Introduction
« Comment dirais-tu que ta relation avec Dieu se porte en ce moment ? » C'est par cette question que Joshua Gibbs, prédicateur invité à Grove Hill Evangelical Church, ouvre son message sur Genèse 15. Peut-être que tout va bien, et c'est une raison de remercier Dieu. Mais peut-être aussi que tu es conscient de tes échecs, que tu luttes avec le péché, que tu doutes ou que tu te sens simplement las. Tu coches peut-être toutes les cases à l'extérieur, mais tu as du mal à te tourner vers Dieu comme vers ton Père.
Le prédicateur le reconnaît : « Il y a des moments dans nos vies où les immenses promesses de Dieu rencontrent des circonstances parfois très sombres, et cela produit le doute. » C'est exactement ce que vit Abram. Au chapitre 12, Dieu lui a promis le pays de Canaan et une descendance nombreuse. Rien ne s'est encore réalisé.
Or, ajoute-t-il, Dieu nous a fait des promesses plus grandes encore : venir à lui quoi que nous ayons fait, être pardonnés et acceptés, rien ne pouvant nous séparer de son amour, un avenir glorieux et assuré. Dans Genèse 15, il voit deux grandes raisons de continuer à se fier à ces promesses : tu peux te fier au Dieu qui peut faire l'impossible (versets 1 à 6), et tu peux te fier au Dieu qui met sa vie en jeu (versets 7 à 21). Les deux sections suivent le même mouvement : Dieu répète sa promesse, Abram doute, puis Dieu confirme et renforce sa promesse.
Plan du message
1. Dieu répète sa promesse
- Dieu a demandé à Abram de quitter le confort de sa maison et de sa famille. À 75 ans, avec une femme stérile, Abram a fait un pas de foi. Mais au chapitre 15, il n'est pas plus près de voir la promesse s'accomplir, et il semble craindre que Dieu l'ait oubliée.
- C'est dans cette crainte que la parole de l'Éternel vient à lui : « Abram, ne crains point ; je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande » (Genèse 15:1).
- Malgré le délai, Dieu n'a pas oublié. Et il en va de même pour nous : nous pouvons regarder nos vies et nous demander si Dieu a oublié ses promesses, mais il ne les a pas oubliées, et il veut que nous en soyons sûrs.
2. Abram doute, et il le dit à Dieu
- Les premières paroles d'Abram à Dieu dans la Genèse sont une question : « Seigneur Éternel, que me donneras-tu ? Je m'en vais sans enfants ; et l'héritier de ma maison, c'est Éliézer de Damas » (Genèse 15:2).
- La promesse lui paraît si impossible qu'il a prévu un plan de secours : léguer son héritage à un serviteur. Le prédicateur trouve rassurant que même Abram, que le Nouveau Testament regarde comme le modèle de la foi, ait des questions et des doutes : « Parce que j'en ai aussi. »
- Abram ne se replie pas sur lui-même et ne fuit pas Dieu. Il se soumet avec respect, en l'appelant « Seigneur Éternel », et il lui confie honnêtement ses craintes. C'est un modèle pour nous.
- Joshua Gibbs cite un auteur : « Même nos pensées de doute et nos sentiments coupables sont mieux exposés devant le regard plein de grâce du Seigneur que nourris en secret dans nos cœurs. » Les doutes viendront. L'important est ce que nous en faisons.
3. Dieu confirme sa promesse : le Dieu qui a fait les étoiles
- Dieu ne recule pas. Il ne dit pas : « Désolé, j'étais distrait. » Il confirme : « Ce n'est pas lui qui sera ton héritier, mais c'est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier » (Genèse 15:4). Dieu ne promet pas trop pour livrer trop peu, comme nous.
- Il ne reprend pas Abram et ne lui dit pas « comment oses-tu me questionner ? ». Il le rejoint dans ses doutes et lui donne l'assurance dont il a besoin. Dieu n'est jamais choqué par ce que nous pensons : il connaît déjà nos cœurs.
- Nous croyons souvent le même mensonge qu'Ève dans le jardin d'Éden : « Dieu a-t-il réellement dit ? » (Genèse 3:1). Et Dieu nous rassure, comme il rassure Abram.
- « Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. […] Telle sera ta postérité » (Genèse 15:5). On estime qu'il y aurait de l'ordre de mille à deux mille milliards de milliards d'étoiles. Quatre mille ans plus tard, malgré toute la science, nous effleurons à peine la surface.
- Si le prédicateur emmenait quelqu'un dehors par une nuit claire en lui promettant une livre pour chaque étoile visible, ce serait un vœu pieux. Ce qui change tout, c'est ce que la Genèse a déjà dit, presque en passant : Dieu « fit aussi les étoiles » (Genèse 1:16). Un fils pour un homme âgé et une femme stérile semble impossible, mais pas pour celui qui a créé plus d'étoiles qu'on ne peut en compter.
4. Abram croit, et la justice lui est imputée
- La phrase suivante est peut-être encore plus folle : « Abram eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice » (Genèse 15:6). Un homme incapable d'avoir des enfants entend qu'il aura autant de descendants que d'étoiles, et il le croit.
- Pour expliquer cette idée d'imputation, Joshua Gibbs, qui travaille depuis peu dans une école et se dit « nul en maths », imagine qu'il passe un test de maths avec une élève. Elle obtient la note parfaite, lui échoue complètement. Juste avant la correction, elle échange les copies. Il n'a rien fait pour mériter la note, mais le mérite de son travail lui revient.
- Abram n'était pas irréprochable : il a menti, il a fait passer sa propre sécurité avant celle de sa femme, il s'est appuyé sur d'autres choses que Dieu. Pourtant, quand il croit la promesse, Dieu lui impute la justice.
- Paul reprend ces versets : « ce n'est pas à cause de lui seul qu'il est écrit que cela lui fut imputé ; c'est encore à cause de nous, à qui cela sera imputé, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur » (Romains 4:23-24). Nous continuons de pécher et de vaciller comme Abram, mais la justice parfaite de Jésus est portée à notre compte.
- À celui qui n'est pas chrétien, le prédicateur dit : tout ce que Dieu te demande, c'est de te confier en lui, et une justice parfaite sera portée à ton compte. Nous pouvons en être sûrs parce que Jésus est réellement mort et réellement ressuscité.
5. Une alliance scellée entre les animaux partagés
- Dieu répète sa promesse du pays (verset 7), et Abram doute encore : « Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai ? » (verset 8). Il vient de croire l'impossible et il a encore besoin d'être rassuré. Pour le prédicateur, c'est encourageant : Dieu ne nous rejette pas quand notre foi monte et descend.
- Nous faisons de même. Dieu nous promet que nos souffrances, si douloureuses soient-elles, nous préparent un poids éternel de gloire (2 Corinthiens 4:17). Mais nous ne voyons pas encore cette demeure, et continuer comme chrétien, servir les autres et combattre le péché jour après jour peut être épuisant.
- Vient alors la partie « étrange » : une génisse, une chèvre, un bélier, une tourterelle et une jeune colombe, coupés en deux et disposés face à face (versets 9 et 10). « J'aime les barbecues autant que n'importe qui, mais ce n'est pas tout à fait ce que j'avais en tête. »
- Le prédicateur compare la scène à un mariage : une promesse est faite (« jusqu'à ce que la mort nous sépare »), puis un symbole visible la confirme, les alliances. Ici, la promesse est au verset 18, et le symbole au verset 17 : une fournaise fumante et des flammes passent entre les animaux partagés.
- Jérémie 34:18-20 explique la coutume : ceux qui ne tiennent pas l'alliance seront traités comme le veau coupé en deux entre les morceaux duquel ils ont passé, et leurs cadavres deviendront la pâture des oiseaux. Passer entre les morceaux, c'est dire : « Si je ne tiens pas cette promesse, que je finisse comme ces animaux. » C'est la promesse la plus sérieuse qui soit.
6. Une promesse que les Israélites pouvaient reconnaître
- Les premiers lecteurs de la Genèse sont les descendants d'Abram, les Israélites au désert. Ils attendent encore le pays promis et doutent que Dieu les aide à le prendre aux peuples redoutables qui l'habitent.
- Ils entendent Dieu annoncer à Abram qu'ils seront esclaves, puis que la nation sera jugée et qu'ils sortiront avec de grandes richesses (versets 13 et 14). Pour une génération dont le dos porte encore les marques du fouet de l'Égypte, les ténèbres épaisses du verset 12 rappellent la servitude. La promesse de l'Exode s'est accomplie : quand Dieu promet, il tient parole.
- La fournaise fumante et les flammes leur rappellent la manière dont Dieu s'est manifesté à eux dans le désert. « Si c'était un film, le thème musical de l'Exode commencerait à jouer doucement en arrière-plan. »
- La liste des peuples et les frontières précises des versets 18 à 21 leur donnent confiance. C'est un peu comme si Dieu nous disait : « Je vous donne tout Londres, tout ce qui est à l'intérieur du M25. » Les Israélites tremblent devant les géants du pays, même les Jébusiens, et Dieu les nomme un par un en disant qu'il leur donnera ce pays. Le prédicateur souligne la gravité de ces paroles : « Dieu lui-même dit : si je ne tiens pas cette promesse, ce sera la mort de Dieu. » Et il l'a tenue : ils se sont établis dans le pays.
7. Abram dormait : Dieu fait tout, jusqu'à la croix
- On nous dit souvent à l'Église que Dieu nous aime, mais comment le savoir quand on traverse des problèmes de santé physique ou mentale, des relations difficiles ou des soucis d'argent ? Le prédicateur raconte qu'une femme lui a dit récemment : « Jésus ne m'a pas aidée depuis des années. Chaque fois que je l'appelle, la ligne est occupée. » Il avoue se sentir parfois ainsi, et il évoque l'église qui l'accueille et qui prie pour un nouveau pasteur : quand Dieu semble ne pas répondre, même à des prières évidemment bonnes, on doute facilement de son amour.
- En passant entre les animaux, Dieu ne pouvait pas rendre son amour plus clair, à moins de devenir homme et de souffrir réellement pour nous. « Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5:8). Dieu ne se contente pas de dire qu'il nous aime, il le prouve.
- Devant le Fils de Dieu sur la croix, « c'est comme si Dieu nous criait : Je t'aime. Tu es mon fils, tu es ma fille. Je ne te lâcherai jamais. Je vais te conduire jusqu'au bout. »
- Et notre péché ? Dans un mariage, deux personnes font des vœux. Ici, que fait Abram au verset 17 ? Rien du tout, il n'est même pas mentionné. Le verset 12 l'explique : il est plongé dans un profond sommeil. Dieu agit comme un époux abandonné à l'autel qui décide de prononcer tous les vœux quand même : « J'aimerais mieux être mis en pièces comme un animal que de renoncer à ma relation avec toi. »
- Pour notre salut, nous n'apportons rien. Si tu penses que Dieu a de la chance de t'avoir dans son équipe, ce passage te corrige. Si tu te sens inutile, accablé par les épreuves et par le péché, la bonne nouvelle est que tu n'as qu'à faire la queue juste derrière Abram. Jésus promet : « je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (Jean 6:37).
Points à retenir
- Le doute n'est pas une fin : comme Abram, tu peux le dire honnêtement à Dieu, qui te rejoint là où tu en es.
- Dieu ne revient pas sur ses promesses : il les répète et les confirme, même quand leur accomplissement tarde.
- Tu peux te fier au Dieu qui peut faire l'impossible : celui qui a fait les étoiles impute la justice de Jésus à ceux qui croient.
- Tu peux te fier au Dieu qui met sa vie en jeu : seul, il est passé entre les morceaux, et à la croix il est réellement mort pour tenir sa promesse.
- Pour ton salut, tu n'apportes rien. Dieu fait tout, et il ne met pas dehors celui qui vient à lui.
Application personnelle
- Comment dirais-tu que ta relation avec Dieu se porte en ce moment, honnêtement ?
- Quels doutes nourris-tu en secret au lieu de les exposer devant le regard plein de grâce du Seigneur ?
- Quelle promesse de Dieu te paraît aujourd'hui impossible à tenir, et que change pour toi le fait qu'il a créé les étoiles ?
- Quand Dieu semble ne pas répondre à tes prières, vers quoi tournes-tu ton regard pour être sûr de son amour ?
- Penses-tu parfois apporter quelque chose à ton salut, ou au contraire n'avoir rien à offrir ? Comment l'image d'Abram endormi te parle-t-elle ?
Versets cités
- Genèse 15
- Genèse 12:1-4
- Genèse 3:1
- Genèse 1:16
- Romains 4:23-24
- 2 Corinthiens 4:17
- Jérémie 34:18-20
- Romains 5:8
- Jean 6:37
Questions fréquentes
Abram a-t-il eu tort de douter des promesses de Dieu ?
Joshua Gibbs trouve rassurant que même Abram, que le Nouveau Testament présente comme un modèle de foi, ait eu des questions. Abram ne fuit pas Dieu : il l'appelle « Seigneur Éternel » et lui confie honnêtement son inquiétude. Dieu ne le reprend pas, il le rejoint là où il est et confirme sa promesse.
Que signifie « l'Éternel le lui imputa à justice » en Genèse 15:6 ?
Abram n'était pas irréprochable, mais quand il croit la promesse, Dieu porte la justice à son compte. Le prédicateur compare cela à une copie d'examen parfaite échangée contre la sienne. Paul reprend ce verset en Romains 4 : Dieu impute aussi la justice à ceux qui croient en celui qui a ressuscité Jésus.
Pourquoi Abram coupe-t-il des animaux en deux en Genèse 15 ?
C'est un rite d'alliance expliqué en Jérémie 34 : ceux qui passaient entre les morceaux disaient « si je ne tiens pas ma promesse, que je finisse comme ces animaux ». Ici, seul Dieu passe entre les morceaux, sous la forme d'une fournaise fumante et de flammes, pendant qu'Abram dort. Dieu engage sa vie, Abram n'apporte rien.