Noël : le Roi est venu discret, il revient en gloire

13 min de lecture

Introduction

Noël, c'est plus que des guirlandes, des lumières, des cadeaux, des bons repas et des retrouvailles en famille. Toutes ces belles choses sont centrées sur une seule personne : un Roi qui est venu. Un Dieu infini qui s'est approché d'êtres finis, comme un nouveau-né couché dans une mangeoire. La question, ce dimanche, n'est pas de savoir si tu vas bien fêter Noël. C'est de savoir si tu vois vraiment ce Roi. Car il est venu une première fois, il y a environ 2000 ans, presque invisible aux yeux du monde. Et il reviendra une deuxième fois, sur un cheval blanc, comme Roi des rois. Entre les deux, tu vis dans un temps de grâce, et tu as un cœur qui attend une réponse : est-ce que ce Roi règne à l'intérieur de toi ?

Plan du message

1. Matthieu, l'évangile qui présente Jésus comme Roi

  • Les quatre évangiles présentent Jésus sous quatre angles. Marc met en avant le Serviteur, venu pour nous servir. Luc trace la généalogie jusqu'à Adam et souligne Jésus comme Fils de l'homme, né d'une femme. Jean commence par « Au commencement était la Parole » (Jean 1.1) et présente Jésus comme le Fils de Dieu. Matthieu, lui, ouvre son évangile par une généalogie qui va d'Abraham à David, puis à Jésus : c'est la ligne des rois. Jésus est présenté comme le descendant du roi David, le Messie roi.
  • Preuve supplémentaire chez Matthieu : dès le chapitre 2, ce sont des mages venus d'Orient qui arrivent en demandant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer » (Matthieu 2.2). Des personnalités haut placées, savantes, qui observent les étoiles, mettent des mois pour venir jusqu'à Bethléhem, se prosternent et lui offrent l'or, l'encens et la myrrhe, des présents de roi.
  • Avant leur arrivée, Dieu avait gardé le silence pendant environ 400 ans, entre le dernier prophète de l'Ancien Testament et Jean-Baptiste. Puis, d'un coup, tout bouge : les anges chantent, remettent des messages, remuent des vieux couples comme Zacharie et Élisabeth, des figures pieuses comme Siméon et Anne, et même la nature avec une étoile. Dieu prépare l'arrivée de son Roi.
  • La scène est chargée d'un paradoxe. Il y a bien un « roi » à Jérusalem : Hérode, un roi cruel et à moitié juif, qui se sent immédiatement menacé. « Hérode fut troublé, et toute Jérusalem avec lui » (Matthieu 2.3). Le vrai Roi vient de naître à Bethléhem (la ville de David), dans un tout petit village d'à peine quelques centaines d'habitants, et déjà un autre « roi » veut l'éliminer.

2. Un Roi caché, presque invisible aux yeux du monde

  • Le Roi est venu, mais pour la plupart des gens de l'époque il est resté entièrement caché. Et aujourd'hui à Paris, comme dans le monde entier, il est encore caché pour beaucoup. On ne voit pas en Jésus un Roi, ni un Sauveur, ni un envoyé de Dieu. Il faut des yeux du cœur pour le voir.
  • Sa venue est un paradoxe complet. Un Roi qui naît dans une étable et qui est couché dans une mangeoire. Pas dans un palais, mais dans un endroit méprisé. Un Dieu infini qui prend le corps d'un bébé faible. Et à la fin, un Roi qui meurt sur une croix, entre deux brigands, avec un panneau au-dessus de sa tête : « Roi des Juifs », écrit en trois langues, hébreu, grec et latin, pour être lu par le monde entier (Jean 19.19-20).
  • Dans l'évangile de Marc, tout le monde se demande qui est cet homme. Même les disciples ne comprennent pas tout de suite. Jésus lui-même demande souvent qu'on ne parle pas de ses miracles. La révélation est progressive : à la fin, après la mort, la résurrection et l'ascension, les disciples finissent par comprendre. La royauté de Jésus ne s'impose pas ; elle se révèle.
  • Dès le début de son ministère, Jésus proclame pourtant quelque chose de très clair : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle » (Marc 1.15). C'est le résumé de son évangile. Le Roi annonce que son règne est arrivé. Et pour y entrer, il donne deux mots simples : changer et croire.

3. Le règne intérieur avant le règne extérieur

  • Un jour, des pharisiens veulent piéger Jésus et lui demandent quand vient le royaume de Dieu. Sa réponse dérange leurs attentes : « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17.20-21). Autrement dit : le règne commence dans le cœur, pas sur un trône visible.
  • Depuis que l'humain a péché, il est séparé de Dieu. Beaucoup attendaient un Messie politique qui viendrait renverser Rome, chasser les ennemis, restaurer un royaume extérieur puissant. Jésus dit non : pour que le monde extérieur soit changé, il faut d'abord que l'intérieur de chacun soit changé. Le premier pas, c'est de rétablir une relation avec Dieu.
  • Cette relation intime restaure trois axes à la fois. D'abord ta relation avec Dieu : c'est la réconciliation par Jésus. Ensuite ta relation avec toi-même : quand tu reçois l'amour de Dieu, tu es guéri des blessures, des bagages du passé, des rancunes, de l'amertume. Tu deviens plus doux, moins « piquant » quand on te touche. Enfin ta relation avec les autres : sans la première réconciliation, tes relations avec ton conjoint, tes enfants, tes amis, tes collègues restent fragiles ; avec elle, tu peux aimer, pardonner et ouvrir tes bras.
  • Le Roi te dit aussi qui tu es. Ta nouvelle identité : tu es un enfant du Roi, tu appartiens à un royaume, tu as un avenir. Un jour, ton corps sera transformé, ce qui est mortel deviendra immortel, ce qui est faible deviendra fort. Le bras qui ne bouge pas, la tête qui fait mal, la maladie qui pèse, tout cela sera renouvelé. Tu es appelé à régner à côté de Jésus. Ce Roi te dit : « Tu es précieux à mes yeux, je t'aime, je suis venu mourir pour toi. »

4. La seconde venue : le Roi triomphant d'Apocalypse 19

  • La première venue de Jésus a inauguré un temps de grâce qui dure depuis environ 2000 ans. Mais ce temps aura une fin. Un jour, le Roi reviendra une deuxième fois, et cette fois-ci ce sera définitif. Il ne viendra plus discret : il viendra visible, avec puissance, sur un cheval blanc, comme un Roi triomphant.
  • Apocalypse 19 le décrit ainsi : « Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait s'appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice. Ses yeux étaient comme une flamme de feu ; sur sa tête étaient plusieurs diadèmes (…) il était revêtu d'un vêtement teint de sang. Son nom est la Parole de Dieu (…) Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 19.11-16).
  • Ce n'est plus un bébé faible. Ce n'est plus un Roi caché. Tout le monde le verra. Il détruira ses ennemis, il apportera le jugement, il réconciliera le ciel et la terre. Son règne extérieur, universel, s'établira sur toute la création. Il installera son règne définitif : les nouveaux cieux et la nouvelle terre, avec pour centre la nouvelle Jérusalem.
  • Ce jour sera glorieux pour ceux qui l'ont accueilli, mais terrible pour ceux qui l'ont ignoré. Jésus parle souvent de la Géhenne, du feu du jugement (Marc 9.43-48). Il ne s'agit pas de faire peur, mais de dire la vérité : il n'y a que deux royaumes, celui de la lumière et celui des ténèbres. Si tu n'es pas dans l'un, tu es dans l'autre. Les images d'immeubles qui brûlent, comme récemment à Hong Kong, sont dérisoires à côté de ce jour-là. Tant que la porte est ouverte, il faut entrer.

5. Ta réponse : accueillir le Roi sur le trône de ton cœur

  • Noël, ce n'est pas juste manger, boire, décorer, offrir des cadeaux, chanter des cantiques. C'est prendre un temps pour accueillir une personne : ton Roi. Prépare ton cœur. Où en es-tu de ta relation avec lui ? Est-ce qu'il te connaît personnellement ? Ou est-ce que ta vie ressemble à ceux qui diront un jour : « Seigneur, Seigneur, nous avons mangé et bu en ta présence », et à qui il répondra : « Je ne vous ai jamais connus » (Luc 13.26-27) ?
  • La vraie question de Noël est celle du trône. Qui est assis sur le trône de ton cœur en ce moment ? Est-ce toi qui commandes, qui décides, qui fais ce que tu veux ? Ou est-ce que tu as invité Jésus à s'y asseoir ? Suivre Jésus, c'est chaque jour lui dire : « Mon Roi, tu fais ma joie, je veux ta volonté, je me prépare pour ta seconde venue parce que je sais que tu reviens. »
  • Hébreux 12 relie ces deux temps, la grâce d'aujourd'hui et le règne définitif de demain : « C'est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte, car notre Dieu est aussi un feu dévorant » (Hébreux 12.28-29). Le mot-clé, c'est inébranlable. Tout ce que l'homme bâtit peut s'effondrer, les tours qui brûlent le rappellent. Mais le royaume que le Roi te prépare ne peut pas être ébranlé.
  • Comment y entrer ? Avec un cœur reconnaissant, dans un culte qui adore le Roi, en profitant de ce temps de grâce pour dire aux gens autour de toi qu'un Roi est venu et qu'un Roi va revenir. Le premier mandat de l'Église, c'est de proclamer ce Roi encore invisible à ceux qui ne l'ont pas encore vu. Un mot suffit parfois, un geste, un cadeau, une invitation à un culte de Noël. Dieu se charge du reste.

Points à retenir

  • Noël, ce n'est pas d'abord une fête familiale : c'est la venue d'un Roi. Matthieu ouvre son évangile par une généalogie royale et fait venir des mages qui l'adorent comme un Roi.
  • Ce Roi est venu discret, presque invisible : né dans une mangeoire, mort entre deux brigands avec « Roi des Juifs » écrit au-dessus de la croix. Il faut des yeux du cœur pour le voir.
  • Sa première venue inaugure d'abord un règne intérieur : « Le royaume de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17.21). Il change ton rapport à Dieu, à toi-même et aux autres.
  • Sa seconde venue sera visible, glorieuse et définitive : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » sur un cheval blanc (Apocalypse 19.11-16), avec jugement pour tous.
  • Le temps de la grâce est encore ouvert. Ta réponse, c'est de laisser le Roi s'asseoir sur le trône de ton cœur, et de proclamer sa venue à ceux qui ne l'ont pas encore reconnu.

Application personnelle

  1. Est-ce que tu vois Jésus comme un Roi, ou seulement comme un personnage sympathique de Noël ? Qu'est-ce qui changerait, cette semaine, si tu le traitais vraiment comme ton Roi ?
  2. Qui est assis sur le trône de ton cœur en ce moment ? Fais l'exercice honnêtement : quelles décisions récentes ont été prises par toi, sans le consulter ?
  3. Dans quelle relation as-tu le plus besoin que le règne intérieur du Roi produise sa guérison, avec Dieu, avec toi-même, ou avec quelqu'un que tu peines à aimer ou à pardonner ?
  4. Attends-tu vraiment la seconde venue de Jésus ? Si tu savais qu'il revenait dans un an, qu'est-ce que tu changerais dès cette semaine ?
  5. Qui, autour de toi, n'a pas encore vu le Roi ? Note un nom concret et une idée simple pour l'inviter à un culte de Noël, un repas, ou juste à en parler.

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on que Jésus est un « Roi caché » alors qu'il est né sous les louanges des anges ?

Parce que la grande majorité des gens de l'époque ne l'ont pas reconnu. Il naît dans une mangeoire, à Bethléhem, un village de quelques centaines d'habitants, sous le règne d'un autre « roi » cruel, Hérode. Il vit trente ans dans l'ombre, puis trois années publiques qui déroutent tout le monde, y compris ses propres disciples. Il meurt sur une croix, entre deux brigands, avec pour seule mention royale un panneau écrit en hébreu, grec et latin. Sa royauté ne s'impose pas par la force ; elle se révèle progressivement, et il faut « les yeux du cœur » pour la voir. Aujourd'hui encore, il reste caché pour beaucoup, et Noël est justement une invitation à le reconnaître.

Quelle différence entre la première et la seconde venue de Jésus ?

La première venue est celle d'un Roi caché, dans la faiblesse : un bébé, une mangeoire, une petite ville, la mort d'un supplicié. Elle inaugure d'abord un règne intérieur, Jésus vient régner dans les cœurs qui l'accueillent, réconcilier avec Dieu, avec soi-même, avec les autres. La seconde venue, décrite en Apocalypse 19, sera visible, glorieuse et définitive. Jésus reviendra sur un cheval blanc, avec plusieurs diadèmes sur la tête, portant le nom « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ». Il jugera le monde, détruira ses ennemis, et installera un royaume éternel : nouveaux cieux et nouvelle terre. Entre les deux, tu vis dans un temps de grâce où la porte est encore ouverte.

Concrètement, comment est-ce que je « laisse le Roi s'asseoir sur le trône de mon cœur » ?

Cela commence par un acte de foi : reconnaître que tu as vécu jusque-là comme ton propre roi et confier ta vie à Jésus. Marc 1.15 résume l'entrée dans son règne en deux mots : changer (te repentir, tourner le dos à ce qui te sépare de Dieu) et croire (à la bonne nouvelle que Christ est mort et ressuscité pour toi). Ensuite, cela se vit au quotidien : le consulter dans tes décisions, lui obéir, adorer, servir, laisser son Esprit guérir tes blessures intérieures et changer ton caractère. Enfin, cela déborde : tu deviens un porte-parole de ce Roi auprès de ceux qui ne le voient pas encore. Noël est un des meilleurs moments de l'année pour poser ce choix, ou pour le renouveler si tu l'as déjà posé.

Toutes les prédications sur « Vie intérieure »

Ne rate aucune prédication de Église Protestante Évangélique Elim (EPEE)

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Sur le même thème

Message publié par Église Protestante Évangélique Elim (EPEE). Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Noël : le Roi est venu discret, il revient en gloire | Efficient Church