Introduction
« Quelle est, selon vous, l'offrande la plus précieuse aux yeux du Seigneur ? Et ne regardez pas encore votre Bible. » C'est par cette question que l'évangéliste Judith ouvre son message à la Fukuoka Agape Church, au Japon. Dans l'assemblée, les réponses fusent : « l'obéissance », « moi-même », « suivre la Parole ». Elle le relève : à ce stade, on pourrait croire que la prédication est déjà finie.
Elle ne l'est pas. En partant de 1 Samuel 15:22-23, Judith parcourt la vie de plusieurs personnages de la Bible pour montrer ce qui fait la différence chez ceux que Dieu utilise. La préparation compte, mais un élément est décisif : l'obéissance. Et cette obéissance se joue le plus souvent dans de petites choses que personne ne voit.
Plan du message
1. Saül, un roi rejeté pour sa désobéissance
- Quand Samuel, dernier des juges et premier des prophètes, reçoit l'ordre d'oindre Saül, celui-ci commence humble : « Ne suis-je pas Benjamite, de l'une des plus petites tribus d'Israël ? » Il bat les Ammonites et le peuple se réjouit d'avoir enfin le roi qu'il voulait.
- Face aux Philistins, Samuel lui demande d'attendre son arrivée pour offrir le sacrifice. Samuel tarde, Saül s'impatiente et, poussé par la peur, offre lui-même l'holocauste alors qu'il n'en a pas le droit. Samuel arrive juste après et lui annonce que Dieu choisira un autre roi.
- Saül ne se repent pas vraiment. Contre Amalek, Dieu ordonne de tout vouer à l'interdit, bétail compris. Saül garde le meilleur du bétail et ramène vivant le roi Agag. C'est dans ce contexte que Samuel prononce les paroles du texte.
- « L'Éternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l'obéissance à la voix de l'Éternel ? » La question appelle la réponse non. « Voici, l'obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l'observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers. »
- « La désobéissance est aussi coupable que la divination. » La loi de Moïse traitait la divination comme un péché très lourd. Son fond, explique Judith, c'est la révolte contre Dieu : vouloir épier ce qu'il n'a pas révélé. Saül finira d'ailleurs chez une femme qui évoque les morts.
- « La résistance ne l'est pas moins que l'idolâtrie. » L'obstination, c'est faire passer son moi en premier et vivre comme on l'entend. C'est adorer l'idole « moi ». Celui qui s'entête s'est fait dieu.
- « Puisque tu as rejeté la parole de l'Éternel, il te rejette aussi comme roi. » Une parole terrible, que la prédicatrice invite à recevoir dans son revers : celui qui garde la parole de Dieu reçoit de lui une grande grâce.
2. Dieu prépare ceux qu'il utilise
- Chez ceux que Dieu utilise, on voit d'abord une période de formation. Josué a servi Moïse pendant les quarante ans du désert. Il monte avec lui sur le Sinaï comme son serviteur et apprend auprès de lui ce qu'est un responsable qui suit la volonté de Dieu.
- David garde les brebis de son père et les défend contre les bêtes sauvages. Quand son père l'envoie porter des vivres à ses frères au front, il obéit aussitôt. Là, l'occasion lui est donnée d'abattre Goliath, et le berger devient un vaillant guerrier de Dieu.
- Samuel, l'enfant tant demandé par sa mère Anne, est formé dès son jeune âge auprès du prêtre Éli. Daniel, déporté à Babylone, refuse de se laisser façonner par les coutumes du pays et reste fidèle au Dieu d'Israël.
- Judith invite chacun à relire sa propre vie : as-tu traversé, toi aussi, un temps de préparation ?
3. Plus décisive que la préparation : l'obéissance
- Jérémie est appelé vers vingt ans : « Ah ! Seigneur Éternel ! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » Issu d'une famille de prêtres, il n'avait pas l'âge de trente ans requis pour le service (Nombres 4:3). Il n'a pas eu de temps de formation, mais il a obéi, et il a accompli son ministère.
- Gédéon bat le blé en cachette dans le pressoir quand l'ange lui dit : « L'Éternel est avec toi, vaillant héros ! » Il proteste que sa famille est la plus faible de Manassé et qu'il est le plus petit de la maison de son père, puis réclame des signes avec la toison. Dieu s'adapte à son rythme. Ce peureux finit par obéir et devient le vaillant héros que Dieu voyait déjà.
- Moïse, à quatre-vingts ans, se dérobe : « Je n'ai pas la parole facile », puis « Envoie qui tu voudras envoyer. » Formé quarante ans comme prince d'Égypte et quarante ans comme berger, il devient homme d'obéissance en conduisant l'Exode.
- Abraham quitte son pays à soixante-quinze ans sans savoir où il va, puis accepte d'offrir Isaac. Noé construit l'arche pendant près d'un siècle pour un déluge que personne n'attendait.
- Pour Judith, l'œuvre de Dieu commence toujours par l'obéissance de ses serviteurs. On peut même dire que l'obéissance est tout.
4. Aimer Dieu, c'est lui obéir
- Romains 8:28 parle de « ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein ». Aimer Dieu, ce n'est pas seulement le dire. Jésus l'a affirmé : celui qui l'aime garde sa parole.
- Travailler avec Dieu, ce n'est pas lui présenter nos plans et nos projets. C'est obéir à sa parole. Ce n'est pas nous qui choisissons la direction : c'est le Seigneur qui la fixe, et nous marchons sous son joug.
- Tu peux dire « je t'aime » à Dieu, lire la Bible avec zèle, apprendre des versets, servir et chanter de tout ton cœur : sans obéissance, tu restes à mi-chemin.
5. Le désert, école d'obéissance
- Les quarante ans d'Israël dans le désert sont la conséquence de l'incrédulité, mais aussi un temps de formation. Après quatre cent trente ans en Égypte, Dieu voulait vider son peuple de l'eau sale de ce monde.
- Le tabernacle est au centre du camp, avec trois tribus de chaque côté : Dieu au milieu. La manne tombe chaque matin, jamais pour un an d'avance, afin que le peuple lève les yeux vers celui qui donne le pain de chaque jour. La sécurité que donne le monde peut nous éloigner de Dieu.
- Tous ont été formés, mais la première génération est morte dans le désert. Quand tu as cru en Christ, tu es sorti d'Égypte. Si tu n'apprends pas au désert à renoncer à toi-même et à obéir, tu risques de tourner en rond toute ta vie sans entrer en Canaan.
6. Jésus, obéissant jusqu'à la croix
- Le sommet de l'obéissance, c'est Jésus : « Il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé » (Philippiens 2:8-9).
- À Gethsémané, il prie : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
- Gethsémané signifie « pressoir à huile ». Judith rappelle un message précédent : il ne suffit pas d'avoir la lampe, il faut préparer l'huile, et l'huile coule quand le moi est pressé comme l'olive. Jésus, bien qu'étant Dieu, s'est laissé presser jusqu'au bout pour remettre sa volonté à son Père.
7. L'obéissance dans les petites choses
- Dieu ne cherche ni des gens doués ni des milliardaires. Il cherche des cœurs purs, sans arrière-pensée, mis à part du monde. Quand on parle d'obéissance, beaucoup pensent à quelque chose de pénible, ou craignent que Dieu leur demande tout. Pourtant, la plupart du temps, il demande de petites choses, comme la course que le père de David lui avait confiée.
- « Tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup » (Matthieu 25, Luc 19). Joseph est resté fidèle comme esclave et en prison, oublié deux ans de plus. Élisée labourait son champ avant d'être appelé.
- La Bible dit de pardonner : tu pardonnes, même après ce qu'on t'a fait. Elle dit de garder le jour du Seigneur, d'annoncer l'Évangile, de prier, de lire la Parole : tu le fais. Ce sont de petites obéissances, et c'est par elles que Dieu fait de grandes œuvres.
- Pourquoi sont-elles plus difficiles ? Parce qu'elles ne se voient pas. Elles coûtent de la fatigue, de l'argent, du temps, et elles froissent notre fierté. Une grande obéissance, elle, a quelque chose de spectaculaire, et on a envie de la raconter. Mais celui qui cherche la louange des hommes a déjà reçu sa récompense : « que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite ».
- Faire fidèlement les petites choses, choisir à chaque instant la Parole plutôt que sa propre idée, c'est cela, la porte étroite. Et c'est là que Dieu répand son onction.
- « Dieu fait des préférences », ose Judith, une « sainte préférence ». Traiter tout le monde de la même manière serait une égalité de forme. Dieu pratique une égalité réelle : on donnera à celui qui a, et au serviteur paresseux on ôtera même ce qu'il a.
- Dieu ne peut s'empêcher d'aimer ceux qui lui obéissent, qui renoncent à eux-mêmes pour porter son joug. L'obéissance nous redonne l'intimité avec lui.
- L'obéissance est la repentance, et c'est elle qui ouvre la porte du réveil. La prédicatrice termine en priant qu'un esprit d'obéissance descende d'en haut sur elle et sur chaque membre de l'assemblée, pour que chacun travaille avec Dieu et voie ses grandes œuvres.
Points à retenir
- L'offrande qui plaît le plus à Dieu n'est pas un sacrifice, c'est l'obéissance à sa parole.
- La désobéissance est une révolte, et l'obstination fait de soi-même une idole.
- Dieu forme ceux qu'il utilise, mais ce qui est décisif, c'est l'obéissance, à l'image de Jésus à Gethsémané.
- Aimer Dieu et travailler avec lui, c'est lui obéir, pas lui présenter nos propres plans.
- Les petites obéissances cachées sont les plus difficiles et les plus pures : c'est par elles que Dieu confie davantage.
Application personnelle
- Quelle petite chose Dieu t'a-t-il demandée que tu repousses en te disant « plus tard » ?
- Y a-t-il une personne que la Parole te demande de pardonner, même si tu ne te sens pas capable de le faire ?
- Dans ton service pour Dieu, suis-tu tes propres projets ou ce qu'il t'a demandé ?
- Quand tu fais quelque chose de bien, as-tu besoin qu'on le sache ? Essaie cette semaine une obéissance que personne ne verra.
- Où cherches-tu la sécurité que donne le monde plutôt que de dépendre de Dieu jour après jour, comme Israël avec la manne ?
Versets cités
- 1 Samuel 15:22-23
- 1 Samuel 9:21
- 1 Samuel 13:8-14
- Exode 24:13
- 1 Samuel 17:17-20
- Jérémie 1:6
- Nombres 4:3
- Juges 6:11-40
- Exode 4:10-14
- Romains 8:28
- Jean 14:23
- Philippiens 2:6-9
- Matthieu 26:39
- Matthieu 25:21-29
- Luc 19:17
- Matthieu 6:1-4
- Matthieu 7:13-14
Questions fréquentes
Que signifie « l'obéissance vaut mieux que les sacrifices » ?
Dans 1 Samuel 15:22, Samuel pose une question dont la réponse est non : l'Éternel ne trouve pas son plaisir dans les holocaustes autant que dans l'obéissance à sa voix. Saül avait gardé le meilleur du bétail d'Amalek au lieu d'obéir. Dieu ne cherche pas d'abord nos offrandes, il cherche un cœur qui écoute et fait ce qu'il dit.
Pourquoi la désobéissance est-elle comparée à la divination et à l'idolâtrie ?
Selon l'évangéliste Judith, la divination cherche à percer ce que Dieu n'a pas révélé : au fond, c'est une révolte contre lui. L'obstination, elle, consiste à imposer sa propre volonté, ce qui revient à faire de soi-même une idole. Saül finira d'ailleurs par consulter une nécromancienne.
Pourquoi les petites obéissances sont-elles plus difficiles que les grandes ?
Une petite obéissance ne se voit pas : on se dit que la faire ou non ne change rien. Elle coûte de la fatigue, du temps ou de l'argent, et elle heurte notre fierté, sans rien nous rapporter en reconnaissance. C'est justement pour cela qu'elle est pure, et que Dieu la regarde avec attention.
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