Genèse 12 : l'alliance éternelle de Dieu avec Israël

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Introduction

Le 4 octobre 2026, l'Evangelische Gemeente Hoogvliet, aux Pays-Bas, célébrait, semble-t-il pour la première fois, le dimanche d'Israël. Le prédicateur du jour, Kees Smits, est présenté par l'Église comme quelqu'un qui connaît bien Israël. Il rappelle que ce même jour, dans les synagogues, on fête Simhat Torah, « la joie de la Loi » : les rouleaux de la Torah sont sortis de l'arche et l'on danse sept fois en cercle, tant on se réjouit de la Loi.

Le sujet est vaste. Kees Smits prévient qu'il ne pourra pas tout dire et qu'il s'en tiendra à quelques points importants. Son fil conducteur part de Genèse 12 : la mission et la promesse données à Abraham, l'alliance éternelle que Dieu conclut avec lui, l'amour qui choisit Israël, puis la place de l'Église, qui se rattache à cette alliance. Son message se termine sur une phrase : tout cela, c'est « la ligne continue de la fidélité de Dieu ».

Plan du message

1. Abraham reçoit une mission et une promesse

  • Genèse 12:1-3 : « Va-t'en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père. » Dieu promet une grande nation, une bénédiction, un grand nom, et ajoute : « toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » En Genèse 15:18, il donne le pays à la descendance d'Abraham.
  • Quitter sa famille était terrible à l'époque. La famille était toute ta sécurité : elle te protégeait dans le danger, te soignait dans la maladie et prenait soin de toi quand tu étais trop vieux pour travailler. Quitter son pays voulait aussi dire abandonner les dieux nationaux.
  • « Quand Dieu nous donne une mission, il donne aussi toujours une promesse. » À cet homme âgé et sans enfant, Dieu promet une descendance, un pays, un nom, sa protection et sa bénédiction.
  • Abraham reçoit aussi la mission d'être lui-même une bénédiction. Il part dans l'obéissance de la foi, « comme nous ». Kees Smits insiste : « Dieu ne voulait pas un instrument sans volonté. Dieu voulait un partenaire. »

2. La berith, une alliance que rien ne peut rompre

  • En Genèse 17:7, Dieu parle d'une « alliance perpétuelle » avec Abraham et sa descendance, de génération en génération. Pour Kees Smits, cette alliance entre Dieu et le peuple juif est toujours en vigueur aujourd'hui.
  • Le mot hébreu est berith. C'est un accord entre deux parties qui étaient d'abord étrangères l'une à l'autre : on ne concluait pas d'alliance avec sa famille, puisqu'on avait déjà des obligations envers elle.
  • Il compare la berith au mariage : deux personnes qui ne se connaissaient pas se rencontrent, s'aiment et se promettent fidélité pour toute la vie. La berith élève l'amour ou l'amitié au rang d'un engagement dont on ne peut pas se défaire.
  • Le plus étonnant : les alliances se concluaient entre parties égales. Ici, le Dieu éternel et tout-puissant se lie à un homme mortel. « Abraham ne peut plus s'en défaire, mais Dieu non plus. »
  • Ailleurs dans l'Écriture, Dieu parle d'Israël comme de son épouse. Les alliés se doivent fidélité et loyauté. On disait en Orient qu'une alliance « est plus forte que la mort ».
  • Israël n'est pas sans faute. Ce sont des gens ordinaires, « avec leurs fautes, leurs manques et leurs égarements », comme nous. Ce qui les rend uniques, c'est cette alliance avec Dieu. Être élu est un privilège, mais aussi un fardeau. À quelqu'un qui disait à un Juif « vous êtes le peuple élu », celui-ci a répondu : « Tu le veux ? »

3. Choisi par amour, pas par mérite

  • Dieu n'a pas choisi Israël parce qu'il était plus pieux ou plus obéissant. Au Sinaï, pendant que Moïse reçoit la Loi, le peuple fabrique le veau d'or. Quelqu'un a dit : « L'acte de mariage n'était pas encore sec que la mariée s'était déjà donnée à un autre. »
  • Quand deux jeunes se fréquentent, il y a toujours quelqu'un pour demander : « Mais qu'est-ce qu'elle lui trouve ? » L'amour ne s'explique pas. Kees Smits raconte une conversation avec une femme qui avait eu une vie difficile avec son mari. On lui demandait s'il avait été un bon mari. Elle a répondu : « Peut-être pas, mais je l'aimais. »
  • Deutéronome 7:6-8 : l'Éternel a choisi Israël, non parce qu'il surpassait en nombre les autres peuples, car il était « le moindre de tous les peuples », mais « parce que l'Éternel vous aime ». Saint ne veut pas dire irréprochable, mais mis à part pour le service de Dieu.
  • C'est l'amour de Dieu qui choisit. Il n'y a rien en Abraham ni en Israël qui ait poussé Dieu à les choisir : il tire ses raisons de lui-même. « Nous non plus », nous ne l'avons pas mérité.
  • Les hommes rompent leurs accords tous les jours, en politique comme entre les personnes. Dieu, lui, ne revient jamais sur son alliance, et ce n'est pas grâce à Israël : il avait assez de raisons de tirer un trait. Il ne peut pas renoncer à son amour qui choisit. C'est là que réside l'espérance d'Israël.
  • Qu'Israël existe encore, alors que d'autres peuples ont disparu depuis longtemps, est un signe de la fidélité de Dieu. Qu'il y ait encore une Église malgré nos infidélités et nos erreurs aussi. « La préservation d'Israël ne se trouve pas sur le plan politique ni dans la force militaire, mais dans la fidélité de Dieu. »

4. Élu pour être une bénédiction

  • L'élection n'est pas un but en soi. Elle entraîne une grande responsabilité : la fidélité et la loyauté envers l'alliance.
  • En Abraham, Dieu avait le monde entier en vue : « toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » Il ne renonce pas à ce monde, malgré tout ce que nous avons fait.
  • Israël avait pour vocation de faire connaître le vrai Dieu à un monde tombé dans les ténèbres du paganisme, d'être une lumière pour les nations, « un grand sacerdoce ». Pour cela, il lui fallait un pays, une ville et un temple.
  • Israël avait aussi la vocation de donner naissance au Messie. C'est d'Israël que le Rédempteur devait naître.

5. Le combat entre la descendance du serpent et celle de la femme

  • « Là où Dieu a un si grand plan, le malin est là aussi. » En Genèse 3:15, après la chute, Dieu dit au serpent : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. » Pour le prédicateur, cette victoire s'est accomplie à Golgotha.
  • Adam était la tête de la création et n'a pas retenu sa femme. Par cette lignée, Dieu ne pouvait plus sauver le monde. Mais Dieu avait déjà un plan : un Rédempteur viendrait de la descendance de la femme, Jésus-Christ, né de la vierge Marie. Il devait venir d'en haut, parce que l'homme avait échoué.
  • Cette inimitié durera tant que cette création existera. C'est pour cela, selon Kees Smits, qu'Israël est sans cesse attaqué, que les Juifs ont connu l'hostilité à travers les siècles et que l'Église est persécutée dans le monde : au Nigeria, plusieurs personnes sont tuées chaque jour parce qu'elles confessent le nom de Jésus, et en Inde, des États adoptent des lois anticonversion.
  • L'Europe chrétienne porte une longue histoire d'antisémitisme. Au nom du christianisme, des Juifs ont été brûlés vifs, enfermés dans des synagogues incendiées, déportés, chassés, persécutés, dépouillés et discriminés, avec pour point le plus bas la Shoah. Même de grands noms comme Augustin, Érasme ou Luther ont tenu des propos hostiles aux Juifs : « C'était l'esprit de ce temps-là. »
  • « On parle beaucoup de l'esclavage en ce moment, et c'est juste. » Mais à l'égard des Juifs aussi, il y a beaucoup à réparer. Derrière la politique, dit-il, il y a une puissance de ténèbres qui ne veut pas que ce peuple existe. Et pourtant, Dieu poursuit son plan.

6. L'Église se rattache à l'alliance d'Abraham

  • Jean 1:11 : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont point reçu. » Mais parce qu'Israël a rejeté le Messie, le salut est parvenu aux païens, « à nous ». Nous étions en dehors de l'alliance, parmi les goyim, les nations.
  • Ce mystère était caché dans le cœur de Dieu, et Paul, apôtre des païens, l'a fait connaître : les païens ont part, eux aussi, à la promesse (Éphésiens 3:6). Quand Dieu concluait son alliance avec Abraham, il savait déjà qu'il y aurait une Église.
  • Dans une école biblique, des étudiants ont accueilli une nouvelle étudiante, une Juive messianique : « Oh, quelle joie que tu sois venue vers nous ! » Elle a répondu : « Attends. Nous, les Juifs, ne sommes pas venus vers vous. C'est vous qui êtes venus vers nous. »
  • « Israël est notre frère aîné. » Et si Israël fait des choses avec lesquelles tu n'es pas d'accord ? « Des millions de gens font des choses avec lesquelles je ne suis pas d'accord. » Ils restent chers.
  • Kees Smits rejette la théologie du remplacement, qui fait de l'Église l'Israël spirituel et considère qu'Israël ne compte plus. « Ça ne se trouve nulle part dans la Bible. » Romains 11:1-2 : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! [...] Dieu n'a point rejeté son peuple, qu'il a connu d'avance. »
  • Un aveuglement repose encore en grande partie sur Israël : on peut parler des heures de l'Ancien Testament avec des Juifs, mais la conversation s'arrête quand on aborde le Messie. Dieu ôtera un jour cet aveuglement. Déjà, des centaines, peut-être des milliers de Juifs ont reconnu en Jésus le Messie promis. Leur nombre grandit lentement, et leurs communautés vivent sous une forte pression.

7. Rendre Israël jaloux, prier pour Jérusalem

  • Romains 11:11 : par leur chute, le salut est parvenu aux païens, « afin qu'ils fussent excités à la jalousie ». L'Église n'a pas pour mission de chasser ou de mépriser les Juifs, mais de les rendre jaloux : « Regarde ce que nous avons. C'est aussi pour vous. » La rédemption et le pardon des péchés en Jésus-Christ.
  • Le prédicateur a eu honte, lors de certains voyages en Israël, du comportement de chrétiens. « Nous avons beaucoup à réparer envers les Juifs. » Et il ajoute : « Ce n'est pas le passe-temps de quelques fanatiques d'Israël. C'est une mission qui vient de la Parole. »
  • Psaume 122:6 : « Demandez la paix de Jérusalem. » Nous savons prier pour un examen ou une opération, et c'est bien. Mais prions-nous chaque jour pour Israël et pour les Juifs messianiques, qui donnent des Bibles aux jeunes soldats, évangélisent et lancent des projets pour ceux qui traversent de grandes difficultés ?
  • Romains 1:16 : l'Évangile est « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec ». Il avait été promis d'avance par les prophètes (Romains 1:2) et il est venu au monde par Israël.
  • « Le contenu de l'Évangile n'est pas une doctrine, mais une personne » : Jésus-Christ, né de la descendance de David selon la chair, déclaré Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection (Romains 1:3-4). Vraiment homme, vraiment dans l'histoire, vraiment d'Israël.
  • Romains 1:17 : la justice de Dieu est révélée « par la foi et pour la foi ». Dieu tient ses promesses. « La foi qui a commencé en Israël n'est pas remplacée, elle est élargie », transmise à toutes les nations. « C'est la ligne continue de la fidélité de Dieu. »

Points à retenir

  • Quand Dieu donne une mission, il donne aussi une promesse. Abraham a été appelé à partir, et à être une bénédiction.
  • L'alliance de Dieu avec Abraham et sa descendance est perpétuelle : Dieu s'y est lié lui-même et n'y renonce pas.
  • Israël n'a pas été choisi pour ses mérites, mais par amour. Nous non plus, nous n'avons rien mérité.
  • L'Église ne remplace pas Israël : elle se rattache à l'alliance d'Abraham. Israël est notre frère aîné.
  • Notre mission envers Israël : rendre jaloux par ce que nous avons reçu en Christ, et prier pour la paix de Jérusalem.

Application personnelle

  1. Quelle mission Dieu t'a-t-il confiée, et quelle promesse l'accompagne ?
  2. Comment le fait que Dieu ne renonce jamais à son alliance avec Israël change-t-il ta manière de voir sa fidélité envers toi, malgré tes infidélités ?
  3. As-tu, consciemment ou non, adopté l'idée que l'Église a remplacé Israël ? Que dit Romains 11 à ce sujet ?
  4. Ta vie donne-t-elle envie à d'autres de connaître ce que tu as reçu en Jésus-Christ ?
  5. Peux-tu inclure dans ta prière quotidienne la paix de Jérusalem et les croyants juifs qui confessent Jésus comme Messie ?

Versets cités

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la berith, l'alliance que Dieu conclut avec Abraham ?

Berith est le mot hébreu pour alliance. Kees Smits explique qu'il s'agit d'un accord entre deux parties qui étaient d'abord étrangères l'une à l'autre, comparable à un mariage : il élève l'amour au rang d'engagement durable, avec des obligations des deux côtés. Dans Genèse 17:7, Dieu la qualifie d'alliance perpétuelle. Elle vaut aussi pour la descendance et ne peut pas être rompue.

Pourquoi Dieu a-t-il choisi Israël ?

Selon Deutéronome 7:6-8, ce n'est pas parce qu'Israël était plus grand ou meilleur que les autres peuples, mais parce que l'Éternel l'aime. Kees Smits parle de l'amour qui choisit : Dieu ne trouve pas ses raisons dans Abraham ni dans Israël, mais en lui-même. Ce choix a un but : faire connaître le vrai Dieu au monde et donner naissance au Messie.

Dieu a-t-il rejeté son peuple Israël ?

Non. Kees Smits cite Romains 11:1-2 : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! » Il rejette la théologie du remplacement, selon laquelle l'Église serait devenue l'Israël spirituel. Les croyants des nations se rattachent à l'alliance d'Abraham, et l'Église a reçu la mission de rendre Israël jaloux et de prier pour la paix de Jérusalem.

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