Introduction
Le Seigneur a annoncé pour cette année une moisson abondante. Des âmes vont venir, la maison va se remplir, la croissance sera exponentielle. Mais une promesse aussi grande soulève une question toute simple : es-tu prêt à recevoir ce que Dieu s'apprête à donner ? Car Dieu n'aime pas le gaspillage. S'il te promet trois mille âmes, il attend que tu puisses les conserver. Le défi n'est pas seulement d'aller chercher la moisson, c'est aussi de la maximiser.
Dans ce message, l'apôtre William N'Gom (ICC Montréal) partage quatre clés inspirées par le Saint-Esprit pour que la moisson annoncée ne se disperse pas entre nos mains. Chaque graine de cette moisson est un champ potentiel : derrière chaque âme, il y a une famille, un conjoint, des enfants, une lignée. Voici les quatre clés que Dieu lui a données pour préparer ton cœur à recevoir et à garder ce qu'il veut donner.
Plan du message
1. Affermir tes frères
Le premier point s'appuie sur Luc 22.31-34. Jésus dit à Pierre : « Satan vous a réclamé pour vous cribler comme le froment ; mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. Et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. »
Les gens vont venir, c'est certain. Mais ils vont arriver comme des bébés spirituels. Il faut des hommes et des femmes qui prennent soin d'eux, qui les encadrent, qui les affermissent. La vie chrétienne, c'est une course de relais. Quand tu acceptes Christ, tu reçois un témoin dans les mains, et ce témoin doit être passé à quelqu'un d'autre.
Souviens-toi de Paul. Quand il s'est donné au Seigneur, les apôtres avaient peur de lui : il avait un passé de bourreau de l'Église. C'est Barnabas qui l'a pris par la main et l'a introduit auprès des autres. Plus tard, Paul a fait la même chose avec Timothée. C'est ce cheminement-là qui est l'Église : de Christ à Barnabas, de Barnabas à Paul, de Paul à Timothée. Regarde derrière toi. Qui as-tu pris sous ton aile dans l'assemblée ?
Un secret pastoral : quand tu reçois et que tu gardes, tu te rassasies et tu ne bouges plus. Quand tu reçois et que tu partages, tu as encore faim. Si tu veux avoir soif de Dieu, donne aux autres ce que tu as reçu.
2. Servir tes frères
Hébreux 6.10-12 parle du service rendu aux saints. Paul écrit : « ayant rendu et rendant encore des services aux saints ». Deux temps : passé et présent continu. On ne s'arrête pas.
Imagine trois mille personnes qui débarquent dans la maison. Le service d'accueil est débordé. La sécurité est débordée. Le parking devient un beau problème, comme dit le pasteur. Il faut plus de personnes qui servent. Si tu as reçu Christ et que tu vis pour lui, tu ne peux pas te contenter d'écouter la parole le dimanche et de rentrer chez toi. Qui va prendre soin de ces trois mille âmes ?
Quand Jésus a multiplié les pains, il a demandé aux disciples de faire asseoir la foule par cinquante. Il a mis en place une organisation pour que la distribution se fasse de façon efficace. Il ne s'est pas débrouillé seul : il a dit aux siens quoi faire.
Refuse d'être un spectateur dans ta propre maison. C'est la maison de ton Père. Si personne ne l'entretient, tout le monde y vit comme un étranger. Cette année, mets ton nom quelque part dans un département. Servir tes frères, c'est prendre ta part du travail.
3. Prier pour tes frères
Éphésiens 1.15-19. Paul écrit : « Je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières. » Ce qui frappe, c'est la qualité de sa prière : « afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance ; et qu'il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous connaissiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel. »
Prier pour un frère, ce n'est pas seulement demander le mariage, le travail ou une percée matérielle. Ces demandes ne sont pas mauvaises, mais si c'est tout ce qui remplit ta prière pour l'autre, tu passes à côté. Prie pour que l'appel du Seigneur se révèle dans sa vie, pour que les dons déposés en lui explosent au service de l'Église.
Une question honnête : quand est-ce la dernière fois où tu as porté le nom d'un frère ou d'une sœur de l'assemblée dans ta prière, sans intérêt personnel derrière ? Commence par quinze minutes par jour. En trois mois, ce sera devenu trente minutes, une heure, deux heures. Le fardeau de l'Esprit prend racine par l'usage.
4. Aimer tes frères
1 Jean 3.18 : « Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. » Ce point vient en dernier parce qu'il est en réalité premier : c'est lui qui rend vrais et puissants les trois autres.
Aimer commence dans le cœur, se traduit en paroles et en actes, et se fait dans la vérité. Trop souvent, nos paroles ne collent pas avec ce que notre cœur pense, ou nos actes contredisent ce que notre bouche dit. Sans amour, tu ne pourras ni affermir, ni servir, ni prier réellement pour tes frères.
Éphésiens 4.1-5 précise le climat que cet amour installe : « soyez toujours humbles, aimables et patients ; supportez-vous les uns les autres avec amour ; efforcez-vous de conserver l'unité de l'Esprit dans la paix. » Quand quelqu'un arrive, meurtri par le monde, et qu'il trouve dans la maison de Dieu un lieu où on l'aide, on le soutient, on l'accompagne, il ne repartira plus. Ce n'est pas un stratagème pour le retenir : c'est notre nature parce que nous sommes de Christ.
Un dernier avertissement de Paul : privilégie l'unité de l'Esprit. C'est le travail du Saint-Esprit de faire concorder des destinées différentes dans une même maison sans qu'elles s'entrechoquent. Là où on ne se marche pas dessus. Là où on ne jalouse pas le don de l'autre. Là où on danse quand un frère est mis en avant.
Points à retenir
- Dieu n'aime pas le gaspillage : ce qu'il promet, il te donne aussi les moyens de le conserver.
- Chaque âme qui arrive est un champ potentiel : derrière elle, il y a d'autres âmes.
- La vie chrétienne est un relais : ta position n'est pas d'arriver seul à la ligne d'arrivée, mais de passer le témoin.
- Refuse d'être un spectateur dans ta propre maison. Sers.
- Prier pour un frère, c'est demander pour lui l'esprit de sagesse et de révélation, pas seulement le confort.
- L'amour vrai (parole, action, vérité) est le carburant des trois autres clés.
Application personnelle
- Qui, dans l'assemblée, as-tu pris sous ton aile depuis le début de l'année ? Si personne, à qui peux-tu tendre la main cette semaine ?
- Dans quel département de ta maison spirituelle t'es-tu engagé concrètement ? Si tu es encore spectateur, quel service peux-tu offrir dès dimanche prochain ?
- Peux-tu bloquer quinze minutes par jour cette semaine pour porter dans la prière le nom d'un frère ou d'une sœur (pas ton conjoint, pas tes enfants), en demandant pour lui un esprit de sagesse et de révélation ?
- Y a-t-il un frère avec qui tu as un différend non résolu ? Que dit Éphésiens 4 sur le fait de te supporter les uns les autres avec amour ?
- Quand un membre de la famille spirituelle est mis en avant, quelle est ta première réaction : la joie ou la comparaison ?
Versets cités
- Luc 22.31-34 · Affermis tes frères.
- Hébreux 6.10-12 · Le service rendu aux saints.
- Éphésiens 1.15-19 · La prière de Paul pour les saints.
- 1 Jean 3.18 · Aimer en action et avec vérité.
- Éphésiens 4.1-5 · Humilité, patience, unité de l'Esprit.
- 2 Samuel 7.10 · Dieu plante son peuple dans une maison.
- Job 19.25 · Mon Rédempteur est vivant.
FAQ
Que veut dire « affermir ses frères » concrètement ?
Prendre sous son aile un chrétien plus jeune dans la foi, comme Barnabas l'a fait pour Paul, comme Paul l'a fait pour Timothée. C'est l'encadrer, l'écouter, l'encourager, prier pour lui, l'aider à grandir jusqu'à ce qu'il puisse à son tour affermir quelqu'un d'autre.
Pourquoi le service dans l'Église est-il présenté comme non négociable ?
Parce que la moisson annoncée demande une organisation collective. Trois mille âmes de plus, ce sont trois mille besoins nouveaux. Si chacun se contente d'assister au culte, personne ne prend soin des nouveaux venus. Servir, c'est refuser de vivre en spectateur dans la maison de son Père.
Comment savoir si ma prière pour l'autre est de la bonne qualité ?
Compare-la à la prière de Paul en Éphésiens 1.17-19. Il ne demande pas des biens matériels pour ses frères, il demande pour eux un esprit de sagesse et de révélation, l'illumination des yeux du cœur, la connaissance de l'espérance de leur appel. Si tes prières pour les autres restent à un étage plus bas, monte l'échelle : commence par demander pour eux ce que Paul demandait.
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