La Bible — Louis Segond 1910
Ecclésiaste 9
En bref
Ecclésiaste 9 regarde la mort en face : justes et méchants connaissent le même sort, et les morts n'ont plus de part à ce qui se fait sous le soleil. Le Prédicateur en conclut qu'il faut goûter la vie comme un don de Dieu, son pain, son vin, son travail, avec reconnaissance. Il constate ensuite que le succès ne revient pas toujours aux plus forts et que le temps et les circonstances échappent à l'homme. Le chapitre se termine par un récit sur la sagesse d'un homme pauvre, plus précieuse que la force.
Le chapitre en 4 parties
1Oui, j'ai appliqué mon coeur à tout cela, j'ai fait de tout cela l'objet de mon examen, et j'ai vu que les justes et les sages, et leurs travaux, sont dans la main de Dieu, et l'amour aussi bien que la haine; les hommes ne savent rien: tout est devant eux.
2Tout arrive également à tous; même sort pour le juste et pour le méchant, pour celui qui est bon et pur et pour celui qui est impur, pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie pas; il en est du bon comme du pécheur, de celui qui jure comme de celui qui craint de jurer.
3Ceci est un mal parmi tout ce qui se fait sous le soleil, c'est qu'il y a pour tous un même sort; aussi le coeur des fils de l'homme est-il plein de méchanceté, et la folie est dans leur coeur pendant leur vie; après quoi, ils vont chez les morts. Car, qui est excepté?
4Pour tous ceux qui vivent il y a de l'espérance; et même un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort.
5Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront; mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée.
6Et leur amour, et leur haine, et leur envie, ont déjà péri; et ils n'auront plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil.
7Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais.
8Qu'en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque point sur ta tête.
9Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t'a donnés sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité; car c'est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil.
10Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le; car il n'y a ni oeuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas.
11J'ai encore vu sous le soleil que la course n'est point aux agiles ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants; car tout dépend pour eux du temps et des circonstances.
12L'homme ne connaît pas non plus son heure, pareil aux poissons qui sont pris au filet fatal, et aux oiseaux qui sont pris au piège; comme eux, les fils de l'homme sont enlacés au temps du malheur, lorsqu'il tombe sur eux tout à coup.
13J'ai aussi vu sous le soleil ce trait d'une sagesse qui m'a paru grande.
14Il y avait une petite ville, avec peu d'hommes dans son sein; un roi puissant marcha sur elle, l'investit, et éleva contre elle de grands forts.
15Il s'y trouvait un homme pauvre et sage, qui sauva la ville par sa sagesse. Et personne ne s'est souvenu de cet homme pauvre.
16Et j'ai dit: La sagesse vaut mieux que la force. Cependant la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées.
17Les paroles des sages tranquillement écoutées valent mieux que les cris de celui qui domine parmi les insensés.
18La sagesse vaut mieux que les instruments de guerre; mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien.
Versets clés
Pour tous ceux qui vivent il y a de l'espérance; et même un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront; mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée.
Tant qu'on vit, il y a de l'espérance. Le Prédicateur parle à partir de ce qu'il voit sous le soleil : les vivants savent qu'ils mourront et peuvent encore agir. Cette limite invite à ne pas remettre au lendemain ce qui compte.
Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais. Qu'en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque point sur ta tête. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t'a donnés sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité; car c'est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil.
Le Prédicateur invite à manger avec joie, à jouir de la vie avec la personne aimée et à recevoir ces jours comme une part que Dieu donne. La joie n'est pas une fuite mais une réponse reconnaissante.
Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le; car il n'y a ni oeuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas.
Tout ce que la main trouve à faire doit être fait avec force, car après la mort il n'y a plus de travail. Cela invite à servir avec sérieux, ici et maintenant.
J'ai encore vu sous le soleil que la course n'est point aux agiles ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants; car tout dépend pour eux du temps et des circonstances. L'homme ne connaît pas non plus son heure, pareil aux poissons qui sont pris au filet fatal, et aux oiseaux qui sont pris au piège; comme eux, les fils de l'homme sont enlacés au temps du malheur, lorsqu'il tombe sur eux tout à coup.
La réussite ne dépend pas seulement du talent : le temps et les circonstances comptent. Le texte ne conseille pas la passivité mais rappelle que l'on ne maîtrise ni son heure ni les événements.
Et j'ai dit: La sagesse vaut mieux que la force. Cependant la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées. Les paroles des sages tranquillement écoutées valent mieux que les cris de celui qui domine parmi les insensés. La sagesse vaut mieux que les instruments de guerre; mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien.
La sagesse est meilleure que la force, même si celle du pauvre est souvent méprisée. Le passage met en garde contre le cri de ceux qui dominent et contre un seul pécheur qui détruit beaucoup de bien.
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Questions fréquentes sur Ecclésiaste 9
Que signifie Ecclésiaste 9:10 ?
Le verset invite à faire de toutes ses forces ce que l'on trouve à faire, car après la mort il n'y a plus de travail, de pensée ni de sagesse. Dans le contexte, c'est un appel à vivre sérieusement le temps présent. Il ne décrit pas en détail ce qui suit la mort, les autres textes bibliques le font.
Quel est le message principal d'Ecclésiaste 9 ?
La mort touche tous les hommes et la vie reste imprévisible, mais le Prédicateur n'en tire pas le désespoir. Il invite à recevoir la vie comme un don de Dieu, à travailler avec force, à apprécier la sagesse plus que la force et à garder de l'espérance tant que l'on vit.
Pourquoi l'Ecclésiaste dit-il que les morts ne savent rien ?
Le Prédicateur décrit la mort telle qu'on la voit sous le soleil : plus d'actions, plus de salaire, plus de place dans les affaires de ce monde (versets 5 et 6). Il parle de ce que l'on observe, pas de tout ce que Dieu révèle ailleurs, notamment sur la résurrection en Christ.
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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.