Introduction
Depuis le 6 septembre, l'Église CVV, à Paris, consacre une série de messages à la joie. On y a vu que Dieu est profondément joyeux, que le Saint-Esprit produit la joie en nous, que la joie naît de la communauté, qu'elle est missionnelle et qu'elle peut cohabiter avec la souffrance : « Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l'affliction » (Romains 12.12).
Dans ce message du 11 octobre 2026, Ben pose une dernière pierre : « La joie est éternelle. » La vie est parfois difficile, parfois douloureuse, et il ne s'agit pas de l'ignorer. Mais au cœur de cette reconnaissance de la réalité, il rappelle une autre réalité : pour ceux qui aiment et suivent Jésus, « la souffrance est pour un temps. La joie, quant à elle, est éternelle. »
Son texte principal est Ésaïe 35, lu avec Apocalypse 21.1-5 et Romains 14.17 : « le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. »
Plan du message
1. Deux tableaux en contraste : Ésaïe 34 et Ésaïe 35
- Ésaïe 35 est comme un dessin : le désert et la plaine aride se réjouissent, l'eau jaillit, la vie pousse de la terre, les bêtes sauvages s'éloignent et le peuple de Dieu sort de son exil dans la joie.
- Pour le comprendre pleinement, il faut lire Ésaïe 34, qui dit exactement l'inverse. Dieu vient juger les nations rebelles, Édom est dévasté, la terre est aride, on y parle de hyènes, de serpents, de vautours. « Le jugement de Dieu fait peur en Ésaïe 34. »
- Ben avait préparé deux images pour faire ressentir ce contraste, l'une sombre, avec une ville en flammes et des bêtes sauvages, l'autre lumineuse, avec un fleuve, des arbres et un enfant qui court dans la joie. Elles n'ont pas pu être projetées ce jour-là, mais le but reste : prendre les deux prophéties ensemble.
2. Une parole donnée dans un temps d'incertitude
- Ésaïe 34 reflète aussi l'époque du prophète. Juda traverse une crise géopolitique et militaire majeure, l'Assyrie est devenue puissante et semble aux portes de Jérusalem. Le peuple vit dans la peur, la faim, la soif et le désespoir face à ce qui pourrait arriver demain.
- « Ce n'était pas les Trente Glorieuses », dit Ben, mais presque les pires années du royaume de Juda. Pourtant, c'est là qu'Ésaïe prophétise la restauration.
- Nous non plus, nous ne vivons pas les Trente Glorieuses. Il énumère ce qu'on entend aux nouvelles : baisse du pouvoir d'achat, logement inaccessible pour beaucoup de jeunes, lycéens en colère, inquiétude pour les retraites, feux de forêt, sécheresse, réchauffement climatique, voix politiques de plus en plus extrêmes, guerres et rumeurs de guerre dans le monde. « Vous êtes découragés ou pas ? »
- Il nuance : nous vivons dans une relative richesse et une relative sécurité, et « l'empire assyrien n'est pas aux portes de Paris ». Mais le ressenti a des points communs : l'impression que rien ne va et qu'il n'y a pas d'avenir.
- « Trois mille ans de progrès humain, et on n'a pas encore réussi à nous affranchir de la souffrance. » Dans ce moment incertain, Dieu, par Ésaïe, nous invite à lever les yeux vers ses projets éternels.
3. « Il viendra lui-même pour vous sauver »
- Ésaïe 35.3-4 : « Fortifiez les mains languissantes, et affermissez les genoux qui chancellent ; dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ; voici votre Dieu […] il viendra lui-même, et vous sauvera. » Pour Ben, c'est la clé de la restauration annoncée : Dieu lui-même viendra à notre secours.
- Comme beaucoup de prophètes, Ésaïe parle à son temps, mais sa prophétie va bien au-delà de la situation géopolitique de Juda. Elle annonce un temps messianique et le projet éternel du salut en Dieu.
- Ben, fan du Seigneur des Anneaux, rappelle la fin de la bataille du Gouffre de Helm dans Les Deux Tours : il ne reste que quelques soldats, puis la lumière apparaît sur la colline, le chevalier blanc arrive et l'armée ennemie est terrifiée. « C'est un peu la même imagerie qu'Ésaïe : Dieu lui-même vient sur la colline pour nous sauver. »
4. En Jésus, le temps annoncé a commencé
- Qu'est-ce qui accompagne la venue du Messie ? « Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, s'ouvriront les oreilles des sourds ; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie » (Ésaïe 35.5-6). « Ça vous dit quelque chose ? »
- Les quatre Évangiles décrivent 37 miracles de Jésus, et Jean 21.25 précise qu'il en a fait beaucoup d'autres. Ben en cite plusieurs : le fils de l'officier (Jean 4), la belle-mère de Pierre (Luc 4, Marc 1, Matthieu 8), un lépreux, le serviteur paralysé (Luc 7, Matthieu 8), le paralytique descendu par le toit, le fils de la veuve ressuscité, la femme atteinte d'une perte de sang (Luc 8, Marc 5), deux aveugles et un muet (Matthieu 9), un sourd-muet (Marc 7).
- Marc 7.31-37 montre la nature de ces miracles : Jésus prend le sourd à part, lui met les doigts dans les oreilles, lui touche la langue avec sa salive, lève les yeux au ciel et dit : « Éphphatha. » La foule, remplie d'étonnement, conclut : « Il fait tout à merveille ; même il fait entendre les sourds, et parler les muets. »
- « En Jésus, le temps messianique annoncé par Ésaïe 35 a démarré. » Son salut est caractérisé par des miracles, alors qu'il restaure tout ce qui a été brisé.
5. La croix et le chemin de la sainteté
- Jésus n'a pas seulement guéri des malades, il est allé jusqu'à mourir sur la croix à notre place. Il nous a libérés du péché qui rendait l'humanité esclave et il nous a mis sur un autre chemin, celui qu'Ésaïe appelle la voie sainte (Ésaïe 35.8), « non pas esclave du péché, mais libre en Dieu ».
- Par la croix, Jésus nous éloigne des hyènes et des chacals, c'est-à-dire du danger de la perte éternelle, et nous place sur le chemin d'une joie éternelle.
- Nous y marchons « pas grâce à notre super effort, pas parce que tu es mieux que les autres, pas par tes bonnes œuvres, ta charité ou ta perfection », mais par le pardon obtenu gratuitement en Jésus, grâce à son sang. À la place du « bazar » de notre vie, il nous donne sa vie sainte.
- Ben s'arrête sur une question : « Est-ce que tu sais reconnaître le bazar dans ta vie et ton besoin d'un sauveur ? » Elle s'adresse à celui qui n'a pas encore cru, mais aussi au chrétien de longue date. Orgueil, blessures, rancœur, fierté, fausses croyances : il n'y a pas d'étape au-dessus de l'humilité de celui qui dépend de Dieu pour son salut.
6. Les guérisons, signes du royaume à venir
- La prophétie ne s'arrête pas au ministère terrestre de Jésus. Ésaïe 35.10 et Apocalypse 21.4-5 annoncent un futur : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus […] Voici, je fais toutes choses nouvelles. »
- Les guérisons de Jésus ont dû provoquer une immense joie. Aujourd'hui encore, quand quelqu'un est guéri, il y a de l'étonnement et parfois des explosions de joie. « Quand Dieu guérit, c'est la fête. »
- Mais une guérison est aussi un signe. Elle montre que la main de Dieu agit encore, et elle pointe vers un temps où les souffrances du moment présent « seront comme un souvenir lointain », où la maladie aura quitté nos corps et où les blessures du cœur seront guéries.
- Ben ne cache pas la réalité : « Tout le monde n'est pas guéri, tout n'est pas résolu dans cette vie, nous allons tous vers la mort. Mais un jour la mort ne sera plus. »
7. Une joie éternelle couronnera ta tête
- « Le moment présent passera. Les détresses sont pour un temps. Mais la joie, elle, est éternelle. » Ton avenir, comme disciple de Jésus, c'est la joie : une joie éternelle couronnera ta tête.
- Il y a des saisons où l'on lutte pour voir un petit bout d'espérance au bout du tunnel. Il ne faut pas laisser s'éteindre cette flamme. Dans les moments sombres, Ben invite à dire : « Seigneur, je m'accroche à toi avec le peu de force que j'ai. »
- Jésus l'a dit en Jean 16.33 : « Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. » Son royaume est plus puissant que celui du monde, et quand il sera pleinement établi, la souffrance appartiendra au passé.
- Ben termine par une confidence : « J'ai vraiment hâte de l'éternité. » Dans les difficultés des dernières années, Dieu a déposé au fond de son âme une certitude sur cet avenir éternel. « S'il l'a fait en moi, c'est qu'il peut le faire pour toi. » Cette foi ne vient pas d'une belle histoire, elle vient de Dieu, et il prie pour que Dieu la dépose dans le cœur de ceux qui ont peur de la mort ou peinent à saisir l'éternité, en invitant chacun, comme le dit Jacques, à croire sans douter.
Points à retenir
- La souffrance est réelle, mais pour ceux qui suivent Jésus elle est pour un temps. La joie, elle, est éternelle.
- Ésaïe 35 a été donné dans une période de peur et d'incertitude. Il invite encore aujourd'hui à lever les yeux vers les projets éternels de Dieu.
- « Il viendra lui-même pour vous sauver » : en Jésus, par ses miracles et par sa croix, le temps annoncé par Ésaïe a commencé.
- Nous marchons sur la voie sainte non par nos efforts, mais par le pardon reçu gratuitement. Même le chrétien de longue date garde besoin d'un sauveur.
- Chaque guérison est un signe du royaume à venir, où Dieu essuiera toute larme et fera toutes choses nouvelles.
Application personnelle
- Qu'est-ce qui, dans les nouvelles ou dans ta propre vie, ressemble pour toi à un « tableau d'Ésaïe 34 » en ce moment ?
- Vers quoi lèves-tu les yeux quand tout semble aller mal : vers les circonstances, ou vers les projets éternels de Dieu ?
- Sais-tu encore reconnaître le « bazar » dans ta vie et ton besoin d'un sauveur, même si tu es chrétien depuis longtemps ?
- Dans quelle situation peux-tu dire cette semaine : « Seigneur, je m'accroche à toi avec le peu de force que j'ai » ?
- As-tu une certitude sur l'éternité qui t'attend ? Si ce n'est pas le cas, oses-tu demander à Dieu de déposer cette foi dans ton cœur ?
Versets cités
- Ésaïe 35
- Ésaïe 34
- Apocalypse 21.1-5
- Romains 14.17
- Romains 12.12
- Jean 16.33
- Jean 21.25
- Marc 7.31-37
- Jean 4.46-54
- Luc 4.38-39
- Luc 5.12-26
- Luc 7.1-17
- Luc 8.43-48
- Matthieu 9.27-33
- Jacques 1.6
Questions fréquentes
Que veut dire « la joie est éternelle » ?
Pour Ben, la souffrance est réelle mais elle n'est pas éternelle : pour ceux qui aiment et suivent Jésus, elle est pour un temps. La joie, elle, ne passera pas. Ésaïe 35.10 annonce qu'une joie éternelle couronnera la tête des rachetés de l'Éternel, et Apocalypse 21 promet que Dieu essuiera toute larme.
Pourquoi lire Ésaïe 35 avec Ésaïe 34 ?
Les deux chapitres sont tenus en contraste. Ésaïe 34 décrit le jugement d'Édom : terre aride, bêtes sauvages, désolation. Ésaïe 35 décrit le désert qui fleurit, l'eau qui jaillit et le peuple racheté qui revient dans la joie. Le chapitre 34 reflète aussi la peur que vivait Juda face à l'Assyrie au temps du prophète.
Pourquoi tout le monde n'est-il pas guéri si Jésus accomplit Ésaïe 35 ?
Ben répond que les guérisons sont des signes : elles montrent que la main de Dieu agit encore et elles pointent vers le royaume à venir. Tout n'est pas résolu dans cette vie et nous allons tous vers la mort, mais un jour la mort ne sera plus et la maladie aura pleinement quitté nos corps.