Recevoir l'amour de Dieu pour s'aimer les uns les autres

7 min de lecture

Introduction

Imagine que tu apprennes, ce soir, que tes dernières vingt-quatre heures ont commencé. Que fais-tu ? Où vas-tu ? Qui appelles-tu ? Jésus, lui, a su. Jean écrit : « Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux » (Jean 13.1). Il ne s’est pas offert un dernier plaisir. Il s’est agenouillé avec un bassin et une serviette, il a lavé les pieds de ceux qu’il aimait, y compris ceux du traître. Puis il leur a donné un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres. »

Ce chapitre 13 de Jean te confronte à une vérité toute simple et pourtant décisive : tu ne peux aimer les autres « comme Jésus t’a aimé » que si tu commences par recevoir cet amour. L’article qui suit t’invite à entrer dans cette scène du dernier repas, à comprendre pourquoi Jésus a lavé les pieds de ses disciples, et comment cet amour reçu devient le moteur d’un amour donné.

Plan de l’article

1. Le contexte : la Pâque, l’heure venue, l’amour jusqu’au bout

Jean situe la scène « avant la fête de Pâque ». Depuis Moïse, cette fête rappelle la nuit où le sang de l’agneau, mis sur les portes des maisons d’Israël, a fait passer la mort au-delà. Chaque famille immolait un agneau, appliquait le sang, et se souvenait : nous avons été épargnés par pure grâce. Tout cela n’était qu’une ombre. L’Agneau réel, c’est Jésus. Vingt-quatre heures avant d’être livré, il prend d’avance ce repas pascal avec les Douze : le lendemain, à l’heure où les agneaux seront égorgés au Temple, lui sera cloué au bois.

« Sachant que son heure était venue » : Jésus n’est pas dépassé par les événements. Il choisit consciemment ce qu’il va faire de ses dernières heures. Et son choix, ce n’est pas de fuir, ce n’est pas de se protéger, ce n’est pas de cocher une « bucket list ». Son choix, c’est d’aimer « jusqu’à l’extrême », sans rien retenir, jusqu’au bout.

2. Le geste : un Maître qui lave les pieds

Pendant le repas, Jésus se lève, quitte ses vêtements, prend une serviette, verse de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples (Jean 13.4-5). Il faut mesurer le choc. Dans une maison juive de l’époque, le lavage des pieds est réservé au serviteur le plus bas. Personne, dans cette pièce, ne s’y était encore abaissé, l’honneur passait avant.

Et voilà que le Maître fait le geste que personne ne voulait faire. Non pas parce qu’il y était forcé, mais parce qu’il savait qui il était. « Jésus, sachant que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu’il était venu de Dieu et qu’il retournait à Dieu » (Jean 13.3), s’abaisse. L’identité stable dans le Père a rendu le service possible. Un cœur qui n’a plus besoin de se prouver quoi que ce soit peut enfin servir.

3. La résistance : Pierre et notre refus d’être aimés

Pierre proteste : « Toi, tu me laverais les pieds ? Jamais tu ne me laveras les pieds ! » (Jean 13.6-8). Sa réaction paraît humble. En réalité, c’est une résistance. Recevoir de Jésus met à nu quelque chose que Pierre n’accepte pas encore : il a besoin d’être lavé. Il préfère un Christ fort, glorieux, guerrier, pas un Christ qui s’abaisse pour lui.

Jésus est net : « Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi. » Autrement dit : si tu refuses d’être aimé, tu restes dehors. Pierre bascule aussitôt dans l’excès inverse : « Alors, Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête ! » C’est encore lui qui décide. Jésus le ramène doucement à l’essentiel : laisse-toi faire. Reçois.

4. Le traître à la place d’honneur

Le récit garde un détail bouleversant. À table, Jean, « le disciple que Jésus aimait », est à la droite de Jésus (Jean 13.23). Mais lorsque Jésus trempe un morceau de pain et le donne à Judas, on comprend qu’il faut être tout proche, probablement à sa gauche. Or, dans les usages de l’époque, la place immédiatement à gauche du chef de table était la place la plus honorable.

Jésus a donc placé son traître à la place d’honneur. Il lui a lavé les pieds. Il lui a offert le morceau de pain trempé, un geste d’affection réservé aux amis. Jusqu’au dernier instant, il l’a aimé. Cela ne rendra pas la trahison moins violente, mais cela dit tout de la nature de l’amour de Christ : il ne dépend pas de ta réponse.

5. Le commandement nouveau : aimer parce qu’on est aimé

Après le départ de Judas, Jésus donne à ses disciples le fameux commandement : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13.34-35).

Ce qui est nouveau, ce n’est pas le verbe « aimer ». C’est la mesure : « comme je vous ai aimés ». L’étalon n’est plus toi-même (« aime ton prochain comme toi-même ») mais lui, Christ, qui s’abaisse, qui lave, qui donne sa vie. Et cet amour-là ne peut pas être produit à la force du poignet. Il se reçoit d’abord.

6. L’annonce du reniement : Pierre et notre présomption

Pierre affirme haut et fort qu’il donnera sa vie pour Jésus. Jésus lui répond : « Tu donneras ta vie pour moi ? En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois » (Jean 13.37-38). L’amour dont Jésus parle ne s’improvise pas sur un coup de sincérité. Il grandit dans une âme qui a d’abord accueilli l’amour reçu et qui apprend, jour après jour, à s’y appuyer.

Points à retenir

  • Jésus a choisi son dernier jour. Devant sa mort imminente, il n’a rien retenu de son amour : il l’a poussé « jusqu’à l’extrême » pour les siens.
  • L’identité rend le service possible. Parce qu’il savait d’où il venait et où il allait, Jésus a pu s’abaisser sans se perdre.
  • On ne peut pas donner ce qu’on refuse de recevoir. Pierre a d’abord dû accepter d’être lavé. Sans cela, « pas de part » avec Jésus.
  • L’amour de Christ n’attend pas ta réponse. Il a lavé les pieds de son traître et lui a offert la place d’honneur.
  • L’amour fraternel est un signe visible. « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples » : la marque du chrétien reste l’amour entre frères et sœurs.

Application personnelle

  1. Où es-tu, aujourd’hui, dans la position de Pierre, à refuser que Jésus s’abaisse pour toi ? Qu’est-ce que tu veux lui cacher au lieu de le laisser laver ?
  2. Sur quoi ton identité s’appuie-t-elle en ce moment : sur ce que tu produis, ce qu’on pense de toi, ou sur le fait que tu « viens du Père et retournes au Père » ?
  3. Y a-t-il un « Judas » dans ta vie, quelqu’un qui t’a blessé ou trahi ? Que changerait le fait de te rappeler comment Jésus a traité le sien avant d’être livré ?
  4. Comment ton entourage voit-il concrètement l’amour entre chrétiens quand il te regarde vivre ? Que peux-tu poser cette semaine comme geste très simple de service ?
  5. Combien de temps, chaque jour, laisses-tu Jésus te redire « je t’aime » avant de sortir aimer les autres ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi Jésus lave-t-il les pieds de ses disciples plutôt que de faire autre chose lors de son dernier repas ?

Parce qu’il voulait leur laisser une image claire et définitive de son amour : un amour qui s’abaisse, qui sert, qui n’a besoin d’aucune reconnaissance pour aller au bout. Le geste résume tout ce qu’il allait accomplir à la croix vingt-quatre heures plus tard.

Que veut dire Jésus quand il dit à Pierre : « Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi » ?

Il ne parle pas d’hygiène. Il parle de purification par sa mort à venir. Refuser d’être lavé par Jésus, c’est refuser d’être sauvé par lui. La foi commence toujours par un aveu : j’ai besoin qu’on me lave, je ne peux pas me sauver moi-même.

Comment « aimer comme Jésus a aimé » dans ma vie quotidienne ?

D’abord en recevant. Tu prends chaque jour un moment pour te rappeler que Christ t’a aimé le premier, sans conditions. Ensuite, tu poses des gestes simples de service et de pardon envers ceux que Dieu place sur ton chemin, même ceux qui te déçoivent. L’amour fraternel n’est pas un exploit, c’est un débordement.

Toutes les prédications sur « Relations »

Ne rate aucune prédication de 久米島希望が丘キリスト教会

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Sur le même thème

Message publié par 久米島希望が丘キリスト教会. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Recevoir l'amour de Dieu pour s'aimer les uns les autres | Efficient Church