Introduction
Avant même que tu ouvres ta Bible, arrête-toi une seconde. Que ressent Dieu quand il pense à toi ? Est-ce qu'il te tolère parce que c'est son métier ? Est-ce qu'il t'aime en surface mais pas très chaud au fond ? Beaucoup de croyants portent en eux cette petite voix qui murmure que Dieu les endure plus qu'il ne les aime.
C'est exactement cette question que Paul veut faire exploser en ouvrant sa lettre aux Éphésiens. Dès les versets 3 à 6, il lève les mains comme un rabbin bénissant l'assemblée et il te montre concrètement ce que Dieu a fait pour toi, pas ce qu'il pense, ce qu'il a fait. Parce que dans la Bible, on connaît quelqu'un à travers ses actes.
Et ce que tu vas lire n'est pas une théorie. C'est une réalité qui a de quoi te faire pleurer si tu la reçois pour toi.
Le plan du texte
1. Une bénédiction avant tout
Éphésiens 1:3-14 forme un seul grand bloc. Paul l'ouvre par une prière d'ouverture, une berakhah, cette bénédiction rabbinique que les Juifs prononçaient le jour du shabbat : « Béni sois-tu, Seigneur notre Dieu, roi de l'univers, qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné d'allumer la lumière du shabbat. »
Paul reprend exactement la même forme : « Béni soit le Dieu et le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes. » (Éphésiens 1:3)
Ce n'est pas une phrase théologique à décortiquer avec un stylo. C'est un prêtre qui lève les mains, un rabbin qui proclame, imagine Paul en visio, en train de bénir l'église. Une bénédiction, c'est un transfert : un transfert en acte et en parole. Quand tu bénis quelqu'un, tu proclames quelque chose de louable sur lui.
2. Comment bénir un Dieu qui n'a besoin de rien ?
Bénir Dieu, c'est facile à dire. Il est lumière, il est pur, sans défaut, il tient ton souffle dans ses mains. Mais dire que Dieu nous a bénis, nous, ça n'a pas le même sens. Parce que nous, l'humanité rebelle, on n'est pas digne. On n'est pas dignes dans ce qu'on pense, dans ce qu'on fait aux autres, ni dans ce qu'on ne fait pas.
Alors comment est-ce qu'on peut bénir Dieu en retour ? Par lui-même. Parce que Jésus-Christ nous transforme et crée en nous ce qui n'existait pas, ce qui est nécessaire, ce qui est louable, ce qui est beau. C'est lui qui nous rend capables de le bénir.
3. Première bénédiction : tu appartiens à Christ
Paul énumère des bénédictions spirituelles, mais aujourd'hui on s'arrête sur la première, celle qui est peut-être la plus chère : tu appartiens à Dieu en Christ. Et cette appartenance se déploie en trois actes concrets.
4. Il t'a choisi (verset 4)
« C'est en lui que Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui dans son amour. » (Éphésiens 1:4)
Avant que la lumière soit, avant que l'Esprit plane sur les eaux, tu étais déjà dans son cœur. Ce n'est pas parce qu'il savait que tu allais croire. Le texte ne dit pas ça. Il dit simplement : « en Jésus ». Il n'y a pas d'autre raison. Le choix appartient à Dieu dans sa souveraineté, pas à toi.
Cette réalité met à l'aise ceux qui aiment perdre le contrôle et met mal à l'aise ceux qui aiment le garder. Comme le disait Walter Liefeld : « Les mots qu'il nous a prédestinés n'impliquent pas que Dieu ait choisi les uns pour condamner les autres. Au contraire, il montre que Dieu n'a pas agi sans but, mais qu'il a un destin en vue pour nous. »
Dieu n'a pas choisi pour exclure. Il a choisi pour te donner un destin : que tu sois saint, sans défaut, dans son amour. Par les épreuves, par ses relèvements après tes chutes, par son Saint-Esprit, il enlève tout ce qui ne va pas pour qu'un jour tu sois à lui, devant lui, aimé pour toujours.
5. Il t'a adopté (verset 5)
« Il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ, selon la libre décision de sa volonté. » (Éphésiens 1:5)
Le mot prédestination fait parfois peur. Il ne veut pas dire que tu n'as aucun libre arbitre. Il veut dire simplement que Dieu avait un plan précis derrière son choix. C'est comme préparer une liste avant d'aller au supermarché : tu sais déjà ce que tu vas faire de la crème, des œufs et des lardons, une belle quiche à la maison. Dieu, lui, a déjà prévu de belles choses pour toi, dans un ordre et avec un objectif.
Comme le formule Max Turner : « La pensée première est plutôt que Dieu a éternellement choisi un peuple en Christ, c'est-à-dire nous, l'église, pour être saint et irréprochable devant lui au jugement final, et ainsi entrer dans les pleines bénédictions de l'âge messianique de la nouvelle création. »
Et le mot « adopté » signifie deux choses fortes : d'abord, sans lui tu n'es pas de sa famille. Tu appartiens à l'humanité rebelle. Ensuite, ce Dieu-là adopte ses ennemis. Mieux : il ne se contente pas de les tolérer, il les transforme en amis, en enfants.
Il n'y a rien dans toi qui puisse mériter ça. C'est pour ça que Paul écrit « selon la libre décision de sa volonté ». Purement sa bienveillance.
6. Pour la gloire de sa grâce (verset 6)
« Pour célébrer la gloire de sa grâce, dont il nous a comblés dans son bien-aimé. » (Éphésiens 1:6)
Pourquoi t'a-t-il choisi ? Pourquoi t'a-t-il adopté ? Pour une fête. Une célébration.
Un jour, tu seras avec tous les hommes et toutes les femmes qui ont mis leur foi en Christ, de toute l'histoire. Tu entendras les récits d'Abraham, de David, des grands avant nous : comment cette grâce t'a-t-elle transformé ? Et cette fête ne commence pas là-bas. Elle commence aujourd'hui, dans chaque discussion, dans chaque prière, dans chaque « merci Seigneur » qui monte de ton cœur.
Tu pourrais te dire : « Célébrer la gloire de sa grâce, c'est un peu narcissique de sa part. » Mais si toi tu réclamais qu'on te fête, ce serait narcissique, parce que tu aimes qu'on dise du bien de toi. Si Dieu le fait, c'est autre chose. Ce Dieu-là est celui qui, la nuit avant sa crucifixion, s'est mis à genoux et a lavé les pieds de ses disciples. Il est le plus grand parce qu'il est le serviteur de tous. Tout ce qu'il a fait dans l'histoire, il l'a fait pour nous. Alors célébrer sa grâce, ce n'est pas du narcissisme : c'est une fête qui a déjà commencé et qui va jusqu'à l'éternité, parce que tu as un Père qui t'a choisi et qui t'aime.
Points à retenir
- On connaît Dieu par ce qu'il fait, pas par ce qu'on imagine de lui. Éphésiens 1:3-6 énumère ses actes concrets envers toi.
- Tu as été choisi avant la fondation du monde. Pas à cause de ce que tu es ou ferais, mais en Jésus, par sa souveraineté.
- Ce choix a un but : ta sainteté dans son amour. Ce n'est pas un choix d'exclusion, c'est un choix de destination.
- Tu as été adopté par pure bienveillance. Dieu ne t'a pas toléré, il t'a transformé d'ennemi en enfant.
- Tout cela pour célébrer la gloire de sa grâce. Une fête qui commence aujourd'hui et va jusqu'à l'éternité.
Application personnelle
- Quand tu penses à Dieu qui pense à toi, quelle est ta première image ? Un Dieu qui te tolère, un Dieu déçu, ou un Père qui t'a choisi avant la création ?
- Est-ce qu'il y a un domaine de ta vie où tu résistes encore à Dieu parce que tu veux garder le contrôle ? Qu'est-ce que ça changerait si tu croyais qu'il a déjà un plan bienveillant pour toi ?
- À quelle place mets-tu Dieu dans tes priorités quotidiennes ? La dernière ? Après le travail, le téléphone, les soucis ?
- Quand est-ce que tu as pris le temps, la dernière fois, de simplement bénir Dieu, de proclamer qu'il est béni, sans rien lui demander ?
- Si tu n'es pas encore dans la foi, es-tu prêt à recevoir l'invitation qui t'est faite : venir et connaître son amour ?
Versets cités
- Éphésiens 1:3 · Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute sorte de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ !
- Éphésiens 1:4 · En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui.
- Éphésiens 1:5 · Il nous a prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté.
- Éphésiens 1:6 · À la louange de la gloire de sa grâce qu'il nous a accordée en son bien-aimé.
FAQ
Est-ce que la prédestination signifie que je n'ai aucun libre arbitre ?
Non. Éphésiens 1:5 dit que Dieu a prédestiné, pas qu'il a supprimé ton choix. Le mot signifie qu'il a fixé un but précis à son élection, pas qu'il t'a transformé en robot. Comme le rappelait Walter Liefeld, ces mots ne servent pas à condamner les autres mais à montrer que Dieu a un destin en vue pour toi.
Si Dieu m'a choisi avant la fondation du monde, c'est parce qu'il savait que je croirais, non ?
Le texte ne dit pas cela. Il dit seulement que ce choix s'est fait « en Jésus ». Il n'y a pas d'autre raison qui te soit donnée : c'est la souveraineté de Dieu et sa bienveillance. Ce n'est ni ton mérite passé, ni ta foi future prévue à l'avance.
Pourquoi Dieu voudrait-il célébrer sa propre grâce ? Ce n'est pas narcissique ?
Si un humain le faisait, oui. Mais Dieu s'est révélé en Jésus, celui qui a lavé les pieds de ses disciples la nuit avant sa crucifixion. Il est le plus grand parce qu'il est le serviteur de tous. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour toi. Célébrer sa grâce, ce n'est pas se mettre en valeur : c'est te sortir de tes petits soucis quotidiens et t'inviter à une fête qui a déjà commencé.
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