Introduction
« Peut-être que ce matin, il y a au milieu de nous des gens qui auraient tendance un peu à s'arrêter, parce que peut-être vous êtes fatigués, parce qu'il y a tellement de choses dans vos vies, dans vos familles. » Samy Muzart, pasteur invité à l'Assemblée de Dieu de Nice Ariane, ouvre ainsi son message sur la parabole des serviteurs qui attendent leur maître, en Luc 12:35-40.
À 90 ans, il prêche encore. « Oui, je suis un peu fatigué », reconnaît-il, mais il annonce la parole de Dieu « parce qu'elle est vraie ». Son message tient en une conviction : la priorité, c'est de suivre et de servir le Seigneur, et pour le reste, le domaine financier, le domaine matériel et tous les autres domaines, « il va s'en occuper ».
Au fil du texte, il parle des reins ceints, de la flamme qu'il faut nourrir, de la sentinelle qui veille, de Débora qui a réveillé le peuple, et du zèle à garder jusqu'à la fin.
Plan du message
1. Une parabole pour des disciples qui pratiquent
- Jésus prenait ses paraboles dans les faits de tous les jours, et il en expliquait le sens à ses disciples pour leur faire comprendre ce qu'il attendait d'eux.
- Le prédicateur rappelle la parole de Jésus après le lavement des pieds : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez » (Jean 13:17). C'est là que le Seigneur nous attend : dans la pratique de la vérité.
- Le texte lu va du verset 35 au verset 44 : les reins ceints et les lampes allumées, les serviteurs que le maître trouve veillant, le voleur qui vient à l'heure où l'on n'y pense pas, puis l'économe fidèle et prudent que le maître établit sur tous ses biens.
- Pierre demande : « Seigneur, est-ce à nous, ou à tous, que tu adresses cette parabole ? » (Luc 12:41) Dans un autre Évangile, Jésus dit : « Ce que je vous dis, je le dis à tous » (Marc 13:37). Cela concerne tous ceux qui sont disciples et qui marchent avec le Seigneur.
2. Des reins ceints : la même flamme qu'au premier jour
- Rappelle-toi le jour où tu t'es tourné vers le Seigneur, où tu t'es engagé à le suivre par le baptême. Dieu t'a donné le Saint-Esprit, une puissance pour parler aux autres avec assurance, comme les apôtres devant le sanhédrin : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes 5:29).
- À ceux qui n'ont pas reçu le baptême de l'Esprit : « Demandez-le, parce que Dieu veut vous le donner. » Le Père donne le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent (Luc 11:13).
- Un représentant qui parle avec assurance, on a tendance à l'écouter. S'il parle sans assurance, on se dit qu'il n'est même pas convaincu lui-même. Il en va de même pour notre témoignage.
- Autrefois, on remontait et on serrait sa longue robe pour bien marcher, bien courir, travailler. Avec le temps, on se lasse parce qu'on voit peu de résultats. Mais Jésus lui-même n'a pas amené tout le peuple à la foi malgré les miracles et la résurrection de Lazare. Certains chefs ont cru sans le dire, « parce qu'ils ont aimé la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu » (Jean 12:42-43).
- En langage spirituel, avoir les reins ceints, c'est que « la même flamme qui habitait mon cœur lorsque je me suis converti au Seigneur, lorsque je suis né de nouveau, habite encore en moi maintenant ». C'est avoir un cœur prêt à attendre le Seigneur lors de son avènement.
- Et si tu te demandes quoi faire : « Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le » (Ecclésiaste 9:10), dans le travail pour Dieu, en aidant les autres et en leur montrant l'amour de Jésus. De l'abondance du cœur la bouche parle (Luc 6:45).
3. Le confort, un piège qui semble insignifiant
- On parle beaucoup du retour du Seigneur à cause des guerres, des bruits de guerre, des famines, des tremblements de terre. « N'attendons pas qu'elles empirent pour parler de ce que le Seigneur a mis dans notre cœur. »
- Il y a le péché, bien sûr. Mais il y a aussi le confort, qui mène à la paresse spirituelle : « Merci Seigneur, j'ai un appartement. Merci Seigneur, j'ai une voiture. Merci Seigneur, j'ai une bonne retraite. » La grâce de Dieu a été sur toi, mais il faut que tu en fasses part aux autres. Autour de toi, des gens sont dans la détresse, même s'ils ne l'avoueront pas.
- Nous semons et nous moissonnons aussi ce que d'autres ont semé : « Vous êtes entrés dans leur travail » (Jean 4:38). Il faut continuer à travailler comme au jour de notre conversion.
- Les excès, le péché et les soucis de la vie peuvent occuper une trop grande place dans le cœur. Un jour, on se dit : « J'ai plus cette flamme. » Pourquoi ? « Parce que cette flamme, je ne l'ai pas nourrie. »
- Pour un feu de braises, on met du bois et on laisse un peu d'espace pour que l'oxygène ravive les flammes. Nous avons besoin de la Parole, de parler aux âmes, et du Saint-Esprit qui nous assiste.
4. Veiller comme une sentinelle
- Le prédicateur raconte une chute : en faisant le tour de la voiture de son fils, il n'a pas vu le trottoir, sa tête a heurté un mur et le trottoir, il y avait du sang partout. Au scanner, rien : « Dieu m'a vraiment gardé. » Le pompier venu sur place ne comprenait pas qu'il marche encore après un tel choc. Pour lui, c'est le signe que Dieu nous protège quand on travaille pour lui.
- Nous aurons des tribulations, mais Jésus a dit : « Prenez courage, j'ai vaincu le monde » (Jean 16:33). En suivant Jésus, on suit un vainqueur, et l'on devient vainqueur en s'appropriant sa parole dans les difficultés et les tentations.
- Il préfère prier « ne nous laisse pas succomber à la tentation », car « Dieu ne tente personne » (Jacques 1:13). La tentation vient de l'adversaire et de notre propre chair, et on la combat en s'appuyant sur la parole de Dieu.
- Il aime le livre d'Habacuc, où le prophète se tient « comme une sentinelle » (Habacuc 2:1). Une sentinelle a les yeux et les oreilles ouverts dans la nuit. Ferme les yeux un moment dans l'obscurité, puis rouvre-les : tu verras plus clair qu'avant.
- Le mot « veiller » revient trois fois dans le passage. Le Seigneur viendra comme un voleur, au moment où l'on n'y pense pas, comme ces faux agents en uniforme qui viennent « voir le compteur » : pendant que l'un détourne ton attention, l'autre fouille la maison. Si l'on veille, on ne laisse pas percer sa maison, c'est-à-dire son cœur.
- Noé a construit l'arche pendant cent ans, dit le prédicateur, sous les moqueries. Quand la pluie a duré, il était trop tard : c'est Dieu qui avait fermé la porte (Genèse 7:16). Aujourd'hui, la porte de la grâce est ouverte. « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs » (Hébreux 3:15). Dieu parle par les chants, la prédication, les dons spirituels, un frère, une sœur, et même parfois un inconverti.
- Lot tourmentait son âme jour après jour (2 Pierre 2:7-8). « Ne perdons pas notre temps à satisfaire nos désirs. » Il faut combattre le monde, ses convoitises et notre « avidité coupable ». Le prédicateur raconte avoir acheté un beau chronographe, puis entendu une voix intérieure : « Tu as besoin de ça ? Tu as déjà une montre. » Il a demandé pardon et l'a rapporté au magasin.
5. Débora, l'abeille qui a réveillé le peuple
- Le temps des juges, c'est l'époque où chacun faisait ce qui lui semblait bon (Juges 21:25). Débora, dont le nom veut dire « abeille », est pour lui un exemple : une abeille, ça travaille.
- Prophétesse, elle voit le peuple dans la détresse et l'ennemi aux portes. Elle chante : au temps de Schamgar et de Jaël, les routes étaient abandonnées, « les chefs étaient sans force en Israël, sans force, quand je me suis levée, moi Débora, quand je me suis levée comme une mère en Israël » (Juges 5:6-9).
- « Elle n'a pas accepté la défaite. » N'accepte pas non plus de rester entre les deux, sans force et sans énergie : mets-toi à genoux et demande un renouveau. Ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leur force, ils courent et ne se lassent point (Ésaïe 40:29-31).
- « On trouve une excuse à tout. Ah, je suis fatigué. » On se fatigue aussi pour son travail. Dieu a choisi la nuit pour renouveler nos forces, et pour le servir on demande sa grâce. Le prédicateur, lui, distribue des prospectus en disant : « Celui dont il est question dans ce prospectus, c'est le Seigneur Jésus, et c'est lui qui a changé ma vie. »
- Il raconte l'histoire d'une chrétienne qui distribuait des Nouveaux Testaments des Gédéons à l'hôpital. Un jour, elle en donne un à un jeune stagiaire en médecine, sans pouvoir lui parler. Un an après, il revient : « C'est vous, madame, qui m'avez donné ce Nouveau Testament. » Il l'avait lu, et il s'est tourné vers le Seigneur. Aujourd'hui alitée, elle confie au prédicateur que, dans ses moments de déprime, elle prie le Seigneur et qu'il la secourt.
- Débora a amené le peuple à croire que le Dieu vivant et vrai pouvait donner la victoire sur un ennemi plus nombreux, et le pays fut en repos quarante ans (Juges 5:31). Le prédicateur témoigne : quand il traîne son chariot de courses jusqu'au deuxième étage, il demande la force à Dieu, et Dieu la lui donne.
- L'ennemi, ce n'est ni ton frère, ni ta sœur, ni l'inconverti : c'est l'adversaire. Et notre pire ennemi ? « C'est notre propre nature, notre propre ego. » « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jacques 4:7). Ce que le diable craint, c'est la parole de Dieu et le Saint-Esprit qui habitent en toi.
6. Aimer, écouter et raconter les œuvres de Dieu
- On a demandé à Jésus : « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? » (Jean 6:28-29). Pour le prédicateur, la réponse est de croire en celui que le Père a envoyé et de nous aimer les uns les autres. Sans un cœur transformé par la grâce, on ne peut pas aimer. Nous aimons parce qu'il nous a aimés le premier (1 Jean 4:19).
- Il se lève en général entre 6 h et 7 h pour se tenir dans la présence de Dieu, le louer et le remercier : pour son salut, son nom inscrit dans le livre de vie, son épouse encore en vie, la nourriture, l'appartement, l'assemblée.
- Ailleurs, se réunir ainsi mène aux travaux forcés ou à la mort, comme en Corée du Nord, en Somalie, au Yémen ou en Iran. Un frère iranien qui a fui son pays a été baptisé récemment. Des femmes sont mises à la rue par leurs propres parents parce qu'elles appartiennent au Seigneur, et la grâce de Dieu les soutient.
- Au baptême de Jésus, le Père dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » (Matthieu 3:17). À la transfiguration, il ajoute : « Écoutez-le ! » (Matthieu 17:5). « Écouter dans la pensée du Seigneur, ce n'est pas seulement entendre, c'est, après avoir entendu, mettre en pratique. »
- Raconte comment Dieu t'a sauvé. Tu ne connais pas la vie intime de la personne en face de toi, mais Dieu la connaît. Un détail de ton témoignage peut toucher son cœur : « Les personnes sont touchées des fois par une seule parole. »
7. Le même zèle jusqu'à la fin
- Hébreux 6:11-12 : « Nous désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu'à la fin une pleine espérance, en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses. »
- Comme l'amour au début du mariage, le zèle peut s'estomper. On le renouvelle par des cadeaux, de la douceur, une parole, en tenant compte de l'avis de son conjoint. Les enfants nous regardent et nous entendent, et une colère peut les choquer profondément.
- « Avant, j'étais plus dur avec mon épouse. Maintenant, non, c'est fini. » Cet amour réciproque, « c'est le ciment du mariage, c'est le ciment de la famille ».
- Quand il témoigne, son espérance est renouvelée. Un jour où personne ne répondait, il a dit : « Il y a personne apparemment, mais ça me fait du bien, moi. » C'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et en confessant de la bouche qu'on parvient au salut (Romains 10:10). Celui qui a fait la promesse est fidèle.
- Sois une sentinelle qui veille à son poste et qui comble la brèche. Ecclésiaste 11 dit : « Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras. » Le pain, c'est la parole de Dieu. Jésus a dit : « La nuit vient, où personne ne peut travailler » (Jean 9:4). Un jour, on ne pourra peut-être plus se réunir ni travailler comme aujourd'hui.
- « Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais point ce qui réussira » (Ecclésiaste 11:6). Certains n'écouteront pas, d'autres écouteront, d'autres suivront le Seigneur. Sème cette parole dans l'amour, pour « que les gens sentent que quand vous leur parlez, vous les aimez ».
- Il conclut en priant pour ceux qui ne sont « plus comme avant », devenus un peu tièdes : que Dieu renouvelle leurs forces, lui qui produit en nous le vouloir et le faire (Philippiens 2:13).
Points à retenir
- La priorité est de suivre et de servir le Seigneur. Pour le reste, il s'en occupe.
- Avoir les reins ceints, c'est garder la même flamme qu'au jour de ta conversion. Une flamme se nourrit : la Parole, le témoignage et le Saint-Esprit.
- Le confort et les soucis de la vie mènent à la paresse spirituelle. Ce que Dieu t'a donné est fait pour être partagé.
- Veiller, c'est garder son cœur comme une sentinelle, résister à la convoitise et ne pas endurcir son cœur tant que la porte est ouverte.
- Comme Débora, refuse la défaite : demande à Dieu de renouveler tes forces et continue à semer sa parole dans l'amour jusqu'au bout.
Application personnelle
- La flamme qui t'habitait au jour de ta conversion brûle-t-elle encore ? Si elle a baissé, qu'as-tu cessé de lui donner ?
- Quel confort, quel souci ou quelle convoitise prend aujourd'hui trop de place dans ton cœur ?
- Quelle excuse te sers-tu pour ne plus servir le Seigneur, et que serait demander sa force à la place ?
- À qui pourrais-tu raconter cette semaine ce que Dieu a fait dans ta vie ?
- Dans ton couple et ta famille, comment peux-tu renouveler l'amour par un geste, une douceur ou une parole ?
Versets cités
- Luc 12:35-44
- Jean 13:17
- Marc 13:37
- Actes 5:29
- Luc 11:13
- Jean 12:42-43
- Ecclésiaste 9:10
- Luc 6:45
- Jean 4:35-38
- Jean 16:33
- Jacques 1:13
- Habacuc 2:1
- Genèse 7:16
- Hébreux 3:15
- 2 Pierre 2:7-8
- Juges 21:25
- Juges 5:6-9
- Ésaïe 40:29-31
- Juges 5:31
- Jacques 4:7
- Jean 6:28-29
- 1 Jean 4:19
- Matthieu 3:17
- Matthieu 17:5
- Hébreux 6:11-12
- Romains 10:10
- Ecclésiaste 11:1-6
- Jean 9:4-5
- Philippiens 2:13
Questions fréquentes
Que veut dire « Que vos reins soient ceints » dans Luc 12:35 ?
À l'époque, on portait de longues robes que l'on remontait et serrait à la taille pour travailler, marcher ou courir. Pour Samy Muzart, en langage spirituel, cela veut dire que la même flamme qui habitait ton cœur le jour de ta conversion habite encore en toi aujourd'hui, et que ton cœur est prêt à attendre le Seigneur lors de son avènement.
Quel danger guette le chrétien qui attend le retour du Seigneur ?
Le prédicateur cite le péché, mais il insiste sur un piège qui semble insignifiant : le confort. Il mène à la paresse spirituelle. On remercie Dieu pour l'appartement, la voiture, la retraite ou la famille, sans communiquer aux autres ce qu'il nous a donné. Les soucis de la vie peuvent aussi prendre une trop grande place dans le cœur et éteindre la flamme.
Pourquoi Débora est-elle un exemple pour aujourd'hui ?
Au temps des juges, les routes étaient abandonnées et les chefs sans force (Juges 5:6-9). Débora n'a pas accepté la défaite. Elle a réveillé le peuple par des messages prophétiques et l'a amené à croire que Dieu pouvait donner la victoire. Samy Muzart en tire un appel : ne pas rester dans l'apathie, mais demander à Dieu le renouvellement de ses forces.
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