La Bible — Louis Segond 1910

Luc 7

En bref

Luc 7 enchaîne quatre scènes qui répondent à une même question : qui est Jésus ? Il admire la foi d'un centenier païen et guérit son serviteur à distance, il rend un fils à sa mère veuve à Naïn, il répond aux disciples de Jean-Baptiste en renvoyant à ses œuvres, puis il accueille chez un pharisien une femme connue pour sa vie de péché. Le chapitre montre un Seigneur à l'autorité souveraine et à la compassion concrète, devant qui la foi et l'amour se reconnaissent.

Le chapitre en 4 parties

  1. v. 1-10Le centenier : « une aussi grande foi »
  2. v. 11-17À Naïn, Jésus rend un fils à sa mère veuve
  3. v. 18-35Jean-Baptiste interroge Jésus, et Jésus parle de Jean
  4. v. 36-50La femme pécheresse chez Simon : celui qui est pardonné aime

1Après avoir achevé tous ces discours devant le peuple qui l'écoutait, Jésus entra dans Capernaüm.

2Un centenier avait un serviteur auquel il était très attaché, et qui se trouvait malade, sur le point de mourir.

3Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya quelques anciens des Juifs, pour le prier de venir guérir son serviteur.

4Ils arrivèrent auprès de Jésus, et lui adressèrent d'instantes supplications, disant: Il mérite que tu lui accordes cela;

5car il aime notre nation, et c'est lui qui a bâti notre synagogue.

6Jésus, étant allé avec eux, n'était guère éloigné de la maison, quand le centenier envoya des amis pour lui dire: Seigneur, ne prends pas tant de peine; car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.

7C'est aussi pour cela que je ne me suis pas cru digne d'aller en personne vers toi. Mais dis un mot, et mon serviteur sera guéri.

8Car, moi qui suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres; et je dis à l'un: Va! et il va; à l'autre: Viens! et il vient; et à mon serviteur: Fais cela! et il le fait.

9Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous le dis, même en Israël je n'ai pas trouvé une aussi grande foi.

10De retour à la maison, les gens envoyés par le centenier trouvèrent guéri le serviteur qui avait été malade.

11Le jour suivant, Jésus alla dans une ville appelée Naïn; ses disciples et une grande foule faisaient route avec lui.

12Lorsqu'il fut près de la porte de la ville, voici, on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve; et il y avait avec elle beaucoup de gens de la ville.

13Le Seigneur, l'ayant vue, fut ému de compassion pour elle, et lui dit: Ne pleure pas!

14Il s'approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrêtèrent. Il dit: Jeune homme, je te le dis, lève-toi!

15Et le mort s'assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère.

16Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant: Un grand prophète a paru parmi nous, et Dieu a visité son peuple.

17Cette parole sur Jésus se répandit dans toute la Judée et dans tout le pays d'alentour.

18Jean fut informé de toutes ces choses par ses disciples.

19Il en appela deux, et les envoya vers Jésus, pour lui dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?

20Arrivés auprès de Jésus, ils dirent: Jean Baptiste nous a envoyés vers toi, pour dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?

21A l'heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d'infirmités, et d'esprits malins, et il rendit la vue à plusieurs aveugles.

22Et il leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

23Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!

24Lorsque les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu'êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?

25Mais, qu'êtes-vous allés voir? un homme vêtu d'habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits magnifiques, et qui vivent dans les délices, sont dans les maisons des rois.

26Qu'êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète.

27C'est celui dont il est écrit: Voici, j'envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.

28Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'y en a point de plus grand que Jean. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.

29Et tout le peuple qui l'a entendu et même les publicains ont justifié Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean;

30mais les pharisiens et les docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu.

31A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils?

32Ils ressemblent aux enfants assis dans la place publique, et qui, se parlant les uns aux autres, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé; nous vous avons chanté des complaintes, et vous n'avez pas pleuré.

33Car Jean Baptiste est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites: Il a un démon.

34Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites: C'est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie.

35Mais la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

36Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table.

37Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum,

38et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait; et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum.

39Le pharisien qui l'avait invité, voyant cela, dit en lui-même: Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, il connaîtrait que c'est une pécheresse.

40Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Maître, parle, répondit-il. -

41Un créancier avait deux débiteurs: l'un devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante.

42Comme ils n'avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l'aimera le plus?

43Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé.

44Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as point donné d'eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux.

45Tu ne m'as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a point cessé de me baiser les pieds.

46Tu n'as point versé d'huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.

47C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.

48Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés.

49Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés?

50Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t'a sauvée, va en paix.

Versets clés

Verset 9
Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous le dis, même en Israël je n'ai pas trouvé une aussi grande foi.

Jésus admire la confiance d'un officier étranger, qui sait qu'une parole de Lui suffit. La foi qui l'étonne n'est pas celle des mieux placés religieusement, mais celle qui s'en remet à son autorité.

Verset 13
Le Seigneur, l'ayant vue, fut ému de compassion pour elle, et lui dit: Ne pleure pas!

Devant une veuve qui perd son fils unique, Jésus est d'abord ému de compassion. Avant le miracle, il y a un regard qui voit la douleur.

Verset 22
Et il leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

À Jean qui doute, Jésus ne répond pas par un discours mais par ce qui se passe : aveugles, boiteux, lépreux, sourds, morts et pauvres sont touchés. Ces signes correspondent à ce que les prophètes avaient annoncé du Messie.

Verset 47
C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.

Jésus relie l'amour de la femme au pardon qu'elle a reçu, et non l'inverse : elle n'achète pas son pardon, elle exprime sa reconnaissance. Celui qui se croit peu endetté aime peu.

Verset 50
Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t'a sauvée, va en paix.

Jésus dit à la femme que sa foi l'a sauvée et la renvoie en paix. Le salut est un don reçu par la foi, devant ceux qui se posaient la question de son autorité.

Personnages de ce chapitre

Prier pour cette situation

Ce qu'en disent les prédications

Questions fréquentes sur Luc 7

Quel est le message principal de Luc 7 ?

Luc 7 montre l'autorité et la compassion de Jésus. Il guérit à distance le serviteur d'un centenier, ressuscite le fils d'une veuve, répond aux doutes de Jean-Baptiste par ses œuvres et pardonne à une femme que tous méprisaient. Dans ces scènes, la foi humble et l'amour reconnaissant sont ce que Jésus honore.

Qui est la femme qui parfume les pieds de Jésus en Luc 7:36-50 ?

Luc ne donne pas son nom : il dit seulement qu'elle était connue dans la ville comme une pécheresse. On l'a parfois identifiée à d'autres femmes des évangiles, comme Marie de Béthanie ou Marie de Magdala, mais le texte ne le dit pas et les traditions chrétiennes ne sont pas d'accord sur ce point. L'essentiel du récit ne dépend pas de son identité.

Que signifie « celui à qui on pardonne peu aime peu » (Luc 7:47) ?

Jésus raconte l'histoire de deux débiteurs dont la dette est remise. Celui qui mesure ce qui lui a été pardonné aime davantage. La femme exprime sa reconnaissance par ses larmes et son parfum, alors que Simon, qui se croit en règle, reste distant. Le texte ne dit pas qu'il faut pécher beaucoup pour être pardonné, mais qu'il faut reconnaître son besoin de grâce.

Pourquoi Jésus admire-t-il la foi du centenier ?

Le centenier est un officier étranger qui ne se juge pas digne de recevoir Jésus chez lui. Il comprend ce qu'est l'autorité : comme il donne des ordres à ses soldats, il sait qu'une parole de Jésus suffit pour guérir son serviteur. Sa foi est faite d'humilité et de confiance dans la parole du Seigneur, ce qui étonne Jésus.

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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.