Devenez des sauveurs d'hommes (2)

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Devenez des sauveurs d'hommes : l'appel oublié de l'Église

Ce dimanche à ICC, le Bishop Emmanuel NTERFUL est monté en chaire pour rappeler à toute l'assemblée une vérité que nous connaissons tous, mais que nous vivons trop peu : Dieu nous a sauvés pour que nous devenions à notre tour des sauveurs d'hommes. Le texte de départ est court, presque discret : « Des libérateurs monteront sur la montagne de Sion pour juger la montagne d'Ésaü. Et à l'Éternel appartiendra le règne » (Abdias 1.21). Autour de ce verset, le Bishop a construit un appel direct, sans détour, appuyé sur la vision de l'océan sombre que Dieu avait donnée à William Booth, le fondateur de l'Armée du Salut.

Plan du message

  1. Le monde des derniers jours : des hommes qui s'aiment eux-mêmes
  2. L'Église a oublié pourquoi elle a été sauvée
  3. La vision de William Booth : l'océan, la plateforme et l'Être supérieur
  4. Les onze attitudes des sauvés face à ceux qui périssent
  5. Le cœur brisé de Paul : « J'ai un grand chagrin » (Romains 9-10)
  6. Une vision pour cette année : gagner une personne par mois

1. Nous vivons dans les derniers jours d'un monde égoïste

Le Bishop ouvre avec 2 Timothée 3 : « Sache que dans les derniers jours il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, blasphémateurs. » Il insiste : cette description n'est pas seulement celle des païens. Elle décrit aussi l'état spirituel de nombreux chrétiens aujourd'hui. « Nous avons plus de connaissance, plus de ressources, plus d'argent et plus de grâce que toutes les générations passées. Et pourtant nous sommes ceux qui font le moins pour le royaume de Dieu. »

2. Après le salut, la plupart des chrétiens ont oublié pourquoi ils ont été sauvés

Le Bishop le dit sans détour : depuis Jésus, il n'y a presque plus personne qui pense aux âmes des hommes. « Nous pensons à nous-mêmes, à nos emplois, à notre prospérité, mais nous ne pensons pas aux âmes. » Or Jésus a laissé un ordre clair : « Allez dans le monde entier, faites de toutes les nations des disciples » (Matthieu 28.19). L'Église existe pour une seule raison : que ce monde de pécheurs parvienne à connaître Jésus, à l'aimer et à être sauvé par son sang.

Il illustre par l'image saisissante des derniers mots d'un père mourant. Si tu appelais tes enfants à ton lit de mort, tes derniers mots seraient-ils : « Assure-toi de te laver chaque jour, de te brosser les dents, de bien manger » ? Non. Tes derniers mots seraient ceux qui comptent vraiment. Or les derniers mots de Jésus sur cette terre furent : allez, faites des disciples. Ce sont ses paroles les plus solennelles.

3. La vision de William Booth : l'océan sombre et la plateforme

Pour rendre l'appel encore plus concret, le Bishop prend le temps de lire la vision que Dieu avait donnée à William Booth. Il l'introduit par Ézéchiel 40, où le prophète est amené sur une haute montagne pour recevoir une vision et la partager avec le peuple : « Fils de l'homme, regarde de tes yeux, écoute de tes oreilles, applique ton attention à toutes les choses que je te montrerai, car tu as été amené ici afin que je te les montre. Fais connaître à la maison d'Israël tout ce que tu verras. »

Voici la vision que Booth reçut : un océan sombre et orageux. Dans cet océan, une multitude d'êtres humains de toutes sortes en train de se noyer, de blasphémer, de flotter, de mourir. Puis, du fond de la mer, un grand rocher se lève comme une montagne, avec une plateforme. Certains des noyés parviennent à s'y agripper et sont sauvés. Mais que font-ils une fois en sécurité sur le rocher ?

4. Les onze attitudes des sauvés face à ceux qui périssent

Le Bishop détaille les observations de Booth. Chaque numéro est un miroir tendu à l'Église.

  1. Des libérateurs. Certains sauvés cherchent activement à ramener les autres sur la plateforme.
  2. Des organisateurs de salut. D'autres construisent des échelles, des petits bateaux de sauvetage, tout un dispositif pour secourir ceux qui se débattent.
  3. Un sacrifice personnel. Certains, bien que déjà sauvés, se rejettent dans la mer pour aller en sauver d'autres.
  4. Plusieurs avaient oublié. Beaucoup, sauvés depuis longtemps, avaient totalement oublié qu'ils étaient eux-mêmes passés par cette mer dangereuse.
  5. Plusieurs étaient sans inquiétude. Ils voyaient les naufragés, entendaient leurs cris, assistaient même à des conférences décrivant leur détresse, et cela ne les touchait pas.
  6. Absorbés jour et nuit dans leur commerce. Il fallait bien du commerce pour pouvoir vivre confortablement sur la plateforme.
  7. Ceux qui cultivent des fleurs. D'autres passaient leur temps à décorer la plateforme, à peindre, à jouer de la musique, à admirer le paysage, à manger, tout cela à la vue des créatures qui périssaient.
  8. Ceux qui se disputent. Certains passaient leur temps à se quereller au sujet des pauvres créatures qui se noyaient, chacun défendant sa doctrine.
  9. Cérémonies religieuses sur le rocher. D'autres se contentaient de célébrer de curieuses cérémonies, convaincus d'avoir ainsi rempli leur devoir envers ceux qui périssaient.
  10. La plateforme supérieure. Certains avaient découvert un chemin vers une plateforme plus haute, éloignée des nuages noirs, et passaient leur temps à chanter des chansons sur le bonheur d'y être arrivés.
  11. L'Être supérieur. Ému de pitié, le grand Dieu a envoyé son Fils dans la mer pour sauver les naufragés. Cet Être supérieur peine, crie, pleure, sue, saigne, et il appelle continuellement ceux qu'il a déjà secourus à venir l'aider. Chose étrange : ceux qui sont sur la plateforme adorent leur Sauveur, disent l'aimer, mais restent trop occupés par leur profession, leurs économies, leurs plaisirs et leur famille pour le rejoindre dans l'eau. Certains lui crient même : « Sors de l'eau et viens nous rendre encore plus heureux ! »

5. Le cœur brisé de Paul : notre modèle

Après la vision, le Bishop tourne l'assemblée vers Paul. « Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m'en rend témoignage par le Saint-Esprit : j'éprouve une grande tristesse, et j'ai dans le cœur un chagrin continuel » (Romains 9.1-2). Puis Romains 10.1 : « Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés. » Voilà le cœur que nous devons avoir. Un cœur qui saigne pour ceux qui périssent, comme celui de Jésus, qui a pitié des hommes et des femmes qui se meurent, des jeunes dans la drogue, la prostitution, la méchanceté, de ceux qui, dans nos maisons, à notre travail, poursuivent ce monde sans savoir où ils vont.

Le Bishop pose la question directement à la France : ce pays compte environ 66 millions de personnes. Va sur Google, tape « chrétiens en France », et regarde combien sont réellement nés de nouveau. Le constat est brutal. « L'Église doit aller où elle finira. » Elle doit aller sous notre regard, ou elle ne partira jamais.

6. Une vision concrète : douze âmes cette année

Puis vient l'application. Le Bishop donne une vision précise : « Chaque mois, une personne sera sauvée à travers toi cette année. » Imagine ce qui se passerait si chaque chrétien de l'assemblée gagnait douze personnes cette année. Ce n'est pas irréaliste. C'est simplement le cœur du Père appliqué à ton agenda.

Il rappelle enfin le dialogue de Jésus avec Pierre en Jean 21 : « Simon, m'aimes-tu ? (Oui, Seigneur.), Pais mes brebis. » Notre amour pour Jésus ne se démontre que d'une seule manière : quand nous portons le même cœur que lui pour les âmes.

Points à retenir

  • Le salut n'est pas une fin en soi : il te transforme en libérateur, en sauveur d'hommes.
  • Dans les derniers jours, l'égoïsme et l'amour de l'argent gagneront jusque dans l'Église. Résiste.
  • La vision de William Booth est un miroir : à quelle catégorie appartiens-tu sur la plateforme ?
  • Jésus est déjà dans la mer, en train de peiner. Il appelle ceux qu'il a sauvés à venir l'aider.
  • Le cœur de Paul (Romains 9-10) est le cœur normal du chrétien : un chagrin continuel pour ceux qui périssent.

Application personnelle

  1. Sur la plateforme de William Booth, dans laquelle des onze attitudes te reconnais-tu aujourd'hui ?
  2. Qui, dans ta famille, à ton travail, dans ton quartier, n'a pas encore entendu clairement l'Évangile de ta bouche ?
  3. La vision « une âme par mois » est-elle possible pour toi cette année ? Quelle serait la première étape concrète cette semaine ?
  4. Ton amour pour Jésus se traduit-il par le soin des âmes, ou seulement par des chants et des cérémonies ?
  5. Que faut-il déposer devant Dieu pour recevoir un nouveau cœur, un cœur qui saigne pour ceux qui se noient ?

Versets cités

FAQ

Que veut dire « devenir un sauveur d'hommes » ?

C'est reprendre le rôle des libérateurs annoncés en Abdias 1.21 : des hommes et des femmes que Dieu utilise pour amener d'autres âmes à Jésus. Cela ne signifie pas mourir à leur place (seul Christ l'a fait), mais porter sa croix pour aller les chercher, comme Jésus est venu nous chercher.

D'où vient la vision de l'océan racontée dans le sermon ?

Elle vient de William Booth, fondateur de l'Armée du Salut, connu comme « Who Cares? ». Le Bishop l'introduit par Ézéchiel 40 pour rappeler qu'une vision reçue de Dieu est faite pour être partagée à son peuple. Elle décrit l'attitude réelle de beaucoup de chrétiens face aux perdus.

Comment concrètement gagner une personne par mois cette année ?

Commence par une liste précise : cinq à dix personnes non sauvées de ton entourage. Prie chaque jour pour elles nommément. Cherche un moment naturel pour partager ce que Jésus a fait dans ta vie et invite-les à un culte, un repas, un temps de prière. Le premier pas, c'est un cœur touché, et une bouche qui s'ouvre.

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