Introduction
« Il a fait pour nous de grandes choses. » C'est sur ce dernier chant de la louange que le prédicateur de l'Assemblée de Dieu de Montpellier Richter (EMR) ouvre l'Évangile de Jean au chapitre 4. Il lit les 26 premiers versets : l'histoire d'une femme pour qui Jésus a fait de grandes choses.
Jean est le seul évangéliste à rapporter cette rencontre au puits de Jacob, près de Sichar. Le prénom de la femme n'est pas donné, et c'est justement ce qui permet à chacun de se représenter dans son histoire. Le prédicateur y voit « le parcours de la foi », « le parcours du salut » : on arrive avec ses idées, ses convictions, sa religion. Tout n'est pas faux, mais tout n'est pas la réalité. Et Jésus, soigneusement, défait chaque couche, chaque fausse idée, jusqu'à cette parole : « Je le suis, moi qui te parle. »
Le message porte sur une relation. « Il n'y a aucune relation qui ressemble à la relation que vous pourriez avoir avec Jésus-Christ. Il n'y a rien de comparable à cela. » C'est la relation la plus stable, la plus ferme et la plus profonde qu'un être humain puisse vivre, celle qui dure au milieu des vents et des tempêtes. Et c'est ce que cette femme avait besoin de vivre.
Plan du message
1. Une femme solitaire, aux relations instables
- Elle vient puiser à la sixième heure, vers midi. En Israël, on puise l'eau très tôt le matin, avant les tâches ménagères, ou en fin de journée. Le midi n'était pas consacré à cela. Cette femme choisit une heure où il n'y a personne.
- Les jeunes femmes n'allaient pas seules au puits. Le prédicateur rappelle les filles de Laban dans l'Ancien Testament : elles y vont ensemble, elles échangent. Celle-ci est seule. Elle n'a pas d'amies avec qui parler, et au puits il n'y a qu'un homme assis, Jésus.
- Jésus met en évidence ses relations : elle a connu cinq hommes, et celui avec lequel elle vit n'est pas son mari. Cette situation la place « dans l'anonymat, dans la honte, dans la fuite ».
- Ce sont des relations instables. Cinq hommes n'ont pas suffi, le sixième ne comble pas le manque qui est dans son âme. « Elle a soif de quelque chose. » À chaque fois c'est un échec, et elle passe à autre chose.
- Elle ne se fait pas d'illusion : elle dira elle-même « Je n'ai point de mari ». Elle sait très bien où elle en est.
- Construire des relations est difficile, parfois même au sein de la famille. Cette femme n'en fait pas l'économie. Et pourtant, celui qui bâtit de vraies relations vient à sa rencontre. Il ne couvre pas son péché, il ne la juge pas non plus, il va à l'essentiel : « La racine du péché, il n'y a qu'un seul qui soit capable de l'extirper, c'est Jésus. »
2. Jésus ne s'arrête pas à Sichar par hasard
- Jésus quitte la Judée pour retourner en Galilée. Sur la carte, la Samarie est au milieu. « Il n'y a pas de hasard. »
- Il dit à ses disciples : je m'arrête là, il y a un puits, je me pose, allez-y. Eux vont en ville acheter des vivres.
- Oui, l'Écriture dit qu'il était fatigué du voyage. Mais, humainement parlant, Jésus poursuit ses efforts pour arriver à cet endroit, parce qu'il savait que cette femme allait venir à cette heure-là, dans ces circonstances-là.
- « Dieu te connaît, mon ami. Le Seigneur te connaît et il te donne certainement un rendez-vous à ce moment-là, à cette heure-là, dans cette situation où tu te trouves. »
- Fatigué, affamé, Jésus prend quand même du temps pour parler avec cette femme. Dieu voudrait consacrer du temps à ta situation. « Ne pense pas que tu es un numéro de sécurité sociale, un inconnu parmi tous. Tu es connu par le Seigneur, par ton nom. »
- Il s'arrête et il attend patiemment que vienne cette femme triste, accablée, malheureuse.
3. Jésus fait le premier pas et brise les carcans
- En lui adressant la parole, Jésus franchit une barrière fixée depuis longtemps : les Juifs n'ont pas de relation avec les Samaritains. Tout le monde le sait, on s'évite.
- Deux choses tombent à ce moment-là : la séparation entre les deux peuples, et le fait qu'un homme, juif de surcroît, s'adresse à une femme, dans une société où les hommes étaient considérés comme plus importants.
- « Il a la puissance de briser les carcans qui nous emprisonnent. » Il est capable de te délivrer de tes addictions, de tes pensées mauvaises, de tout ce qui accable ton âme. « La religion ne le peut pas, mais Jésus, lui, le peut. »
- Le Seigneur commence parfois tout doucement dans nos vies, comme avec « un oiseau apeuré », quelqu'un qui s'est déjà fait beaucoup de mal et qui dit : plus jamais, je n'ai pas confiance. Il nous attire « par des cordages d'amour » (Osée 11:4), puis il défait une première couche, une deuxième couche.
- « Qu'est-ce qui te retient, mon frère, ma sœur ? Quelles sont les pensées qui te tiennent ? Quels sont les mensonges qui se sont installés ? » Les choses qu'on t'a dites, que tu as écoutées, et qui sont devenues tes convictions.
- Un jeune homme a dit un jour au prédicateur : « Non, Dieu ne peut pas me sauver. J'ai fait trop de choses affreuses. » Réponse : ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu (Luc 18:27). « Ce n'est pas la méthode de vous dire positivement des choses. Je vous parle de choses réelles. »
- Jésus ne commence pas par lui dire ce qui ne va pas. Il fait un pas vers elle. La religion dit : il faut que tu fasses ceci, il faut que tu fasses cela. La foi chrétienne dit que c'est Dieu qui est venu jusqu'à nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous (Romains 5:8). En toile de fond du récit de cette femme, c'est l'histoire du salut.
4. « Donne-moi de cette eau » : la soif intérieure
- « Donne-moi à boire. » Jésus a soif, bien sûr. Mais il sait que ce qui domine dans la vie de cette femme, c'est une soif intérieure : soif de vivre, soif de paix, soif de bonheur. Elle a tellement soif qu'elle a essayé toutes sortes de choses, sans y arriver.
- Nous avons tous fait un peu pareil : chercher le bonheur par nous-mêmes, nous accrocher à des amis, à des addictions, à des drogues. On se dit que ça va nous aider, et on se retrouve encore plus prisonnier.
- La femme oppose tous les obstacles possibles : je suis une femme, tu es juif, nos peuples ne se parlent pas. Jésus ne lui dit pas « prends ton eau et va-t'en ». « Le Seigneur ne lâche pas. Le Seigneur ne l'abandonne pas. Le Seigneur ne s'arrête pas sur les mots. Il regarde ce qu'il y a dans son cœur. »
- « Si tu connaissais le don de Dieu... » Elle raisonne encore : tu n'as rien pour puiser, le puits est profond, es-tu plus grand que notre père Jacob ? Nos raisonnements peuvent devenir des obstacles. Quand je regarde ma vie, tout ce que j'ai fait et dit, je me dis que tout est bloqué, qu'il n'y a plus de moyen de m'en sortir. « Laissez faire le Seigneur. »
- Puis Jésus met le doigt sur ce dont elle a besoin : une eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. Et elle supplie : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif. » Pour le prédicateur, « c'est le désespoir qui crie à Dieu ».
5. La clé : un cœur vrai
- Alors Jésus va plus profond : « Va, appelle ton mari. » Il faut qu'elle parle vrai. Elle dit la vérité, et Jésus lui répond : « En cela tu as dit vrai. » Quelque chose a changé dans son cœur : elle avait commencé sur la défensive, méfiante, et la carapace se défait petit à petit.
- « La clé qui nous permet de voir la grâce de Dieu, qui nous permet de recevoir cette eau vive dans nos cœurs et dans nos vies, cette clé, c'est un cœur vrai. »
- « Dieu ne te demande pas de faire semblant. Dieu ne te demande pas de te présenter sous ton meilleur jour. » Il veut que tu lui dises ce qui ne va pas, même si ce qui ne va pas s'appelle le péché.
- C'est ce que la Bible appelle confesser ses péchés. Confesser veut dire déclarer, être d'accord avec. « Confesser son péché, c'est reconnaître mon péché. C'est admettre mon péché », sans honte, devant celui qui me connaît mieux que moi-même, qui connaît mes chutes, mes luttes et mes combats.
- Cette femme a brisé le silence, « cette omerta dans laquelle elle s'était enfermée », parce qu'elle s'est sentie accueillie par celui qui lui dit : moi, je peux changer ta vie. Ce qui permet à Dieu d'agir dans ta vie, c'est que tu sois vrai envers lui. « Seigneur, pardon, j'ai tellement besoin de toi. »
- Jésus ne nomme pas les cinq hommes un à un. Il ne lui jette pas son passé en pâture : « tu vois, tu vois, tu vois. Ça, c'est la religion. » Il avait juste besoin qu'elle reconnaisse où elle en était, et il lui dit : oui, je le sais.
- Il ne couvre pas, mais il accueille celui qui est malade, blessé, souffrant. Le Seigneur n'est pas venu pour les bien portants (Marc 2:17), ni pour ceux qui disent « moi, je suis juste » et qui pensent n'avoir pas besoin de celui qui justifie. Il est venu pour ceux qui disent : « Seigneur, je sais que je ne peux pas y arriver tout seul, j'ai besoin de toi. »
6. Jésus présente le Père : adorer en esprit et en vérité
- Il reste un dernier obstacle : ses croyances. Elle a une religion. Vous dites qu'il faut adorer à Jérusalem, nous disons qu'il faut adorer sur cette montagne.
- Jésus lui révèle une chose extraordinaire : il lui parle d'un Père. « Jésus le Sauveur est venu nous présenter le Père. » Il dira : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6).
- Quelqu'un aurait voulu qu'elle s'assoie d'abord, qu'elle explique qui, quoi, comment, par où. Non : le Seigneur lui présente le Père et lui dit qu'elle peut l'adorer, en esprit et en vérité. Ce sont là les adorateurs qu'il cherche. « La vérité est là. Tu viens de l'exprimer. Alors, adore le Père. »
- Quand on arrive dans cet état d'adorateur, c'est un amour immense qui remplit le cœur et la vie. « Voilà les eaux vives qui débordent du sein de cette femme, du plus profond de ses entrailles. »
- « Tu peux adorer le Père, tu peux aimer le Père parce qu'il t'a aimé. » Et cette femme est bouleversée par cette réalité.
Points à retenir
- Jésus ne s'arrête pas au puits par hasard : il te connaît par ton nom et il te donne rendez-vous là où tu es, à l'heure où tu y es.
- C'est Dieu qui fait le premier pas. La religion dit « il faut que tu fasses » ; la foi chrétienne dit que Christ est mort pour nous quand nous étions encore pécheurs.
- Jésus brise les carcans un à un : barrières culturelles, raisonnements, honte, croyances. Ce que les hommes ne peuvent pas, lui le peut.
- La clé pour recevoir l'eau vive est un cœur vrai : reconnaître devant Dieu ce qui ne va pas, sans faire semblant.
- Jésus est venu nous présenter le Père. L'adorer en esprit et en vérité, c'est la relation la plus forte et la plus profonde qui soit.
Application personnelle
- À quelle « heure impromptue » viens-tu toi aussi, pour éviter le regard des autres ? Qu'est-ce qui te place dans la solitude ou dans la fuite ?
- Quelles sont les pensées, les mensonges ou les raisonnements qui te retiennent et qui sont devenus tes convictions (« Dieu ne peut pas me sauver », « tout est bloqué ») ?
- De quoi as-tu soif en ce moment, et à quoi t'es-tu accroché pour essayer d'étancher cette soif ?
- Y a-t-il quelque chose que tu n'as jamais dit vraiment à Dieu ? Que se passerait-il si tu le lui confessais cette semaine, sans faire semblant ?
- Adores-tu le Père en esprit et en vérité, ou bien ta relation avec Dieu reste-t-elle une religion, un ensemble de choses à faire ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi la Samaritaine vient-elle puiser de l'eau à midi ?
Le texte parle de la sixième heure, c'est-à-dire environ midi. En Israël, on puisait l'eau très tôt le matin ou en fin de journée, jamais à cette heure. Les jeunes femmes y allaient ensemble. Cette femme choisit un moment où il n'y a personne : le prédicateur y voit une femme solitaire, qui vit dans l'anonymat, la honte et la fuite.
Que veut dire « un cœur vrai » dans ce message sur Jean 4 ?
Quand la femme reconnaît qu'elle n'a pas de mari, Jésus lui répond : « En cela tu as dit vrai. » Pour le prédicateur, c'est la clé qui permet de recevoir l'eau vive : ne pas faire semblant, ne pas se présenter sous son meilleur jour, mais dire à Dieu ce qui ne va pas. C'est ce que la Bible appelle confesser ses péchés, c'est-à-dire reconnaître et admettre son péché devant celui qui nous connaît mieux que nous-mêmes.
Pourquoi Jésus parle-t-il du Père à la Samaritaine ?
Le dernier obstacle à lever, ce sont ses croyances : adorer sur cette montagne ou à Jérusalem. Jésus ne lui demande pas d'abord des explications. Il lui présente le Père et lui dit qu'elle peut l'adorer en esprit et en vérité. Jésus le Sauveur est venu nous présenter le Père, et adorer le Père, c'est un amour immense qui remplit le cœur : ce sont les eaux vives qui débordent.
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