Actes 3 : d'une assemblée vide à une assemblée qui grandit

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Introduction

« On peut être présent sans être vraiment là. » Le pasteur José Ngoueuze Nzali, à l'Église Évangélique Paris Métropole, part du titre de son message, qui tient en deux parties : l'assemblée vide et l'assemblée qui grandit. Personne ne cherche une assemblée vide. Pourtant, une assemblée peut être là, pleine de monde, et vide en même temps.

Le prédicateur le sait d'expérience. À son arrivée en région parisienne, il est venu chaque dimanche dans une église sans que personne ne le remarque. Il assistait au culte, puis il rentrait chez lui. Il n'était pas membre de l'assemblée, il était de passage.

Son texte est Actes 3 : Pierre et Jean montent ensemble au temple et rencontrent un homme porté chaque jour à la porte. Le pasteur y relève les pièges qui nous font vivre l'assemblée de façon individuelle, puis il montre comment une assemblée unie permet à ceux qui sont restés à la porte d'entrer à leur tour.

Plan du message

1. Une assemblée peut être pleine et vide à la fois

  • On peut être dans un groupe, un clan, même une bande, et finir seul : « Je suis dans le groupe, mais en même temps je suis seul. Je n'ai pas le sentiment d'appartenir à ce groupe. »
  • Venu du sud de la France, le prédicateur arrive en région parisienne pour des raisons professionnelles. D'habitude, on demande s'il y a des nouveaux venus pour les accueillir. Lui passe entre les mailles du filet : il vient chaque dimanche, assiste au culte et rentre chez lui.
  • Un dimanche, une mère de l'église l'arrête : « Je ne te connais pas, je ne t'ai jamais vu. As-tu été accueilli comme on accueille les nouveaux ? » Il ne peut pas mentir : non. Elle le prend à part, puis le présente à ses filles et à d'autres jeunes. Il rejoint le groupe de jeunes et des relations se forment.
  • « Je n'étais pas membre de l'assemblée. Je venais, je passais un moment, et je rentrais chez moi. » Toi aussi, tu peux te dire : « Je n'ai pas été accueilli », « je ne me sens pas chez moi ici ».
  • C'est l'état d'individualisme. « L'individualisme peut vider une assemblée, même quand elle est pleine de monde. » Le prédicateur relève trois éléments qui nous font vivre l'assemblée de façon individuelle, jusqu'à ce que le mot perde son sens.

2. Premier piège : nos différences de personnalité

  • Nous ne sommes pas tous pareils. Nos personnalités sont façonnées par le contexte où nous avons grandi, les personnes rencontrées, les lieux où nous avons vécu. Les deux personnages d'Actes 3 le montrent.
  • Pierre est impulsif, un fonceur : « Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux » (Matthieu 14:28). Quand on vient arrêter le Maître, il coupe une oreille (Jean 18:10).
  • Jean est zélé, intense, parfois radical. Il se présente comme le disciple que Jésus aimait (Jean 21:20). Pour le prédicateur, Jean veut dire : ce n'est pas moi qui ai trahi Jésus, je ne suis pas Judas, je me sens aimé de Dieu et j'aime Jésus.
  • Avec son frère Jacques, Jean veut pourtant faire descendre le feu du ciel sur ceux qui ne reçoivent pas Jésus (Luc 9:54). Jésus les reprend et les appelle fils du tonnerre (Marc 3:17).
  • Rien, dans ces personnalités, ne poussait ces deux hommes à marcher ensemble. C'est le piège : « Avec celui-ci je peux avancer, avec celui-là je peux bâtir, mais avec l'autre, on ne peut pas bâtir. »

3. Deuxième piège : le rang social

  • Jean est considéré comme le plus jeune. Pierre est marié : Jésus a guéri sa belle-mère (Matthieu 8:14-15). Cette différence sociale peut devenir un obstacle.
  • On finit par se dire : « Je ne marche qu'avec cette catégorie de personnes », alors qu'on est dans la même assemblée. Ou bien : « Tu es jeune, tu ne sais pas encore, tu as le temps de grandir et d'acquérir de l'expérience, mais pour l'instant, ce n'est pas avec toi. »
  • Le Psaume 148, au verset 12, réunit les jeunes hommes et les jeunes filles, les vieillards et les enfants pour louer le nom de l'Éternel. Parce que nous sommes une communauté, une assemblée.
  • Ce qui pourrait nous séparer devrait plutôt nous unir, car nous devenons complémentaires.

4. Troisième piège : la place que l'on veut occuper

  • « Ah, je veux être là. » « Pas toi, tu ne peux pas être là. » Jacques et Jean viennent demander à Jésus d'être assis l'un à sa droite, l'autre à sa gauche (Marc 10:35-37). Ils cherchent un statut, la place la plus proche du Maître. Jésus leur répond que ce n'est pas à eux d'en décider.
  • Leur demande crée de la frustration chez les autres disciples (Marc 10:41). Sur le chemin, ils discutent pour savoir qui est le plus grand parmi eux (Marc 9:33-34).
  • Ces pièges continuent de nous empêcher de vivre l'assemblée que nous devrions être. Même sans le dire tout haut, on le pense : « Ce n'est pas normal qu'il soit là, je veux cette place. » Et la guerre commence, alors que nous sommes appelés à marcher ensemble.
  • Jésus avait pourtant préparé ses disciples. Il les envoie deux à deux (Marc 6:7). Il envoie Pierre et Jean préparer la Pâque (Luc 22:8). Ils vivent ensemble la Transfiguration (Matthieu 17:1-2).
  • Au matin de la résurrection, Pierre et Jean courent au tombeau. Le texte dit qu'ils courent ensemble, mais chacun court un peu de son côté : Jean, plus jeune, arrive le premier, et c'est Pierre qui entre le premier (Jean 20:3-6).

5. Actes 3 : « Regarde-nous »

  • Qu'est-ce qui a changé entre-temps ? La présence du Saint-Esprit, la présence de Jésus avec eux et en eux. Pierre et Jean montent ensemble au temple, à l'heure de la prière (Actes 3:1).
  • Ce n'est plus « tu es devant, je suis derrière », ni « je veux la première place ». Ce n'est plus « je suis marié, je ne fréquente que des gens mariés » ou « je suis jeune, je ne fréquente que des jeunes ». Ils ont compris qu'ils appartiennent au même Dieu et ils avancent ensemble.
  • Au verset 4, Pierre fixe les yeux sur l'homme et lui dit : « Regarde-nous. » Il ne dit pas « regarde-moi », ni « fais attention à Pierre parce qu'il est le pasteur, le plus grand parmi nous ». « Regarde-nous, parce que nous sommes ensemble, nous sommes unis. » Sans cette unité, nous ne vivrons pas certaines choses.
  • Au chapitre 4, la foule accourt et les chefs décident d'agir : Pierre et Jean sont menacés, jetés en prison, puis relâchés le lendemain. Jean aurait pu dire : « Ce n'est pas moi, c'est Pierre qui a dit lève-toi et marche. » Ils tiennent ensemble parce qu'ils ont la même vision.
  • De retour auprès des leurs, ils ne demandent pas que le feu tombe sur leurs adversaires. Ils prient : « Seigneur, vois leurs menaces, et donne à tes serviteurs d'annoncer ta parole avec une pleine assurance » (Actes 4:29). L'épreuve ne les détourne pas de la vision de départ : faire des disciples de toutes les nations (Matthieu 28:19).
  • « Dieu peut agir sans nous, mais il a choisi d'agir avec nous. » Le mot « assemblée » est singulier, et pourtant il n'a pas de sens sans les autres. Il y a un seul corps et plusieurs membres (1 Corinthiens 12:12). « Si nous sommes seuls, l'assemblée perd son sens. »

6. De la porte à l'intérieur : regarder les vrais besoins

  • L'homme d'Actes 3 était porté chaque jour à la porte du temple pour mendier (Actes 3:2). Il avait plus de quarante ans (Actes 4:22). Selon le prédicateur, la loi de Moïse ne lui interdisait pas d'entrer. S'il a commencé à 20 ans, cela fait au moins 20 ans qu'on le dépose à la porte de cette assemblée. « Il n'est jamais entré. Il est resté à la porte. »
  • Première histoire. Il y a huit ou neuf ans, lors d'une maraude à Châtelet, le pasteur rencontre un jeune homme sans abri qui ne comprend que l'anglais. Avec ses « petits mots », il partage la Parole et prie avec lui. Pour la première fois, quelqu'un le prend dans ses bras après une prière. Il promet de revenir avec une Bible en anglais. Il revient, mais ne le revoit jamais. Depuis neuf ans, cette Bible est sur son étagère, et chaque fois qu'il la voit, il prie pour lui. « Il était à la porte, mais Dieu lui a permis, par sa grâce, d'entrer. »
  • Deuxième histoire. À force de croiser des personnes dans le besoin, on devient un peu indifférent. Le pasteur avait pris l'habitude de changer de chemin pour éviter les demandes. Il y a environ trois semaines, en sortant d'une gare, il commence à se détourner d'une femme assise qui demande de l'argent. Il l'entend dire : « Je veux de l'argent pour acheter à manger à mon petit frère. » La phrase le bouleverse. Il revient sur ses pas et lui donne quelques pièces : « J'aurais peut-être pu faire plus. »
  • « Les situations qui nous entourent et la pression du monde nous poussent peu à peu à devenir insensibles à ce qui nous touchait profondément. » On se remplit d'autres choses jusqu'à se vider de l'essentiel. Jésus était ému de compassion en voyant la foule (Matthieu 9:36). C'est cette compassion qui fait remarquer à Pierre et Jean, après des années aux côtés de Jésus, l'homme assis à la porte.
  • Troisième histoire. Une semaine plus tôt, en attendant sa femme près d'un centre commercial, le pasteur est abordé par un jeune homme qui lui demande de l'argent. Il l'écoute et lui donne un billet, puis lui demande pourquoi il souligne sans cesse que Jésus est Dieu. Le jeune homme répond qu'il est chrétien. Quand le pasteur se présente, le jeune homme lui raconte la vraie version de son histoire. Ils échangent leurs coordonnées, et le jeune homme doit venir visiter l'église le dimanche suivant.
  • « Notre mission ne consiste pas à remplir une salle, mais à remplir le Royaume. Et c'est parce que le Royaume se remplit qu'une salle se remplira et qu'une assemblée grandira. » Le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés (Actes 2:47).

7. Entrer par la porte qui est Jésus

  • Le miracle ne se limite pas à rendre ses jambes à cet homme. Il passe de la porte à l'intérieur, de la dépendance à la liberté, de l'insécurité à une joie débordante. « D'un saut il fut debout, et il se mit à marcher. Il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant, et louant Dieu » (Actes 3:8). Le prédicateur pense à David qui ramène l'arche (2 Samuel 6:14-15).
  • Deux hommes montaient au temple, et ce sont trois qui y entrent. Notre unité ne doit pas seulement nous faire avancer ensemble : elle doit permettre à ceux qui sont à la porte de se lever et d'entrer avec nous.
  • « Une flamme commence parce qu'il y a deux, trois morceaux de bois. Mais quand d'autres morceaux arrivent, un brasier se forme. » L'Église est un brasier qui ne doit jamais cesser de chauffer.
  • Le pasteur termine par son propre témoignage. Lui n'était pas resté à la porte : instruit dès son jeune âge dans la loi de Dieu, il allait au temple, priait, lisait la Parole et parlait de Dieu autour de lui. Les voisins disaient : « Si seulement nous avions un enfant comme José. » Une camarade de classe lui pose tant de questions sur Dieu qu'il n'a plus de réponses : on ne peut donner que ce qu'on a reçu. Il l'invite à la réunion de prière du vendredi soir.
  • Ce soir-là, c'est lui qui reçoit des réponses à des questions qu'il ne se posait pas : c'est par la grâce qu'il est sauvé, par le moyen de la foi, et non par les œuvres, afin que personne ne se glorifie (Éphésiens 2:8-9). « J'étais perdu. Je n'avais pas encore saisi la grâce, alors que j'entrais dans le temple. »
  • D'où sa question : « Es-tu seulement entré par une porte, ou es-tu entré par la porte qui est Jésus ? » (Jean 10:9). Il conclut avec les mots de Pierre : « Je n'ai ni argent, ni or ; mais ce que j'ai, je te le donne » : Jésus. « Lève-toi, entrons ensemble pour être une assemblée qui grandit. »

Points à retenir

  • L'individualisme peut vider une assemblée même quand elle est pleine : on peut être présent sans être vraiment là.
  • Nos personnalités, notre rang social et la place que nous voulons occuper peuvent nous séparer. Ils devraient plutôt nous rendre complémentaires.
  • Le « Regarde-nous » de Pierre montre une unité née de la présence du Saint-Esprit, une unité qui tient même sous la menace.
  • Notre mission n'est pas de remplir une salle mais de remplir le Royaume, en remarquant les vrais besoins de ceux qui sont à la porte.
  • Entrer dans le temple ne suffit pas : il faut entrer par la porte qui est Jésus, et être sauvé par grâce.

Application personnelle

  1. Vis-tu ton Église comme un membre de l'assemblée, ou viens-tu, passes-tu un moment, puis rentres-tu chez toi ?
  2. Avec quelle catégorie de personnes refuses-tu, au fond, de marcher : une autre personnalité, une autre génération, une autre situation ?
  3. Y a-t-il une place que tu convoites dans ton Église, au point de te dire : « Ce n'est pas normal qu'il soit là » ?
  4. De qui t'es-tu habitué à détourner le regard, et que pourrais-tu lui donner de plus qu'une pièce ou un simple bonjour ?
  5. Es-tu seulement entré dans une église, ou es-tu entré par la porte qui est Jésus, en t'appuyant sur sa grâce plutôt que sur tes œuvres ?

Versets cités

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une assemblée vide ?

Pour José Ngoueuze Nzali, c'est une assemblée pleine de monde où chacun vit sa foi de façon individuelle : on vient, on passe un moment, on rentre chez soi, sans appartenir vraiment au groupe. L'individualisme peut vider une assemblée même quand la salle est pleine.

Pourquoi Pierre dit-il « Regarde-nous » dans Actes 3 ?

Au verset 4, Pierre ne dit pas « regarde-moi » et ne se met pas en avant comme le plus grand. Pour le prédicateur, ce « nous » montre que Pierre et Jean sont unis. Leurs différences de personnalité, de rang et d'ambition ne passent plus au centre depuis que le Saint-Esprit est venu, et c'est dans cette unité que le miracle a lieu.

Comment une assemblée grandit-elle selon ce message ?

Elle grandit quand ses membres se sentent membres et deviennent des canaux que Dieu utilise pour faire entrer ceux qui sont restés à la porte. Le prédicateur insiste : notre mission n'est pas de remplir une salle mais de remplir le Royaume. C'est parce que le Royaume se remplit que la salle se remplira, comme dans Actes 2:47.

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