La Samaritaine dans la Bible

Son histoire, le sens de son nom et les leçons de sa vie

En bref

La Samaritaine est une femme de Samarie que Jésus rencontre près de Sychar, au puits de Jacob, vers la sixième heure. Elle vient puiser de l'eau, et Jésus lui offre l'eau vive. Il connaît sa vie, lui révèle qu'il est le Messie et lui enseigne que Dieu cherche des adorateurs en esprit et en vérité. Elle laisse sa cruche, retourne en ville et témoigne, et beaucoup de Samaritains croient en Jésus, le Sauveur du monde. Son prénom n'est pas donné dans l'Évangile de Jean.

Que signifie le nom La Samaritaine ?

Le texte biblique ne donne pas le prénom de cette femme : « la Samaritaine » vient de son origine, la Samarie (Jean 4:9). La Bible ne propose donc aucune explication de son nom, et il vaut mieux ne rien inventer à ce sujet.

Le contexte de l'histoire de La Samaritaine

Le récit se déroule en Samarie, la région située entre la Judée au sud et la Galilée au nord. Jésus quitte la Judée pour regagner la Galilée, et l'évangéliste écrit qu'il fallait qu'il passât par la Samarie. Il arrive à Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, où se trouve le puits de Jacob. La région a une histoire douloureuse : après la chute du royaume du Nord, le roi d'Assyrie y établit des populations venues de Babylone, de Cutha, d'Avva, de Hamath et de Sepharvaïm, qui craignent l'Éternel tout en servant leurs dieux (2 Rois 17). De cette histoire naît une rivalité durable avec les Juifs : « Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains », note Jean. Les Samaritains adorent sur leur montagne, alors que les Juifs affirment que le lieu d'adoration est Jérusalem. Il est environ la sixième heure, c'est-à-dire vers midi. Les disciples sont partis acheter des vivres, et Jésus est seul, fatigué du voyage. La scène a lieu sans foule, loin du temple, entre un homme et une femme que rien ne destinait à se parler.

L'histoire de La Samaritaine

  1. Un passage voulu par la Samarie

    Jean 4:1-6

    Jésus apprend que les pharisiens ont su qu'il faisait et baptisait plus de disciples que Jean. Il quitte la Judée et retourne en Galilée. L'évangéliste écrit : « Comme il fallait qu'il passât par la Samarie ». Il arrive à Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils. Là se trouve le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s'assied au bord du puits, vers la sixième heure. Le Fils de Dieu se montre ici pleinement homme : il est las, il s'assied, il a soif. Les disciples sont allés à la ville acheter des vivres, ce qui laisse Jésus seul au puits.

  2. Une demande qui surprend

    Jean 4:7-9

    Une femme de Samarie vient puiser de l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » La phrase est simple, mais elle bouscule les usages. Un Juif s'adresse à une Samaritaine, et il lui demande un service. Elle s'étonne : « Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? » Jean explique pour ses lecteurs que les Juifs n'ont pas de relations avec les Samaritains. Jésus commence par demander quelque chose avant d'offrir quoi que ce soit : il se place en demandeur avant d'être donateur, et il franchit ainsi une frontière que les deux peuples respectaient.

  3. L'eau vive

    Jean 4:10-15

    Jésus répond que si elle connaissait le don de Dieu et celui qui lui parle, elle lui aurait demandé à boire, et il lui aurait donné de l'eau vive. La femme pense au sens littéral : « tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond ». Elle demande si Jésus est plus grand que Jacob, qui leur a donné ce puits. Jésus déplace la question : celui qui boit de cette eau aura encore soif, mais celui qui boira de l'eau qu'il donnera « n'aura jamais soif », car elle deviendra en lui une source jaillissant jusque dans la vie éternelle. Elle répond : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici. »

  4. Une vie mise à nu

    Jean 4:16-19

    Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et viens ici. » Elle répond qu'elle n'a point de mari. Jésus lui dit : « Tu as eu raison de dire : Je n'ai point de mari. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. » Le texte ne prononce aucune condamnation et n'explique pas les circonstances de ces mariages. Jésus nomme la réalité, puis reconnaît que la femme a dit vrai. Elle ne s'enfuit pas : elle répond « Seigneur, je vois que tu es prophète », et la conversation continue sur un terrain plus profond.

  5. La question du lieu d'adoration

    Jean 4:20-24

    La femme déplace la discussion vers un sujet qui sépare Samaritains et Juifs : « Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus répond que l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que l'on adorera le Père. Il maintient que « le salut vient des Juifs », puis annonce que « l'heure vient, et elle est déjà venue » où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Il en donne la raison : Dieu est Esprit. Le lieu et la tradition ne suffisent plus, car le Père cherche une adoration vraie.

  6. Le Messie se révèle

    Jean 4:25-26

    La femme dit qu'elle sait que le Messie, celui qu'on appelle Christ, doit venir, et qu'il annoncera toutes choses. Elle exprime ainsi une attente que partagent Samaritains et Juifs. Jésus lui répond sans détour : « Je le suis, moi qui te parle. » Cette déclaration est faite à une Samaritaine, au bord d'un puits, en l'absence des disciples. L'espérance de la femme trouve une réponse personnelle avant même d'être discutée. Jésus ne se contente pas de parler du Messie : il se fait connaître comme tel, à celle qui l'attendait, dans un lieu ordinaire où personne ne l'aurait cherché.

  7. La cruche laissée et la nourriture de Jésus

    Jean 4:27-38

    Les disciples reviennent et s'étonnent de voir Jésus parler avec une femme, mais aucun ne l'interroge. La femme laisse sa cruche, retourne en ville et dit : « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce point le Christ ? » Pendant ce temps, les disciples pressent Jésus de manger. Il répond : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre. » Il leur demande de lever les yeux sur les champs qui déjà blanchissent pour la moisson. Au même moment, les habitants de la ville sortent pour venir vers lui.

  8. Deux jours à Sychar

    Jean 4:39-43

    Plusieurs Samaritains de la ville croient en Jésus à cause de la déclaration formelle de la femme : « Il m'a dit tout ce que j'ai fait. » Quand ils viennent le trouver, ils le prient de rester auprès d'eux, et il reste deux jours. Un beaucoup plus grand nombre croient alors à cause de sa parole. Ils disent à la femme : « Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde. » Après ces deux jours, Jésus part pour la Galilée. Le témoignage de la femme a ouvert la porte, mais la rencontre avec Jésus fonde la foi.

Ce que La Samaritaine nous enseigne

  • Jésus franchit les barrières sociales et religieuses pour rencontrer chacun là où il est.
  • Il connaît toute notre vie, et il nous parle avec vérité sans nous écraser, pour nous conduire vers lui.
  • Lui seul donne l'eau vive qui désaltère pour toujours : aucune source humaine ne comble la soif de l'âme.
  • L'adoration vraie ne dépend ni d'un lieu ni d'une tradition, mais d'une relation avec le Père en esprit et en vérité.
  • Un témoignage simple, rendu sans attendre, peut conduire toute une ville à Jésus.

Versets clés

Jean 4:13-14

Jésus oppose l'eau du puits, qui ne désaltère qu'un temps, à l'eau qu'il donne, qui devient une source jaillissant jusque dans la vie éternelle. Il offre une satisfaction durable, qui vient de lui seul.

Jean 4:23-24

L'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Ce que Dieu demande n'est pas un lieu précis, mais une adoration sincère, conduite par son Esprit.

Jean 4:28-29

La femme laisse sa cruche et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ». Son témoignage est simple, mais il invite chacun à rencontrer Jésus par lui-même.

Jean 4:42

Les Samaritains disent qu'ils ne croient plus à cause de ce que la femme a dit, mais parce qu'ils l'ont entendu eux-mêmes et savent qu'il est vraiment le Sauveur du monde. La foi naît de la rencontre personnelle avec Jésus.

Versets bibliques à méditer

Prédications sur La Samaritaine

Questions fréquentes

Pourquoi la Samaritaine venait-elle puiser de l'eau à midi ?

Le texte situe la scène vers la sixième heure, soit environ midi (Jean 4:6), sans en donner la raison. Certains prédicateurs y voient le signe d'une femme qui évitait les autres, mais la Bible ne le dit pas. Ce que le texte montre, c'est que Jésus l'attendait au puits.

Comment s'appelait la Samaritaine ?

L'Évangile de Jean ne donne pas son prénom. Elle est appelée la femme samaritaine parce qu'elle vient de Samarie (Jean 4:9). Il n'existe donc aucune explication biblique de son nom, et l'on ne peut rien affirmer à ce sujet sans sortir du texte.

Où trouver l'histoire de la Samaritaine dans la Bible ?

L'histoire de la Samaritaine se trouve uniquement dans l'Évangile de Jean, au chapitre 4, versets 1 à 42. Jésus y rencontre la femme au puits de Jacob, près de Sychar en Samarie, puis passe deux jours dans cette ville où beaucoup croient en lui.

Qui étaient les Samaritains ?

Samarie est le nom de la capitale du royaume du Nord, qui tomba aux mains du roi d'Assyrie (2 Rois 17:5-6). Après avoir emmené Israël captif, ce roi fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d'Avva, de Hamath et de Sepharvaïm, qu'il établit dans les villes de Samarie (v. 24). Ces peuples apprirent à craindre l'Éternel, mais continuèrent de servir leurs propres dieux (v. 33). Voilà l'arrière-plan de la méfiance entre Juifs et Samaritains que Jean 4:9 rappelle. La Bible ne dit pas tout de leur histoire, et il faut s'en tenir à ce que ces textes affirment.

Pourquoi Jésus devait-il passer par la Samarie ?

Jean 4:4 écrit qu'il « fallait qu'il passât par la Samarie ». L'Évangile ne précise pas si cette nécessité tient à la route ou à un dessein de Dieu. Ce que le récit montre ensuite, c'est une rencontre qui n'a rien d'un hasard : Jésus se fait connaître comme le Messie, ses disciples apprennent que la moisson est prête, et de nombreux habitants de la ville croient (v. 26, 35, 39-42). Le livre des Actes rappellera que les apôtres seront témoins « dans la Samarie » (Actes 1:8). Cette traversée de Samarie s'inscrit donc dans le projet de Dieu de faire connaître le salut à tous.

Que signifie l'eau vive ?

Jésus offre à la femme une eau qui désaltère pour toujours, « une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle » (Jean 4:14). L'Évangile éclaire le sens de cette image plus loin. À la fête des Tabernacles, Jésus crie : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. » Il ajoute : « Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein », et Jean explique qu'il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (Jean 7:37-39). L'eau vive désigne donc le don de Dieu : la vie éternelle, donnée par l'Esprit à celui qui vient à Jésus.

Pourquoi Jésus parle-t-il des cinq maris ?

Jésus demande à la femme d'appeler son mari. Elle répond qu'elle n'en a point, et Jésus confirme que c'est vrai : elle a eu cinq maris, et celui qu'elle a maintenant n'est pas son mari (Jean 4:16-18). Le texte ne dit pas pourquoi : il n'explique ni les causes de ces unions, ni les circonstances de chacune. Jésus ne la condamne pas et ne lui donne aucun ordre de changer de conduite dans ce passage. Il montre qu'il connaît sa vie entière, ce qui conduit la femme à reconnaître en lui un prophète, puis à rapporter à la ville qu'il lui a dit tout ce qu'elle a fait (v. 29).

Que veut dire adorer en esprit et en vérité ?

Jésus répond à une question sur le lieu : Jérusalem ou la montagne des Samaritains. Il annonce que l'heure vient où l'on n'adorera le Père ni sur l'une ni dans l'autre. Les vrais adorateurs l'adoreront « en esprit et en vérité », car « Dieu est Esprit » (Jean 4:21-24). Cela ne méprise pas la louange ni les rassemblements, mais dit que l'adoration ne dépend plus d'un lieu ni d'une tradition. Elle est conduite par l'Esprit de Dieu et accordée à la vérité, dont Jésus est la source. L'adoration est avant tout une relation vivante avec le Père, dans laquelle Dieu cherche des adorateurs.

Que devient l'Évangile en Samarie après cette rencontre ?

Avant de monter au ciel, Jésus promet à ses disciples qu'ils seront ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre (Actes 1:8). Après la persécution qui suit la mort d'Étienne, Philippe descend dans la ville de Samarie et y prêche le Christ (Actes 8:5). Les foules sont attentives, des miracles ont lieu, hommes et femmes sont baptisés, et il y a une grande joie dans cette ville (v. 6-12). Les apôtres envoient Pierre et Jean, qui prient pour les croyants afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit (v. 14-17). La graine plantée à Sychar s'inscrit ainsi dans une moisson plus large.

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