Perdu, retrouvé : une bonne raison de célébrer

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Introduction

Été 1991. Matthew Glock a 26 ans. Il vient de finir une mission d'Opération Mobilisation en Hongrie avec les campagnes Love Europe. Plutôt que de rentrer aux États-Unis, il décide de rester quelques jours près d'Eger, la ville du vin hongrois, pour retrouver Peter, celui qui a traduit ses messages tout l'été. Mais Peter n'est pas là. Pas de téléphone portable. Quelques mots de hongrois seulement. Et cette sensation qu'il n'oublie pas : être loin de la maison, en exil, coupé de tout.

C'est par cette histoire que le prédicateur ouvre son message sur Luc 15. Parce que ce sentiment-là (être loin de la maison, chez des étrangers, sans savoir comment rentrer), traverse toute la Bible. Et il traverse aussi ta vie, que tu sois arrivé à Paris pour un voyage, pour une immigration, ou que tu vives ton exil sans avoir bougé de ton quartier.

Luc 15, ce sont trois paraboles enchaînées : la brebis perdue, la pièce perdue, les deux fils perdus. Trois fois la même mise en scène, quelque chose de précieux qui manque, quelqu'un qui le cherche, la joie de le retrouver, la fête ouverte aux amis et aux voisins. Trois fois le même refrain de Jésus : il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent. Une seule question posée à ton cœur aujourd'hui : sais-tu ce qui, pour Dieu, est une vraie raison de célébrer ?

Plan du message

1. Jésus accueille ceux que la religion méprise

  • Le texte s'ouvre sur une scène très concrète : « Tous les collecteurs d'impôts et les pécheurs s'approchaient de Jésus pour l'écouter. Mais les pharisiens et les spécialistes de la loi murmuraient : cet homme accueille des pécheurs et mange avec eux. » Deux camps se dessinent, et Jésus a choisi son côté.
  • Ces « collecteurs d'impôts et pécheurs », c'est la foule des personnes méprisées, jugées d'en haut, mises à l'écart par ceux qui se croient en règle. Et Jésus les accueille. Le prédicateur insiste sur ce mot : accueillir, c'est laisser entrer, donner accès, faire de la place intentionnellement. C'est la même invitation que dans Matthieu 11 : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, je vous donnerai du repos. »
  • Les pharisiens et les spécialistes de la loi ont un cadre : ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Ceux qui sortent du cadre ? Pas bons. Jésus ne discute pas leur cadre ; il en propose un autre, à travers trois paraboles. À eux (et à toi), de choisir lequel accueillir.
  • Le prédicateur rappellera plus loin ce que Jésus dira ouvertement dans l'épisode de Zachée : « Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Ce n'est pas une phrase à côté. C'est la clé qui ouvre tout Luc 15.

2. Trois paraboles, un seul refrain : perdu, retrouvé, fête

  • Une brebis sur cent. Une pièce sur dix. Un fils sur deux, et à la fin, deux fils sur deux. À chaque fois le même mouvement : quelque chose de valeur est perdu, quelqu'un le cherche jusqu'à ce qu'il le retrouve, et la joie déborde en fête ouverte aux amis et aux voisins.
  • Le berger laisse les 99 dans le désert et va chercher la brebis perdue jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée. Il la met sur ses épaules avec joie. La femme allume la lampe, balaie la maison et cherche avec soin jusqu'à ce qu'elle retrouve sa pièce. Dans les deux paraboles, quelqu'un se lève et part chercher.
  • Puis vient la troisième parabole, la plus longue. Le fils cadet demande sa part d'héritage, une manière brutale de dire à son père : « je préfère te voir mort tout de suite ». Le père partage. Le fils part dans un pays lointain, dilapide tout, se retrouve à garder les cochons, envié même par les gousses qu'ils mangent. Là, dans les champs, loin de la maison, il se met à réfléchir.
  • À chaque fois, Jésus conclut par le même refrain : « Il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de changer d'attitude. » Le baromètre du ciel n'est pas la performance religieuse ; c'est la repentance d'un cœur qui revient.
  • Le prédicateur le résume en une phrase : « Quand un pécheur répond par la foi à la bonne nouvelle de Jésus-Christ, cela est une bonne raison de célébrer. » C'est aussi pour cela, dit-il, que l'assemblée célèbre les baptêmes, non pas parce que le baptême sauve, mais parce que toute l'assemblée peut dire « oui, amen, cette personne suit Jésus ».

3. Le fils cadet : perdu loin, accueilli sans conditions

  • Le cadet est le portrait facile à comprendre : il est parti loin, il a mal vécu, il a tout perdu. Il vit dans les champs comme un ouvrier, comme un esclave. Loin de la maison. Ce sentiment-là, dit le prédicateur, c'est celui qu'il a lui-même connu à 26 ans à Eger : pas chez soi, pas attaché, en exil.
  • Le déclic vient d'une comparaison : « Combien d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi ici je meurs de faim. » Ce n'est pas encore de la théologie profonde, c'est un homme qui comprend qu'il a mal évalué où était la vraie vie. Il se lève, il rentre, il prépare sa phrase : « Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. Traite-moi comme l'un de tes ouvriers. »
  • Il n'ira pas au bout de sa phrase. Le père le voit alors qu'il est encore loin, il est rempli de compassion, il court, il se jette à son cou, il l'embrasse. Le prédicateur ne s'attarde pas, il laisse la scène parler d'elle-même. Le père ne discute pas le CV du fils. Il ordonne : « Apportez vite le plus beau vêtement, mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Tuez le veau engraissé. Faisons la fête. Mon fils était mort, il est revenu à la vie. »
  • Ce que le fils demandait (être traité comme un ouvrier), le père le refuse. Il ne veut pas d'un ouvrier de plus. Il veut son fils. Et pour bien le lui faire comprendre, il l'habille de la place qu'il n'osait plus revendiquer. Le prédicateur relie cela à l'Évangile : quand tu viens à Jésus, le Père ne t'accueille pas parce que tu as réparé quoi que ce soit. Il t'accueille à cause de ce que Christ a fait.

4. Le fils aîné : perdu tout près, perdu dans sa justice

  • Il faut lire la parabole jusqu'au bout, avertit le prédicateur. Ne t'arrête pas au fils cadet. Le fils aîné est là, dans les champs, au travail. Il rentre, il entend la musique, il demande ce qui se passe, il apprend, il refuse d'entrer. Son père sort le supplier, et il éclate.
  • « Voilà tant d'années que je suis à ton service sans jamais désobéir à tes ordres, et jamais tu m'as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis. Mais quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé tes biens avec des prostituées, pour lui tu as tué le veau engraissé. » Remarque le glissement : pas « mon frère » mais « ton fils ». Il ne se reconnaît plus dans cette famille.
  • Le prédicateur en tire un avertissement pointu : « Ce ne sont pas seulement nos mauvaises œuvres qui nous séparent de Dieu. Nos bonnes œuvres aussi peuvent nous séparer de Dieu. » Pourquoi ? Parce qu'à un moment, on met sa confiance dedans. On pense que sa manière de vivre est la juste, et on juge tous ceux qui ne s'y conforment pas.
  • Il l'avoue franchement : après des années de marche avec le Seigneur, ce piège le guette encore. Le cœur non corrigé par l'Esprit se recourbe sur lui-même, il pense à ses propres choses, il s'énerve facilement, il juge. « Il n'y a personne dans cette salle qui peut dire : pas moi. »
  • Le problème du fils aîné n'est pas sa fidélité au travail. C'est qu'il travaillait sans voir son père. Il faisait bien, mais il ne connaissait pas la joie du fils. Il vivait dans la maison comme un employé, et ne voyait pas que tout ce qui était au père était déjà à lui : « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi. »
  • Comment sortir de cette religion du fils aîné ? En laissant le Père te « déshabiller » de ta propre justice pour te rhabiller de la sienne. En redevenant fils, fille adopté(e) dans la maison. C'est là seulement que tu peux te pardonner à toi-même (parce que ce n'est plus ta justice qui gagne son approbation), et devenir patient et aimant avec ceux qui t'entourent.

5. Jésus, ton grand frère venu te chercher

  • Un détail que le prédicateur souligne : dans les deux premières paraboles, quelqu'un se lève et part chercher. Le berger part pour la brebis. La femme allume la lampe et balaie pour la pièce. Mais dans l'histoire du fils cadet, personne ne part. Il est là-bas, tout seul, et le père attend son retour.
  • Le prédicateur ne veut pas « mettre dans le texte ce qui n'est pas là », mais il pose la question : et si le fils aîné, au lieu d'être en colère, avait dit : « Mais où est mon frère ? Est-il bien ? Il faut le retrouver » ? Personne dans la parabole n'a joué ce rôle-là.
  • Nous avions tous besoin d'un grand frère qui vienne nous chercher. Et Jésus est ce grand frère. Il est venu à nous avec sa justice. Il dit « habille-toi de ces choses », sa justice, son statut de fils, son adoption dans la maison du Père. Il paie ce que nous ne pouvions pas payer, pour que nous puissions être fils et filles bien-aimés du Père.
  • Reçois cela, et tu as le privilège de devenir à ton tour un grand frère, une grande sœur pour ceux qui sont autour de toi. Tu peux te tourner vers eux et dire : « Vous êtes loin de la maison. Venez retrouver ce dont vous avez besoin. Jésus est notre grand frère. »

Points à retenir

  • Le baromètre du ciel n'est pas la performance religieuse. C'est la joie qui explose au retour d'un seul pécheur qui se repent, brebis, pièce ou fils, peu importe.
  • Le fils cadet et le fils aîné sont tous les deux perdus. L'un est parti loin, l'autre est resté à la maison en travaillant sans jamais voir son père. Le premier est facile à repérer, le second est plus subtil, et plus fréquent chez les chrétiens.
  • Le Père ne t'accueille pas parce que tu as réparé tes erreurs. Il t'accueille à cause de ce que Christ a fait. Le fils cadet demande à être ouvrier ; le père le rhabille en fils.
  • Tes bonnes œuvres peuvent te séparer de Dieu au moment où tu mets ta confiance en elles. Le cœur non corrigé par l'Esprit se recourbe sur lui-même, juge, s'énerve, se compare.
  • Jésus est le grand frère qui manquait dans la parabole. Il est venu te chercher, il t'a rhabillé de sa justice, il te donne le statut d'enfant du Père, et il t'appelle à faire de même pour ceux qui sont encore loin.

Application personnelle

  1. Aujourd'hui, dans quelle position te reconnais-tu : le fils cadet loin de la maison, le fils aîné qui travaille sans voir le Père, ou l'enfant qui vit vraiment comme fils, fille ? Sois honnête, ce n'est pas une case à cocher.
  2. Quelle est ta phrase préparée pour rentrer à la maison ? Le fils cadet avait la sienne : « Traite-moi comme un ouvrier. » Que dis-tu, toi, à Dieu quand tu reviens vers lui après un écart ? Est-ce que tu lui laisses la place de te répondre autre chose que ce que tu attends ?
  3. Sur quelles « bonnes œuvres » construis-tu discrètement ta confiance devant Dieu ? Assiduité à l'église, service, don, discipline personnelle ? Comment reçois-tu la nouvelle qu'un pécheur notoire est accueilli au même titre que toi ?
  4. Quand as-tu jugé quelqu'un cette semaine parce qu'il ne se conformait pas à ta manière de vivre la foi ? Qu'est-ce que ce jugement révèle du cœur qui se recourbe sur lui-même ?
  5. Qui est aujourd'hui autour de toi « loin de la maison » et attend un grand frère, une grande sœur qui se lève et vienne le chercher ? Que peux-tu faire cette semaine, un appel, un message, une invitation ?

Versets cités

  • Luc 15:1-32 · Les trois paraboles de la brebis perdue, de la pièce perdue et des deux fils.
  • Luc 15:7 · « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent… »
  • Luc 15:10 · « Il y a de la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. »
  • Luc 15:20 · « Alors qu'il était encore loin, son père le vit et fut rempli de compassion. »
  • Luc 15:31 · « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi. »
  • Luc 19:10 · « Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
  • Matthieu 11:28 · « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

FAQ

Pourquoi Jésus raconte-t-il trois paraboles à la suite au lieu d'une seule ?
Parce que le même thème monte en intensité à chaque fois, une brebis sur cent, une pièce sur dix, un fils sur deux, puis deux fils sur deux. Jésus veut désarmer progressivement l'objection des pharisiens (« cet homme accueille des pécheurs »), et il veut aussi que tu voies que la joie du ciel pour un seul cœur qui revient n'est pas une exception : c'est le baromètre normal du Père. La troisième parabole ajoute en plus le portrait du fils aîné, qui vise directement le cœur religieux, celui du pharisien de l'époque, comme le tien aujourd'hui si tu marches depuis longtemps avec Dieu.

Le fils aîné est-il vraiment « perdu » s'il n'a jamais quitté la maison ?
Oui, dit le prédicateur, mais autrement. Il est perdu dans sa propre justice. Il travaille sans voir son père, il ne se réjouit pas de ce qui réjouit le ciel, il ne reconnaît plus son frère (« ton fils », dit-il, pas « mon frère »). Le père doit sortir le supplier d'entrer, comme il avait couru vers le cadet. Nos bonnes œuvres peuvent nous éloigner de Dieu à partir du moment où l'on met sa confiance en elles au lieu de la mettre en Christ. C'est un piège qui guette particulièrement ceux qui marchent depuis longtemps avec le Seigneur.

Concrètement, comment vivre comme un fils, une fille, et pas comme un esclave dans la maison de Dieu ?
En laissant l'Évangile te « rhabiller » chaque jour. Le fils cadet demande à être ouvrier ; le père le rhabille en fils. Toi aussi, tu as besoin de te laisser déshabiller de ta propre justice (celle que tu construis avec ta discipline, ton service, ton assiduité), pour recevoir la justice de Christ. Cela produit deux fruits très concrets, dit le prédicateur : tu peux te pardonner à toi-même parce que ce n'est plus ta performance qui compte ; et tu deviens patient, aimant avec ceux qui t'entourent, parce que tu ne mesures plus les autres à l'aune de ta justice.

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