L'inquiétude, chaîne de Mamon : Jésus libère

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Introduction

On peut parler d'argent à l'église et en parler bien. C'est ce que la série Dieu ou Mamon veut faire depuis plusieurs semaines à Momentum. On a vu que l'argent est un sujet spirituel. On a vu les deux pièges que Mamon tend : l'amour de l'argent et l'espoir dans l'argent. On a parlé de gratitude, de contentement, de simplicité.

Mais aujourd'hui, il faut aller plus loin. Dans Matthieu 6.25-34, Jésus met le doigt sur le vrai symptôme, celui qui trahit tous les problèmes d'argent : l'inquiétude. L'inquiétude de manquer, de ne pas avoir assez, de ne pas pouvoir donner à sa famille, de ne pas pouvoir gérer les imprévus. Cette inquiétude qui s'installe dans nos têtes, parasite nos pensées, et nous garde prisonniers.

Jésus veut te libérer de cette chaîne. Et il le fait avec une thèse qui va peut-être te déranger : pour lui, l'inquiétude n'est pas subie, elle est choisie.

Le plan de cet article

1. Tu as été créé pour plus que survivre

2. Dépendre de Dieu, pas contrôler ta vie

3. L'inquiétude, un vrai enjeu de foi

4. La clé pratique : chercher d'abord son royaume

1. Tu as été créé pour plus que survivre

Écoute comment Jésus commence : « C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » (Matthieu 6.25). Il vient de nous donner sa thèse pour tout le passage. Une phrase à ne surtout pas minimiser.

Nous, nous voyons l'inquiétude comme une agression, quelque chose qui nous tombe dessus et qu'il faut gérer. Pour Jésus, non. L'inquiétude n'est pas quelque chose que l'on subit, c'est quelque chose que l'on choisit. Ce n'est pas imposé de l'extérieur, c'est ce que tu t'imposes à toi-même.

Regarde à qui Jésus parle. Il ne s'adresse pas à une salle d'entrepreneurs à l'aise. Il parle à un peuple sous occupation romaine, écrasé sous les taxes, ceux-là mêmes qui viendront lui demander s'il faut payer l'impôt à César. Des gens qui galèrent, qui comptent leur budget, qui ne sont pas à l'aise. Et c'est à eux qu'il dit : arrêtez de vous inquiéter.

On s'imagine souvent qu'il existe une échelle, un seuil de revenus à partir duquel on serait tranquille. C'est faux. Les gens les plus à l'aise avec leurs finances ne sont pas les plus riches ; il y a presque un rapport inversement proportionnel. L'inquiétude ne se règle pas par plus d'argent.

Alors Jésus attaque la racine : ta vie vaut plus que la nourriture, ton corps plus que le vêtement. L'être humain n'a pas été créé pour survivre. Tu as été créé avec un but. Il suffit d'ouvrir les deux premières pages de la Bible pour le voir : tu as été créé pour être image de Dieu, pour le représenter, pour vivre une vie avec lui. En une phrase : tu as été créé pour glorifier Dieu.

La logique de Jésus derrière tout ça est simple : si Dieu t'a créé pour cela, il n'est pas un mauvais ingénieur. Si tu as besoin de manger, de boire, d'être vêtu pour vivre cette mission, il va s'en occuper. Bien souvent, ton inquiétude vient de ce que tu es tellement focalisé sur ta survie que tu en oublies que tu as été créé pour quelque chose de plus grand.

2. Dépendre de Dieu, pas contrôler ta vie

Jésus continue avec une étude de cas : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? » (Matthieu 6.26-27).

L'oiseau ne peut pas planifier comme toi. Il n'a pas le luxe de faire sa liste de courses, d'aller au supermarché et de remplir le frigo. Chaque jour, il est forcé de dépendre de Dieu. Chaque jour, il faut que Dieu lui ouvre les yeux sur les graines, les vers de terre, les frites tombées trop haut au McDo. L'oiseau est forcé de dépendre.

Voilà ce que Jésus dit : bien souvent, l'inquiétude vient de ce que tu cherches à contrôler tes besoins au lieu de dépendre de Dieu. Si tu comprends ça, tu as 90 % de la vie chrétienne dans une phrase : la vie chrétienne, c'est dépendre de Jésus-Christ.

Pourquoi ? Parce que Dieu veut prendre soin de ce qu'il a fait. Et regarde bien : ce n'est pas pour les oiseaux qu'il est mort à la croix. C'est pour toi. S'il est déjà capable de faire cela pour eux, tu imagines ce qu'il veut faire pour toi.

Ton inquiétude, ton besoin de contrôle, vient souvent d'une mauvaise compréhension de la relation que Dieu te propose. Tu te le représentes comme un maître dur, un roi lointain, un Dieu trop grand pour être accessible. Ces choses sont vraies, mais ce n'est pas la relation qu'il te propose. La relation qu'il t'offre, c'est celle d'un papa avec ses enfants. Regarde tes petits loulous courir partout : est-ce qu'un seul d'entre eux, en tant que parent, tu attends qu'il paie les factures ? Non. C'est ton job. Leur rôle à eux, c'est de dépendre de toi. Et tu aimes quand ils osent te demander des choses.

Pourquoi crois-tu que Jésus a mis dans le Notre Père ce simple « donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien » quelques versets avant celui-ci ? C'est l'application concrète. Si Dieu s'assure que chaque petit oiseau ait à manger, à combien plus forte raison veut-il s'assurer que toi, tu aies tout ce dont tu as besoin ? Ta vie a de la valeur pour Jésus-Christ. Il a mis sa valeur sur ta vie en choisissant de se sacrifier pour toi.

Un exemple personnel. Un frère de l'église raconte comment, étudiant en théologie aux États-Unis, il s'est retrouvé à vivre de pizzas surgelées et de nouilles instantanées. Au bout d'un moment, anémique, tout blanc, plus d'énergie. Un matin, devant le miroir, il dit simplement à Dieu : « Seigneur, c'est chaud, je ne sais pas comment je vais faire. » L'après-midi même, un camarade appelle : « Je suis au supermarché, tu as besoin de quelque chose ? » Une demi-heure plus tard, cet homme sonne à la porte avec deux sacs entiers, que de la viande. Il tombe à genoux. Il comprend à quel point Dieu voulait prendre soin de lui, et à quel point lui-même l'avait sous-estimé.

Jacques le dit dans son épître : parfois nous ne recevons pas parce que nous ne demandons pas. Ou nous ne demandons pas parce que nous cherchons à contrôler. Ou nous demandons pour de mauvaises raisons, pour plus de contrôle sur notre environnement, pas pour vivre en lien avec Dieu.

Attention : dépendre de Dieu ne veut pas dire être fainéant. Les oiseaux passent leurs journées à chercher à manger. Et Paul l'écrit aux Thessaloniciens : si tu ne travailles pas, tu ne manges pas non plus (2 Thessaloniciens 3.10). La question n'est pas là. La question, c'est : sur quoi tu fondes ton espérance, ta joie, ton sentiment de bien-être ? Si c'est sur Jésus-Christ, alors l'inquiétude te quittera.

3. L'inquiétude, un vrai enjeu de foi

Jésus enchaîne avec un deuxième exemple : « Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux » (Matthieu 6.28-29). Puis vient cette parole qui change le registre : « Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas à bien plus forte raison pour vous, gens de peu de foi ? » (Matthieu 6.30).

Ici, Jésus change de catégorie. La nourriture, c'est le quotidien. Le vêtement, à cette époque, c'est autre chose. Un habit était précieux : on n'en avait que quelques-uns dans toute sa vie, et on espérait pouvoir les transmettre à ses enfants. Un équivalent moderne serait ta maison, ta voiture. Les choses que tu ne veux surtout pas perdre. Cette dépendance à Dieu, elle ne concerne pas seulement les petites choses, elle vaut aussi pour les grandes.

Et Jésus fait une comparaison folle : il oppose de vulgaires fleurs des champs à Salomon, le roi le plus riche d'Israël, celui qui pouvait s'offrir tout ce qu'il voulait. Ce roi, au sommet de sa gloire, n'a jamais eu d'habit plus beau que ces fleurs. Salomon, avec tout son contrôle, n'a jamais atteint la splendeur des fleurs des champs. Dépendre de Dieu, c'est toujours la meilleure solution : c'est toujours ce qui t'amène dans du beau et du bon au-delà de ce que tu peux pourvoir toi-même.

Puis Jésus ajoute cette petite phrase qui change tout : « gens de peu de foi ». L'enjeu de fond, pour lui, est un enjeu de foi. L'inquiétude, ultimement, c'est un manque de foi. Voilà pourquoi c'est quelque chose de choisi et pas quelque chose de subi.

On confond souvent l'inquiétude avec l'anticipation, ou avec le fait d'être responsable. Jésus ne dit pas de vivre au hasard ni que planifier serait mal. Il t'invite à interroger la raison pour laquelle tu planifies. Si Dieu te permet de planifier, amen. Si les circonstances font que ce n'est pas possible, amen aussi. La question de fond : est-ce que la source de ta sécurité, c'est ton travail, ton mérite, tes ambitions, ou est-ce que c'est Jésus-Christ lui-même ?

Trois mensonges sabotent ta foi et te maintiennent dans l'inquiétude. Premier mensonge : Dieu ne te connaît pas vraiment. Il serait tellement grand qu'il ne saurait pas ce que tu traverses. C'est pour ça que l'incarnation est si importante. Jésus t'a créé (l'ingénieur connaît sa machine), mais il a aussi choisi de venir vivre notre vie. Quand il prononce ce discours, il n'est pas sur un trône : il est prédicateur itinérant, sans maison, dépendant de ceux qui le soutiennent en chemin. Il a une connaissance intellectuelle et expérimentale de ta condition. Si tu veux méditer là-dessus, lis le Psaume 139 : « Éternel, tu me sondes et tu me connais... Tu connais toutes mes voies. La parole n'est pas sur ma langue que déjà, Éternel, tu la connais entièrement. »

Deuxième mensonge : Dieu manque de compassion. C'est peut-être le mensonge le plus fréquent. Tu te dis : Dieu en a déjà fait assez, il est mort pour mes péchés, il m'a donné le Saint-Esprit et la vie éternelle, c'est déjà trop beau. Mais Jésus dira au chapitre suivant : « Qui de vous donnera une pierre à son fils qui lui demande du pain ? Ou, s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! » (Matthieu 7.9-11). Et Ésaïe 30.18 dit cette parole magnifique : « L'Éternel attend le moment de vous faire grâce ; il se lèvera pour vous manifester sa compassion. » Il n'a qu'une envie : c'est que tu viennes à lui.

Troisième mensonge : Dieu n'est pas au contrôle. Parfois, tu as l'impression que ton sort échappe à Dieu, que Satan lui-même serait plus fort que Christ. Blasphème. Colossiens 1.17 dit que c'est Christ qui tient l'univers ; s'il s'arrêtait de le tenir, tout s'écroulerait. Depuis l'Ascension, toute autorité au ciel et sur la terre lui a été donnée. C'est ce Dieu-là que tu sers.

4. La clé pratique : chercher d'abord son royaume

Tout cela est vrai, mais quand l'inquiétude arrive, ton cerveau n'a pas le temps de dérouler la théologie. Il te faut quelque chose de pratique. Jésus le donne : « Ne vous inquiétez donc pas, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine » (Matthieu 6.31-34).

Jésus t'invite à remplacer une chose par une autre. De la prison de l'inquiétude, tu passes à la priorité du royaume. Cherche d'abord le royaume, cela ne veut pas dire que le reste est méprisé, mais qu'il y a un ordre. Et la promesse qui suit est extraordinaire : Dieu va s'occuper de toi. Toutes ces choses te seront données par-dessus. Pas par mérite, pas parce que tu as été parfait, mais parce que Dieu veut s'occuper de toi.

La logique est celle d'un parent avec son enfant. Tu ne demandes pas à ton enfant de s'inquiéter du repas de midi ou du chauffage de sa chambre. Tu lui demandes d'obéir, de brosser ses dents, d'aller à l'école. Toi, tu t'occupes des courses, du travail, de la maison. C'est exactement ce que Dieu te dit : « Toi, occupe-toi de ma justice et de mon royaume ; moi, je m'occupe de ce dont tu as besoin. »

Chercher le royaume, c'est te décentrer de toi-même. Ce n'est plus « qu'est-ce que j'ai besoin ? » mais « qu'est-ce que Dieu veut que je fasse ? ». Bâtir son royaume, voir des vies sauvées et transformées, devient plus important que de bâtir ton petit château. Chercher le royaume, c'est décider que venir au culte compte plus qu'une révision. Que ton groupe de maison compte plus que ta flemme. Que ta croissance de disciple passe avant le confort.

Et la justice, dans Matthieu, ce n'est pas seulement être juste devant Dieu au sens légal. C'est vivre la vie que Dieu aime, ta sanctification. Sa justice, c'est le changement de ton cœur, plus important qu'un changement sur ton compte en banque. C'est investir dans ton ministère, pas seulement dans tes vacances.

Points à retenir

  • Tu as été créé pour plus que survivre. Tu as été créé pour glorifier Dieu, et si tu es fait pour cela, Dieu s'occupe du reste.
  • Dépendre de Dieu, ce n'est pas être fainéant ; c'est choisir sur quoi tu fondes ta sécurité. La chaîne de l'inquiétude vient d'un besoin de contrôle, pas d'un manque d'argent.
  • L'inquiétude est un enjeu de foi. Elle révèle des mensonges sur qui est Dieu : sa connaissance de toi, sa compassion, son contrôle.
  • La clé pratique : chercher d'abord le royaume et la justice de Dieu. Le reste sera donné par-dessus.
  • Quand l'inquiétude frappe à la porte de ton cœur, refuse-la au nom de Jésus-Christ et rappelle-lui combien ton Dieu est grand.

Application personnelle

  1. Sur quel besoin concret refuses-tu aujourd'hui de dépendre de Dieu et cherches-tu plutôt à tout contrôler ?
  2. Lequel des trois mensonges te touche le plus : Dieu ne me connaît pas, Dieu n'a pas compassion, Dieu n'est pas au contrôle ?
  3. Quelle décision concrète peux-tu prendre cette semaine pour mettre le royaume de Dieu avant une préoccupation matérielle ?
  4. À quand remonte la dernière fois où tu as osé faire connaître à Dieu un besoin financier très concret ?
  5. Est-ce que ton groupe de maison, ton culte, ta lecture de la Bible passent réellement avant les urgences apparentes de ta semaine ?

Versets cités

FAQ

L'inquiétude est-elle un péché selon Jésus ?

Jésus ne la traite pas comme une simple émotion subie, mais comme un choix qui trahit un manque de foi. En Matthieu 6, il commande de ne pas s'inquiéter et pointe le fait que l'inquiétude révèle où repose vraiment ta confiance : sur Mamon ou sur le Père céleste.

Comment concilier dépendre de Dieu et être responsable financièrement ?

Dépendre de Dieu n'est pas être fainéant. Les oiseaux passent leur journée à chercher leur nourriture, et Paul rappelle en 2 Thessaloniciens 3.10 que celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus. La vraie question, c'est la source : est-ce que ton espérance et ta sécurité reposent sur ton travail ou sur Jésus-Christ ?

Que veut dire concrètement chercher d'abord le royaume de Dieu ?

C'est mettre l'œuvre de Dieu, ta sanctification, ton groupe de maison et la mission avant tes propres priorités matérielles. C'est décider que ton culte compte plus qu'une révision, que ta croissance de disciple compte plus que ta flemme, et que le changement de ton cœur compte plus que ton compte en banque.

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