Matthieu 5 : que ton oui soit oui devant ton Père

13 min de lecture

Introduction

« Oui, papa. Non, papa. » Hugh Wessel ouvre son message par cette image : un petit enfant qui répond à son père en deux mots. Il n'a pas besoin de dire « Papa, je te jure, c'est vrai ». Il n'a pas besoin d'invoquer le ciel et la terre pour donner du poids à sa réponse.

Prêchant à l'Église Réformée Évangélique de Marseille Sud, dans une série sur le sermon sur la montagne, il s'arrête sur Matthieu 5.36-37 : « Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu'on y ajoute vient du malin. »

Jésus, dit-il, ne nous donne pas simplement une règle de bonne conduite. Il nous montre ce que devient notre parole quand nous apprenons à vivre devant Dieu, comme des enfants devant leur père : « une parole simple, une parole vraie, une parole qui n'a pas besoin de chercher ailleurs sa garantie ».

Plan du message

1. Le sermon sur la montagne décrit le caractère du chrétien

  • Jésus commence son ministère public assis sur la montagne, comme Moïse était monté sur la montagne pour recevoir la loi. Il ouvre son enseignement par les béatitudes.
  • Pour le prédicateur, les béatitudes sont « la définition d'un chrétien ». Beaucoup pensent qu'il suffit de croire que Jésus est mort et ressuscité. « Mais les démons croient ça déjà » (Jacques 2:19), et leur caractère n'est pas transformé.
  • Jésus enchaîne : « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5:14). « Il n'a jamais dit : essayez. » Il nous définit en fonction de ce qu'il est, la lumière venue dans un monde qui préfère les ténèbres.
  • Puis viennent les applications dans la vie quotidienne : la colère, la convoitise, le mariage et le divorce, et enfin les serments. On jurait par le ciel, par la terre, par Jérusalem, « sur la tête de nos enfants, sur le tombeau de ma mère ». Jésus a rappelé que le ciel est le trône de Dieu, la terre son marchepied, Jérusalem la ville du grand roi. Autrement dit, où que nous parlions, nous parlons devant Dieu.

2. Tu ne peux pas rendre un seul cheveu blanc ou noir

  • Après le ciel, la terre et Jérusalem, il reste apparemment un dernier territoire : moi-même. « Au moins, je peux disposer de ma propre personne. » Jésus répond : même là, tu te trompes.
  • « Jésus ici n'est pas en train de nous donner une leçon de biologie. Il nous rappelle notre condition de créatures. » Notre vie, notre corps, notre temps, nous avons tout reçu. Nous ne sommes ni les auteurs de notre existence, ni les maîtres de notre avenir.
  • Pourtant, nous parlons parfois comme si demain nous appartenait : « Je te garantis que moi, jamais. Tu peux compter sur moi, quoi qu'il arrive. »
  • L'apôtre Jacques reprend cette illusion : ceux qui annoncent leurs projets avec assurance ne savent même pas ce que sera leur vie demain. « Vous devriez dire, au contraire : Si Dieu le veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela » (Jacques 4:13-15).
  • Jacques n'interdit pas de prévoir, et Jésus n'interdit pas de s'engager : le mariage, l'amitié, la fidélité reposent sur des personnes qui tiennent leur parole. « Mais il existe une différence essentielle entre être fidèle et prétendre être souverain. »
  • Tu promets à un ami de venir l'aider samedi prochain. Tu es disponible, tu as réellement l'intention d'y aller, tu peux dire : « Oui, je viendrai. » Mais tu ne peux pas garantir que rien ne surviendra d'ici là. Si tu tombes malade, ton oui n'était pas mensonger : tu es simplement une créature.
  • « Nous sommes responsables de notre fidélité, mais nous ne sommes pas souverains sur les circonstances. » Notre parole doit donc être à la fois ferme et humble : je peux m'engager sincèrement tout en reconnaissant que j'aurai besoin de la grâce de Dieu pour être fidèle.

3. Fermer la distance entre la bouche et le cœur

  • Pourquoi avons-nous parfois tant de difficultés à parler simplement ? Parce qu'il existe souvent une distance entre ce que nous disons et ce que nous pensons réellement.
  • Quelqu'un nous demande un service. Nous savons déjà que nous ne voulons pas. Au lieu de dire « Je ne peux pas » ou « Non », nous répondons : « Je vais voir, peut-être, on en reparlera. » Parfois, c'est sincère, nous avons besoin de réfléchir. Mais parfois, nous avons déjà décidé et nous n'osons pas dire non. « Notre bouche laisse espérer le oui, mais le cœur a déjà dit le non. » Jésus veut fermer cette distance.
  • Le prédicateur raconte une illustration tirée de sa propre vie : l'installation d'un climatiseur. Un professionnel annonce un chantier compliqué, des obstacles à contourner, plusieurs jours de travail. On accepte son devis. Puis les techniciens arrivent : les tuyaux passent directement, les difficultés annoncées ne se présentent pas, l'installation prend beaucoup moins de temps. On se demande si on n'a pas payé bien plus que nécessaire, « et la réponse était oui ».
  • Le professionnel n'a peut-être rien dit de faux. Il a peut-être mal évalué le travail. « Mais s'il connaissait la solution plus simple et l'a volontairement passée sous silence, sa parole était trompeuse. »
  • Avant de le condamner, pose-toi la question : ne fais-tu pas parfois la même chose ? Nous présentons les faits d'une certaine manière pour obtenir l'accord de quelqu'un, nous insistons sur ce qui nous arrange, nous passons vite sur ce qui pourrait susciter des questions. Notre parole « peut être techniquement exacte tout en manquant de vérité ».
  • La simplicité dont parle Jésus n'est donc pas une question de nombre de mots. « C'est une question de droiture. Une parole sans duplicité. »
  • Le prédicateur pose ces questions : dans ta famille, tes enfants peuvent-ils compter sur tes promesses ? Dans ton Église, prends-tu au sérieux les responsabilités que tu acceptes ? Sais-tu dire simplement que tu ne peux pas, sans inventer des excuses ? Sais-tu dire : « Oui, c'est moi, je me suis trompé, pardonnez-moi » ? C'est parfois plus difficile que de prononcer un long discours pour expliquer pourquoi nous avons agi ainsi.
  • Jésus ne demande pas de devenir brusquement insensible. Nous sommes appelés à parler avec amour, patience et douceur. « Mais la douceur n'exige pas la duplicité. Et l'amour n'exige pas que nous disions oui à tout. Un non peut être plein d'amour. »
  • Cette simplicité rejoint les béatitudes. Heureux les pauvres en esprit : celui qui reconnaît sa pauvreté devant Dieu n'a pas besoin de prétendre être plus qu'il n'est. Heureux ceux qui sont doux : il n'a pas besoin de défendre constamment sa propre importance. Heureux ceux qui ont le cœur pur : il apprend à vivre sans duplicité (Matthieu 5:3, 5, 8).

4. Ce qu'on y ajoute vient du mal

  • Certaines traductions disent « vient du malin », d'autres « vient du mal ». Le malin, c'est Satan ; le mal, c'est le mal en général dans notre propre vie. « Le grec, malheureusement pour moi, permet les deux traductions », et c'est le contexte qui doit trancher.
  • Hugh Wessel ne veut écarter trop vite ni l'un ni l'autre. Satan est un tentateur, et Jésus l'appelle « le père du mensonge » (Jean 8:44). Mais le mal ne nous atteint pas seulement de l'extérieur : il demeure en nous quelque chose qui résiste encore au plan de Dieu.
  • Nous appartenons déjà à Jésus-Christ, unis à lui par le Saint-Esprit, mais nous ne sommes pas encore pleinement semblables à lui. Notre vieille nature demeure : elle veut protéger notre réputation, éviter de reconnaître une faute, présenter les faits à notre avantage. Et Satan sait exploiter ces dispositions.
  • Souviens-toi d'Adam après la chute. Dieu lui demande s'il a mangé du fruit défendu. Il aurait pu répondre : « Oui, Seigneur, oui, papa, j'ai désobéi. » Mais il répond : « La femme que tu as mise auprès de moi m'a donné de l'arbre » (Genèse 3:12).
  • N'est-ce pas parfois notre manière de faire ? « Oui, j'ai tort, mais... » Et ce « mais » introduit toute une série d'explications destinées à nous justifier. Certaines circonstances méritent d'être expliquées. Mais parfois, la réponse la plus juste est simplement : « J'ai eu tort. Pardonnez-moi. »
  • Pourquoi est-ce si difficile ? « Parce que notre orgueil est toujours présent dans nos vies. » Nous voulons préserver notre image, rester maîtres de la situation. Le péché atteint jusqu'à notre manière de parler.
  • Voici la bonne nouvelle : notre vieille nature n'est plus notre maître. Notre vieil homme a été crucifié avec Christ, afin que nous ne soyons plus esclaves du péché (Romains 6:6). Le péché demeure présent, mais son règne a été brisé. Et c'est par l'Esprit que nous faisons mourir les actions du corps (Romains 8:13).
  • « Le combat est réel, et ce n'est pas un combat entre deux forces égales. » Par son Esprit qui habite en nous, nous apprenons progressivement à renoncer à la duplicité, à reconnaître nos torts et à parler avec simplicité. Jésus ne cherche pas simplement à modifier notre vocabulaire : il veut transformer nos cœurs, non par de nouvelles résolutions, mais par la vie nouvelle reçue en lui.

5. Jésus-Christ, le oui de Dieu

  • L'apôtre Paul écrit aux Corinthiens que le Fils de Dieu, Jésus-Christ, n'a pas été oui et non, mais que c'est oui qui a été en lui : pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c'est en lui qu'est le oui (2 Corinthiens 1:19-20). « Jésus-Christ est le oui de Dieu. »
  • Dieu avait promis un Sauveur, la bénédiction des nations par la descendance d'Abraham, un roi qui établirait son règne, un serviteur qui porterait les péchés de son peuple. Toutes ces promesses trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ. Dieu a tenu sa parole.
  • Jésus lui-même a été fidèle jusqu'au bout. Il avait annoncé qu'il donnerait sa vie : il l'a donnée. Il avait annoncé qu'il ressusciterait : il est ressuscité. À Gethsémané, quand le prix de son obéissance se dressait devant lui, il a prié : « Que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Luc 22:42).
  • « Là où nous cherchons parfois à échapper au prix de notre parole, Jésus est demeuré fidèle jusqu'à la croix. Là où nous cherchons à nous justifier, lui, le juste, a porté nos péchés. »
  • Sur la croix, il a dit : « Tout est accompli » (Jean 19:30). « Pas presque. Pas accompli à condition que nous réussissions à faire le reste. » Il n'y a rien à ajouter.
  • Notre salut repose sur la fidélité de Jésus-Christ, pas sur la nôtre. Il demeure fidèle même si nous sommes infidèles (2 Timothée 2:13), et rien ne nous séparera de son amour (Romains 8:38-39). En Christ, nous sommes déjà assis avec lui dans les lieux célestes (Éphésiens 2:6). « C'est une promesse inébranlable. Cette réalité ne peut pas changer pour ceux qui sont en Christ. »
  • Christ n'est pas venu nous dire « regardez comme vous êtes fidèles ». Il est venu nous sauver et nous unir à lui. C'est pourquoi Paul peut dire : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi » (Galates 2:20).
  • Cela change notre manière de vivre. Nous n'avons plus besoin de défendre constamment notre importance, de prétendre être souverains, de nous justifier aux yeux des autres. Notre parole peut devenir plus humble et plus fidèle, non parce que nous serions devenus capables par nos propres forces, mais parce que Christ vit en nous. La fidélité est un fruit de son Esprit.

6. Revenir à la simplicité de l'enfant

  • Le prédicateur revient à l'image du début : le petit enfant devant son père. « Oui, papa. Non, papa. » Il n'a pas besoin de mettre le ciel en garantie, ni de jurer par la terre, ni de promettre sur sa propre tête. Il répond simplement.
  • Peut-être as-tu promis quelque chose que tu as négligé d'accomplir : tiens ta parole. Peut-être dois-tu reconnaître une faute auprès de ton conjoint, de tes enfants, d'un frère de l'Église, d'un voisin, d'un collègue : reconnais-la simplement. Peut-être as-tu l'habitude de dire oui à tout par crainte de décevoir : apprends à dire non avec douceur et vérité.
  • « Mais souvenons-nous surtout de ceci : notre espérance ne repose pas sur la perfection de notre parole. Elle repose sur la fidélité de Jésus-Christ. » Nous pouvons manquer à notre parole, Dieu demeure fidèle.
  • À celui qui ne connaît pas encore Jésus-Christ, l'Évangile ne demande pas de venir avec de grandes promesses : « Seigneur, cette fois-ci, je te promets que je vais changer. » Non. Viens à lui dans ta faiblesse, avec tes péchés et tes promesses non tenues. Confie-toi à celui qui a tenu sa parole pour toi. « Car Dieu a prononcé son oui en Jésus-Christ. »
  • Dans l'exhortation qui clôt le culte, Hugh Wessel ajoute : « N'ayez pas peur de reconnaître vos limites. N'ayez pas peur de dire : Je ne sais pas. N'ayez pas peur de reconnaître : Je me suis trompé. » Et quand tu donnes ta parole, donne-la humblement, « comme une créature qui dépend de la grâce de Dieu ».
  • « Le malin dit : Je monterai » (Ésaïe 14:13-14). « Et le croyant dit : Christ vit en moi. » Tu n'as pas à tenir ta vie entre tes mains : Christ te tient. Et parce que son oui ne faillira jamais, tu deviendras, par son Esprit, un homme ou une femme dont le oui est oui et dont le non est non.

Points à retenir

  • Où que nous parlions, nous parlons devant Dieu. Une parole vraie n'a pas besoin de chercher ailleurs sa garantie.
  • Nous sommes responsables de notre fidélité, mais pas souverains sur les circonstances : notre parole doit être à la fois ferme et humble.
  • Une parole peut être techniquement exacte tout en manquant de vérité. Jésus appelle à la droiture, à une parole sans duplicité.
  • Le « mais » qui suit nos aveux trahit souvent notre orgueil. Parfois, la réponse la plus juste est : « J'ai eu tort, pardonne-moi. »
  • Jésus-Christ est le oui de Dieu. Notre salut repose sur sa fidélité, pas sur la nôtre, et c'est par son Esprit que notre parole devient simple.

Application personnelle

  1. Y a-t-il une promesse que tu as négligé d'accomplir envers ton conjoint, tes enfants, ton Église ou un ami ? Que peux-tu faire cette semaine pour tenir ta parole ?
  2. À qui as-tu récemment répondu « je vais voir » alors que ton cœur avait déjà dit non ?
  3. Dans quelle situation présentes-tu les faits à ton avantage, en insistant sur ce qui t'arrange et en passant vite sur le reste ?
  4. Quand tu reconnais un tort, est-il suivi d'un « mais » ? Qui attend de toi un simple « j'ai eu tort, pardonne-moi » ?
  5. Dans quel domaine de ta vie dis-tu encore « moi, je décide, ça m'appartient », et comment peux-tu le déposer devant le Seigneur ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « que votre oui soit oui et votre non, non » ?

Pour Hugh Wessel, Jésus ne donne pas seulement une règle de bonne conduite. Il montre ce que devient notre parole quand nous vivons devant Dieu comme des enfants devant leur père : une parole simple et vraie, qui n'a pas besoin de chercher ailleurs sa garantie, et qui correspond à ce qui se trouve réellement dans notre cœur.

Pourquoi Jésus dit-il de ne pas jurer par sa tête ?

Après le ciel, la terre et Jérusalem, il reste un dernier territoire : soi-même. Jésus rappelle que tu ne peux pas rendre blanc ou noir un seul cheveu. Ce n'est pas une leçon de biologie : c'est un rappel de notre condition de créatures. Nous sommes responsables de notre fidélité, mais nous ne sommes pas souverains sur les circonstances.

« Ce qu'on y ajoute vient du mal » ou « du malin » : quelle traduction choisir ?

Hugh Wessel explique que le grec permet les deux traductions et que le contexte doit trancher. Il ne veut écarter ni Satan, que Jésus appelle le père du mensonge, ni le mal qui demeure en nous : notre vieille nature cherche encore à protéger notre réputation et à présenter les faits à notre avantage.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Vie intérieure »

Ne rate aucune prédication de Église Réformée Évangélique de Marseille Sud

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Personnages de la Bible dans ce message

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par Église Réformée Évangélique de Marseille Sud. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Matthieu 5 : que ton oui soit oui devant ton Père | Efficient Church