Introduction
Une pièce de monnaie trouvée dans la bouche d'un poisson. Pendant ses études, Jago Wynne était persuadé que ce miracle n'existait pas dans la Bible. Il l'avait même affirmé à un ami athée qui le citait comme preuve que l'on ne peut pas tout croire de l'Écriture. Il se trompait : l'épisode se trouve à la fin de Matthieu 17.
Jago Wynne dirige Holy Trinity Clapham, à Londres, où il occupe l'équivalent d'un poste de pasteur principal. Ce message est le cinquième d'une série de huit sur la manière dont Jésus a formé Pierre comme disciple, à travers les épisodes que Matthieu rapporte entre les chapitres 14 et 19.
Le récit tient en quatre versets (Matthieu 17:24-27). La question n'est pas tant de savoir ce qui se passe, c'est assez clair, mais pourquoi Jésus accomplit un miracle aussi étrange. Le prédicateur y trouve un réconfort profond et un défi très concret.
Plan du message
1. Écouter Jésus en écoutant la Bible
- Au début de Matthieu 17, sur la montagne de la transfiguration, une voix sort de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le ! » (Matthieu 17:5).
- Une trentaine d'années plus tard, dans sa deuxième lettre, Pierre revient sur cet épisode (2 Pierre 1:16-21). Il explique à ses lecteurs que nous ne pouvons plus écouter Jésus physiquement, mais que nous l'écoutons à travers l'Écriture.
- Tant de voix réclament notre attention aujourd'hui. Le seul moyen d'entendre la voix de Jésus haut et clair, « comme au mégaphone », c'est de l'écouter dans la Bible.
- Avant la lecture, le pasteur prie pour trois provisions : la protection spirituelle, les finances dont l'Église a besoin et des « oreilles qui écoutent ».
2. Un miracle étrange, mais bien dans la Bible
- À Capernaüm, ceux qui perçoivent l'impôt des deux drachmes pour le temple demandent à Pierre si son maître le paie. Pierre répond que oui.
- Dans la maison, Jésus explique qu'ils n'ont pas à le payer, mais qu'ils le paieront quand même pour ne pas scandaliser.
- Pour trouver l'argent, il envoie Pierre au bord de la mer : le premier poisson pêché aura dans la bouche un statère, une pièce de quatre drachmes.
- « Ce miracle, aussi étrange qu'il paraisse, est dans la Bible. » On peut être perplexe sur le pourquoi, mais le résumé est simple : Jésus pourvoit miraculeusement aux besoins de Pierre.
3. Jésus peut pourvoir à tes besoins
- Il n'y a rien de mal à demander à Jésus, dans la prière, de pourvoir à nos besoins. On ne peut pas garantir une provision miraculeuse, mais on peut la demander, et parfois Jésus y répond.
- Cet été, la famille du pasteur, quatre enfants, avait reçu le prêt gratuit d'une maison dans le sud de la France pour deux semaines. Mais leurs comptes étaient presque vides, et la seule location d'une voiture de sept places coûtait 1 000 livres.
- Avec sa femme, il a prié sans trop savoir à quoi s'attendre. Deux jours plus tard, un groupe de personnes leur a offert une somme importante pour leurs 25 ans de mariage. Elle a couvert pour l'essentiel tous les frais des vacances.
4. Jésus est le Fils exempt
- À Londres, les plus de 60 ans voyagent gratuitement dans les transports publics grâce au « freedom pass ». Ils sont exemptés.
- Jésus demande à Pierre : « Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des tributs ou des impôts ? de leurs fils, ou des étrangers ? » Pierre répond : « Des étrangers. » (Matthieu 17:25-26).
- On n'imagine pas le prince William et la princesse Kate faire la queue et payer leur billet pour visiter Buckingham Palace. Les enfants du roi sont exemptés.
- Cet impôt sert à l'entretien de la maison de Dieu, le temple. Le propre Fils de Dieu n'a donc pas à le payer.
5. Jésus a payé pour que tu sois exempt toi aussi
- Malgré son exemption, Jésus paie pour lui et pour Pierre. Un petit calcul suffit : l'impôt est de deux drachmes, la pièce en vaut quatre. Elle paie pour deux personnes.
- Juste avant, Jésus vient d'annoncer sa mort (Matthieu 17:22-23). Avec la pièce, il paie ce que Pierre devait pour le temple. À la croix, il paie ce que nous devions tous pour notre péché.
- Comment savoir que le miracle pointe vers la croix ? Cet impôt annuel avait été institué au temps de Moïse (Exode 30:11-16). Chaque personne devait le payer comme rançon pour sa vie, parce que chacun avait un péché à expier.
- L'impôt du temple soulignait le besoin d'expiation. La croix est le lieu où cette expiation a réellement eu lieu. Jésus, le seul homme sans péché, paie pour toi de sa propre vie.
- Jésus dit « les fils en sont donc exempts » (Matthieu 17:26), au pluriel. Si tu te confies dans sa mort, tu peux dire : « Je ne dois rien, et je ne devrai jamais rien pour mon péché, passé, présent et futur. » Tu as un « freedom pass » pour la vie et pour l'éternité.
6. Un enfant qui tient la main de son Père
- Être chrétien, ce n'est pas seulement un statut légal (être dispensé de payer pour son péché). C'est aussi un statut familial : tu es enfant de Dieu et tu peux l'appeler Père.
- À 20 mois, en vacances en Cornouailles, sa fille aînée adorait la mer. Sur la plage, elle pointait le doigt vers l'eau et courait droit dans les vagues. Son père courait derrière elle, lui prenait la main, et ils entraient dans l'eau ensemble.
- Elle ne savait pas nager, les vagues étaient bien plus grandes qu'elle, mais elle n'avait pas peur : elle savait que son père l'aimait et prenait soin d'elle.
- À 20 ans, elle sait que son père ne peut pas toujours la protéger et qu'il fait des erreurs. Mais elle voit dans cette relation une image de sa relation avec son Père céleste, qui prend soin d'elle parfaitement et lui permet d'avancer avec courage.
- Quelle que soit ta relation avec ton père terrestre, même si elle a été difficile ou douloureuse, tu peux connaître en Jésus la merveille d'appeler Dieu ton Père et de tenir sa main tout au long de ta vie. C'est le réconfort de ce passage.
7. Ne pas être une pierre d'achoppement
- Le défi se trouve au début du verset 27 : « Mais, pour ne pas les scandaliser. » Le mot désigne littéralement une pierre d'achoppement.
- C'est le même mot que Jésus a employé envers Pierre quand celui-ci voulait l'éloigner de la croix : « Arrière de moi, Satan ! tu m'es en scandale » (Matthieu 16:23).
- Jésus ne voulait pas qu'on puisse dire qu'il ne respectait pas les règles. Et il dit « nous » : il voulait que Pierre partage le même souci de ne bloquer personne sur le chemin de Dieu.
- Y a-t-il quelque chose dans ta manière de vivre qui fait dire aux autres : « Si les chrétiens sont comme ça, je ne veux rien avoir à faire avec eux » ? L'hypocrisie, le manque d'amour, une vie qui ne se distingue en rien ?
- L'obstacle, c'est peut-être simplement de ne jamais parler de cette exemption. L'équipe de l'Église repère en un instant les burgers ou les bonbons distribués gratuitement dans le quartier et prévient tout le monde. Sommes-nous aussi rapides pour parler de l'exemption bien plus glorieuse du prix de notre péché, ou pour inviter quelqu'un à un parcours Alpha ?
- Neuf ans après l'université, en préparant une prédication sur Matthieu 17, le pasteur a découvert que le miracle existait bien. Il a invité son ami athée au pub pour s'excuser. Celui-ci l'a rassuré, s'est excusé à son tour de ses questions hostiles, puis lui a annoncé qu'il était devenu disciple de Jésus et qu'il allait être baptisé quelques semaines plus tard.
- « Je n'avais pas toutes les réponses. Je ne savais même pas ce qu'il y avait dans la Bible. Mais Dieu s'est servi de moi dans ma faiblesse, comme d'un petit maillon de ce qui l'a conduit à la foi. » Nous sommes bien plus souvent des pierres d'achoppement par manque de courage que par manque de sagesse.
Points à retenir
- On écoute Jésus aujourd'hui en écoutant la Bible : c'est là qu'on entend sa voix haut et clair.
- Tu peux demander à Jésus de pourvoir à tes besoins. Il ne garantit pas le miracle, mais il peut répondre et il répond parfois.
- Jésus, le Fils exempt, a payé à la croix ce que tu devais pour ton péché, comme la pièce du poisson a payé pour lui et pour Pierre.
- En Jésus, tu es un enfant exempt : tu ne dois plus rien, et tu peux appeler Dieu ton Père.
- Le plus grand obstacle à la foi des autres est souvent notre manque de courage pour parler de cette bonne nouvelle.
Application personnelle
- Parmi toutes les voix qui t'appellent, quelle place laisses-tu cette semaine à celle de Jésus dans la Bible ?
- Quel besoin concret peux-tu confier à Jésus dans la prière, sans exiger la forme de sa réponse ?
- Vis-tu comme quelqu'un qui ne doit plus rien pour son péché, ou portes-tu encore une dette que Jésus a déjà payée ?
- Qu'est-ce qui change dans ta manière d'affronter les vagues de la vie quand tu te sais enfant d'un Père qui te tient la main ?
- Quelle personne de ton entourage pourrait entendre parler de cette exemption si tu trouvais le courage de lui en parler ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi Jésus paie-t-il l'impôt du temple alors qu'il en est exempt ?
Jésus explique que les rois ne font pas payer l'impôt à leurs fils : comme Fils de Dieu, il n'a pas à payer l'impôt de la maison de son Père. Il le paie pourtant « pour ne pas les scandaliser » (Matthieu 17:27). Pour Jago Wynne, Jésus ne voulait pas qu'on puisse dire qu'il ne respectait pas les règles, et devenir ainsi un obstacle pour ceux qui pourraient venir à Dieu.
En quoi la pièce dans la bouche du poisson annonce-t-elle la croix ?
L'impôt de deux drachmes, institué au temps de Moïse (Exode 30:11-16), servait de rançon pour chaque personne. Le statère trouvé dans le poisson vaut quatre drachmes : il paie pour Jésus et pour Pierre. Juste avant, Jésus vient d'annoncer sa mort (Matthieu 17:22-23). À la croix, il paie ce que nous devions pour notre péché.
Que veut dire être un enfant « exempt » de Dieu ?
Jésus dit « les fils en sont donc exempts » (Matthieu 17:26), au pluriel. Si tu te confies dans la mort de Jésus, tu ne dois plus rien pour ton péché, passé, présent et futur. Ce n'est pas seulement un statut légal : c'est aussi un statut familial. Tu peux appeler Dieu ton Père et tenir sa main tout au long de ta vie.