Introduction
Tu suis la série Notre relation avec Dieu. La semaine dernière, Patrice Martorano t'a parlé des soucis qui abîment ta relation avec ton Père. Cette fois, il revient sur autre chose qui peut jouer dans ton imaginaire et colorier tes prières : la trahison. Quand les gens te font du mal, quand ils parlent dans ton dos, quand une petite scène commence à tourner dans ta tête, cela peut perturber ce que tu vis avec Dieu.
Pour répondre à cette question, le prédicateur t'invite à ouvrir le Psaume 4. David y prie au moment où on le calomnie. Trois mouvements se dessinent : il crie à Dieu, il s'adresse à ses adversaires, puis il proclame sa confiance. C'est cette prière que tu vas suivre.
Plan de l'article
- Quand un esprit critique arrête une œuvre de Dieu
- Crie à Dieu avec tout ton cœur (Psaume 4.2)
- Adresse-toi à ceux qui te blessent, sans pécher (Psaume 4.3-6)
- La leçon de Paul devant le souverain sacrificateur (Actes 23)
- Ancre ta confiance dans le Seigneur (Psaume 4.7-9)
- Jésus, le Fils de David, est entré dans ton humiliation
1. Quand un esprit critique arrête une œuvre de Dieu
Patrice ouvre avec une histoire. Il y a environ cent ans, dans la Drôme, un réveil se lève après la Première Guerre mondiale. Beaucoup avaient quitté l'Église : ils ne comprenaient pas comment le monde avait pu exploser ainsi. Puis, dans de petites églises réformées, des gens viennent à Christ. Les bancs se remplissent, la place vient à manquer. Au même moment, un mouvement missionnaire baptiste commence à implanter des églises un peu partout.
Et là, malgré cette belle œuvre de Dieu, un esprit critique de mauvais sens s'installe dans les mentalités. Des pasteurs dénoncent d'autres pasteurs, des églises se déchirent, et le réveil s'arrête. C'est dommage. C'est un exemple concret de ce qu'un esprit trop critique et négatif peut faire : arrêter une belle œuvre de Dieu.
Heureusement, tu as le Psaume 4. David aussi a été calomnié. Il te montre par où passer.
2. Crie à Dieu avec tout ton cœur (Psaume 4.2)
David commence par crier. « Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Dans la détresse, tu m'as mis à l'aise. Fais-moi grâce, écoute ma prière. » Tout est ébranlé dans sa vie. Un désespoir se soulève. « Réponds-moi », comme s'il craignait que Dieu ne réponde pas.
Patrice note un effet particulier de la calomnie : la solitude. Quand les gens parlent dans ton dos, tu ne sais plus qui est qui. Tu ne l'apprends presque jamais par la personne concernée, mais par quelqu'un d'autre. Il y a comme un mur de silence autour de toi, un manque de confiance, et parfois tu prends ça même à Dieu.
« Dieu de ma justice. » Ce n'est pas « voici combien je suis innocent, combien je fais des choses bien, et donc je mérite que tu agisses pour moi ». C'est une proclamation de foi : Dieu est ma justice. En Jésus-Christ, quand tu crois en lui, lui qui est innocent, tu as sa justice parfaite. Il est aussi Dieu ta justice.
David continue au passé : « Dans la détresse, tu m'as mis au large. » Patrice explique : dans les combats anciens, tout se passait au corps à corps, en foule serrée, extrêmement dangereux, le péril venait de partout autour. « Tu m'as mis au large » veut dire : tu m'as donné un espace où je peux tout voir et me savoir en sécurité. Autrement dit : « Tu m'as déjà fait cela, mon Dieu. »
Alors que faire quand on te trahit ? Tu cries vers Dieu, avec tout ton cœur. Pas la peine de reformuler tes phrases pour faire des belles phrases : Dieu sait déjà exactement ce qui se passe. Et il est suffisamment grand pour ne pas être gêné par ta mauvaise théologie dans un moment de crise. Ce qu'il veut, c'est toi.
3. Adresse-toi à ceux qui te blessent, sans pécher (Psaume 4.3-6)
« Fils des hommes, jusqu'à quand ma gloire sera-t-elle changée en confusion ? Jusqu'à quand aimerez-vous la vanité, chercherez-vous le mensonge ? Pause. Reconnaissez que l'Éternel s'est choisi un homme fidèle : l'Éternel entend quand je crie à lui. Agitez-vous, mais ne péchez pas ; parlez en votre cœur sur votre couche, puis taisez-vous. Offrez des sacrifices de justice et confiez-vous en l'Éternel. »
Les Psaumes étaient à la base des sentiments réels, des prières réelles. Sans doute que les premières prières de David, au moment où cela lui arrivait, n'étaient pas aussi bien structurées. Avec le temps, il les a écrites. Et ce qu'il a écrit est devenu les cantiques d'Israël, les chansons religieuses du peuple. Comme il est roi, les gens chantent ce qu'il veut. Le procédé est malin et merveilleux : ses adversaires eux-mêmes doivent maintenant chanter cette chanson. Et il y a un petit message pour eux.
Tu n'as pas ce pouvoir. Mais c'est très instructif pour toi : au moment où la prière devient chant, les frustrations peuvent être partagées, et son exhortation s'élargit à tout le peuple, et même à toi.
Ce que David enseigne au passage, c'est qu'il est toujours mal, pour un chrétien, de formuler des paroles qui écrasent une autre personne, ou de construire des phrases qui cherchent à la blesser d'une manière ou d'une autre. Pourquoi ? D'abord parce que c'est déshumanisant. La personne que tu insultes, que tu blesses par tes paroles, surtout dans son dos, est une personne créée à l'image de Dieu. Tout ce que tu peux dire d'un contraire vient s'opposer à cette image. C'est pour cela que David demande : pourquoi cherchez-vous le mensonge ? Pourquoi aimer ces choses vaines ? Les chrétiens ont un autre standard, celui du Christ.
Patrice précise entre parenthèses : « Quand je prêche, je prêche toujours à moi-même. » Les chrétiens ne doivent jamais utiliser leurs mots pour dégrader, blesser ou rabaisser quelqu'un, surtout leurs ennemis. C'est dur.
4. La leçon de Paul devant le souverain sacrificateur (Actes 23)
L'apôtre Paul s'est retrouvé dans une situation similaire. En Actes 23, il est devant le conseil. Il commence à parler, et le souverain sacrificateur ordonne qu'on le frappe sur la bouche. Dans cette culture, c'est l'une des grandes insultes qu'on peut faire à quelqu'un.
Paul, un peu à chaud, répond en Actes 23.3 : « Dieu te frappera, muraille blanchie ! Tu sièges pour me juger selon la loi, et, contre la loi, tu ordonnes qu'on me frappe ! » C'est dur. Mais quelqu'un lui rappelle qu'il vient d'insulter le souverain sacrificateur. Alors Paul se reprend : « Je ne savais pas, frères, que ce fût le souverain sacrificateur ; car il est écrit : Tu ne parleras pas mal du chef de ton peuple. »
C'est un bel exemple pour toi. Personne n'est meilleur que Paul, et parfois des choses vont sortir de ta bouche qui ne devraient pas. Mais il te montre aussi qu'il n'est pas trop tard pour revenir en arrière et dire ce qu'il faut. Un chrétien ne doit pas insulter, ni parler mal d'un autre.
Reviens à David. « Reconnaissez que l'Éternel s'est choisi un homme fidèle. » Souviens-toi de ce choix fait par Dieu. Pendant longtemps, avant de devenir roi, David a été pourchassé, traqué par un autre roi. Deux fois, il semble que Dieu lui avait livré son ennemi entre les mains : il aurait pu prendre son épée et finir l'histoire là, sans conséquence. Qu'a-t-il dit ? « Je ne toucherai pas à l'oint de l'Éternel. » Et il l'a laissé partir. Exactement ce que ses adversaires, eux, ne font pas envers lui. Alors David proclame : Dieu s'est choisi un homme, et il écoute quand je prie.
Peut-être que tu penses : « D'accord. » Souviens-toi aussi de Paul. Lorsqu'il s'appelait encore Saul de Tarse et persécutait l'Église, Jésus-Christ ressuscité se dévoile à lui sur le chemin de Damas. Une lumière tellement forte qu'il tombe de son cheval, aveuglé. Et le Seigneur lui dit : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Dans sa tête, Saul aurait pu répondre : « Je ne te persécute pas, toi. Je persécute juste ces gens-là dans l'Église. » Mais Jésus dit en réalité : « Ces gens-là, quand tu les persécutes, c'est moi que tu persécutes. » Dieu s'est choisi un peuple. C'est ce que David rappelle ici.
Et David dit ensuite quelque chose de très fort : « Agitez-vous, mais ne péchez pas ; parlez en votre cœur sur votre couche, puis taisez-vous. » Autrement dit : sois en colère si tu veux, secoue ta rage, fais ton truc, mais ne pèche pas dans la calomnie. Il y a un moment où c'est tout naturel : tu es un être émotionnel, la colère fait partie des émotions que tu as, et il n'y a pas de mal en soi. Mais tu n'es pas obligé de pécher contre une autre personne juste parce que tu es en colère.
« Parle dans ton cœur. » Peut-être qu'il faut dire des choses, mais au bout d'un moment, sur ta couche, il faut réaliser : « Bon, tout est dit », arriver à un point où tu t'arrêtes. Pour toi, ce sera peut-être deux heures de jogging, ou construire quelque chose, ou n'importe quoi pour dépenser cette énergie très négative afin de pouvoir enfin réfléchir.
L'apôtre Paul reprend exactement cette parole en Éphésiens 4.26 : « Mettez-vous en colère, et ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable. » L'Église est remplie de gens qui parfois sont en colère les uns après les autres, qui ont des petits conflits les uns avec les autres. C'est la vie. Paul ajoute une horloge : essaie de te calmer le jour même. Plus tu gardes cette colère longtemps, plus elle risque de devenir de la rancune. Et là, tu es face à quelque chose d'inimaginable : donner place au diable. Autrement dit : le diable prend ta colère et en fait quelque chose d'absolument horrible.
Ce que Paul, avec David, te dit, c'est qu'il faut arriver à ce moment de calme où tu t'en remets à Dieu. Le Psaume 4.6 le dit ainsi : « Offrez des sacrifices de justice et confiez-vous en l'Éternel. » Dans le peuple de David, on offrait un sacrifice pour le péché. Autrement dit : assume ce que tu as fait, demande pardon. Heureusement, tu n'as plus à aller à Jérusalem offrir des bœufs ou des pigeons. Jésus-Christ est mort pour toi. Le sacrifice est fait. Aujourd'hui, tu as à demander pardon à Lui, et c'est Lui qui te pardonne, et à renouer cette confiance.
Ce qui touche particulièrement Patrice cette semaine en étudiant ce psaume, c'est que David a transformé tout cela en chanson pour instruire ses ennemis. Il ne les convainc pas, ce sont sans doute des gens du camp de Dieu. Et ce qui est beau, c'est que cette grâce s'étend à des gens qui font des erreurs, comme toi et lui.
5. Ancre ta confiance dans le Seigneur (Psaume 4.7-9)
« Fais lever sur nous la lumière de ta face, Éternel ! Tu mets dans mon cœur plus de joie qu'ils n'en ont quand abondent leur froment et leur vin nouveau. Aussitôt couché, je m'endors en paix, car toi seul, ô Éternel, tu me fais habiter en sécurité. »
Pour David, la joie du Seigneur surpasse les bénédictions matérielles. Elle vaut plus que toutes les richesses de ses adversaires. « Puisque lorsque leur froment et leur vin sont nouveaux » (même quand ils ont tout ce dont ils ont besoin), ce qui compte davantage pour moi, dit David, c'est lorsque tu mets la joie dans mon cœur. Pourquoi ? Parce qu'on peut être très riche et très mécontent. Très riche et toujours en train de regarder derrière soi pour s'assurer qu'il n'y a pas quelqu'un avec un poignard. La joie du Seigneur vaut beaucoup plus que cela.
Beaucoup disent : « Qui nous fera le bonheur ? », un peu comme « ce jour enfin où je gagnerai le », « ah, le jour enfin où les choses iront pour moi », « ce moment enfin où tout sera facile ». Beaucoup disent cela. Mais toi, Seigneur, tu me donnes la joie. David montre que sa confiance n'est pas dans un moment magique qui peut-être n'arrivera jamais. Il ne met pas sa vie de côté aujourd'hui en attendant quelque chose qui pourrait un jour arriver. Il vit aujourd'hui la joie que le Seigneur lui donne maintenant par le Saint-Esprit.
Parce que la présence du Seigneur lui donne la paix : « Aussitôt couché, je m'endors en paix. » Pourquoi ? « Parce que toi seul, ô Éternel, tu me fais habiter en sécurité. » Il sait qu'il est entre les mains du Seigneur, sain et sauf.
6. Jésus, le Fils de David, est entré dans ton humiliation
David crie à Dieu, il parle à ses adversaires, il annonce sa confiance. Mais parler de David sans parler du Fils de David serait une erreur, car ce psaume est bien messianique.
Le Fils de David est élu depuis toute éternité. Il est le Fils bien-aimé : trois fois, le Père lui a parlé de vive voix, à l'écoute de témoins qui ont attesté sa faveur et son choix. Tout ce qu'il faisait était exactement ce que le Père lui avait demandé. Jésus a même dit devant ses adversaires : « Qui de vous me convaincra de péché ? » Pas une seule personne pour se lever et dire : « L'autre jour, tu as fait ceci. » Non.
Pourtant, on l'a qualifié de « glouton et ivrogne » parce qu'il mangeait avec des gens qui avaient cette réputation. Derrière son dos, on a dit de lui : « Ah, Jésus, tu vois, il passe quand même beaucoup trop de temps avec ces prostituées-là. » On a dit qu'il était complètement dans l'illusion, qu'il sortait des choses. Il a même dit qu'il détruirait le temple et le reconstruirait en trois jours.
Jésus t'a précédé dans l'humiliation de la trahison. Il y est entré bien avant toi, et il l'a géré d'une manière que tu ne pourras jamais faire. Pour qu'aujourd'hui il puisse entrer avec toi dans ton humiliation, t'éprouver, au sens de partager ton épreuve, , t'encourager, être là pour que tu puisses crier vers lui. Sa seule demande, c'est de venir. Come to him.
Points à retenir
- Un esprit critique de mauvais sens peut arrêter la plus belle des œuvres de Dieu. Le prédicateur en donne un exemple précis : un réveil de la Drôme, il y a cent ans.
- Quand on te calomnie, ta première réaction n'est ni la reformulation ni la vengeance. C'est crier à Dieu, avec tout ton cœur, tel que tu es.
- La colère elle-même n'est pas un péché. Ce qui devient péché, c'est de laisser ta colère produire des paroles qui écrasent une personne créée à l'image de Dieu.
- Ne laisse pas le soleil se coucher sur ton irritation (Éphésiens 4.26). Plus la colère dure, plus elle devient rancune, et plus tu donnes accès au diable.
- Ta joie ne dépend pas d'un « moment magique » à venir. Elle t'est donnée aujourd'hui par le Saint-Esprit, dans la présence du Seigneur.
- Jésus est entré le premier dans l'humiliation de la trahison. Il n'est jamais un Dieu lointain quand on parle mal de toi.
Application personnelle
- Y a-t-il, en ce moment, une parole dite dans ton dos qui tourne dans ta tête et « colorie » tes prières ? Es-tu prêt à la déposer devant Dieu, sans phrases bien construites ?
- Quand tu es en colère contre quelqu'un, à quel moment est-ce que tu « te tais sur ta couche » ? Qu'est-ce qui t'aide, concrètement, à dépenser cette énergie négative ?
- As-tu récemment prononcé une parole dégradante sur quelqu'un, même « juste » derrière son dos ? Es-tu prêt à revenir en arrière, comme Paul, et à corriger ?
- Où mets-tu, en ce moment, ta confiance pour être heureux : dans un « quand j'aurai enfin », ou dans le Seigneur qui met la joie dans ton cœur aujourd'hui ?
- Qu'est-ce que cela change pour toi de savoir que Jésus est entré, avant toi, dans exactement le type d'humiliation que tu traverses ?
Versets cités
- Psaume 4 · passage central du message
- Actes 23.1-5 · Paul devant le souverain sacrificateur
- Éphésiens 4.26-27 · « Mettez-vous en colère, et ne péchez pas »
- Actes 9.1-9 · Saul sur le chemin de Damas
- Jean 8.46 · « Qui de vous me convaincra de péché ? »
FAQ
Pourquoi la calomnie touche-t-elle autant notre relation avec Dieu ?
Parce qu'elle ajoute à la douleur un effet de solitude et un manque de confiance. Comme tu ne sais pas qui a dit quoi, tu finis souvent par te méfier même de Dieu. Le Psaume 4 t'apprend à ne pas rester dans cette solitude et à crier vers Lui en premier.
Est-ce que je peux me mettre en colère sans pécher ?
Oui. David dit « agitez-vous, mais ne péchez pas », et Paul le reprend en Éphésiens 4.26. La colère est une émotion normale. Ce qui devient péché, c'est de laisser la colère produire des paroles qui blessent une personne créée à l'image de Dieu, ou de garder cette colère assez longtemps pour qu'elle devienne rancune.
Que faire si j'ai déjà dit du mal de quelqu'un ?
Regarde Paul en Actes 23. Il insulte le souverain sacrificateur, puis il se reprend immédiatement quand on lui rappelle l'Écriture. Il n'est pas trop tard pour revenir en arrière, corriger, demander pardon, d'abord à Dieu, puis à la personne. Le sacrifice pour ton péché est déjà fait par Jésus-Christ.
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