Introduction
« Dieu est spécialisé dans l'utilisation des personnes imparfaites pour réaliser des projets parfaits. » L'Ancien Junias Anane le répète plusieurs fois dans ce message, et il demande à l'assemblée de le noter : « Si tu as tout oublié, faut noter ça. »
Ce dimanche 18 octobre 2026, la MEISTAD de Cergy vit un temps de jeûne et de prière de deux mois. Depuis plusieurs semaines, le prédicateur conduit l'Église dans l'histoire de Tamar, en Genèse 38. Le dimanche précédent, l'Église avait médité sur le cachet, le cordon et le bâton, ces symboles d'identité que Tamar a présentés à Juda et qui ont changé l'ordre des choses. Ce message conclut la première partie de l'histoire, avant l'accouchement.
La question est simple : comment savoir que Dieu était derrière la scène dans une histoire aussi trouble ? Junias Anane donne quatre raisons, puis il en tire une parole pour ceux qui se sentent disqualifiés, pour les parents et pour les jeunes.
Plan du message
1. Un jeûne qui n'appartient pas aux agiles
- Le prédicateur part d'Ecclésiaste 9:11 : la course n'est point aux agiles, ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants, « car tout dépend pour eux du temps et des circonstances ».
- Daniel 2 rappelle que Dieu est le maître des temps et des circonstances. Il les influence pour favoriser ceux qui se confient en lui.
- « Ce jeûne prière n'appartient pas aux agiles selon le monde » : il appartient à ceux qui ont placé leur confiance et leur appui dans le Dieu qui change les temps et les circonstances.
- C'est le cadre de l'histoire de Tamar, qui enseigne selon lui « la puissance de la grâce ».
2. Le récit : condamnée à être brûlée, puis reconnue
- Environ trois mois après sa rencontre avec Juda, on annonce à ce dernier que sa belle-fille s'est prostituée et qu'elle est enceinte. Juda ordonne : « Faites-la sortir, et qu'elle soit brûlée » (Genèse 38:24).
- Tamar fait alors dire à son beau-père : « C'est de l'homme à qui ces choses appartiennent que je suis enceinte. » Juda reconnaît le cachet, le cordon et le bâton, et il déclare : « Elle est moins coupable que moi, puisque je ne l'ai pas donnée à Schéla, mon fils. »
- Pour le prédicateur, ces objets sont des symboles forts d'identité. Le pain et le vin de la Cène sont nos symboles : ils rappellent qu'« il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8:1).
- À l'accouchement, deux jumeaux : l'un sort la main, la sage-femme y attache un fil cramoisi, mais c'est son frère qui sort le premier. « Quelle brèche tu as faite ! » On l'appelle Pérets, Pharès dans Matthieu 1. L'autre reçoit le nom de Zérach, Zara dans la généalogie de Jésus.
3. Dieu a honoré sa foi et l'a justifiée
- Première raison : Dieu était derrière la scène pour honorer la foi de cette femme. Tamar tombe enceinte pour la première fois de sa vie, après une seule rencontre, malgré l'âge avancé de Juda. Le prédicateur rappelle que l'Église s'est approprié cette bénédiction pour les femmes et les hommes qui attendent un enfant.
- Deuxième raison : Dieu lui donne des jumeaux, Pérets et Zérach. « C'était certainement pour compenser les deux maris qu'elle avait perdus » et les deux fils que Juda avait perdus.
- Troisième raison : Tamar a été justifiée. On l'accusait d'avoir causé la mort de ses maris, on la traitait de femme maudite, de sorcière, alors que la Bible dit que c'est l'Éternel lui-même qui avait frappé Er et Onan (Genèse 38:7-10).
- Non seulement elle a été justifiée, mais elle a été honorée : son fils Pérets est devenu un ancêtre direct du Messie. « Cette femme qui a failli être brûlée, Dieu a choisi de l'inclure dans la lignée de Jésus-Christ. » L'Éternel n'avait pas honte d'elle.
- Tamar était démunie. La loi du lévirat a été violée, et ceux qui devaient défendre sa cause ont rompu leurs promesses. Même lorsque les systèmes humains sont défaillants et que l'injustice semble triompher, Dieu garde le contrôle de notre histoire.
- « Dans ces moments d'injustice, n'abandonnons pas. Dans ces moments de solitude, ne renonçons pas. » Ton histoire, aussi compliquée ou bizarre qu'elle paraisse, « ne se terminera pas dans la honte ».
4. Tamar n'est pas un modèle à imiter à la lettre
- Le prédicateur est clair : nulle part il n'est écrit que Dieu a approuvé chaque détail des actions de Tamar. Il nomme la chose sans détour : une liaison incestueuse, entre une belle-fille et son beau-père. Juda et Tamar en ont eu honte.
- Mais le Saint-Esprit révèle que, « même au cœur des faiblesses humaines, la promesse de Dieu a continué de se réaliser ».
- Ce que nous allons moissonner dans ce temps de jeûne ne dépend pas de notre perfection. Ce que Dieu demande, c'est que nous nous humiliions : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu » (1 Pierre 5:6).
- « Dieu n'a pas besoin que ton histoire soit parfaite pour agir. » Pérets est né, « et ton Pérets naîtra » : un mariage, la paix dans le foyer, une guérison, la délivrance d'une addiction, la conversion d'un enfant, un logement, une régularisation administrative, la réussite dans les études.
- « Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible » (Matthieu 19:26).
5. Ne juge pas ceux que Dieu est en train de restaurer
- Dieu a confié son œuvre à des hommes imparfaits. On entendra parler de chutes et de scandales chez des serviteurs de Dieu. Le prédicateur supplie : « Enlevons notre bouche dedans. »
- La Bible détaille les imperfections de David, puis Dieu dit : voici un homme selon mon cœur (Actes 13:22). « Là où toi tu es en train de parler, Dieu a fini de pardonner. »
- Jésus l'a dit : ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades (Matthieu 9:12). Si un foyer va mal, ce n'est pas parce que le tien va bien que tu peux le juger. « Que celui qui croit être debout prenne garde de tomber » (1 Corinthiens 10:12).
- Paul lui-même se disait le premier des pécheurs (1 Timothée 1:15). « La complexité de ta situation ne te disqualifie pas des plans glorieux de Dieu. » Aucune histoire n'est trop perdue pour que Dieu puisse la racheter.
- Ésaïe 61, que Jésus lit dans la synagogue (Luc 4), décrit sa « spécialité » : guérir ceux qui ont le cœur brisé, consoler tous les affligés, donner un diadème au lieu de la cendre. Notre Dieu est spécialisé dans la transformation en gloire de ce que le monde appelle scandale.
6. Pérets choisi à la place de Schéla
- Quatrième raison : Pérets fut le choix de Dieu à la place de Schéla. Schéla était le fils légitime de Juda, né d'une union reconnue, le seul fils vivant qui lui restait. Selon les critères humains, c'était lui le candidat : « enfant royal », lignée « pure ».
- Pérets, lui, est né d'une liaison dont tout le monde avait honte. Et pourtant Dieu met Schéla de côté. « Personne ne peut expliquer cela. »
- Dieu n'a pas besoin de la validation des gens : « Il fait pas référendum. » Ce n'est pas « tes compétences t'accompagneront », mais « la gloire de l'Éternel t'accompagnera » (Ésaïe 58:8).
- « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies » (Ésaïe 55:8). Ce que nous ne considérons pas, c'est souvent ce que Dieu favorise.
7. Une parole pour les parents et pour les jeunes
- Beaucoup de parents ont mis leur espoir dans un « Schéla » : l'enfant sage, bon à l'école, toujours à l'église. Le prédicateur raconte que sa propre mère a un jour prié : « Seigneur, c'est quel enfant tu m'as donné ? » Aujourd'hui, elle dit : « C'est l'enfant que Dieu m'a donné. »
- Alors qu'il servait à Verneuil, lors d'un culte à Cergy, il a donné une parole de connaissance à un couple : l'enfant qu'ils dédaignaient, celui qui peinait à l'école, serait celui qui prendrait soin d'eux dans leur vieillesse. « Évitons les préférences. Dieu n'aime pas ça. »
- Quelles que soient les circonstances de la naissance d'un enfant, même si le père ne l'a pas reconnu ou si tu l'as élevé seul, « sa faveur est sur cet enfant ». Tamar n'a pas eu besoin d'envoyer Pérets et Zérach de séance de délivrance en séance de délivrance : c'était le choix de Dieu.
- Aux jeunes : ne dis jamais à quelqu'un « tu n'es pas de ma catégorie ». « Ne parle pas d'une chose dont tu ne connais pas la fin. » Comme le dit Job : « Dieu est grand, mais sa grandeur nous échappe » (Job 36:26).
- Le message se termine par une déclaration : « Je suis le choix de Dieu. » Et encore : « Là où on m'appelait délaissé, on m'appellera désormais bienheureux. »
Points à retenir
- Dieu était derrière la scène dans l'histoire de Tamar : il a honoré sa foi, lui a donné des jumeaux, l'a justifiée et l'a incluse dans la lignée de Jésus.
- Tamar n'est pas un modèle à imiter à la lettre, mais même au cœur des faiblesses humaines, la promesse de Dieu a continué de se réaliser.
- Dieu est spécialisé dans l'utilisation des personnes imparfaites pour réaliser des projets parfaits : la complexité de ton histoire ne te disqualifie pas.
- Dieu a choisi Pérets plutôt que Schéla : ses critères ne sont pas les nôtres, et il n'a pas besoin de la validation des hommes.
- Ne juge pas, ne méprise pas, ne fais pas de préférence entre tes enfants : tu ne connais pas la fin de l'histoire.
Application personnelle
- Dans quel domaine de ta vie penses-tu que ton histoire est trop compliquée ou trop honteuse pour que Dieu y agisse ?
- Quel est ton « Pérets », ce que tu attends de Dieu dans ce temps, et le portes-tu dans la prière avec humilité ?
- Y a-t-il un serviteur de Dieu, un frère ou une sœur dont tu parles alors que Dieu est peut-être déjà en train de le restaurer ?
- Si tu es parent, as-tu un « Schéla » et un enfant que tu considères moins ? Comment peux-tu les regarder comme Dieu les regarde ?
- Peux-tu déclarer aujourd'hui, en pensant à ce que Dieu dit de toi et non à ce que les gens disent : « Je suis le choix de Dieu » ?
Versets cités
- Genèse 38:24-30
- Genèse 38:7-10
- Ecclésiaste 9:11
- Daniel 2:21
- Romains 8:1
- Matthieu 1:3
- 1 Pierre 5:6
- Matthieu 19:26
- Actes 13:22
- Matthieu 9:12
- 1 Corinthiens 10:12
- 1 Timothée 1:15
- Ésaïe 61:1-3
- Luc 4:17-21
- Ésaïe 58:8
- Ésaïe 55:8-9
- Job 36:26
Questions fréquentes
Que veut dire « Dieu était derrière la scène » dans l'histoire de Tamar ?
Pour Junias Anane, plusieurs signes montrent que Dieu agissait dans cette histoire compliquée : il a honoré la foi de Tamar en lui accordant une grossesse après une seule rencontre, il lui a donné des jumeaux, il l'a justifiée alors qu'on l'accusait à tort, et il a choisi son fils Pérets pour entrer dans la lignée du Messie.
Tamar est-elle un modèle à imiter ?
Non, pas à la lettre. Le prédicateur rappelle que nulle part la Bible ne dit que Dieu a approuvé chaque détail des actions de Tamar. Le Saint-Esprit montre plutôt que, même au cœur des faiblesses humaines, la promesse de Dieu a continué de se réaliser. Ce que Dieu attend, c'est que nous nous humiliions devant lui.
Pourquoi Dieu a-t-il choisi Pérets plutôt que Schéla ?
Schéla était le fils légitime de Juda, né d'une union reconnue, et selon les critères humains il était le candidat évident. Pérets est né d'une liaison dont Juda et Tamar avaient honte. Dieu a pourtant choisi Pérets, ancêtre de Jésus selon Matthieu 1, parce que ses pensées ne sont pas nos pensées (Ésaïe 55:8).