Apocalypse 7 : comment survivre à la fin du monde

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Introduction

« On ne peut pas dire que notre pays va bien. Il y a une atmosphère lourde. » Le prédicateur de Vertical Nantes ouvre ainsi un nouveau message de la série de l'Église sur l'Apocalypse, un livre qui parle de demain « pour mieux vivre aujourd'hui ». Sans faire de politique, il constate que le monde ressemble de plus en plus, à certains égards, à une fin.

Face à la fin, les réponses sont multiples. Certains veulent tout transformer et tout révolutionner par n'importe quel moyen. D'autres se replient sur eux-mêmes, comme les survivalistes qui construisent des abris dans leur jardin en prévision d'un effondrement. On a peur que la civilisation s'effondre, peur que la planète s'effondre. Le problème, dit-il, c'est que ce n'est pas ce que Jésus nous dit de la fin.

Le chapitre 6 s'achève sur une humanité terrifiée qui crie aux montagnes : « Tombez sur nous. » Et sur une question : qui pourra subsister ? Le chapitre 7 est une pause, un interlude, qui répond simplement à cette question : comment survivre à la fin du monde ?

Plan du message

1. La question qui ferme le chapitre 6

  • L'Apocalypse est entrée dans une partie remplie de symboles. À chaque fois, dans cette série, survient un moment de pause, un interlude : le chapitre 7 en est un.
  • La semaine précédente, l'Église a été « un peu secouée » : quand la colère de Dieu se manifeste, « ce n'est pas une plaisanterie ».
  • Les rois de la terre, les grands, les riches, les puissants, les esclaves et les hommes libres se cachent dans les cavernes et disent aux montagnes : « Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'agneau ; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? » (Apocalypse 6:15-17).
  • Comment comprendre la place des chrétiens qui vivent à l'aube de la fin ? C'est précisément le but du chapitre 7 : parler de nous.

2. Ce que Jean entend, ce que Jean voit

  • Jean entend le nombre de ceux qui sont marqués du sceau : 144 000, de toutes les tribus d'Israël, 12 000 par tribu (Apocalypse 7:4-8).
  • Le prédicateur rappelle un procédé déjà vu au chapitre 5 : Jean entend un lion rugir, mais il voit un agneau. Ici, c'est la même chose.
  • Cette liste rappelle le livre des Nombres, « un des livres que les chrétiens n'aiment généralement pas lire », qui recense l'armée d'Israël tribu par tribu (Nombres 1 et 26). Jean s'attend à voir des soldats costauds en armure, l'épée à la main.
  • Il voit tout autre chose : une foule que personne ne peut compter, de toute nation, tribu, peuple et langue (Apocalypse 7:9). Pas des Israélites, mais des gens de toutes les nations. Pas des armures, mais des robes blanches. Pas des épées, mais des palmes.
  • « Le peuple de Dieu n'est pas Israël, à proprement parler, en tant que nation ou groupe ethnique. » Ce sont tous ceux qui ont mis leur confiance en Jésus-Christ. Seul le nom de Jésus peut rassembler des gens qui n'ont rien en commun, peu importe leur nationalité, leur culture ou leur langue.
  • Le prédicateur raconte qu'il participe depuis quelques années à un camp d'été où des jeunes de toute l'Europe louent Dieu ensemble : « Ce texte me fait rêver. »
  • Les robes blanches sont le symbole de la victoire. Les palmes rappellent l'entrée de Jésus à Jérusalem, mais surtout la fête des Tabernacles (Souccot), où l'on dormait sous des cabanes pour se souvenir de l'esclavage en Égypte et du désert, et où l'on agitait des palmes dans la louange. On attendait un combat, on trouve une atmosphère de joie.

3. Un peuple marqué du sceau de Dieu

  • Dans les trois premiers versets, ces personnes ne subissent pas les jugements de Dieu, parce qu'un sceau est posé sur elles (Apocalypse 7:1-3).
  • Un sceau est un tampon. Le prédicateur montre un sceau ancien datant du roi Jéroboam : c'est une manière de marquer une propriété. Ce qui porte cet emblème appartient à quelqu'un.
  • Quatre anges retiennent les quatre vents de la terre, qui risquent de tout raser sur leur passage. Ces vents sont les quatre cavaliers du chapitre 6 : dans Zacharie 6, la même image est appelée tour à tour chevaux et vents. Avant qu'ils ne frappent, un ange marque au front ceux qui appartiennent à Dieu.
  • C'est le même principe qu'en Égypte : les Israélites mettent le sang de l'agneau sur les linteaux de leurs portes, et l'ange de la destruction ne touche pas ces maisons (Exode 12). L'image vient aussi d'Ézéchiel 9, où Dieu marque son peuple avant le jugement.
  • « Je ne pense pas que Dieu va venir avec un tampon et mettre quelque chose sur ta tête, mais c'est un signe d'appartenance. » Ta vie n'est pas à toi, tu appartiens à quelqu'un, et ce quelqu'un t'aime. Le texte parle des serviteurs, ou plus exactement des esclaves de notre Dieu : quelqu'un qui appartient à un autre.
  • C'est aussi une assurance : les chrétiens n'ont pas à avoir peur de la fin ni du jugement de Dieu. Christ a payé pour tout péché quand il s'est écrié : « Tout est accompli » (Jean 19:30).
  • Dans certaines familles, on dit « chez nous, on est tous… ». Dans celle du prédicateur : « On travaille dur. » Et : « On sert à l'église, on ne reste pas assis sur nos chaises. » Au-delà du nom de famille, tu portes le nom de chrétien. Quand on te voit parler et agir, reconnaît-on la famille de Jésus-Christ, celle qui aime, dit la vérité, bénit quand on la maudit, pardonne et conduit chacun à rencontrer Jésus ?
  • Certaines cultures disent : ta vie appartient à ta famille. D'autres, plus proches de la France, disent : ma vie m'appartient, mon corps, mes choix. Le chrétien rejette ces deux logiques : il appartient à celui qui l'a racheté par son sang.
  • Voilà pourquoi la foule des versets 10 à 12 n'a aucune angoisse : elle chante, crie de joie, loue Dieu. Le jugement n'est pas une chose qu'on craint, c'est une chose qu'on attend.

4. Lavés dans le sang de l'Agneau

  • Un des anciens demande à Jean : « Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d'où sont-ils venus ? » Jean répond : « Mon seigneur, tu le sais. » Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'agneau (Apocalypse 7:13-14).
  • « Je ne suis pas très doué avec les machines à laver, mais je sais que quand je mets quelque chose de rouge avec quelque chose de blanc, ça ne devient pas plus blanc. » L'image est d'autant plus forte.
  • La robe est le vêtement avec lequel on se présente devant Dieu. Si tu devais rencontrer Dieu en sortant du culte, tu te raserais, tu te coifferais, tu mettrais tes plus beaux habits. Qu'est-ce qui peut te rendre présentable devant lui ? Une seule chose : Jésus, le fait d'être couvert par ce qu'il a fait. Aucun acte de piété, rien que tu puisses faire toi-même.
  • Sur ce point, l'Écriture est exclusive : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6). Jésus n'a pas dit « je suis un chemin parmi d'autres ». Aucune religion ne sauve, toutes laissent l'homme sous la condamnation ; ce qui sauve, c'est de se laisser tomber dans les bras du Sauveur qui a payé à notre place la peine que nos péchés méritaient.
  • Ce que Jésus a fait sur la croix est le centre du christianisme, et doit être le centre de ta vie. Frotter plus fort ne marche pas, les autres produits ne font qu'étaler la tache : seul ce que Christ a fait nous rend plus blancs que la neige devant Dieu.

5. Ceux qui ont persévéré dans la tribulation

  • Ces personnes ont traversé ce que les traductions appellent la grande détresse ou la grande tribulation, décrite surtout entre les chapitres 12 et 14. Ce moment sera dur pour les chrétiens, non parce que Dieu les punit, mais parce qu'un autre, de l'autre côté, est en guerre contre Christ et son Église.
  • La seule chose que Satan peut faire contre toi, c'est te faire perdre ta confiance en Dieu. Quand le doute prend de la place, quand la foi en ce que Jésus a fait sur la croix vacille, tu commences à t'éloigner. C'est là qu'il peut t'atteindre, pas quand tu es près de Christ.
  • Ces gens ne sont pas seulement des gens qui ont cru un jour, prié une prière quand ils étaient jeunes ou été baptisés. Ce sont des gens qui ont tenu bon. « La vraie foi continue de porter du fruit. La vraie foi persévère jusqu'à la fin. »
  • Si tu as la foi aujourd'hui, tu n'as aucune raison d'avoir peur : tu peux dire avec assurance que si tu meurs ce soir, tu iras auprès de Jésus. Mais la foi est active, pas passive. Jacques, le demi-frère de Jésus, dit que la foi sans les œuvres est morte (Jacques 2:17). Jésus ne dit pas : « Si tu pèches ou si tu n'es pas parfait, tu es fichu. » Il parle de persévérance, du désir d'être transformé et de continuer à l'aimer.
  • Quand cette tribulation a-t-elle lieu ? Certains la placent dans le futur, d'autres disent qu'elle a déjà commencé : Jean se dit compagnon des Églises dans la tribulation (Apocalypse 1:9). « Je ne sais pas, et ce n'est pas la question la plus intéressante. » Satan n'attend pas patiemment son heure. Nous ne luttons pas contre la chair et le sang (Éphésiens 6:12), et nous sommes parfois un peu naïfs.
  • Dans la liste des douze tribus, une manque : Dan. Le prédicateur rappelle qu'elle est tombée dans l'idolâtrie au point de renier son Dieu (Juges 18, 1 Rois 12). Onze sur douze, mais une n'est pas allée jusqu'au bout. Le danger de l'apostasie est réel, sans devenir paranoïaque.
  • La lettre à Laodicée, la seule Église pour laquelle Jésus n'a rien de positif à dire (« je te vomirai de ma bouche », Apocalypse 3:16), contient aussi le plus bel appel à la repentance : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe » (Apocalypse 3:20). Jésus ne nous regarde pas les bras croisés. Comme le bon berger, il laisse les 99 brebis pour aller chercher celle qui est perdue (Luc 15:4). Mais cet amour ne doit jamais devenir une excuse.

6. Trois armes de Satan contre ta persévérance

  • La distraction. Tout ce qui prend du temps et de l'énergie sans faire partie de l'essentiel peut devenir une distraction, même ce qui est beau et bon. Satan cherche à occuper tes pensées, tes émotions et tes actions avec autre chose que Jésus, jusqu'à tuer ton affection pour lui. « Ne me dis pas que tu n'as pas le temps de lire ta Bible dix minutes par jour si tu as le temps de scroller deux heures sur les réseaux sociaux. »
  • Le prédicateur confesse que Dieu l'a convaincu en préparant ce message : il négligeait sa sanctification sur un point précis, avec l'argument qu'il travaillait pour l'Église. On peut être distrait par de bonnes choses : se rendre heureux, passer du temps avec les autres avant de passer du temps avec Dieu, bâtir son petit royaume plutôt que le sien.
  • Le compromis. Compromis après compromis, on glisse sur une pente qui mène à l'apostasie. Satan utilise toujours la question du jardin d'Éden : « Dieu a-t-il réellement dit ? » (Genèse 3:1). Le prédicateur prend des exemples de société (l'homme créé à l'image de Dieu, la distinction entre l'homme et la femme, l'enfant dans le ventre de sa mère, la fin de vie, le mariage entre un homme et une femme), puis les ramène au cœur : Dieu a-t-il vraiment dit que je dois pardonner à mon conjoint jusqu'à soixante-dix-sept fois ? Que je dois bénir ceux qui me persécutent ? Quand j'en doute, la rancune s'installe, les commérages prennent racine. C'est pourquoi il n'y a pas de petits péchés : chaque compromis rend le suivant plus facile.
  • La persécution. Dans la souffrance, Satan veut te dire que Dieu t'a oublié, qu'il t'aime moins que les autres, pour que tu arrêtes de prier et de rejoindre tes frères et sœurs. Comme Ésaü qui, épuisé et affamé au retour de la chasse, vend son droit d'aînesse pour un plat de lentilles (Genèse 25:29-34).
  • « La meilleure défense, c'est toujours l'attaque. » Sois agressif, pas contre les autres : contre tes distractions (discipline-toi, ne lâche pas), contre ton péché (crucifie-le, ne le laisse plus diriger ta vie, car il a coûté la vie à ton Sauveur), et dans l'épreuve, en disant : « Seigneur, je ne comprends pas, j'ai mal, mais je ne m'en vais pas. » Tes cris de souffrance deviendront des cris de louange.

7. La promesse qui fait tenir jusqu'au bout

  • Les versets 15 à 17 donnent la première vraie description du ciel dans l'Apocalypse : ils servent Dieu jour et nuit dans son temple, celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux, ils n'auront plus faim ni soif, le soleil ne les frappera plus, l'Agneau les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
  • Il y a des moments de louange où plus rien n'existe autour de toi, où les problèmes de la semaine disparaissent parce que ton attention est captivée par Jésus. « Ce sera comme ça pour l'éternité. »
  • Dieu habitera avec nous, pas seulement spirituellement, mais physiquement : nos yeux le verront. Plus de douleur, plus de faim ni de soif, plus de soleil qui accable.
  • L'Agneau devient le bon berger, comme dans le Psaume 23 : « L'Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. » Il prend soin de nous dans le présent, dans l'avenir, et même pour notre passé : un jour, Christ passera la main sur ton visage et effacera tout ce qui a été douloureux dans cette vie.
  • C'est pour cela que des frères et sœurs à travers le monde et à travers les siècles ont accepté de perdre la vie : ils savaient qu'ils allaient retrouver Jésus-Christ.
  • Une question reste : es-tu scellé par Jésus-Christ ? Et si oui, vis-tu comme quelqu'un qui l'est ? Quelle que soit ta réponse, l'invitation est la même : « Viens, et laisse-toi laver par ce que j'ai fait pour toi. » Pour que nous n'oubliions pas et que nous persévérions, Christ a donné la sainte cène, qui mobilise la vue, le toucher et le goût. Le message se termine par une invitation à la table : « Rentrez à la maison. »

Points à retenir

  • Le peuple de Dieu n'est pas une ethnie : c'est une foule innombrable de toute nation, tribu, peuple et langue, rassemblée par le nom de Jésus.
  • Le sceau est un signe d'appartenance : celui qui appartient à Christ n'a pas à craindre le jugement, il l'attend.
  • Une seule chose rend présentable devant Dieu : être lavé dans le sang de l'Agneau, et aucun acte de piété ne peut le remplacer.
  • La vraie foi persévère jusqu'à la fin, et Satan s'attaque à cette persévérance par la distraction, le compromis et la persécution.
  • La promesse du ciel, Dieu qui habite avec nous et essuie toute larme, donne la force de tenir jusqu'au bout.

Application personnelle

  1. Quand on te voit parler et agir cette semaine, reconnaît-on quelqu'un qui appartient à Jésus-Christ ?
  2. Sur quoi comptes-tu pour être présentable devant Dieu : tes efforts, ta piété, ou uniquement ce que Jésus a fait sur la croix ?
  3. Quelle distraction, même bonne, prend aujourd'hui la place de Dieu dans ton agenda ou dans tes pensées ?
  4. Dans quel domaine entends-tu en ce moment la question « Dieu a-t-il réellement dit ? » : le pardon, ta manière de parler des autres, un péché que tu tolères ?
  5. Si tu traverses une épreuve, comment peux-tu dire à Dieu « j'ai mal, mais je ne m'en vais pas » plutôt que de t'éloigner de lui et de l'Église ?

Versets cités

Questions fréquentes

Qui sont les 144 000 d'Apocalypse 7 ?

Jean entend le dénombrement de 144 000 Israélites, tribu par tribu, comme un recensement d'armée dans le livre des Nombres. Mais il voit une foule que personne ne peut compter, de toute nation, tribu, peuple et langue, en robes blanches et avec des palmes. Pour le prédicateur, le peuple de Dieu n'est pas une ethnie : ce sont tous ceux qui ont mis leur confiance en Jésus-Christ.

Que signifie le sceau posé sur le front des serviteurs de Dieu ?

Un sceau est un tampon qui marque une propriété. Avant que les quatre vents du jugement ne soufflent, un ange marque ceux qui appartiennent à Dieu, comme le sang de l'agneau sur les portes en Égypte ou la marque d'Ézéchiel 9. C'est un signe d'appartenance à Jésus-Christ, qui donne au chrétien l'assurance de ne pas avoir peur du jugement.

Pourquoi la tribu de Dan est-elle absente de la liste d'Apocalypse 7 ?

Le prédicateur rappelle que la tribu de Dan est tombée dans l'idolâtrie au point de renier son Dieu (Juges 18, 1 Rois 12). Onze tribus sur douze sont là, une n'est pas allée jusqu'au bout. Il y voit une illustration du danger réel de l'apostasie, sans tomber dans la paranoïa : Jésus fait tout pour ramener ceux qui s'éloignent.

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