Matthieu 3 : repentance, conversion et nouvelle naissance

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Introduction

« Es-tu vraiment sauvé ? Si tu meurs aujourd'hui, est-ce que tu es sûr que tu seras auprès de Jésus-Christ ? » Luciano Branco, venu de l'église de Toulon, pose cette question au cœur de son message sur Matthieu 3:1-12, le jour où l'Église célèbre un baptême.

Pour lui, ce passage donne des éléments pour reconnaître un vrai chrétien, un vrai croyant. La Bible parle souvent de gens qui se disent chrétiens et sauvés, mais qui ne le sont pas. On ne peut pas toujours discerner le cœur des autres, reconnaît-il, mais une question demeure : « est-ce que tu peux discerner ce qui est dans ton propre cœur ? »

À travers la prédication de Jean-Baptiste, il décrit trois réalités du salut : la repentance, la conversion et la nouvelle naissance. Les deux premières sont le pas de l'homme. La troisième est l'œuvre de l'Esprit de Dieu.

Plan du message

1. Il y a chrétiens et chrétiens

  • Cette semaine, une sœur de l'Église âgée de 90 ans n'arrivait pas à se défaire de témoins de Jéhovah. Le prédicateur les a appelés. Après une heure de discussion, son interlocutrice lui a dit : « Mais on est quand même des frères. » Sa réponse : à partir du moment où Jésus n'est pas reconnu comme le seul et unique moyen d'être sauvé, on n'entre pas dans le royaume de Dieu. Non parce qu'on est pire qu'un autre, mais parce qu'il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ (1 Timothée 2:5).
  • À l'étranger, il a demandé au pasteur d'une Église d'environ 300 personnes combien ils étaient. Réponse : « peut-être une centaine ». Il parlait « en âmes transformées ». Certains semblaient être des enfants de Dieu et, des années plus tard, remettaient en cause jusqu'à l'existence de Dieu.
  • Au ciel, on sera surpris. Le brigand sur la croix insultait Jésus (Matthieu 27:44), puis il lui a dit : « Souviens-toi de moi. » Et Jésus lui a promis qu'aujourd'hui même il serait avec lui (Luc 23:42-43). Certains seront là alors qu'on ne s'y attendait pas, d'autres n'y seront pas alors qu'on pensait les y voir.
  • Il raconte avoir regardé avec son épouse un film sur l'enlèvement, où tout le monde est enlevé sauf le pasteur. Son épouse s'est tournée vers lui : « Ben et alors ? » Derrière le sourire, la question reste sérieuse : la première réalité d'un vrai salut, c'est de commencer par le début, et le début, c'est la repentance.

2. Commencer par le début : le bilan de santé spirituel

  • Le prédicateur confesse être tombé dans ce piège : annoncer un évangile du type « Dieu est amour, il prendra soin de toi, tes cheveux sont comptés, tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». On aime ces promesses. « Est-ce que c'est l'Évangile ? »
  • Jean-Baptiste commence par le constat, le bilan de santé spirituel : « Tu es un misérable pécheur qui par ton seul péché ne peut subsister devant la gloire de Dieu. » D'où son appel : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (verset 2).
  • S'il était proche au temps de Jean-Baptiste, il l'est d'autant plus aujourd'hui. Pour certains, il peut être proche dans les jours qui viennent, car personne ne peut ajouter une coudée à la durée de sa vie (Matthieu 6:27).
  • Jean est la voix qui crie dans le désert pour préparer le chemin du Seigneur (Ésaïe 40:3). Avant de planter des tomates, on prépare le terrain. L'agriculteur sur son tracteur ne sème pas encore : il retourne la terre, il la brise.
  • La parabole du semeur (Matthieu 13) montre quatre réactions à la Parole. L'indifférent, « monsieur cause toujours tu m'intéresses ». Celui qui dit oui par principe, d'un oui intellectuel, avec un cœur dur. Celui qui dit « oui, volontiers », mais qui a toujours une excuse légitime, comme celui qui voulait d'abord enterrer son père (Matthieu 8:21-22). Et le bon terrain, où la semence porte du fruit, mais où les ronces de la vie peuvent venir étouffer.

3. Repentance ou regret : Pierre et Judas

  • Entre la repentance et le regret, la différence est parfois mince. Judas a voulu rapporter l'argent qu'il avait reçu, on l'a refusé. Le péché lui pesait tellement qu'il est allé se pendre (Matthieu 27:3-5). Pourtant, la Bible l'appelle le fils de perdition (Jean 17:12).
  • Pierre aussi a renié Jésus, trois fois, comme Jésus l'avait annoncé. Jusqu'à ce croisement de regard avec le Seigneur. Alors il pleure (Luc 22:61-62). L'un deviendra un disciple au service de Dieu, l'autre ira jusqu'à se pendre.
  • « Judas a eu honte de ce qu'il a fait vis-à-vis des gens. Pierre a eu honte de ce qu'il a fait vis-à-vis de Jésus. Voilà la différence. » Dans le livre des Actes, ce n'est plus le même Pierre : il prêche l'Évangile.
  • La femme venue aux pieds de Jésus dans la maison de Simon le pharisien se moquait du regard des autres (Luc 7:36-50). Avoir honte de son péché parce qu'on a peur de ce que les autres vont penser, « ça c'est pas la repentance, c'est du regret, la peur, la honte de voir mon image être ternie ».
  • La repentance « s'émancipe totalement » de ce que pensent la famille, le conjoint, les amis. Une seule préoccupation demeure : « Je viens plier mon genou auprès de toi, pleurer sur mon péché, Seigneur. »

4. Des fruits dignes de la repentance

  • Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et des environs du Jourdain venaient à Jean (verset 5). Personne ne les obligeait. Ce n'était pas une évangélisation où l'on séduit, comme ces bonbons achetés un jour lors d'un camp dans une cité pour attirer les enfants. Jean prêche, et sa prédication a un effet.
  • On entend dire : « Je pense que c'est un enfant de Dieu, il vient à l'église régulièrement, il lit sa Bible, il participe aux offrandes, il parle de Jésus. » Pour le prédicateur, « ça ne veut absolument rien dire ». Repentez-vous.
  • Les fruits dignes de la repentance, c'est une réalité visible. Zachée déclare : si j'ai fait du tort à quelqu'un, je suis prêt à rembourser (Luc 19:8). « Ça, c'est du fruit digne de la repentance. »
  • Chacun a ses tendances. Le prédicateur raconte que l'alcool, la cigarette ou la drogue n'ont jamais été une tentation pour lui, même avant sa conversion. Il serait facile de se féliciter de ne pas boire, mais il y avait d'autres sujets. Chacun a ses talons d'Achille.
  • Jésus dit que les gens de mauvaise vie devanceront les religieux dans le royaume de Dieu (Matthieu 21:31). Mais celui qui a compris son péché, qui vient à l'église, qui se dit chrétien et reste dans son péché, entend « un son qui sonne fort, mal, et ce n'est pas moi qui le dis ».

5. « Race de vipères » : la religion sans repentance

  • Pharisiens et sadducéens viennent au baptême de Jean comme on accomplit un rite de plus : « Il faut se faire baptiser, on va se faire baptiser. » De quoi avoir bonne conscience. Jean ne leur réserve pas un accueil très sympathique : « Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? » (verset 7).
  • Il est évident qu'ils ne vivent pas une vraie repentance. On peut venir tous les dimanches au culte, être à l'heure, proposer son cantique préféré, prier avec des formules sophistiquées, et ne pas être un enfant de Dieu. Ils ont l'apparence de la piété mais renient ce qui en fait la force (2 Timothée 3:5).
  • Jésus a rarement été dur, sauf avec les pharisiens, qu'il appelle hypocrites (Matthieu 23). Le mot grec, explique le prédicateur, veut dire comédien.
  • Certains sont de si bons comédiens que leur voix devient mielleuse le dimanche : « Oh mon frère, que Dieu te bénisse. » Et des enfants voient leur père changer de visage le dimanche matin, alors qu'à la maison, « il met la misère ».

6. La conversion : un demi-tour, sans pedigree

  • Le deuxième pas du salut est la conversion, « un demi-tour dans sa vie ». Le livre des Actes dit : « Repentez-vous donc et convertissez-vous » (Actes 3:19). Les deux sont très liés, mais on peut avoir tous les aspects qui ressemblent à la repentance sans vivre la conversion.
  • Dans certains témoignages de baptême, on entend : « J'ai eu une chaleur dans mon cœur, puis la paix. » Le prédicateur regrette que la personne n'ait pas été mieux accompagnée : le salut, c'est la repentance et la conversion.
  • Il n'y a pas de pedigree. « Mes parents étaient dans l'église, mes arrière-grands-parents aussi » ne compte pas. « Ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père » (verset 9). Chacun répond de sa foi de manière personnelle.
  • « Déjà la cognée est mise à la racine des arbres » (verset 10). Dès le début, le coup est mortel, l'arbre ne peut pas pousser correctement. D'où l'importance d'annoncer un évangile juste, pour que, dès le début, les choses s'enclenchent correctement. Une question simple : « Aujourd'hui, si tu meurs, où iras-tu ? »
  • Les enfants de l'école du dimanche connaissent la réponse passe-partout : « Jésus », la « carte Joker ». Le prédicateur craint qu'on produise ainsi « des pharisiens en puissance » qui donnent la bonne réponse sans avoir saisi la chose.
  • Lors d'une pastorale à Toulon, les pasteurs ont passé en revue expo Bible, distribution de Nouveaux Testaments, conférences, porte-à-porte. Conclusion : nous ne produisons pas le salut, nous ne pouvons que semer, et il faut prier.
  • La conversion, c'est que Jésus-Christ règne désormais : sur ta série Netflix, sur ton porte-monnaie, sur tes hobbies. « J'étais passionné de telle et telle chose, mais Christ d'abord. »

7. La nouvelle naissance : l'Esprit et le feu

  • Le baptême de Jean est un baptême de repentance : un geste visible pour dire « je suis un pécheur ». Le baptême célébré l'après-midi même inclut la repentance, mais il exprime aussi une autre réalité, le baptême de l'Esprit.
  • « Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » (verset 11). Il y a le pas que tu fais, la repentance, le pas que tu fais, la conversion, et ce que Dieu fait : son Esprit vient en toi, fait de toi son temple et une nouvelle créature. La Bible l'appelle nouvelle naissance ou régénération.
  • Pour le prédicateur, le feu désigne plutôt ici autre chose que le Saint-Esprit : le verset 12 l'explique. Le Christ amassera son blé dans le grenier et brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point. Au retour de Jésus, il y aura un tri : « On peut tromper son pasteur, on peut tromper les gens d'une église, on peut tromper qui on veut, mais pas Christ. »
  • Les paraboles de Matthieu 25 parlent de ce tri : les brebis et les boucs, les dix vierges. Elles attendent toutes le Christ, elles ont toutes des lampes, elles s'assoupissent toutes. La différence ne se joue pas à grand-chose. « Que te sert-il de plaire aux gens d'une église, si devant Dieu tu n'es pas reconnu comme un authentique enfant de Dieu ? »
  • « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature » (2 Corinthiens 5:17). Le prédicateur ne se dit pas parfait : quand il joue au foot, il joue pour gagner, et sa nature ressurgit. Mais un désir indélébile l'habite : ne se satisfaire de rien d'autre que de plaire à Dieu. C'est la sanctification. Celui qui attriste le Saint-Esprit, c'est moi par mon attitude (Éphésiens 4:30).
  • Cet Esprit permet de lever la tête au jour de la détresse, malgré la souffrance, la maladie, l'injustice. La souffrance n'est pas facile pour l'enfant de Dieu, mais il y a une vie après cette vie.
  • Son image finale : la repentance équivaut à la conception d'un enfant, la conversion à la grossesse, la nouvelle naissance à la naissance. Quelqu'un qui se dit né de nouveau sans parler de repentance ni de changement de vie, c'est comme un nouveau-né qui n'aurait connu ni conception ni grossesse.
  • Une dernière précision : si l'Esprit de Dieu n'agit pas au préalable, l'homme n'a pas la capacité de vivre une pleine repentance, car nul ne cherche Dieu (Romains 3:10-12). D'où l'appel à prier pour nos proches : « Seigneur, touche le cœur, incline le cœur de cette personne à la repentance. »

Points à retenir

  • L'Évangile commence par le début : le constat honnête que nous sommes pécheurs devant la gloire de Dieu.
  • La repentance n'est pas le regret. Le regret craint pour son image, la repentance pleure sur son péché devant Jésus, quoi qu'en pensent les autres.
  • La conversion est un demi-tour : Christ d'abord, sur tous les domaines de la vie. Aucun héritage familial ne la remplace.
  • La nouvelle naissance est l'œuvre de l'Esprit de Dieu. On peut tromper les hommes, on ne trompera pas Christ.
  • Le salut est un miracle : il faut annoncer un évangile juste et prier pour que Dieu touche les cœurs.

Application personnelle

  1. Si tu mourais aujourd'hui, où irais-tu, et sur quoi repose ta réponse ?
  2. Quand tu as honte de ton péché, est-ce d'abord à cause du regard des autres ou à cause de Jésus ?
  3. Quel fruit concret de repentance Dieu attend-il de toi, à la manière de Zachée ?
  4. Y a-t-il un domaine (tes écrans, ton argent, tes loisirs) où Christ ne passe pas encore d'abord ?
  5. Pour quel proche vas-tu prier cette semaine, afin que Dieu incline son cœur à la repentance ?

Versets cités

Questions fréquentes

Quelle différence entre la repentance et le regret ?

Luciano Branco compare Judas et Pierre. Les deux ont renié ou trahi Jésus, les deux ont eu des regrets. Mais Judas a eu honte de ce qu'il avait fait vis-à-vis des gens, tandis que Pierre a eu honte de ce qu'il avait fait vis-à-vis de Jésus. Le regret craint pour son image. La repentance ne se préoccupe plus du regard des autres : elle plie le genou devant Dieu et pleure sur son péché.

Quelle différence entre repentance, conversion et nouvelle naissance ?

La repentance, c'est reconnaître son état de pécheur, pleurer sur son péché et produire des fruits. La conversion est un demi-tour : désormais Jésus-Christ règne sur toute la vie. La nouvelle naissance est l'œuvre de Dieu : son Esprit vient habiter en nous. Le prédicateur les compare à la conception, à la grossesse et à la naissance d'un enfant.

Que signifie « il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » dans Matthieu 3 ?

Pour Luciano Branco, le texte lui-même explique le feu au verset 12 : le Christ amassera son blé dans le grenier et brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point. Il y voit le jugement. Au retour de Jésus, il y aura un tri : on peut tromper son pasteur ou une Église, mais pas Christ. Ce qui fera la différence, c'est la présence ou l'absence de l'Esprit de Dieu.

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