Nouvelles spiritualités : la vision du monde qui les porte

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Introduction

Florent Varak vit dans un petit village de la Dombes, au nord-est de Lyon. Sa plus proche voisine, une amie, est chamane : elle a monté une tente indienne pour accueillir ses clients et les guérir de leurs traumatismes. « Ça coûte assez cher d'aller la voir. Moi, je le fais gratuitement, mais personne ne vient me voir. » C'est sur ce ton qu'il ouvre, à l'Église Baptiste Toulouse Métropole, une journée de conférence sur les nouvelles spiritualités.

Le sujet lui tient à cœur parce qu'il a grandi dedans. Pendant sa grossesse, sa mère pratiquait des incantations pour que des esprits ascensionnés accompagnent l'enfant à naître ; qu'il devienne chrétien a été « la grande déception de sa vie ». Son père était maître de loge chez les Rose-Croix, et Florent a été baptisé à la naissance avec des pétales de rose. À table, on parlait énergie, réincarnation, couleurs, vibrations, karma et guérison. Son plus ancien souvenir d'enfance : sous la table, un petit camion à la main, pendant que son père tenait une séance de guérison. Une ambiance « new age », « très années 70, moins la drogue ».

Ce premier volet pose les fondations. Avant de parler des pratiques, le prédicateur veut qu'on comprenne la vision du monde qui porte ces spiritualités, et qu'on la confronte à la vision biblique : qui est Dieu, qui sont les anges, qui est l'homme, et ce qui s'est joué dans le jardin de la Genèse.

Plan du message

1. Un paradoxe français : rationnels et superstitieux

  • Les grandes influences viennent de Lyon : Allan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Rivail, fondateur du spiritisme et vénéré au Brésil ; Willermoz, franc-maçon à l'orientation mystique et initiatique ; Maître Philippe, guérisseur courtisé jusqu'au tsar de Russie.
  • En France, 51 % des gens se déclarent sans religion, mais 62 % croient à au moins une superstition ou une forme de divination. Chez les 18-24 ans, 73 % croient à au moins une pratique divinatoire : astrologie, voyance, sorcellerie, cartomancie, numérologie.
  • Le sociologue Gérard Mermet prévoit que le déclin du lien social poussera les gens vers l'ésotérisme, les religions exotiques, les sectes, la voyance, l'astrologie, la franc-maçonnerie ou le transhumanisme. « Devinez ce qu'il ne mentionne pas » : les évangéliques, en forte croissance.
  • Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d'État, confie son goût pour la sorcellerie : des amies lui tirent les cartes, elle porte un corail au poignet et un bracelet avec le chiffre 4. Nancy Reagan a fait venir en secret l'astrologue Joan Quigley de 1981 à 1988 ; selon le chef de cabinet de la Maison-Blanche, chaque décision importante était validée par elle au préalable.
  • Le polythéisme revient : un jeune homme de l'est lyonnais lui déclare « je suis polythéiste, j'y ai réfléchi, c'est plus logique », et sa nouvelle coiffeuse lui dit « je crois en plusieurs dieux » dès qu'elle apprend qu'il est pasteur.
  • Son pharmacien, qui se dit rationnel et scientifique, lui lance un jour : « Je vous plains, il n'y a personne dans vos églises. » Réponse : « Nous avons le problème inverse, nous ne pouvons pas les construire assez vite. » Plus tard, le même homme croise les doigts pour son projet d'agrandissement. « Est-ce que ça marche ? Vous me dites que vous ne croyez en rien, et vous accomplissez un rituel pour que l'avenir tourne comme vous voulez. »

2. Qu'est-ce qu'une nouvelle spiritualité ?

  • Le sociologue Jean-Paul Willaime parle de nouveaux mouvements religieux. La définition la plus courante : un ensemble de croyances et de pratiques tournées vers le sacré ou l'invisible, mais en dehors de la religion. « La religion, c'est l'ennemi », lui répétait encore son père l'autre jour : « C'est une camisole de force, il faut s'en libérer. »
  • C'est une spiritualité centrée sur l'expérience et sur le moi spirituel. Aux États-Unis, l'étiquette existe déjà : « spirituel mais non religieux ». Françoise Champion parle de nébuleuse mystico-ésotérique ; Danièle Hervieu-Léger de croire sans appartenir, de bricolage.
  • On y trouve une dizaine de composantes : une matrice ésotérique (théosophie, anthroposophie, Rose-Croix, le New Age historique), la pensée positive et la loi de l'attraction (si tu penses que tu seras malade, tu seras malade), le néopaganisme et la Wicca, les arts divinatoires, les planches de Ouija (il a même vu une « planche Ouija du Saint-Esprit »), les guérisons par l'énergie, et la « conspiritualité », cette conviction que des structures trompeuses veulent nous contrôler.
  • Le prédicateur n'est pas contre le bien-être tel que Dieu le conçoit : les Proverbes disent qu'un cœur joyeux est un bon remède (Proverbes 17:22), et lui-même rit constamment. Le problème, c'est quand le bien-être sert de prélude au monde des nouvelles spiritualités.
  • Il relève aussi une porosité réelle entre ces spiritualités et certaines branches du monde évangélique, notamment autour de la pensée positive.
  • Le terme académique est celui de magie. Pline l'Ancien la qualifiait déjà d'art le plus trompeur, celui qui a eu le plus de pouvoir sur la terre parce qu'il réunit la médecine, la religion et l'astrologie. Un professeur d'archéologie d'Oxford, très favorable à la magie, la définit par les liens entre l'homme et l'univers : « L'homme est ouvert aux mécanismes de l'univers, et l'univers nous répond. » Nous sommes dans le panthéisme.

3. Tout commence par une vision du monde

  • Une vision du monde est un système de pensée qu'on développe pour expliquer le monde et nos expériences : des lunettes, un ensemble de présupposés qu'on tient, consciemment ou non, sur Dieu, le monde, notre identité et notre place. Tout le monde en a une. La vision du monde est la croyance globale ; la culture, la pratique partagée sous ce parapluie.
  • La vision naturaliste domine l'Occident depuis la Seconde Guerre mondiale : seule la réalité matérielle existe, pas de transcendance, l'homme est un paquet de cellules, la pensée n'est que l'interaction d'électrons dans les synapses, la vérité est relative.
  • L'anthropologue et missionnaire Paul Hiebert, dans « La faille du milieu exclu », note que la plupart des visions du monde distinguent un niveau supérieur (Dieu, les dieux, ou une énergie, un fluide, un grand tout), un niveau inférieur (la matière, les lois de la nature) et un niveau intermédiaire : esprits, ancêtres, forces, magie. C'est là, au milieu, que se joue la vie. Son père parle du « maître arbre » de son jardin et va s'y connecter, non parce que l'arbre parle, mais parce qu'il serait porteur d'une énergie dont tous les êtres sont le médium.
  • Au bord du Gange, une jeune femme en larmes jette son nourrisson dans le fleuve. Un gourou leur avait dit, à elle et à son mari, de sacrifier ce qu'ils avaient de plus précieux pour que les malheurs cessent. « Ce n'était pas un acte méchant au sens d'un désir de nuire à un enfant. C'était la conséquence d'une logique. »
  • Au Laos, une famille dont les enfants sont dénutris garde une cinquantaine de poules sans les manger : il faut les réserver pour les sacrifices aux dieux ou aux ancêtres en cas de maladie. Dans l'animisme, le Dieu créateur est loin et peu intéressé ; ce sont les esprits personnels qui transmettent le bien et le mal, et qu'il faut garder en équilibre.
  • Quand on attrape le paludisme, on sait très bien que c'est le moustique. « Mais ce n'est pas la question. Qui a envoyé le moustique, à cet endroit précis, à ce moment précis ? » C'est cela qu'il faut comprendre et conjurer.
  • Étude de cas : Tina, venue d'Asie, a découvert la foi par des amis. Son père est mort récemment ; elle entend souvent des pas dans le couloir et sent qu'il l'accompagne depuis l'au-delà. Le naturaliste (un ami médecin, président de l'association de l'église) répond que le deuil crée cela dans l'imagination. La vision asiatique répond que les ancêtres ne sont pas partis, comme dans les vrais restaurants chinois où un petit autel reçoit des bols de riz pour honorer les ancêtres : c'est son père qui vient la visiter. La vision biblique répond qu'un gouffre sépare les morts des vivants, qu'il n'y a aucune communication possible, et que le seul intermédiaire entre Dieu et l'homme est Jésus-Christ.

4. Le fait, et l'interprétation du fait

  • Deuxième cas : dans une réserve indienne d'Amérique du Nord, un chaman te propose une potion contre ta grosse migraine, avec rituels garantis. Tu sais que c'est une décoction de reine-des-prés et d'écorce de saule. Est-ce que tu la bois ? La reine-des-prés contient des précurseurs de l'acide acétylsalicylique, autrement dit l'aspirine. « Ah, c'est pour ça que ça marche. »
  • L'égyptologue Walter Emery est mort à 67 ans d'une thrombose cérébrale en manipulant une statue d'Osiris, dieu des morts. Les journaux ont crié à la malédiction des tombeaux. Une médecin française a démontré qu'au moins six décès de ces équipes s'expliquaient par des réactions allergiques aux champignons et moisissures toxiques développés dans l'espace clos des tombes. « Il y a le fait, et il y a l'interprétation du fait. »
  • Dans les milieux des nouvelles spiritualités, on recommande le chou-fleur pour les problèmes de cerveau, par principe de ressemblance (comme on recommande des aliments jaunes contre la jaunisse). Interrogée, une IA liste vitamine C, vitamine K, choline, folates et composés soufrés. « Ce n'est pas idiot et ça ne fait aucun mal. »
  • Un chaman viking plongeait son bâton magique dans la cuve de grain et d'eau, et la fermentation commençait : la bière arrivait. On ne savait pas encore que la levure passait de brassin en brassin par le bâton. « Le problème, ce n'est pas le bâton. Le problème, c'est ce qu'on croit à propos du bâton. » D'où la facilité de manipulation, surtout des personnes vulnérables.
  • Un ami médecin, en campagne de vaccination au Cameroun, monte vers un village que ses collègues lui déconseillent : « Ce sont des féticheurs très puissants, ils vont te tuer. » Le chef envoie le sorcier, qui danse, se maquille et jette des sorts. « Non, je suis juste médecin, je viens vacciner. » Le sorcier s'arrête. Il faut distinguer ce qui n'est que de la mise en scène.
  • La question de fond est celle de la confiance fondamentale : à quoi est-ce que je fais confiance pour ma vie, et quels moyens simples Dieu me donne-t-il ? L'Ancien Testament ne mentionne guère le médecin qu'une fois, à propos d'un roi qui s'est confié aux médecins plutôt qu'à l'Éternel (2 Chroniques 16:12). Le prédicateur ne pense pas que ce soit prescriptif.
  • Magie et spiritualité forment un continuum, de la simple croyance (vraie ou fausse) jusqu'à l'intervention d'une force réelle. Si un voyant annonce à quelqu'un « une rencontre décisive le mois prochain, entourée d'opportunités et de dangers », cette personne sort conditionnée : « Est-ce que c'est toi ? » Que ce soit vrai ou faux importe peu ; elle est désormais dans un environnement où elle peut s'autopsychologiser ou être manipulée par des forces occultes.
  • Jeune converti en école de commerce, Florent partage sa foi avec un ami que cela n'intéresse guère. Une étudiante présente intervient : sa famille consulte une voyante, qui lui a annoncé un départ prochain pour Paris, important pour la suite. Il répond, plein de zèle : « C'est dangereux, Deutéronome 18, repens-toi. » Une heure plus tard, le directeur choisit deux étudiants pour présenter l'école à Paris, dont elle. « Tu vois, Florent, comment ça marche ? » Le lendemain, son père la conduit à la gare ; un accident de voiture l'envoie six mois à l'hôpital ; elle n'ira jamais à Paris. Il y voit une intrusion démoniaque et un Seigneur qui a manifesté son autorité de manière très dure : « Le diable n'a jamais une autorité complète et totale. »
  • Toute vision du monde est un cadre de pensée qui enferme. « Je suis enfermé dans la loi de Jésus-Christ. Je la trouve bonne et belle, j'aime Jésus, mais je suis enfermé dans ses prescriptions. » Les nouvelles spiritualités enferment aussi.

5. La vision biblique : Dieu, les anges, les hommes

  • Dans la vision biblique, Dieu est en relation avec tout, sans autre intermédiaire que Jésus-Christ. Il y a les anges, élus et déchus ; les humains, régénérés ou non, et les défunts, sauvés ou condamnés. Dieu les voit tous vivants : il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants (Luc 20:38). Jésus-Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Timothée 2:5), celui qui relie toutes les sphères.
  • Dieu a créé les êtres spirituels juste avant l'univers : en Job 38:7, les anges poussent des cris de joie à la création. Puis Dieu crée l'homme et la femme « à notre image, selon notre ressemblance » (Genèse 1:26). « Regardez-vous les uns les autres. Vous êtes à l'image de Dieu. C'est magnifique. » Il y a une dignité intrinsèque dans l'être humain, quelle que soit son origine, son statut ou ses capacités.
  • Dans le Proche-Orient ancien, l'image est une représentation : un roi plaçait sa statue aux frontières de son empire pour dire « ici, c'est mon territoire ». Dieu confie à Adam et Ève d'être ses représentants. Le prédicateur suppose, avec prudence, que c'est cette royauté confiée à des êtres « même pas capables de voler d'une planète à l'autre » qui a dérangé un ange principal.
  • La Bible ne renseigne pas sur l'origine de la chute du diable. Calvin note qu'il a été créé par Dieu, sans perversité naturelle, et qu'il a acquis sa méchanceté en se détournant de Dieu. Ézéchiel 28 et Ésaïe 14 « ne marchent pas très bien » ; 1 Timothée 3:6 suggère l'orgueil. Irénée de Lyon parle d'un ange jaloux de l'homme à cause des dons que Dieu lui avait accordés.
  • Ce qui se joue dans le jardin, c'est un changement de loyauté. Dieu est le maître, Adam et Ève ses représentants ; Satan s'interpose, prend un ascendant réel sur l'homme et devient celui qui dicte la réalité. « Il t'interdit un seul arbre ? Il est vraiment méchant. Profite, tu seras comme Dieu. » La triple convoitise (chair, yeux, orgueil de la vie, 1 Jean 2:16) se joue en Genèse 3 et se rejoue dans les nouvelles spiritualités.
  • « Si vous retenez une seule chose de tout ce que je dis sur le plan spirituel, c'est ceci : changement de réalité, changement de loyauté, changement d'autorité. » On en sort à l'inverse : par une compréhension biblique des choses, une loyauté renouvelée en Christ, et une autorité confessée à Jésus comme Seigneur.

6. D'où viennent les démons ?

  • Plusieurs théories ont été avancées : les esprits désincarnés d'une race préadamique (plus guère défendue), ou les esprits des géants nés en Genèse 6. Dans ce texte difficile, des fils de Dieu s'unissent à des femmes et des géants naissent. La lecture occidentale y voit des hommes méchants ; Jude et Pierre suggèrent plutôt des êtres spirituels révoltés contre Dieu.
  • Leur objectif aurait été de contrer Genèse 3:15, la promesse qu'une descendance de la femme écraserait le diable : corrompre la race humaine pour que la victoire ne puisse plus venir d'un homme. Cela expliquerait la dureté du déluge, qui ne laisse que les huit personnes de la famille de Noé, peut-être restée purement humaine. « Dieu ne sera jamais menteur. Il accomplira toujours son plan. »
  • Une thèse revenue à la mode, et qu'on trouve dans le livre d'Hénoch, veut que les esprits de ces êtres hybrides, tués par le déluge, soient les démons du Nouveau Testament. Le prédicateur juge ce livre apocryphe « un peu fantastique » et pas vraiment biblique, mais il le signale parce qu'il revient souvent dans les nouvelles spiritualités.
  • Sa position : les démons sont probablement des anges déchus, créés parfaits, qui se sont rebellés avec Satan et sont devenus mauvais par nature et corrompus dans leur être.
  • Résumé avant la pause : le diable est à l'origine d'une vision altérée de la réalité ; le diable peut agir sur le monde matériel et sensible ; le diable veut s'interposer entre Dieu et l'humanité. Et la définition de départ se complète : « La magie est une interaction illégitime avec l'au-delà. »

Points à retenir

  • La France se dit rationnelle, mais la majorité croit à une pratique divinatoire. Les nouvelles spiritualités ne sont pas marginales, elles sont dans ta pharmacie et chez ton coiffeur.
  • Une nouvelle spiritualité est une quête du sacré en dehors de la religion, centrée sur l'expérience et sur le moi. Son nom académique est la magie.
  • Tout se joue au niveau d'une vision du monde. La pensée occidentale a oublié le « milieu » (esprits, forces, ancêtres) où les nouvelles spiritualités situent la vraie vie.
  • Il faut distinguer le fait de son interprétation : le problème n'est pas le bâton, mais ce qu'on croit à propos du bâton. La question est celle de la confiance fondamentale.
  • La chute est un changement de réalité, de loyauté et d'autorité. On en sort par une compréhension biblique, une loyauté renouvelée en Christ et Jésus confessé comme Seigneur.

Application personnelle

  1. Quels petits rituels (doigts croisés, bois touché, horoscope lu « pour rire ») révèlent chez toi ou chez tes proches une croyance qu'on ne reconnaît pas ?
  2. Quelles lunettes portes-tu sans le savoir ? Comment ta vision du monde explique-t-elle la maladie, la malchance ou le deuil ?
  3. Face à une pratique de bien-être ou de médecine alternative, sais-tu séparer le fait de son interprétation ? À quoi fais-tu confiance pour ta vie ?
  4. Y a-t-il un domaine où ta loyauté s'est déplacée, où quelqu'un ou quelque chose d'autre que Christ dicte ta réalité ?
  5. Comment répondrais-tu, avec compassion et vérité, à une Tina qui croit que son père défunt la visite ?

Versets cités

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une « nouvelle spiritualité » selon Florent Varak ?

Florent Varak reprend la définition la plus courante : un ensemble de croyances et de pratiques tournées vers le sacré ou l'invisible, mais en dehors de la religion. C'est une spiritualité centrée sur l'expérience et sur le moi spirituel, « spirituel mais non religieux ». Le terme académique qui la désigne est celui de magie, qu'il définit en fin de session comme une interaction illégitime avec l'au-delà.

Qu'est-ce que la « faille du milieu exclu » de Paul Hiebert ?

L'anthropologue et missionnaire Paul Hiebert observe que la plupart des visions du monde distinguent un niveau supérieur (Dieu, les dieux ou une énergie), un niveau inférieur (la matière, les lois de la nature) et un niveau intermédiaire où se jouent les esprits, les ancêtres, les forces et la magie. Pour Florent Varak, c'est dans ce milieu que les nouvelles spiritualités situent le vrai enjeu de la vie, et c'est souvent le niveau que la pensée occidentale a oublié.

Que répondre à quelqu'un qui croit recevoir la visite d'un parent décédé ?

À partir du cas de Tina, qui entend des pas et pense que son père défunt l'accompagne, Florent Varak montre que la réponse dépend de la vision du monde. Le naturaliste y voit le travail du deuil et de l'imagination ; la vision asiatique y voit l'ancêtre qui vient visiter. La vision biblique rappelle qu'il existe un gouffre entre les morts et les vivants, sans communication possible, et que le seul intermédiaire entre Dieu et les hommes est Jésus-Christ.

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