La Bible — Louis Segond 1910

Psaume 50

En bref

Le Psaume 50 est un psaume d'Asaph qui met en scène un tribunal. Dieu convoque la terre et rassemble son peuple pour le juger. Il ne reproche pas à Israël de manquer de sacrifices, car tout lui appartient, mais lui demande d'offrir des actions de grâces et d'accomplir ses vœux. Il promet de délivrer celui qui l'invoque au jour de la détresse. Il reprend ensuite ceux qui récitent ses lois sans les vivre. Le psaume conclut : celui qui offre des actions de grâces glorifie Dieu, et celui qui veille sur sa voie verra le salut de Dieu.

Le titre attribue ce psaume à Asaph, un lévite que David avait placé à la tête des chantres chargés de la louange (1 Chroniques 16). Ce nom peut désigner Asaph lui-même ou la famille de chantres qui portait son nom. C'est le premier des douze psaumes d'Asaph ; les onze autres vont du Psaume 73 au Psaume 83. Le titre ne donne aucune circonstance. Le Psaume 50 relève d'un genre proche des prophètes : un procès d'alliance, où Dieu convoque son peuple, prend le ciel et la terre à témoin et rappelle ce qu'il attend vraiment. Il ne rejette pas le culte, mais un culte sans reconnaissance et une foi récitée sans être vécue. Aujourd'hui, les croyants le lisent pour examiner leur manière d'adorer, et le verset 15 compte parmi les plus cités dans la prière.

Le chapitre en 4 parties

  1. v. 1-6Dieu convoque son peuple et la terre entière
  2. v. 7-15Pas des sacrifices vides, mais des actions de grâces
  3. v. 16-21Un avertissement à ceux qui parlent de Dieu sans le suivre
  4. v. 22-23Ne pas oublier Dieu, et recevoir son salut

1Psaume d'Asaph. Dieu, Dieu, l'Eternel, parle, et convoque la terre, Depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant.

2De Sion, beauté parfaite, Dieu resplendit.

3Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence; Devant lui est un feu dévorant, Autour de lui une violente tempête.

4Il crie vers les cieux en haut, Et vers la terre, pour juger son peuple:

5Rassemblez-moi mes fidèles, Qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice! -

6Et les cieux publieront sa justice, Car c'est Dieu qui est juge. -Pause.

7Ecoute, mon peuple! et je parlerai; Israël! et je t'avertirai. Je suis Dieu, ton Dieu.

8Ce n'est pas pour tes sacrifices que je te fais des reproches; Tes holocaustes sont constamment devant moi.

9Je ne prendrai pas de taureau dans ta maison, Ni de bouc dans tes bergeries.

10Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers;

11Je connais tous les oiseaux des montagnes, Et tout ce qui se meut dans les champs m'appartient.

12Si j'avais faim, je ne te le dirais pas, Car le monde est à moi et tout ce qu'il renferme.

13Est-ce que je mange la chair des taureaux? Est-ce que je bois le sang des boucs?

14Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, Et accomplis tes voeux envers le Très-Haut.

15Et invoque-moi au jour de la détresse; Je te délivrerai, et tu me glorifieras.

16Et Dieu dit au méchant: Quoi donc! tu énumères mes lois, Et tu as mon alliance à la bouche,

17Toi qui hais les avis, Et qui jettes mes paroles derrière toi!

18Si tu vois un voleur, tu te plais avec lui, Et ta part est avec les adultères.

19Tu livres ta bouche au mal, Et ta langue est un tissu de tromperies.

20Tu t'assieds, et tu parles contre ton frère, Tu diffames le fils de ta mère.

21Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. Tu t'es imaginé que je te ressemblais; Mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux.

22Prenez-y donc garde, vous qui oubliez Dieu, De peur que je ne déchire, sans que personne délivre.

23Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie, Et à celui qui veille sur sa voie Je ferai voir le salut de Dieu.

Comprendre Psaume 50 verset par verset

v. 1-3Dieu convoque la terre et ne garde plus le silence

Le psaume s'ouvre comme une scène de tribunal. Dieu y est nommé trois fois de suite, avec trois noms hébreux différents : El, Elohim et le nom propre de Dieu, que la Segond traduit par l'Éternel. Il parle et convoque la terre entière, du soleil levant au soleil couchant. Il resplendit depuis Sion, la colline de Jérusalem où il avait choisi d'habiter au milieu de son peuple. Puis vient une phrase décisive : « Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence ». Le feu dévorant et la tempête rappellent le mont Sinaï, quand Dieu a donné sa loi dans le feu, le tonnerre et la nuée (Exode 19). Le Dieu qui a fait alliance avec son peuple vient vérifier comment cette alliance est vécue. Pour nous aussi, Dieu n'est pas un spectateur lointain : il voit, il parle, et sa parole éclaire notre manière de vivre la foi.

v. 4-6Le ciel et la terre, témoins d'un procès d'alliance

Dieu appelle les cieux et la terre comme témoins, à la manière d'un procès. Moïse les avait déjà pris à témoin de l'alliance (Deutéronome 30.19), et les prophètes reprennent souvent cette image. Ceux qui sont convoqués ne sont pas les nations païennes, mais ses fidèles, ceux « Qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice! » Cela rappelle Exode 24, où l'alliance du Sinaï fut scellée par le sang des sacrifices. Le jugement commence donc par la maison de Dieu, comme le dira l'apôtre Pierre. Les cieux proclameront sa justice, car c'est Dieu qui est juge : ni le peuple, ni ses prêtres, ni l'opinion publique. Ce passage n'est pas fait pour effrayer le croyant, mais pour le rendre sérieux. Appartenir au peuple de Dieu est une grâce, et cette grâce appelle une vie cohérente.

v. 7-13Dieu n'a besoin de rien : tout lui appartient

« Ecoute, mon peuple! et je parlerai » : Dieu prend la parole pour avertir, tout en restant Dieu, ton Dieu. Son premier reproche surprend : il ne reproche pas à Israël de négliger les sacrifices, puisque les holocaustes sont constamment devant lui. Le problème est ailleurs. Certains pensaient rendre service à Dieu, peut-être même le nourrir, comme les peuples voisins le pensaient de leurs dieux. Dieu répond avec une pointe d'ironie : tous les animaux des forêts et des montagnes sont déjà à lui. « Si j'avais faim, je ne te le dirais pas, Car le monde est à moi et tout ce qu'il renferme. » Dieu ne mange pas la chair des taureaux. On ne lui fait pas de faveur, on ne l'achète pas. Cette vérité nous concerne : nos dons, notre service à l'église, nos heures de bénévolat ne rendent pas Dieu notre débiteur. Il n'a besoin de rien ; c'est nous qui avons besoin de lui.

v. 14-15Le sacrifice de reconnaissance et l'appel au jour de détresse

Voici ce que Dieu attend : « Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, Et accomplis tes voeux envers le Très-Haut. » L'action de grâces était un sacrifice prévu par la loi (Lévitique 7), mais Dieu en souligne le cœur : la reconnaissance, qui reconnaît que tout vient de lui. Accomplir ses vœux, c'est tenir les promesses qu'on lui a faites, souvent dans un moment difficile. Puis vient l'un des versets les plus aimés des Psaumes : « Et invoque-moi au jour de la détresse; Je te délivrerai, et tu me glorifieras. » Dieu ne veut pas seulement des remerciements quand tout va bien, il veut être appelé quand tout va mal. La délivrance ne prend pas toujours la forme ni le moment que l'on espère, mais Dieu n'est pas sourd. Le cercle se referme : il délivre, et celui qui est délivré le glorifie. Le Nouveau Testament invite à offrir à Dieu, par Jésus, un sacrifice de louange (Hébreux 13.15).

v. 16-20Réciter la Parole de Dieu sans la vivre

Dieu s'adresse maintenant au méchant, mais ce méchant fait partie du peuple : il énumère les lois de Dieu et a son alliance à la bouche. Il connaît la Bible et en parle, peut-être mieux que d'autres. Pourtant, il hait les avis et jette les paroles de Dieu derrière lui, comme on se débarrasse d'un objet encombrant. Les reproches rappellent plusieurs des dix commandements : il s'entend avec le voleur, partage la vie des adultères, livre sa bouche au mal et à la tromperie. Le dernier est le plus douloureux : « Tu t'assieds, et tu parles contre ton frère, Tu diffames le fils de ta mère. » La médisance s'installe jusque dans la famille. Ce passage parle aussi aux chrétiens : on peut citer des versets, chanter juste, connaître le vocabulaire de l'église, et laisser sa langue blesser les autres. Jésus a dénoncé la même hypocrisie chez les chefs religieux de son temps (Matthieu 23).

v. 21Le silence de Dieu n'est pas une approbation

« Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. » Dieu n'est pas intervenu tout de suite, et le méchant en a tiré une conclusion fausse : « Tu t'es imaginé que je te ressemblais ». C'est l'une des phrases les plus fortes du psaume. Quand Dieu se tait, on finit par le fabriquer à son image : un Dieu indulgent pour nos fautes, qui pense comme nous et ferme les yeux. Mais le silence de Dieu est patience, pas complicité. L'apôtre Pierre explique que le Seigneur use de patience parce qu'il veut que tous arrivent à la repentance (2 Pierre 3.9). Un jour, Dieu reprend et met tout sous les yeux de celui qui s'est trompé. Cette parole est sévère, mais elle est aussi une chance : tant que Dieu parle, il est encore temps de revenir.

v. 22-23Ne pas oublier Dieu, et voir son salut

Le psaume se termine par un avertissement et une promesse. L'avertissement est grave : ceux qui oublient Dieu s'exposent à être déchirés sans que personne ne puisse les délivrer. Le verbe évoque une bête sauvage qui déchire sa proie, et le texte n'adoucit pas cette image. Mais la porte reste ouverte, et le dernier mot est une promesse : « Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie ». Le verset 23 rassemble les deux thèmes du psaume : la reconnaissance, qui répond à la première partie, et une vie droite, qui répond à la seconde. À celui qui veille sur sa voie, Dieu fera voir son salut. Pour le chrétien, ce salut s'est révélé en Jésus-Christ. Rendre grâce chaque jour et veiller sur sa conduite ne permettent pas de mériter le salut : c'est la réponse de celui qui a été aimé.

Comment prier Psaume 50

Quand prier ce psaume

  • Quand ta foi est devenue une habitude et que tu pries ou chantes sans vraiment y penser.
  • Au jour de la détresse, quand tu ne sais plus vers qui te tourner.
  • Le soir, pour relire ta journée et remercier Dieu pour trois choses précises.
  • Quand tu as fait une promesse à Dieu dans un moment difficile et que tu l'as oubliée depuis.
  • Quand tu te surprends à critiquer un frère, une sœur ou un membre de ta famille.
  • Quand Dieu semble silencieux et que tu commences à vivre comme s'il ne voyait rien.

Une prière inspirée de Psaume 50

Seigneur, tu es Dieu, mon Dieu. Tu parles, et je veux t'écouter. Le monde est à toi et tout ce qu'il renferme : tu n'as besoin de rien de ce que je pourrais t'apporter. Pardonne-moi d'avoir parfois cru te rendre service, ou gagner ta faveur par ce que je fais pour toi. Ce soir, je t'offre ce que tu demandes : un cœur reconnaissant. Merci pour la vie, pour le pain de ce jour, pour les personnes que tu as placées sur ma route, et surtout pour Jésus, qui m'a ouvert le chemin jusqu'à toi. Aide-moi à tenir les promesses que je t'ai faites. Tu connais aussi ma détresse. Tu as dit de t'invoquer au jour de la détresse : alors je t'appelle, et je te confie ce qui m'écrase. J'attends ta délivrance, à ta manière et en ton temps, et je veux te glorifier quand elle viendra. Garde-moi de réciter ta Parole sans la vivre. Purifie ma langue de la critique et de la médisance, surtout envers ceux de ma famille et de mon église. Quand tu te tais, garde-moi de croire que tu me ressembles. Apprends-moi à veiller sur ma voie, et fais-moi voir ton salut. Amen.

Versets clés

Verset 14
Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, Et accomplis tes voeux envers le Très-Haut.

Dieu demande des actions de grâces : un sacrifice de gratitude, plus que des offrandes extérieures. Il invite aussi à tenir ses engagements envers lui.

Verset 15
Et invoque-moi au jour de la détresse; Je te délivrerai, et tu me glorifieras.

Une invitation à l'appel, avec une promesse : invoque-moi au jour de la détresse, je te délivrerai. La reconnaissance précède la demande, mais ne l'exclut pas.

Verset 21
Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. Tu t'es imaginé que je te ressemblais; Mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux.

Dieu s'est tu longtemps, et certains en ont conclu qu'il ressemblait à eux. Le silence de Dieu n'est pas un consentement.

Verset 23
Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie, Et à celui qui veille sur sa voie Je ferai voir le salut de Dieu.

Le psaume se termine sur une louange qui glorifie Dieu et sur une promesse de salut pour celui qui veille sur sa voie.

Versets bibliques à méditer

Ce qu'en disent les prédications

Questions fréquentes sur Psaume 50

Que signifie le Psaume 50 ?

C'est un psaume d'Asaph où Dieu juge son peuple. Il n'a pas besoin des sacrifices, car tout lui appartient, mais il attend la reconnaissance et la fidélité. Il promet de délivrer celui qui l'invoque dans la détresse, et avertit ceux qui parlent de lui sans le suivre. Le message : gratitude et obéissance plutôt que religion de façade.

Que veut dire « offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces » ?

Au verset 14, Dieu remplace le sacrifice d'animaux par une offrande de gratitude. Cela signifie remercier Dieu pour ce qu'il a fait, dans la prière et le chant, et tenir ses promesses envers lui. Le Nouveau Testament parle de la même façon d'un sacrifice de louange, offert par Jésus-Christ.

Comment prier le Psaume 50 ?

Commence par remercier Dieu pour trois bienfaits précis, comme au verset 14. Puis invoque-le pour une détresse actuelle, avec la promesse du verset 15. Enfin, demande-lui de t'aider à ne pas l'oublier et à veiller sur ta voie, selon les versets 22 et 23.

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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.