ta bouche.

Jeunes parents, tu as une fenêtre d'accès au cœur de tes enfants. Tu es la personne la plus influente dans leur vie. Ça passe vite, ne gaspille pas cette fenêtre. Prophétise la vie. Dis-leur : « Je crois en toi. Dieu a des plans de bonheur pour toi. Tu vas y arriver. »

Nuance importante : encourager tes enfants ne veut pas dire les affirmer en toute chose. Tu ne peux pas approuver ce que Dieu n'approuve pas. Tu peux les aimer, les accepter inconditionnellement, être toujours là pour eux, sans pour autant approuver tout ce qu'ils font. Quand Dieu dit « bon » ou « pas bon », ce n'est pas basé sur ses humeurs, c'est bon pour toi ou mauvais pour toi.

Attention aux parents qui, pour sauver la relation avec un enfant à la dérive, viennent couper la corde de l'ancre de vérité. Mais alors, qui va sauver ton enfant ? Il faudra quelqu'un pour te sauver toi-même. Cette posture est perçue comme un manque d'amour, y compris par le monde entier. Pourtant David a rencontré tant de gens qui témoignent : « Quand j'étais dans la confusion, tout le monde m'applaudissait. Les seuls qui ne m'ont pas affirmé, c'est mes parents. Aujourd'hui, je suis reconnaissant qu'ils soient restés accrochés à l'ancre de la vérité pour pouvoir venir me chercher. »

Prophétise l'identité de tes enfants en Jésus-Christ seul, pas dans leurs médias sociaux, leur popularité, leurs amis, leurs fringues, ni même leur sexualité. Et quand ils ne veulent pas t'écouter ? Va prier dans leur chambre vide, impose les mains sur leur lit et prophétise dans le nom de Jésus. Quand on demandait à David : « Ton fils marche-t-il avec Dieu ? », il ne répondait jamais « non ». Il répondait : « Pas encore. Mais ça s'en vient. »

5. Une vocation divine

« Moi et ma maison, nous servirons. » Si tu te définis comme chrétien, le but ultime de ta vie n'est pas d'avoir une belle vie, une belle famille, un bon travail, de bonnes vacances. Ta vocation première, ce n'est pas d'être médecin, avocat, mécanicien, informaticien ou esthéticienne, ça, c'est le moyen que Dieu te donne pour gagner de l'argent et exercer ta vraie vocation. Ta vocation première, c'est de former des disciples de Jésus-Christ, à commencer par ceux qui habitent sous ton toit.

Tu n'es pas l'acteur principal du film de ta vie. Tu es même pas un acteur de soutien. Tu es un figurant dans la grande histoire de Dieu. Et si tu veux inspirer tes enfants à marcher avec Dieu, il va falloir les emmener dans cette grande histoire, parce que ta petite histoire personnelle est pas mal plate, ça ne les intéresse pas. Ils ont besoin de te voir en mission pour le Royaume : des parents tueurs de dragons, des mamans qui écrasent les démons, des papas qui portent l'Évangile et l'espoir de Dieu dans les endroits sombres. Ça, c'est une vision attirante pour tes enfants.

6. Un exemple catalytique

« Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir. » Josué le dit devant des milliers, peut-être des centaines de milliers de personnes. Il est bold, audacieux, sans peur du regard. Si Josué avait été faux, cette phrase ne serait jamais parvenue jusqu'à nous 3500 ans plus tard. Ses fils, ses petits-fils, ses arrière-petits-fils l'auraient trahi. Personne ne l'aurait suivi. Mais ça a marché. Pour toute une nation.

David dit : je ne veux pas que mes enfants pensent d'abord de moi « c'est un bon pasteur ». Je veux qu'ils disent : « Mon père était un homme de Dieu, avec des convictions profondes. Il tenait sa parole, il tenait ses engagements. Il était travaillant, généreux, pas attaché à l'argent, plein d'intégrité. Il demandait pardon, il se repentait de ses idoles, il se soumettait à la Parole de Dieu, il aimait sa femme. Il était le mari d'une seule femme. Il formait des disciples. » C'est ça, l'exemple qui allume les autres.

7. Un impact générationnel

Le verset 31 dit : « Israël servit l'Éternel pendant toute la vie de Josué et pendant toute la vie des anciens qui survécurent à Josué. » Une épitaphe. Imagine la tienne. « La famille de… a servi l'Éternel pendant toute la vie de… et pendant toute la vie des enfants qui lui ont survécu. »

Jésus a dit : à quoi sert-il à un homme de gagner le monde s'il perd son âme ? Et David ajoute : à quoi sert-il à un homme de gagner le monde s'il perd ses enfants ? Josué a eu plus de succès qu'on ne pourra jamais en avoir, mais il n'a jamais oublié que ça commence à la maison.

David raconte sa maman de 91 ans, en maison de retraite. Elle n'a presque plus rien. Plus de possessions, plus de santé, plus de mobilité, plus son mari Marcel, plus d'amis, plus de frères et sœurs. Il ne lui reste peut-être que dix objets. Le premier : sa Bible, une vieille petite Bible reliée trois fois. Puis un vieux recueil de chants à la couverture rouge, Chants de victoire. Et sur son mur, un cadre fait par son père avec la phrase « Moi et ma maison ». À côté, un tabouret. Sur le tabouret, une liste de prénoms : David, Karine, Anthony, Zacharie, Léa, Naya, Maude. Elle n'a jamais rencontré Maude, mais Maude est sur la liste.

Voilà l'illustration frappante de la vie. Plus tu avances, plus tout t'échappe. À la fin, il te reste deux choses : ton Dieu et la mission de Dieu. Sa mère a presque plus rien, mais elle a encore moi et ma maison. Elle a l'esprit de Josué en elle.

Points à retenir

  • Un jour tu prêcheras ton dernier sermon. La question la plus importante n'est pas ce que tu diras, mais qui sera là pour t'entendre, et qui, parmi tes proches, tu retrouveras dans l'éternité.
  • Sichem est le lieu de l'engagement. Aujourd'hui, Dieu t'y ramène pour renouveler ta décision : « Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. »
  • Aimer Dieu se transmet de cœur à cœur, pas de tête à tête. Tes enfants ont besoin de te voir aimer Dieu, pas seulement de t'entendre parler de lui.
  • Encourager tes enfants ne veut pas dire les affirmer en toute chose. Reste accroché à l'ancre de la vérité même quand ils dérivent : c'est ainsi que tu pourras venir les chercher.
  • Ta vocation première n'est pas ton métier, c'est de former des disciples de Jésus-Christ à commencer par ta propre maison.

Application personnelle

  1. Écris sur une feuille les prénoms des personnes que Dieu t'a confiées à former comme disciples : conjoint, enfants, neveux, filleuls, petits frères ou sœurs. Garde cette liste sous les yeux.
  2. Où marches-tu actuellement dans le sens du courant plutôt que dans les convictions de Dieu (sexualité, mariage, valeur de la vie, argent, écrans) ? Quelle décision courageuse dois-tu prendre cette semaine ?
  3. Quelles paroles sortent le plus souvent de ta bouche à propos de tes enfants ? Sont-elles des cris de vie ou de mort dans leur cœur ? Que peux-tu prophétiser sur eux dès aujourd'hui ?
  4. Dans quelle phase de parentalité te trouves-tu (care, coaching, counseling), et est-elle adaptée à l'âge de ton enfant ? Où dois-tu ajuster ?
  5. Retourne symboliquement à Sichem cette semaine. Renouvelle à voix haute, avec ta famille si possible, ton engagement : « Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. »

Versets cités

  • Josué 24.14-15 · « Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. »
  • Josué 24.31 · Israël servit l'Éternel pendant toute la vie de Josué.
  • Deutéronome 6.5 · « Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur. »
  • Exode 32 · Josué reste fidèle pendant l'épisode du veau d'or.
  • Nombres 13-14 · Josué et Caleb face à la peur du peuple.
  • Josué 8 · Renouvellement de l'alliance à Sichem.
  • Proverbes 18.21 · La vie et la mort sont au pouvoir de la langue.

FAQ

Que signifie exactement « Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel » ?

C'est la déclaration prophétique et publique de Josué à la fin de sa vie (Josué 24.15). Il affirme que peu importe la décision du peuple, lui et sa famille ont déjà choisi d'obéir à l'Éternel. C'est un engagement personnel qui devient un cadre pour toute sa maison, appuyé sur des convictions profondes et une responsabilité pleinement assumée.

Peut-on vraiment « forcer » un enfant à aller à l'église ?

Selon la logique développée par David Pothier, si tu obliges déjà ton enfant à aller à l'école, à faire ses devoirs, à manger ses légumes et à prendre son bain, alors tu peux aussi l'accompagner à l'église quand il est petit. L'idée n'est pas la contrainte pour la contrainte, mais de planter l'enfant dans la maison de l'Éternel pendant que ses choix sont encore limités. Cela demande discernement selon l'âge, le contexte familial et la situation du couple parental, ne reste pas seul avec ces questions.

Que faire si un de mes enfants ou proches est aujourd'hui « à la dérive » et loin de Dieu ?

Ne coupe pas la corde de l'ancre de vérité pour sauver la relation. Continue de l'aimer inconditionnellement, d'être présent, sans approuver ce que Dieu n'approuve pas. Prie dans sa chambre vide, prophétise la vie sur lui au nom de Jésus, et quand on te demande s'il marche avec Dieu, réponds : « Pas encore. Mais ça s'en vient. »

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