Introduction
« J'allais dire bon dimanche, mais je vous dis bon lundi. » Caleb Becquart ouvre ainsi ce message de la série « Bon lundi » à l'Église Lille Métropole. Son titre : le lundi après le miracle. On prie souvent pour que la main de Dieu bouge quelque chose. Mais une fois qu'il a agi, qu'est-ce qu'on fait ?
Le lundi, ce sont les bouchons, le réveil qui sonne trop tôt, « encore 5 minutes » qui deviennent 25, le café qu'on prend par nécessité. C'est aussi, sourit le prédicateur, le jour où ses enfants mettent plus de temps à se préparer. Il y a des bons lundis, et il y a des lundis « à Doliprane ».
Le prophète Élie a connu un lundi de ce genre, un vrai passage à vide. En suivant 1 Rois 19, sans quitter Jésus des yeux, le prédicateur montre comment traverser les lundis marqués par la pression et les responsabilités « dans le calme de sa présence ». Sa pensée tient en trois étapes : le lundi révèle mes limites, le lundi m'apprend à écouter Dieu, le lundi me renvoie vers les autres.
Plan du message
1. Du dimanche du Carmel au lundi d'Élie
- Les livres historiques racontent l'histoire d'Israël et la façon dont Dieu est impliqué dans leur vie « comme il est impliqué dans la nôtre ». Le contexte est rude, et Dieu y pratique une révélation progressive pour révéler Jésus peu à peu.
- 1 Rois 17, ce sont des miracles sur miracles, comme la veuve de Sarepta. Dieu prépare Élie dans le secret.
- 1 Rois 18, c'est la confrontation. Il n'a pas plu depuis trois ans. Le roi Achab et Jézabel, sa femme, commettent des choses abominables. Rendez-vous est pris au mont Carmel : le Dieu qui répondra par le feu sera le vrai Dieu.
- Les 450 prophètes de Baal crient en vain. Élie, plein de confiance, se moque d'eux, fait verser de l'eau sur l'autel, et Dieu l'embrase de façon spectaculaire. Le peuple confesse que l'Éternel est Dieu, puis la pluie revient.
- Le prédicateur prend une image : le miracle, c'est le dimanche. Le lendemain, « un lundi pas comme les autres », Élie est au fond du trou.
2. Le lundi révèle mes limites
- Jézabel met sa tête à prix. Élie fuit au désert, s'assied sous un genêt et demande la mort : « C'est assez ! Maintenant, Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. » Un ange le touche deux fois : « Lève-toi et mange, car le chemin est trop long pour toi. »
- Il marche quarante jours jusqu'à Horeb, entre dans une caverne. Dieu lui demande : « Que fais-tu ici, Élie ? » Il répond par tout ce qu'il a fait : « J'ai déployé mon zèle pour l'Éternel […] je suis resté, moi seul. » « Bon lundi », commente le prédicateur.
- Pendant ses études, un colocataire, bloqué sur le verglas par moins 25 degrés, avait appuyé à fond sur l'accélérateur pour que la chaleur du frottement fasse fondre la glace. Il avait gaspillé la moitié du plein. La leçon : « avoir des bonnes intentions ne suffit pas ». Il faut une révélation claire.
- Après un dimanche exaltant, Élie fait face à un défi sournois : le lundi vide, sans l'équipe, sans l'ambiance de l'église, sans émotion. « Il y a juste ma Bible, moi », et la question d'avancer ou pas.
- Il est épuisé, déprimé, dépassé par ses responsabilités. « C'est là où la Bible me rassure parce qu'elle est réaliste. » Nous sommes équipés dans un dimanche splendide pour être envoyés dans un lundi sans artifice, « parce que Dieu se révèle aussi là ».
- Dieu demande « comment tu vas ? », pas « qu'est-ce que tu as accompli ? ». Élie est dans le fonctionnel : accomplir, faire, prouver. En hébreu, sa réponse insiste lourdement, comme s'il disait « j'ai zélément déployé mon zèle ». Ce n'est pas de l'orgueil : « J'ai fait de mon mieux et je suis usé. »
- « Quand ma croissance spirituelle stagne, c'est qu'avec Dieu, je suis plus dans le fonctionnel que dans le relationnel. » Le but de la vie chrétienne n'est pas un culte formidable, c'est un culte cohérent avec Jésus.
3. Revenir à la Parole avec quatre questions
- Face au lundi brutal, tu peux rester accroché au dimanche (« je vais regarder le live encore »), ou te concentrer sur le lundi avec le bagage du dimanche. Le Seigneur t'accompagne, « peu importe le métier ».
- Ce qui a relevé Élie, c'est que Dieu est venu lui parler. À quelqu'un qui disait ne jamais entendre Dieu, un ami pasteur a répondu : « Lis ta Bible. » Et s'il voulait l'entendre avec ses oreilles : « Lis ta Bible à voix haute. »
- Le prédicateur s'appuie sur Glenn Smith, docteur en théologie pratique, pour qui toute théologie doit déboucher sur une pratique qui fait avancer l'Église et les chrétiens. Quatre questions aident quand on navigue à vide.
- De quoi parle le texte ? Élie, épuisé, est nourri par Dieu, marche jusqu'à Horeb, et Dieu le remet sur pied.
- Qu'est-ce que le texte semble enseigner ? Une bonne intention ne suffit pas, et Élie veut se prouver quand Dieu veut communier.
- Quels principes je retrouve dans la vie de Jésus ? Cette question empêche de sortir un texte de son contexte. En Marc 3, Jésus choisit les Douze « pour être avec lui ». Pas d'abord pour prêcher ni pour faire des miracles. En Jean 15 : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » « Tu n'es pas dans ton problème, tu es dans ma présence. »
- Qu'est-ce que le texte m'invite à pratiquer ? Servir, ce n'est pas du fonctionnel, c'est du relationnel. Seule la relation avec Jésus donne une révélation fraîche.
4. Le lundi m'apprend à écouter Dieu
- « Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l'Éternel. » Un vent violent, un tremblement de terre, un feu, et l'Éternel n'y est pas. Puis « un murmure doux et léger », et la même question : « Que fais-tu ici, Élie ? »
- Entre le Carmel, Jizreel, Beer-Schéba et Horeb, Élie a parcouru environ 500 kilomètres en trois chapitres. « Même les scouts, ils font pas ça. » Il cherche du soutien au milieu de la pression, et Dieu est disponible pour ça aussi. Il prend son temps et repose la question une deuxième fois.
- Élie croit que son service crée sa relation avec Dieu. « Et c'est le contraire. » Le but du Père, c'est la relation : repose-toi, mange, comment tu vas ?
- Dieu l'aide aussi à relativiser. À « je suis resté, moi seul », il répond qu'il reste sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal. « Dieu était aux petits soins avec lui » : un gâteau, une cruche, un remontage de moral.
- Les miracles et les guérisons viennent comme un fruit. Ils servent à mieux servir le Seigneur, « parce qu'il y a quelqu'un d'autre que moi qui compte », celui qui ne connaît pas encore Jésus. Le but, ce n'était ni le feu, ni le vent, ni la montagne : « le but c'est la relation », avec quelqu'un qui s'appelle Jésus.
- Le nombre quarante marque des temps de formation : les quarante ans d'Israël, les quarante jours de Moïse, les quarante jours de Jésus. « Les relations prennent du temps. Être crédible prend du temps. »
- Le prédicateur raconte son propre lundi : une semaine de jeûne et prière après des déplacements et un séminaire, des nouvelles de santé difficiles pour des proches, la chaudière, sa fille qui tarde à s'habiller, puis la voiture qui refuse de démarrer, colonne de direction bloquée. Il appelle sa femme pour qu'elle vienne le chercher. « Et ça, c'était juste un lundi où il n'y a pas de vrai problème. »
5. Jésus n'est pas un panneau, il est le chemin
- Au Carmel, Dieu a agi par le feu. Quelques jours après, c'est un murmure. L'enjeu n'est pas de s'accrocher à la façon dont il a agi, « c'est de s'accrocher à lui ».
- « La croissance spirituelle m'amènera forcément à m'accrocher à une personne plus qu'à un système. » Le talent et les dons ne suffisent pas pour assumer un lundi sous pression : il faut Jésus.
- On croit parfois que Jésus est un panneau qui indique le paradis au loin, avec une liste de choses à faire et à ne pas faire en chemin. Mais Jésus est une personne vivante. Il est le chemin, la vérité et la vie : il est là avec toi, il t'emmène.
- « Seigneur, je t'accompagne. Est-ce que ça veut dire que je suis serein ? Pas du tout, mais je te fais confiance. »
6. Le lundi me renvoie vers les autres
- « Le lundi commence quand tu acceptes d'arrêter de le vivre que pour toi. » Aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même suppose d'aller au-delà de ses blessures pour prendre soin de l'autre.
- Verset 15 : « Va, reprends ton chemin par le désert jusqu'à Damas. » Dieu a pris la température, il a donné la vision et la provision, et il renvoie Élie oindre Hazaël, Jéhu et Élisée « pour prophète à ta place ». « Peu importe que tu oublies mon nom, si tu te souviens de Jésus. »
- Le prédicateur nuance l'idée de « monétiser son appel » : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » On ne conditionne pas l'obéissance à une récompense, car la récompense, c'est Christ qui nous a rachetés. Un jour, le Seigneur pourra dire : « bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ».
- Élie se sent seul, en danger, rejeté. Élie veut se reposer de ce qu'il a fait, Dieu veut lui donner le repos de sa présence, « parce que ce n'est pas fini ». Dieu guérit le relationnel par le relationnel : il se sert de son corps, l'Église, pour guérir son corps, lorsqu'elle est centrée sur Christ.
- « Le lundi, c'est l'endroit où ma foi va être utile à quelqu'un. » C'est aussi être disponible pour que les autres m'aident. « Tout ne dépend pas de moi. »
- La façon dont la prochaine génération reprendra le flambeau dépend de la façon dont je réponds aujourd'hui à l'appel de Dieu. Jésus s'est entouré des Douze, imparfaits mais disponibles. « Ça, c'est le lundi après le miracle. »
7. Quand quelqu'un te dit de te remettre en route
- Venu d'une famille simple, le prédicateur a pu étudier dans une école biblique au Canada grâce à des personnes qui ont payé son logement et ses études. Dieu ne l'a jamais laissé assez confortable pour arrêter de travailler, « pour justement être là le lundi ».
- Trois semaines après son arrivée, les émotions retombent. Un pasteur lui demande comment il va. « Je suis déprimé. » Il l'appelle dans son bureau : des gens ont investi en lui, prient pour lui, et d'autres qui ne connaissent pas encore Jésus attendent qu'il soit formé.
- Le message était clair : on va prendre soin de toi, mais « il faut que tu prennes la décision que tu vas te mettre en route parce que personne le fera à ta place ».
- Le prédicateur invite ceux qui sont blessés, ou qui ont l'impression d'avoir tout bien fait et d'avoir encore des problèmes, à faire un état des lieux intérieur et à proclamer : « Mon Dieu est vivant et nul n'est comme lui. »
Points à retenir
- Après un temps fort, le lundi révèle nos limites. La Bible est réaliste : même Élie a connu l'épuisement et le découragement.
- Dieu demande « comment tu vas ? » avant « qu'est-ce que tu as fait ? ». Le service ne crée pas la relation, c'est la relation qui nourrit le service.
- Dieu ne parle pas toujours par le feu. Il faut s'accrocher à lui, pas à la façon dont il a agi.
- Jésus n'est pas un panneau au bord de la route : il est le chemin, et il marche avec toi.
- Le lundi te renvoie vers les autres : ta foi devient utile à quelqu'un, et d'autres peuvent t'aider.
Application personnelle
- Dans ta relation avec Dieu en ce moment, es-tu plutôt dans le fonctionnel ou dans le relationnel ?
- Si Dieu te demandait aujourd'hui « Que fais-tu ici ? », que répondrais-tu : ce que tu as fait, ou comment tu vas vraiment ?
- Laquelle des quatre questions t'aiderait à lire la Bible autrement la prochaine fois que tu seras à vide ?
- À quel feu ou à quelle manière d'agir de Dieu t'accroches-tu, au risque de ne pas entendre le murmure doux et léger ?
- Qui, ce lundi, a besoin que ta foi lui soit utile, et de qui as-tu besoin d'accepter l'aide ?
Versets cités
- 1 Rois 19
- 1 Rois 17
- 1 Rois 18
- Marc 3:14
- Jean 15:4
- Jean 14:6
- Matthieu 22:37-39
- Matthieu 10:8
- Matthieu 25:21
- 1 Corinthiens 12:27
Questions fréquentes
Pourquoi Élie est-il découragé juste après le miracle du Carmel ?
Pour Caleb Becquart, Élie vit un « lundi » après un « dimanche » exceptionnel. Jézabel met sa tête à prix, il a beaucoup marché, il est épuisé et dépassé par ses responsabilités. Il fait face à une retombée émotionnelle. La Bible est réaliste : elle montre un homme limité qui vit avec un Dieu de miracles.
Que veut dire la question « Que fais-tu ici, Élie ? » ?
Dieu ne demande pas à Élie ce qu'il a accompli, il lui demande comment il va. Élie répond par ce qu'il a fait, il est dans le fonctionnel. Dieu, lui, l'appelle à la relation : le repos, la nourriture, sa présence. Selon le prédicateur, quand la croissance spirituelle stagne, c'est souvent qu'on est plus dans le fonctionnel que dans le relationnel avec Dieu.
Pourquoi Dieu renvoie-t-il Élie au travail au lieu de le laisser se reposer ?
Après l'avoir nourri, rassuré et lui avoir rappelé qu'il restait sept mille fidèles, Dieu dit à Élie : « Va, reprends ton chemin. » Il l'envoie oindre des rois et Élisée comme prophète à sa place. Pour Caleb Becquart, Dieu guérit le relationnel par le relationnel : le lundi est l'endroit où ma foi devient utile à quelqu'un.