Introduction
Quel est ton jour parfait ? Qu'est-ce qui fait ton bonheur ? Et surtout : qu'en pense Dieu ? Ce cinquième volet de notre parcours dans l'Ecclésiaste, « la clarté de Christ pour un monde inconsistant », s'arrête sur une question qu'on porte tous, sans toujours oser la formuler.
Le passage d'Ecclésiaste 7:27-29 marque une transition : « Dieu fait les humains droits, mais eux ils ont cherché beaucoup de détours. » Personne n'est saint, personne n'est à la hauteur. Toute la seconde partie du livre va parler de la vie humaine dominée par cette vanité, mais appelée à se vivre à la lumière du Créateur. Aujourd'hui, on regarde ensemble ce que l'Ecclésiaste dit du bonheur : ce que tu peux faire, ce qui reste hors de ta portée, et ce que tu peux connaître dès maintenant.
Plan de la prédication
1. Le bonheur : ce que tu peux faire, et ce qui te dépasse (Ecclésiaste 8:1-9:1)
L'Ecclésiaste commence par rappeler que la sagesse « fait briller le visage ». Elle ne change pas le monde, mais elle change ta manière d'y vivre. Elle t'apprend à gérer ce que tu ne peux pas changer : l'autorité du gouvernement, la domination du plus fort, le jour de ta mort.
Face à l'autorité, le principe est simple : sois soumis, sauf si on te demande de renoncer à ta foi. En tant que chrétien, tu es d'abord soumis à l'autorité de Dieu, qui doit primer avant toute autre chose. Face à la domination du plus fort, « ne persévère pas dans une mauvaise situation ». Si tu peux trouver une sortie honorable, prends-la. Le Seigneur nous a appelés à vivre dans la paix.
Face au jour de ta mort, souviens-toi que Dieu voit tout, même ce que tu voudrais qu'il ne voie pas. Cette imminence est un rappel de la crainte de Dieu. Et Romains 8:28 va plus loin : « tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu et de ceux qui sont appelés conformément à son plan ». Dieu réserve le bonheur pour ceux qui l'aiment. Dans nos échecs aussi, il y a quelque chose à apprendre, à condition de ne pas trop spiritualiser nos décisions au point de ne plus reconnaître un vrai échec et d'en tirer la leçon.
2. Dieu demeure souverain, même quand tout semble injuste (Ecclésiaste 8:10-17)
L'Ecclésiaste ne ferme pas les yeux : des méchants sont enterrés en paix, des justes sont oubliés, la sentence contre le mal tarde à venir. « Cela aussi, c'est de la fumée. » Et pourtant, « le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu ».
Comme chrétien, tu es le sel de la terre. Il y a des injustices contre lesquelles il faut te lever, parce que si tu ne dis rien, personne ne les dira. Mais il y a aussi des choses qui te dépassent et que tu dois confier à Dieu. Pense à l'aumônier hospitalier : il va de chambre en chambre, il écoute, il prie, il lit la Bible avec la personne, mais il n'est pas appelé à guérir le cancer. Toi non plus. Certaines choses, tu les dénonces ; d'autres, tu les remets entre les mains de Dieu, qui jugera toute chose au dernier jour.
Et une question à te poser : ton indignation contre les riches, les dirigeants, ceux qui semblent tout avoir, d'où vient-elle vraiment ? Est-ce parce que tu crois que tu ferais mieux qu'eux ? Cette pensée-là ne rend pas gloire à Dieu, et elle t'empêche de recevoir le contentement qu'il veut pour toi.
3. Le bonheur est un don, pas une poursuite
Dieu permet le bonheur pour ceux qui savent le recevoir. Si le bonheur devient ta recherche, il passe d'un don à une poursuite, et cette poursuite finit trop souvent en idole. Tu adores une époque révolue, un objet, un rêve, et même si tu pouvais tout réunir, rien ne t'empêcherait de tomber malade ou de voir tes bagages atterrir sur un autre continent.
David Gibson le dit très bien : « Dans le monde créé, vous ne pouvez profiter que de ce que vous n'adorez pas. » Si tu n'adores pas la chose, tu peux simplement l'apprécier. Et si ton adoration va à Dieu, tu deviens comme l'enfant le jour de son anniversaire : il déchire le paquet, puis il embrasse le parent. C'est ce que Dieu veut faire de toi.
C'est aussi pour cela que tu as besoin d'un berger comme Jésus. Comme dans le Psaume 23 : « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne redoute aucun mal, car tu es avec moi… Tu dresses devant moi une table en face de mes adversaires. » Jésus ne te laisse pas orphelin. Il t'accompagne dans les dangers, et il te réserve à la fin une table dressée. Comme dit l'Apocalypse : « Il essuiera toute larme de leurs yeux. » Quand tu reçois une invitation à dîner avec quelqu'un d'important, ça colore toute ta semaine. Cette invitation-là, la table est déjà dressée. Elle est plus sûre que tout le reste.
4. Le bonheur : ce que tu peux connaître aujourd'hui (Ecclésiaste 9:1-10)
« Les justes et les sages, avec leurs entreprises, sont dans la main de Dieu. » Tout arrive également à tous : bon et méchant, pur et impur, celui qui prête serment et celui qui a peur de le faire. C'est un même sort pour tous, et pourtant, tant que tu respires, il y a de l'espérance. « Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. »
Tant que tu vis, tu peux connaître la satisfaction d'agir en faveur du bien. Tu peux connaître la joie de donner un coup de main à quelqu'un qui ne peut pas le faire pour lui-même. Tu peux prier, louer, connaître le Seigneur. Un jour, il sera trop tard : trop tard pour pardonner à ton frère, trop tard pour appeler ta mère, trop tard pour prendre le temps d'un repas avec cet ami que tu remets sans cesse.
Ann Voskamp, dans son livre sur « les mille raisons de dire merci », le formule ainsi : quand on vit dans la précipitation, on perd la mesure de notre vie. Prends le métro parisien : tu es en retard, tu bouscules les autres, tu sautes entre les portes qui se ferment, tu risques ta vie pour gagner quelques secondes. Ce n'est pas le bonheur que Dieu veut pour toi. Le bonheur, c'est de savoir qu'un Sauveur te défend devant le Père, et que si tu confesses tes péchés, il est fidèle et juste pour te pardonner et te donner une conscience pure.
5. Réjouis-toi avec la vie que Dieu t'a donnée (Ecclésiaste 9:7-10)
« Va manger ton pain dans la joie et boire ton vin dans la gaieté, puisque Dieu prend déjà plaisir à ce que tu fais… Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant toute la durée de ta vie sans consistance… Tout ce que tu trouves à faire, fais-le avec la force que tu as. »
Tu as reçu une vie, un héritage. Dieu t'a créé unique, avec des talents, une influence, des dons qui correspondent à qui tu es. Tu gagnes lorsque tu profites de ce qu'il t'a donné, et tu perds quand tu passes ta vie à regarder l'autre pour l'imiter. Tu ne peux être que toi-même, ou une pauvre imitation de quelqu'un d'autre.
Pour les célibataires, cette phrase sur « la femme que tu aimes » peut réveiller un manque. Prie pour que Dieu envoie la personne juste. Mais rappelle-toi aussi qu'on peut être seul dans la solitude, marié ou pas. Un conjoint ne te comblera jamais. Jésus seul en est capable.
Et pour le travail : fais ce que tu as à faire, même dans une impasse, avec toute la force que tu as. Fais-le avec excellence. Il y a du bonheur à bien travailler ; on dort mieux le soir quand on a bien travaillé.
6. La base du contentement, c'est que Dieu t'a déjà approuvé en Christ
Michael Eaton le dit : « La base du contentement, c'est que Dieu a déjà approuvé ce que tu fais. » Cette phrase touche presque la doctrine de la justification par la foi. Quand tu mets ta foi en Christ, il te rend juste. Tu reçois l'innocence et la justice du Christ, et cela change toute ta perspective.
Tu as déjà reçu le meilleur des dons. Cela ne dépend pas de toi. Tu ne peux jamais mériter davantage l'amour de Dieu ni faire quoi que ce soit qui le pousse à t'aimer plus. C'est déjà acquis, et c'est la garantie de bien plus. Jésus t'invite à vivre parce que tu es choisi, parce que tu es aimé au point que le Père a envoyé son Fils.
Comme Paul le dit en Romains 8 : « Ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il les a aussi déclarés justes ; et ceux qu'il a déclarés justes, il leur a aussi accordé la gloire. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »
Points à retenir
- La sagesse fait briller le visage. Elle ne change pas les circonstances, mais elle change la façon dont tu les traverses.
- Le bonheur est un don, pas une poursuite. Dès que tu le poursuis comme une idole, il t'échappe. Reçois-le.
- Tant que tu respires, il y a de l'espérance. Ne remets pas à demain ce que Dieu te donne l'occasion de vivre aujourd'hui, pardon, service, prière, présence.
- Fais ce que tu as à faire avec la force que tu as. Dieu t'a créé unique. Tu ne peux être qu'une seule chose bien : toi-même.
- La base du contentement, c'est la justification par la foi. Dieu t'a déjà approuvé en Christ. Tu n'as rien à prouver.
Application personnelle
- Où est-ce que tu cherches ton bonheur en dehors de Dieu en ce moment ? Qu'est-ce que tu adores au lieu de simplement apprécier ?
- Quelle injustice devrais-tu dénoncer comme sel de la terre, et laquelle devrais-tu confier à Dieu ?
- Quelle décision as-tu peut-être trop spiritualisée pour éviter de reconnaître un vrai échec ?
- Qui devrais-tu appeler, pardonner ou inviter à un repas cette semaine, avant qu'il ne soit trop tard ?
- Dans quel domaine cesses-tu d'imiter les autres pour vivre pleinement la vie unique que Dieu t'a donnée ?
Versets cités
- Ecclésiaste 7:27-29 (LSG)
- Ecclésiaste 8:1-17 (LSG)
- Ecclésiaste 9:1-10 (LSG)
- Romains 8:28-31 (LSG)
- Psaume 23 (LSG)
- Apocalypse 21:4 (LSG)
- 1 Jean 1:9 (LSG)
FAQ
Le bonheur est-il vraiment un thème biblique ?
Oui, et l'Ecclésiaste en parle sans détour. Le livre reconnaît la vanité du monde, mais il affirme aussi que Dieu réserve un bonheur pour ceux qui le craignent, un bonheur qui commence dans le quotidien (manger, boire, travailler, aimer) et qui trouve sa source en Christ.
Comment recevoir le bonheur comme un don sans devenir passif ?
Recevoir un don n'est pas synonyme d'inaction. L'Ecclésiaste appelle à travailler avec toute ta force, à agir en faveur du bien, à te lever contre l'injustice quand c'est ta place. La différence, c'est le moteur : tu n'agis plus pour obtenir le bonheur, tu agis depuis le bonheur d'être déjà aimé et approuvé en Christ.
Que faire quand la vie semble profondément injuste malgré ma foi ?
L'Ecclésiaste appelle cela « de la fumée » et refuse toute réponse simpliste. Il t'invite à agir là où tu le peux, à confier à Dieu ce qui te dépasse, et à te souvenir que le jour du jugement viendra. En attendant, la table est déjà dressée par le Berger : la joie n'attend pas la fin de l'injustice pour commencer.
Ne rate aucune prédication de Église Protestante Évangélique Calvary Chapel Paris
Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.
pour prendre des notes et poser une question.