La femme hémorroïsse dans la Bible

Son histoire, le sens de son nom et les leçons de sa vie

En bref

La femme hémorroïsse est une femme dont la Bible ne donne pas le nom, atteinte d'une perte de sang depuis douze ans. Elle a dépensé tous ses biens chez les médecins sans être soulagée. Au milieu de la foule, elle touche le vêtement de Jésus et est guérie à l'instant. Jésus la cherche du regard, l'appelle « ma fille » et lui dit que sa foi l'a sauvée. Son histoire est racontée dans Matthieu 9, Marc 5 et Luc 8, au temps du ministère de Jésus en Galilée.

Que signifie le nom La femme hémorroïsse ?

Les Évangiles ne donnent pas son prénom. Le mot « hémorroïsse » vient du grec et désigne une femme atteinte d'une perte de sang. Elle est connue par sa maladie, mais Jésus l'appelle « ma fille » et lui rend une place.

Le contexte de l'histoire de La femme hémorroïsse

L'histoire de la femme hémorroïsse se passe en Galilée, au cours du ministère public de Jésus, dans les années qui précèdent sa mort et sa résurrection, que l'on situe, selon les repères habituels, au premier siècle de notre ère. Jésus vient de revenir sur l'autre rive du lac, où une grande foule s'assemble près de lui (Marc 5:21). Jaïrus, l'un des chefs de la synagogue, se jette à ses pieds : sa fille est à l'extrémité (Marc 5:22-23). Jésus part avec lui, et la foule le presse. C'est dans ce trajet que s'insère la guérison de la femme. La Loi de Moïse traitait de l'impureté liée à un flux de sang prolongé : la femme qui avait un flux de sang pendant plusieurs jours hors de ses époques régulières était impure tout le temps de son flux, et quiconque la touchait était souillé (Lévitique 15:25-27). Les Évangiles ne disent pas que la femme pensait à cette loi, et il faut s'en tenir à leur texte. Ils notent cependant qu'elle vient par derrière, qu'elle est effrayée et tremblante lorsque Jésus la cherche, et qu'elle a vécu douze ans de souffrance et de dépenses inutiles chez les médecins. Les trois premiers Évangiles racontent cette scène, avec de petites différences d'accent.

L'histoire de La femme hémorroïsse

  1. Jésus en chemin vers la maison de Jaïrus

    Marc 5:21-24

    Jésus regagne l'autre rive du lac, où une grande foule s'assemble près de lui. Un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, se jette à ses pieds et lui adresse cette prière : sa petite fille est à l'extrémité, et il demande à Jésus de venir lui imposer les mains afin qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. Jésus s'en va avec lui, et une grande foule le suit et le presse. Luc précise que la fille de Jaïrus est une fille unique d'environ douze ans qui se meurt (Luc 8:42). C'est dans cette foule et dans cette urgence que la femme s'approche.

  2. Douze ans de souffrance

    Marc 5:25-26

    Une femme est atteinte d'une perte de sang depuis douze ans. Marc dit qu'elle a beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, qu'elle a dépensé tout ce qu'elle possédait, et qu'elle n'a éprouvé aucun soulagement, mais est allée plutôt en empirant. Luc, de son côté, note qu'elle avait dépensé tout son bien pour les médecins, sans qu'aucun ait pu la guérir (Luc 8:43). Les Évangiles ne donnent ni son nom ni sa ville. Ils montrent seulement une femme à bout de ressources, dont la maladie dure depuis aussi longtemps que la jeune fille de Jaïrus a vécu.

  3. Si je puis seulement toucher

    Marc 5:27-29

    Ayant entendu parler de Jésus, elle vient dans la foule par derrière et touche son vêtement. Marc rapporte ce qu'elle disait : « Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. » Luc précise qu'elle touche le bord du vêtement de Jésus (Luc 8:44). Au même instant, la perte de sang s'arrête, et elle sent dans son corps qu'elle est guérie de son mal. Sa foi naît de ce qu'elle a entendu, elle se traduit par un geste précis, et la réponse est immédiate. Rien dans le texte ne suggère un geste magique : tout part de ce qu'elle a entendu de Jésus.

  4. Qui a touché mes vêtements ?

    Marc 5:30-32

    Jésus connaît aussitôt en lui-même qu'une force est sortie de lui. Il se retourne au milieu de la foule et demande : « Qui a touché mes vêtements? » Les disciples s'étonnent, car la foule le presse. Luc rapporte que Pierre et ceux qui sont avec lui lui disent que la foule l'entoure et le presse (Luc 8:45). Jésus répond que quelqu'un l'a touché, car il a connu qu'une force est sortie de lui (Luc 8:46). Il regarde autour de lui pour voir celle qui a fait cela. Il ne veut pas que la guérison reste un secret : il cherche la personne.

  5. Elle lui dit toute la vérité

    Marc 5:33

    La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s'est passé en elle, vient se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Luc ajoute qu'elle déclare devant tout le peuple pourquoi elle l'a touché et comment elle a été guérie à l'instant (Luc 8:47). Ce qui était caché devient un témoignage public. Elle aurait pu repartir dans l'anonymat de la foule, mais elle s'avance et parle. La peur ne disparaît pas tout de suite, puisque le texte la décrit tremblante, mais elle ne l'empêche pas de venir devant Jésus et de dire tout ce qui s'est passé.

  6. Ma fille, ta foi t'a sauvée

    Marc 5:34

    Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal. » Matthieu rapporte une parole voisine : « Prends courage, ma fille, ta foi t'a guérie » (Matthieu 9:22). Jésus l'appelle « ma fille », une parole que l'Évangile ne rapporte à aucune autre femme guérie de cette manière. Elle repart avec une guérison, mais aussi avec une relation, une paix et une confirmation devant tout le peuple. La guérison de son corps est suivie d'une parole qui touche toute sa personne.

  7. Ne crains pas, crois seulement

    Marc 5:35-43

    Comme Jésus parle encore, des gens viennent de chez Jaïrus et lui disent que sa fille est morte : pourquoi importuner davantage le maître ? Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit à Jaïrus : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne permet qu'à Pierre, à Jacques et à Jean de l'accompagner. À la maison, il dit que l'enfant n'est pas morte mais qu'elle dort. On se moque de lui. Il prend la main de l'enfant, lui dit « Talitha koumi », et la jeune fille se lève et marche, car elle avait douze ans. La foi de la femme et celle de Jaïrus sont mises à l'épreuve dans le même trajet.

Ce que La femme hémorroïsse nous enseigne

  • Quand toutes les ressources humaines sont épuisées, Jésus reste accessible à celui qui s'approche de lui avec foi.
  • La foi naît de ce qu'on entend de Jésus, puis se traduit par un geste concret, même timide et discret.
  • Jésus ne se contente pas d'un miracle caché : il veut rencontrer la personne, l'appeler « ma fille » et la restaurer.
  • Le témoignage fait partie de la guérison : elle dit toute la vérité devant tout le peuple.
  • Jésus dit « va en paix » : sa grâce touche le corps, mais aussi la paix et la place de celle qu'il accueille.

Versets clés

Marc 5:28

« Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. » Ce qu'elle se dit en elle-même montre une foi simple, précise et active, qui part de ce qu'elle a entendu de Jésus.

Marc 5:34

Jésus l'appelle « ma fille » et dit que sa foi l'a sauvée. Il lui adresse la paix, et la guérison confirmée en public ne la laisse pas anonyme dans la foule.

Matthieu 9:22

Dans le récit de Matthieu, Jésus se retourne, la voit et lui dit : « Prends courage, ma fille, ta foi t'a guérie. » Il encourage celle qui venait en cachette, et sa guérison est immédiate.

Versets bibliques à méditer

Prédications sur La femme hémorroïsse

Questions fréquentes

Qui est la femme hémorroïsse dans la Bible ?

C'est une femme sans nom, atteinte d'une perte de sang depuis douze ans, qui touche le vêtement de Jésus dans la foule et est guérie à l'instant. Son histoire est racontée en Matthieu 9:20-22, Marc 5:25-34 et Luc 8:43-48.

Pourquoi Jésus demande-t-il « Qui a touché mes vêtements ? » ?

Jésus connaît qu'une force est sortie de lui et regarde autour de lui pour voir celle qui a fait cela (Marc 5:30-32). La femme vient alors se jeter à ses pieds et dit toute la vérité. Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée; va en paix » (Marc 5:34). Le texte ne donne pas d'autre explication.

Où trouver l'histoire de la femme hémorroïsse dans la Bible ?

Elle figure dans trois Évangiles : Matthieu 9:20-22, Marc 5:25-34 et Luc 8:43-48. Dans chaque récit, elle est insérée dans l'histoire de Jaïrus, chef de la synagogue, dont la fille est mourante puis relevée par Jésus.

Que disait la Loi de Moïse sur la maladie de cette femme ?

Le Lévitique traite de l'impureté liée au flux de sang. La femme qui avait un flux de sang pendant plusieurs jours hors de ses époques régulières, ou dont le flux durait plus qu'à l'ordinaire, était impure tout le temps de son flux (Lévitique 15:25). Quiconque touchait son lit ou un objet sur lequel elle s'était assise devait laver ses vêtements, se laver dans l'eau et rester impur jusqu'au soir (versets 26-27). Après sa purification, elle comptait sept jours, puis apportait deux tourterelles ou deux jeunes pigeons au sacrificateur (versets 28-30). Les Évangiles ne citent pas cette loi à propos de la femme, mais elle aide à comprendre pourquoi son état la mettait à l'écart.

Pourquoi la femme touche-t-elle Jésus par derrière, sans rien lui demander ?

Marc dit qu'elle vint dans la foule par derrière et toucha son vêtement (Marc 5:27). Luc précise qu'elle s'approcha par derrière et toucha le bord du vêtement (Luc 8:44). Les Évangiles n'en donnent pas la raison. On voit seulement que, découverte, elle est « effrayée et tremblante » (Marc 5:33), et que Luc la montre « toute tremblante » (Luc 8:47). Le texte ne dit pas qu'elle craignait la Loi, ni la foule, ni Jésus. Ce qu'il retient, c'est sa décision : elle se dit en elle-même qu'il lui suffit de toucher ses vêtements pour être guérie, et elle passe à l'action malgré la foule.

Que veut dire « une force était sortie de lui » ?

Marc écrit que Jésus connut aussitôt en lui-même qu'une force était sortie de lui (Marc 5:30), et Luc rapporte que Jésus dit avoir connu qu'une force était sortie de lui (Luc 8:46). Luc avait déjà noté que toute la foule cherchait à le toucher, « parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous » (Luc 6:19). Ces textes présentent la guérison comme la puissance de Dieu à l'œuvre en Jésus. Ils ne décrivent pas un épuisement, mais une connaissance : Jésus sait qu'une guérison vient d'avoir lieu. Il distingue ce contact de la foule qui le presse, parce que celui-ci a été fait avec foi.

Pourquoi cette femme et la fille de Jaïrus sont-elles toutes deux liées au nombre douze ?

Marc note que la femme est atteinte d'une perte de sang depuis douze ans (Marc 5:25), puis que la jeune fille avait douze ans (Marc 5:42). Luc rapproche aussi les deux chiffres : la fille de Jaïrus a environ douze ans (Luc 8:42), et la femme souffre depuis douze ans (Luc 8:43). Les Évangiles ne commentent pas cette coïncidence. On peut seulement la relever : pendant la vie entière de l'enfant, la femme a souffert. Jésus appelle la femme « ma fille » et relève l'enfant, et l'un et l'autre reçoivent la vie et la paix. Il vaut mieux s'en tenir à ce que le texte montre, sans lui faire dire plus.

Est-ce le vêtement de Jésus ou la foi de la femme qui l'a guérie ?

Jésus ne parle pas de son vêtement. Il dit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée » (Marc 5:34), et chez Matthieu : « ta foi t'a guérie » (Matthieu 9:22). La foule pressait Jésus de tous côtés, mais il distingue un seul contact, celui d'une personne qui a touché avec foi (Luc 8:45-46). Le vêtement est le lieu du geste, non la source de la guérison. La source est Jésus lui-même, dont la force est sortie. En ajoutant « va en paix », il montre aussi que la femme reçoit plus qu'une guérison du corps : il parle à toute sa personne.

Les trois Évangiles racontent-ils exactement la même scène ?

Le fond est le même : une femme, douze ans de maladie, un contact avec le vêtement de Jésus, une guérison immédiate, et une parole de Jésus. Matthieu est plus bref : il ne mentionne ni les médecins ni la recherche dans la foule, et il rapporte que Jésus se retourne et la voit (Matthieu 9:20-22). Marc et Luc détaillent la question « Qui a touché mes vêtements? » et la confession devant tout le peuple. Autre différence : chez Matthieu, Jaïrus annonce que sa fille est déjà morte (Matthieu 9:18), alors que chez Marc et Luc, elle est mourante avant qu'on annonce sa mort. Ces différences d'accent se complètent.

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