Jean 8 : Jésus et la femme adultère, va et ne pèche plus

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Introduction

La dernière fois, Jean-Marie Ribay avait parlé de Jésus et de l'impôt dû à César, une première « question piège » posée par ses opposants pour le faire tomber. Ce message en est le deuxième volet, avec une autre question piège : celle de la femme surprise en adultère, en Jean 8.1-11.

Le prédicateur prend le texte et le déroule « petit à petit », verset après verset. Il montre un piège sans issue, une loi que personne n'appliquait vraiment, la sagesse de Jésus, des consciences touchées sans un seul reproche, et une femme renvoyée avec une parole qui l'engage : « Va, et ne pèche plus. »

Il met aussi en garde contre une lecture trop rapide de ce récit. Jésus ne dit pas que le péché n'est pas grave. Il ouvre un chemin vers la repentance.

Plan du message

1. Jésus enseigne dans le temple

  • Jésus passe la nuit à la montagne des oliviers, puis revient au temple dès le matin. Tout le peuple vient à lui. « S'étant assis, il les enseignait » (Jean 8:2).
  • Le temple, à Jérusalem, c'est toute l'enceinte : le sanctuaire, mais aussi les cours extérieures. Jésus est sans doute assis dans la cour des femmes.
  • Il ne discute pas simplement de théologie comme chacun pouvait le faire. Il est assis et il enseigne : il est dans la position du maître, du rabbi.
  • Les scribes et les pharisiens amènent alors une femme surprise en flagrant délit d'adultère. Le prédicateur relève ce qui est « tout à fait anormal » : elle est seule. Où est l'autre protagoniste ? Et le mari, on ne semble pas beaucoup le prendre en considération.
  • Ils la placent « au milieu ». Ce n'est pas un hasard : ils ne viennent pas consulter Jésus dans un coin, ils veulent le confronter devant l'opinion de la foule. La femme est « livrée en spectacle ». Et quand ils l'appellent « Maître », il est difficile de ne pas entendre la pointe d'hypocrisie.

2. Une question piège

  • « Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? » (Jean 8:5). Les manuels de théologie appellent cela une question « captieuse ».
  • La loi de Moïse n'est pas un simple règlement. C'est la parole de Dieu transmise à Moïse. Dire « la loi de Moïse », c'est dire « Dieu a dit » : une autorité totale.
  • Le « nous a ordonné » est un avertissement : ici, aujourd'hui, avec cette femme, tu ne peux pas trouver d'échappatoire. Et dans « de telles femmes », il y a « tout leur mépris » pour elle et pour les pécheurs en général.
  • Ce n'est pas un procès officiel. Personne n'a de mandat, la femme n'est pas un prévenu, et elle repartira libre. Jean le dit : « Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser » (Jean 8:6). La femme n'est qu'un prétexte, elle est manipulée.
  • La question est binaire. Si Jésus dit non, il s'oppose frontalement à la loi de Moïse, donc à Dieu. Il devient un rebelle, et il sera facile de le discréditer.

3. Une loi qui n'était plus appliquée

  • Si Jésus dit oui, c'est inacceptable pour le peuple. Selon le prédicateur, depuis fort longtemps, on ne lapidait personne pour adultère. La femme n'était donc pas réellement menacée d'être lapidée dans l'heure, et les Juifs, sous l'Empire romain, n'avaient pas le droit de condamner à mort : même pour Jésus, il a fallu aller trouver Pilate.
  • Il y avait des prostituées en Israël. Jésus dit aux pharisiens que les publicains et les prostituées les devanceront dans le royaume de Dieu (Matthieu 21:31-32). Luc 7:37-39 parle d'une femme pécheresse, qui n'était pas lapidée.
  • Joseph, apprenant que Marie était enceinte, se propose de rompre secrètement avec elle parce qu'il ne veut pas la diffamer (Matthieu 1:19). Le texte ne dit pas qu'il voulait lui éviter la lapidation.
  • Sous le roi Josias, on retrouve « presque fortuitement » le livre de la loi dans la maison de l'Éternel (2 Rois 22:8). Puis aucune Pâque pareille n'avait été célébrée depuis le temps des juges (2 Rois 23:21-23). Pendant des siècles, ce point central de l'année religieuse n'a pas été vécu.
  • Le repos de la terre une année sur sept n'a jamais été observé non plus : 490 ans, soit 70 années de sabbat, la durée de l'exil à Babylone. Pierre le reconnaît : un joug « que ni nos pères ni nous n'avons pu porter » (Actes 15:10).
  • Le prédicateur en tire une mise en garde pour ceux qui reviennent aux lois de l'ancienne alliance pour se sanctifier. On choisit quelques fêtes, on laisse le reste : « ça n'a pas de sens. » Revenez à Jésus, « parce que c'est lui qui a accompli tout ça ».
  • Le piège se referme : s'il dit non, il est contre la loi ; s'il dit oui, on découvre un homme « dur, sévère, impitoyable », et tout son caractère de compassion disparaît.

4. La sagesse de Jésus

  • Jésus se baisse et écrit avec le doigt sur la terre. Ce qu'il écrit n'est pas dit, donc ce n'est pas fondamental : « si ça avait été nécessaire à la compréhension de cette histoire, Jean nous l'aurait dit. » Jésus prend de la distance, il n'est pas leur consultant.
  • Le prédicateur rappelle que les tables des dix commandements ont été écrites par le doigt de Dieu (Exode 31:18). On oppose la loi à Jésus, et lui aussi écrit de son doigt.
  • Lis les commandements un à un : il est difficile de se sentir étranger. On n'a peut-être tué personne dans les actes, mais peut-être en paroles, ou dans les intentions. « Et Dieu, il regarde le dedans. »
  • Ils insistent, ils ne veulent pas « lâcher leur proie ». Jésus se relève et leur fait face : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle » (Jean 8:7).
  • Cette parole reconnaît que la femme est coupable et qu'elle mérite la condamnation de la loi. Au XXIe siècle, on esquive souvent ce point pour aller directement au « je ne te condamne pas non plus ».
  • Est-ce choquant ? Nos critères pour en juger sont humains : nous sommes « juge et partie ». Le péché a tout imprégné, l'esprit, les sentiments, la volonté. « Les pécheurs ne peuvent pas juger du péché. » Dieu seul est saint, lui seul sait ce que le péché mérite vraiment.
  • Personne n'est sans péché. Dès le premier commandement, aimer l'Éternel de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, « on est cuit ». Le dernier, « tu ne convoiteras pas », presque pas un jour ne passe sans qu'on le transgresse. Et Jésus a enseigné que celui qui désire la femme d'un autre a déjà commis l'adultère dans son cœur (Matthieu 5:28).
  • Jésus ne condamne pas ici tout exercice de la justice humaine. C'est un cas particulier, avec des accusateurs de mauvaise foi. Il se baisse de nouveau : pour lui, le dialogue est fini.

5. La retraite des accusateurs

  • « Accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers » (Jean 8:9). Pour le prédicateur, c'est presque le centre de l'histoire.
  • Jésus n'a accusé personne. Il n'a apporté ni enseignement ni reproche. « C'est leur conscience. » Ce miracle est aussi fantastique que Jésus marchant sur l'eau à trois heures du matin dans la tempête : « C'est le Saint-Esprit qui marche sur leur conscience. »
  • Le Saint-Esprit convainc le monde de péché, de justice et de jugement (Jean 16:8). Une accusation reste une accusation. Quand c'est le Saint-Esprit qui convainc, « c'est totalement différent ».
  • Demande dans la rue si les gens sont pécheurs : beaucoup répondront oui, mais « si tout le monde était comme moi, le monde se porterait mieux ». Ils le savent de façon cognitive, mais ils ne sont pas convaincus de péché.
  • « Défrichez-vous un champ nouveau » (Jérémie 4:3). Au milieu d'un champ fertile, le petit chemin piétiné ne porte jamais de fruit, alors que sa terre est la même qu'à un mètre de là. Certaines consciences sont ainsi : il faut les labourer.
  • Le prédicateur raconte sa conversion : il avait une assez bonne opinion de lui-même, « un type imbuvable », mais content. Quand l'Esprit de Dieu lui a montré qui il était, il a été « laminé, pulvérisé ». Personne ne l'avait accusé. Depuis, il ne veut plus piétiner sa conscience.
  • Grands pécheurs et petits pécheurs, vieux et jeunes, ils sont tous rentrés chez eux la tête basse. Le matin, ils étaient tranquilles. « Comment quelqu'un pourrait être sauvé sans accepter d'abord de concevoir qu'il est perdu ? » Si tu tends une échelle à quelqu'un au fond d'un puits, il faut qu'il admette qu'il y est.
  • Jésus n'est pas tombé dans un autre piège : faire de cette scène une polémique pour avoir le dernier mot. Il a respecté des gens qui ne respectaient rien. Ils sont repartis avec la conviction d'avoir un problème, « un progrès extraordinaire » : une base pour se repentir.

6. L'avenir de cette femme

  • Jésus se relève pour lui parler. Il la traite avec respect. « Jésus te respecte dans quelque situation que tu es. » Il te parle seul à seul, parce que tu n'es pas un numéro : Dieu veut faire de toi un enfant de Dieu.
  • « Femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Personne ne t'a-t-il condamnée ? » (Jean 8:10). Ce n'est pas une vraie question : elle souligne que les accusateurs se sont reconnus coupables.
  • Elle est soulagée et reconnaissante. Les pharisiens auraient pu lui rendre la vie impossible. Mais au fond, on ne sait rien d'elle. Elle n'est pas venue d'elle-même, ce n'est pas elle qui cherchait Jésus.
  • « Je ne te condamne pas non plus. » Condamner peut vouloir dire désapprouver, ou prononcer une sentence. Jésus a déjà dit qu'elle méritait la peine de la loi. Mais il n'est pas venu pour exécuter la sentence : il est venu pour que sa grâce nous fasse sortir du fond du trou.
  • Jésus ne dit pas « je te pardonne », ni « ta foi t'a sauvée ». Elle n'est venue avec aucune étincelle de repentance. Il ne lui donne pas un pardon « gratuit, arbitraire », il la met sur la bonne voie, la même que ses accusateurs.
  • « Va, et ne pèche plus » (Jean 8:11). Tout est dans le ton, que l'écrit ne transmet pas, et le prédicateur ne croit pas que Jésus l'ait dit durement. Il est sûr que cette rencontre a déclenché en elle « une recherche différente ».

7. L'impact de cette histoire

  • Ce récit a souvent dérangé. C'est sans doute pour cela, dit le prédicateur, qu'il ne figure pas dans certains manuscrits.
  • On s'en est servi pour banaliser le pardon ou dédramatiser le péché, l'adultère en particulier. Ce n'est pas ce que dit le texte. Il montre la volonté de Dieu de pardonner, « mais pardonner avec la repentance ».
  • Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se repente et qu'il vive (Ézéchiel 33:11). Jésus commence son ministère en disant « Repentez-vous » (Matthieu 4:17). « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également » (Luc 13:3). Dieu a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice (Actes 17:30-31).
  • Le prédicateur lance « un appel aux consciences » : ne pas comprendre ce récit comme si un péché grave n'était « pas si grave ». La seule conclusion de Jésus pour cette femme, c'est « ne pèche plus ».
  • « Je ne crois pas que quelqu'un puisse être réellement un chrétien s'il n'est pas passé par une repentance existentielle. » Sans elle, on est sympathisant ou adepte, pas disciple.
  • Si Dieu a envoyé son Fils mourir sur la croix, c'est qu'il n'y avait pas d'autre solution, et que le péché, le tien comme le sien, était « totalement insupportable ». Si Dieu te parle, c'est pour te sauver : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. »

Points à retenir

  • Jésus refuse le piège : il ne nie pas la loi de Dieu et ne devient pas impitoyable. Il renvoie chacun à sa propre conscience.
  • Jésus n'a accusé personne. C'est le Saint-Esprit qui convainc de péché, et ce miracle est aussi grand que la marche sur l'eau.
  • Savoir qu'on est pécheur ne suffit pas. Une conscience piétinée doit être labourée pour porter du fruit.
  • « Je ne te condamne pas non plus » n'efface pas le « va, et ne pèche plus ». Ce récit ne banalise ni le péché ni le pardon.
  • On ne peut pas être sauvé sans reconnaître qu'on est perdu : la vie chrétienne commence par une repentance existentielle.

Application personnelle

  1. Le péché a-t-il déjà été pour toi un vrai problème de conscience, ou seulement une notion que tu connais ?
  2. Y a-t-il un « petit chemin piétiné » dans ta conscience, un domaine où tu ne te laisses plus toucher par Dieu ?
  3. Quand tu juges la faute d'un autre, te souviens-tu que tu es toi aussi « juge et partie » ?
  4. Dans tes discussions, cherches-tu à avoir le dernier mot, ou à respecter l'autre comme Jésus l'a fait ?
  5. Es-tu passé par une vraie repentance, ou es-tu resté un sympathisant de Jésus ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi la question posée à Jésus sur la femme adultère était-elle un piège ?

Selon Jean-Marie Ribay, les deux réponses possibles étaient mauvaises pour Jésus. S'il disait non, il s'opposait à la loi de Moïse, donc à Dieu, et devenait facile à discréditer. S'il disait oui, il paraissait dur et impitoyable aux yeux du peuple, qui ne lapidait plus personne pour adultère depuis longtemps.

Pourquoi les accusateurs sont-ils partis un à un ?

Jésus n'a accusé personne. Il a seulement dit : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. » Le texte précise qu'ils étaient accusés par leur conscience. Pour le prédicateur, c'est un miracle aussi grand que la marche sur l'eau : le Saint-Esprit qui convainc de péché.

« Je ne te condamne pas non plus » veut-il dire que le péché n'est pas grave ?

Non. Jésus reconnaît que la femme mérite la condamnation de la loi, mais il n'est pas venu pour exécuter la sentence. Il ne lui dit pas « je te pardonne » : il lui dit « va, et ne pèche plus ». Le texte montre la volonté de Dieu de pardonner, avec la repentance.

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