Introduction
Citykyrkan, à Stockholm, commence une nouvelle série de prédications sur les paraboles de Jésus. Judith Gallardo Lantz ouvre la série avec la parabole du semeur. Une parabole, explique-t-elle, est une histoire que Jésus utilise pour nous aider à comprendre quelque chose du royaume de Dieu. Beaucoup commencent d'ailleurs ainsi : « Le royaume de Dieu est semblable à… »
Elle a souvent entendu cette parabole à propos de l'évangélisation : pourquoi certaines personnes reçoivent-elles la Parole et d'autres non ? Mais elle croit que ce texte a quelque chose d'important à dire à ceux qui suivent déjà Jésus. Que devient la Parole de Dieu dans ta vie ? Quelle différence y a-t-il entre entendre la Parole et la laisser prendre racine, grandir et porter du fruit ?
Son message suit la parabole terrain par terrain, puis s'achève sur une image reçue dans la prière : Jésus, front contre front avec elle, qui la ramène à lui chaque fois qu'elle se laisse distraire.
Plan du message
1. Porter du fruit, une invitation pour chacun
- Le texte est lu en Matthieu 13:1-9, puis l'explication que Jésus en donne lui-même aux versets 18 à 23. « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. » As-tu des oreilles ? Alors c'est pour toi.
- Dans la Bible, le fruit désigne les résultats visibles, les actes et les qualités qui grandissent dans la vie d'une personne quand elle vit près de Dieu.
- Le but n'est pas seulement de croire en Jésus ou d'avoir des connaissances sur lui, mais que cela change notre manière de vivre : vivre comme Jésus a vécu, marcher, penser et agir comme lui.
- Ce n'est pas réservé à une élite chrétienne, aux pasteurs ou à quelques élus. Tu as une invitation à devenir son disciple, ou, si le mot te parle mieux, son apprenti.
- Il ne s'agit pas de faire plus. La prédicatrice entend souvent après ce genre de message : « Ça fait tellement d'exigences, comment vais-je tout faire ? » Il s'agit plutôt de changer de regard dans la vie que tu mènes déjà : comment tu emploies ton temps, sur qui tu te concentres, qui tu choisis de suivre.
2. Jésus sème généreusement
- Le semeur jette la semence partout. Il ne choisit pas l'endroit exact où poser chaque graine. Il sème sur le chemin, parmi les pierres, parmi les chardons et dans la bonne terre.
- Cela dit quelque chose de la générosité de Dieu : il est généreux avec sa Parole, avec son royaume, avec sa révélation. Il n'attend pas que tu sois parfait. Il ne retient pas sa Parole parce qu'il n'est pas sûr que tu la recevras.
- « Jésus parle, appelle et continue de semer. »
- Dans ce monde, il faut tout mériter : une augmentation, une promotion, ses amitiés, peut-être même l'amour. Dieu ne fonctionne pas ainsi. Il continue de rendre sa Parole accessible même quand, à nos yeux, nous ne le méritons pas : c'est la grâce.
- C'est aussi Jésus qui prend l'initiative. Nous ne pouvons pas changer ni vivre davantage comme lui par nos propres forces. Tout commence chez celui qui sème la Parole, et c'est vers lui que nous revenons sans cesse pour être remplis.
- Alors, si Jésus sème si généreusement, pourquoi ne voit-on pas toujours sa Parole porter du fruit dans nos vies ? Jésus décrit trois terrains, trois raisons pour lesquelles la Parole ne prend pas toujours racine.
3. Le bord du chemin : est-ce que je comprends la Parole ?
- « Lorsqu'un homme écoute la parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur » (Matthieu 13:19).
- Que signifie pour ma vie ce que j'entends de Jésus ? Suis-je prêt à laisser sa Parole bousculer mes idées ? Quand Jésus sème, il faut encore que nous recevions cette Parole et comprenions ce qu'elle implique pour nous.
- Paul prie pour que Dieu donne « un esprit de sagesse et de révélation » et illumine « les yeux de votre cœur » (Éphésiens 1:17-19). Quand nous recevons le Saint-Esprit, il nous révèle qui est vraiment Jésus.
- Il t'est peut-être arrivé de lire ta Bible sans rien comprendre, ou même d'être choqué : comment Jésus peut-il dire cela s'il est bon et plein d'amour ? Avec humour, elle constate que personne dans la salle ne se reconnaît, « tout le monde ici est tellement saint ».
- Quand nous lisons la Bible avec Jésus, et pas seulement par nos propres forces, et quand nous la lisons avec d'autres croyants, il nous guide et nous aide à comprendre. « N'arrête pas de lutter avec la Bible », c'est bon et important, mais cela demande un cœur ouvert pour que Dieu te forme.
- Parfois, nous ne voulons pas comprendre : nous ne voulons pas que sa vérité dérange la nôtre, parce que nous nous trouvons bien dans notre propre vérité. C'est humain. Mais plus nous nous remplissons de Jésus, plus nous découvrons que ses chemins sont bons, et moins l'ennemi a de place pour voler la Parole.
4. Les endroits pierreux : où sont tes racines ?
- Celui qui reçoit la Parole avec joie mais n'a pas de racines « ne croit que pour un temps », et la détresse ou la persécution le font tomber (Matthieu 13:20-21).
- Que devient ta foi quand la vie devient difficile ? Vers quoi te tournes-tu en premier quand tu as besoin de sécurité, de force ou de réponses ? Où es-tu planté ? Où puises-tu ta nourriture, ta sécurité première, ta vérité, ta vie ?
- Judith Gallardo Lantz confie que, face aux difficultés, elle se réfugie souvent dans cette pensée : « Si seulement j'avais ceci, ma vie irait plutôt bien. » Du matérialisme, pour faire court, qui ne produit pas davantage de royaume de Dieu dans sa vie.
- Quand ta vie est en crise, qu'est-ce qui remonte à la surface ? Ce fruit-là en dit long sur certaines de tes racines. Elle ne le dit pas pour taper sur les doigts, mais parce qu'elle porte ce fardeau pour elle-même et pour tous ceux qui croient en Jésus tout en ayant leurs racines ailleurs.
- On peut avoir cru en Jésus toute sa vie et être allé à l'église chaque dimanche, et pourtant, quand la crise arrive, c'est comme si Jésus n'existait plus. Il n'est pas le premier vers qui l'on se tourne, parfois même pas le dernier.
- Son désir : vivre une vie où l'opposition se tient toujours à la lumière de qui est Jésus, où la souffrance fait courir droit dans ses bras plutôt que vers tout le reste. Quand il devient la source première de repos, de vérité, de vie et de force, l'inquiétude et la peur ne sont plus la voix la plus forte.
- Paul prie pour que nous soyons « enracinés et fondés dans l'amour » et « remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu » (Éphésiens 3:16-21). L'amour parfait bannit la crainte (1 Jean 4:18) : enracinés en Jésus, nous devenons hardis.
- « Dieu ne nous a jamais promis une vie facile, mais il a promis d'être avec nous au beau milieu de la galère, si je peux le dire ainsi. » Des choses vont arriver, il y aura des tempêtes et des vagues. Où sont tes racines ? Quel fruit veux-tu produire quand viennent l'opposition et la souffrance ?
5. Les chardons : qui est seigneur de ta vie ?
- « Les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructueuse » (Matthieu 13:22). Qu'est-ce qui reçoit tant d'attention dans ta vie que la Parole de Jésus est poussée de côté ?
- Pour la prédicatrice, la question est celle de la seigneurie. Ce qui est seigneur dans ta vie, c'est ce qui a de l'influence, et peut-être même le pouvoir de décider. Dès que quelque chose d'autre que Jésus prend la plus grande place, cela peut étouffer la Parole.
- Elle tient à être claire : il n'est pas mal de chercher une bonne vie sur la terre, de vouloir de la nourriture sur la table, un travail pour subvenir à ses besoins, de profiter de ce que Dieu a créé, de passer du temps avec ses amis ou sa famille.
- Les soucis du monde ne sont pas toujours des péchés évidents. Ce sont des choses réelles, permises, importantes, mais qui prennent tant de place qu'elles entrent en concurrence avec Jésus. Beaucoup de choses sont importantes. Laquelle est la plus importante ?
- Ces choses sont trompeuses : elles nous mentent. « Si seulement j'avais ceci, ou cela, ou encore cela, alors je serais heureux. » C'est un mensonge. Jésus est le seul qui puisse rassasier.
- Qui est ton seigneur ? Les soucis de ce monde, les richesses trompeuses, ou Jésus, le Sauveur du monde ? « Cherchez premièrement le royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné » (Matthieu 6:33).
6. Regarder la source plutôt que le fruit
- En entendant tout cela, il est facile de se concentrer sur le fruit : je suis trop stressé, je devrais prier davantage, être moins envieux, moins matérialiste, lire plus ma Bible, avoir plus de patience, être une meilleure personne.
- Tout cela peut être vrai. Mais Jésus ne veut pas que tu te concentres sur le fruit : il veut que tu te concentres sur lui. Nous passons beaucoup de temps à couper le mauvais fruit, en oubliant que ce sont les racines qui doivent changer de place. On ne fait pas pousser le fruit à la force du poignet.
- Jésus veut te donner davantage de son cœur, et il veut davantage de ton cœur, de ton attention, de ta vie. Quand tu lui donnes cela, tu prends racine en lui, ta vie se façonne d'après lui, et le bon fruit grandit avec le temps.
- Le temps compte. Nous n'aimons pas que les choses aillent lentement. « J'ai lu ma Bible, pourquoi ne suis-je pas plus patient ? » Il faut peut-être continuer, et continuer encore, et quand tu penses abandonner, continuer encore un peu. Et un jour : « Mais attends, j'ai été plus patient ! » Surtout, n'abandonne pas.
- Nous ne sommes pas toujours le même terrain. Tu peux être réceptif un jour et complètement distrait le lendemain, vouloir vraiment suivre Jésus et laisser en même temps d'autres choses prendre de plus en plus d'attention. Tout revient à cette question : sur quoi nous concentrons-nous ?
7. Front contre front : Jésus te ramène à lui
- Le mardi précédent, pendant un temps de prière avec l'équipe, Judith Gallardo Lantz a reçu une image. Elle a un peu lutté avec cette image, mais elle croit qu'elle n'était pas seulement pour elle, peut-être aussi pour le peuple de Dieu.
- Elle se tenait avec Jésus, le front de Jésus droit contre le sien. Elle le regardait droit dans les yeux, et il la tenait fermement, « d'une poigne de fer ». Elle l'entendait lui dire : « Judith, je suis là. »
- Pourtant, elle se détournait sans cesse : elle regardait ailleurs, en arrière, vers le bas, partout sauf vers Jésus. Et Jésus la ramenait, encore et encore. Chaque fois qu'elle était distraite, il la ramenait à lui.
- Il ne lui disait pas : « Reprends-toi, arrête de regarder ces choses. » Il disait seulement : « Je suis là. Je veux faire la vie avec toi. »
- Sa prière : que Jésus devienne réel pour nous, pas seulement quelqu'un que l'on connaît ou en qui l'on croit. Il est là tout le temps, pas seulement quand on le sent ou quand la louange était belle, même quand tu te concentres sur autre chose ou ne sais plus quoi faire de ta vie. Pas quelqu'un qu'on appelle quand ça va mal, mais quelqu'un qui marche à côté de toi tout le temps.
- Être facilement distrait ne fait pas de nous de mauvais chrétiens. Cela montre combien nous avons besoin de lui, car c'est lui qui nous ramène. Souviens-toi : il sème généreusement, tout le temps.
- La question devient alors moins « Qu'est-ce que je dois arrêter de regarder ? » que « Qui est-ce que je manque de voir quand je suis occupé par tout le reste ? »
- Quand nous le laissons nous ramener, il façonne nos vies et le fruit vient : nous grandissons dans l'amour, la paix, la joie, la patience, la bonté et la maîtrise de soi. Nous regardons les gens comme Jésus les regarde, nous aimons, servons, prions pour les malades, défendons la justice, aimons nos ennemis. Non parce que nous l'avons forcé, mais parce que Jésus vit sa vie à travers nous. « Pas dans cinq, dix ou quinze ans : ici et maintenant, à Stockholm. »
Points à retenir
- Jésus sème sa Parole généreusement, partout, sans attendre que tu sois parfait : c'est la grâce.
- Pour que la Parole porte du fruit, il faut la comprendre, avec l'aide du Saint-Esprit et d'autres croyants, et accepter qu'elle bouscule ta propre vérité.
- Ce qui remonte à la surface dans la crise révèle où sont tes racines. Enraciné dans l'amour de Christ, tu tiens dans la tempête.
- Des choses bonnes et légitimes peuvent étouffer la Parole quand elles deviennent seigneur de ta vie.
- On ne force pas le fruit : on regarde à la source. Jésus te ramène à lui encore et encore, et le fruit vient avec le temps.
Application personnelle
- Y a-t-il un passage de la Bible qui te dérange en ce moment ? Avec qui pourrais-tu le relire, en demandant à Jésus de te l'expliquer ?
- La dernière fois que ta vie a été en crise, vers quoi ou vers qui t'es-tu tourné en premier ?
- Quelle chose bonne et légitime prend aujourd'hui tant de place qu'elle entre en concurrence avec Jésus ?
- Sur quel fruit te concentres-tu au point d'en oublier la source ?
- Cette semaine, à quel moment précis de ton quotidien peux-tu te rappeler que Jésus est là et qu'il veut faire la vie avec toi ?
Versets cités
- Matthieu 13:1-9
- Matthieu 13:18-23
- Éphésiens 1:17-19
- Éphésiens 3:16-21
- 1 Jean 4:18
- Matthieu 6:33
- Galates 5:22-23
Questions fréquentes
La parabole du semeur concerne-t-elle seulement l'évangélisation ?
Judith Gallardo Lantz reconnaît l'avoir souvent entendue dans ce cadre. Elle croit pourtant que la parabole parle aussi à ceux qui suivent déjà Jésus : que devient la Parole de Dieu dans ta vie, et quelle différence y a-t-il entre l'entendre et la laisser prendre racine, grandir et porter du fruit ?
Que représentent les trois terrains où la Parole ne porte pas de fruit ?
Le bord du chemin pose la question de la compréhension : es-tu prêt à laisser la Parole bousculer tes idées ? Les endroits pierreux posent la question des racines : vers qui te tournes-tu quand la vie devient difficile ? Les chardons posent la question de la seigneurie : qu'est-ce qui prend tant de place que la Parole de Jésus est étouffée ?
Comment porter du fruit sans tomber dans une liste d'exigences ?
La prédicatrice invite à regarder la source plutôt que le fruit. On ne force pas le fruit en coupant les mauvais : ce sont les racines qui doivent changer de place. Quand Jésus reçoit davantage de ton cœur et de ton attention, le bon fruit grandit avec le temps. C'est lui qui te ramène à lui, encore et encore.