
Introduction
Le Nouveau Testament contient environ 150 références à l'argent. Impossible de faire comme si la parole de Dieu n'en parlait pas. Dans ce message prêché à la Porte Ouverte Chrétienne de Mulhouse, Jean-Marie Ribay reprend un sujet qu'il n'avait pas abordé depuis une bonne douzaine d'années : les dons, les offrandes, la dîme et les finances de l'Église. Sa ligne est claire : ni pression, ni contrainte, ni impôt spirituel — mais un appel à donner librement, avec joie, dans la confiance que Dieu pourvoit à tout.
Plan du message
1. Ce que Jésus a dit de l'argent
- Jésus lui-même n'était pas riche, mais il n'a jamais manqué de rien. Il s'est démarqué par rapport à l'argent d'une façon qui étonnait même ses disciples.
- Le jeune homme riche (Matthieu 19:21) : Jésus l'invite à tout vendre non pas parce que la pauvreté serait une vertu, mais parce que ses biens l'empêchaient de le suivre. Le vrai problème, c'est d'être libre ou pas libre.
- La veuve et ses deux petites pièces (Marc 12:41-44) : Jésus s'assoit face au tronc et il regarde comment les gens mettent. La veuve donne moins en quantité, mais bien plus en réalité, parce qu'elle donne de son nécessaire quand les autres donnent de leur superflu.
- Ce que Dieu regarde, ce n'est pas le montant sur les pièces et les billets, c'est l'intention et la qualité du cœur.
- « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir » (Actes 20:35).
2. Ce que dit le reste du Nouveau Testament
- 2 Corinthiens 9:7 : « Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie. » Attention au contexte : il s'agit d'une collecte d'aide sociale pour les pauvres de Judée, pas d'un texte sur la dîme.
- 1 Timothée 6:18-19 : « Recommande-leur de faire du bien, d'être riches en bonnes œuvres, d'avoir de la libéralité, de la générosité. »
- La générosité se mesure à ce qu'on donne. La libéralité se mesure à ce qu'on garde — donner sans retenue, sans calcul, dans la liberté totale.
3. La question de la dîme
- Le mot « dîme » vient du latin decima, la dixième partie. Dans l'Ancien Testament, la dîme est le moteur économique du culte israélite (Nombres 18:21) : les onze autres tribus soutiennent la tribu de Lévi, qui ne travaille pas et se consacre au service de la tente d'assignation.
- Cette doctrine ne peut pas être imposée telle quelle à l'Église aujourd'hui. Rien dans le Nouveau Testament ne l'établit comme obligation.
- Les rares allusions à la dîme dans le Nouveau Testament (Matthieu 23:23 ; le pharisien qui se vante de donner la dîme de tous ses revenus ; la comparaison entre la dîme d'Abraham et celle de Lévi, qui montre le passage de l'ancienne à la nouvelle alliance) ne fondent aucune règle pour l'Église.
- Si les apôtres avaient prêché la dîme, cela aurait provoqué des troubles considérables : les chrétiens d'origine juive auraient dû continuer à la verser au temple, plus une seconde dîme à l'Église, plus les impôts romains.
- Les réformateurs et les revivalistes (Wesley, Finney, Moody) n'ont jamais mis les Églises sous la dîme. Ils ont toujours répété ce que dit la Bible : que chacun donne librement, avec générosité, sans contrainte et avec joie.
- Enseigner la dîme comme obligation, c'est par définition la transformer en contrainte — et cela contredit le fondement biblique.
- Jean-Marie Ribay témoigne : avec sa femme Brigitte, quand ils ont compris que la dîme n'était pas une règle légale, ils n'ont jamais donné moins pour autant. Au contraire, si des juifs sous la loi pouvaient donner la dîme, à combien plus forte raison des chrétiens qui ont reçu bien davantage en Christ.
4. Les finances, c'est d'abord un état d'esprit
- Chacun met son argent dans ce qu'il aime. Personne ne s'étonnait qu'un fumeur mette 200 € par mois dans sa cigarette. Le jour où il se convertit et donne cette même somme à l'église, tout à coup on trouve cela suspect.
- Nous n'avons pas à avoir honte de dire que nous aimons Dieu, son royaume, les âmes, et que nous voulons y mettre nos finances. Ce sont des biens éternels, les dividendes sont plus sérieux.
- Sortir de la peur de manquer : cette peur est souvent gravée dans l'âme depuis l'enfance. Un compte en banque plein ne guérit pas l'âme ; on peut être millionnaire et rester rongé par la peur de manquer.
- Jésus nous a appris à prier « donne-nous notre pain quotidien ». Ce n'est pas une prière vide : c'est la promesse implicite que Dieu répondra.
- Sortir des convoitises : quand on est libéré des convoitises inutiles, le verrou qui bloque le portefeuille disparaît, et on commence à aimer ce qui se donne.
5. À qui donne-t-on, et pour quoi ?
- On ne donne pas à l'église comme structure. On donne au Seigneur, pour que son œuvre se fasse. L'église locale est nécessaire, mais elle n'est pas une fin en elle-même — c'est le corps de Christ qui est la finalité.
- Concrètement, ce qui est donné sert au fonctionnement de l'église (le chauffage aussi, qui bénéficie à tous), aux pauvres, à l'évangélisation, et au soutien des ministères à plein temps.
- 1 Corinthiens 9:14 : « Le Seigneur a ordonné que ceux qui annoncent l'Évangile vivent de l'Évangile. »
- Aux frères et sœurs qui exercent un ministère sans être rétribués par leur Église et qui travaillent à l'extérieur : « Vous êtes courageux, quelquefois vraiment héroïques, et le Seigneur le voit. » Mais quand c'est possible qu'un ministre soit libéré pour se consacrer pleinement, c'est toute l'œuvre qui en bénéficie.
6. Notre expérience à la Porte Ouverte
- Le Seigneur n'a jamais laissé manquer de rien. L'équipe pastorale et le CA sont souvent émerveillés en regardant les comptes.
- Deux garde-fous : ne pas agir par incrédulité (qui empêcherait de faire ce que Dieu veut) et ne pas agir par témérité (qui ferait entreprendre ce que Dieu n'a pas demandé).
- Depuis Papa Jean et depuis soixante ans, aucun pasteur de l'église n'a acquis de patrimoine immobilier grâce à l'église. Les pasteurs de la PO ne sont pas devenus riches.
- Si un pasteur est riche parce qu'il a hérité ou parce qu'il l'était avant, cela ne pose pas de question biblique. Mais si c'est le ministère qui a rendu quelqu'un riche, cela pose question.
- Aux frères et sœurs qui suivent l'église par internet : « Nous n'avons pas développé internet pour que vous nous ameniez des sous. Si vous avez une église locale, c'est votre église locale que vous devez en priorité soutenir. »
7. Marcher par l'Esprit
- Marcher avec foi, sûr que Jésus prend soin de nous. Sans cette assurance, on garde la main crispée sur le portefeuille par peur.
- Rien ne nous appartient — pas même notre corps (1 Corinthiens 6:19). Tout appartient à Dieu. Ce qui est dans notre poche non plus.
- Si Dieu demandait un jour de tout donner, un chrétien mature peut le faire, parce que Dieu ne prend jamais pour laisser dans la détresse.
- On ne peut pas dire qu'on aime Dieu et refuser de lui consacrer quoi que ce soit. On ne peut pas dire qu'on aime le royaume de Dieu et refuser d'y mettre un sou.
Points à retenir
- Le vrai problème biblique n'est pas d'être riche ou pauvre, c'est d'être libre ou pas libre. Ce qui empêche de suivre Jésus est un obstacle, quel qu'il soit.
- Ce que Dieu regarde, ce n'est pas le montant total, c'est la qualité de l'intention. La veuve qui met deux petites pièces donne plus que les riches qui versent depuis en haut pour que ça fasse « gling gling ».
- La dîme n'est pas une obligation néotestamentaire. Le principe biblique pour l'Église, c'est : chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte, avec joie (2 Corinthiens 9:7).
- On met son argent dans ce qu'on aime. Donner à l'œuvre de Dieu, c'est simplement mettre ses finances dans ce qui a une valeur éternelle.
- Aucun sacrifice ne peut impressionner Dieu. Il possède tout, la terre est à lui. Ce qu'il regarde, c'est le cœur.
Application personnelle
- Quand tu regardes tes dépenses du dernier mois, dans quoi mets-tu concrètement ton argent ? Qu'est-ce que cela révèle de ce que tu aimes vraiment ?
- As-tu déjà donné à l'Église par contrainte, par culpabilité, ou par obligation légaliste — plutôt que « comme tu l'as résolu en ton cœur, avec joie » ?
- Quelle est ta relation à la peur de manquer ? Est-ce qu'elle bloque ta main, même quand ton compte le permettrait ?
- Si Dieu te demandait aujourd'hui de te séparer d'un bien précis pour le donner, saurais-tu le faire sans hésiter ? Qu'est-ce qui te retiendrait ?
- As-tu déjà été blessé dans une église par un enseignement manipulateur sur l'argent ? Qu'est-ce que Jésus voudrait te dire aujourd'hui pour te rétablir ?
Versets cités
- Matthieu 19:21
- Marc 12:41-44
- Actes 20:35
- 2 Corinthiens 9:7
- 1 Timothée 6:18-19
- Nombres 18:21
- Matthieu 23:23
- 1 Corinthiens 9:14
- 1 Corinthiens 6:19
Questions fréquentes
La dîme est-elle obligatoire pour les chrétiens aujourd'hui ?
Non. La dîme est le moteur économique du culte israélite dans l'Ancien Testament : elle sert à faire vivre la tribu de Lévi qui se consacre au service de la tente d'assignation (Nombres 18:21). Le Nouveau Testament ne l'établit à aucun moment comme une règle pour l'Église. Le principe néotestamentaire est différent : « Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Corinthiens 9:7). Cela ne veut pas dire donner moins. Beaucoup de chrétiens qui ont compris la liberté ont continué à donner autant, voire davantage — non plus par obligation légaliste, mais par amour et libéralité.
À qui est-ce qu'on donne vraiment quand on met une offrande dans le tronc de l'église ?
On donne au Seigneur, pour que son œuvre se fasse. L'église locale n'est pas une fin en elle-même : c'est une structure au service du corps de Christ, qui est la vraie finalité. Concrètement, cet argent sert au fonctionnement de l'église (dont chacun bénéficie, y compris pour le chauffage), au soutien des pauvres, à l'évangélisation, et à la libération des ministères pour qu'ils puissent se consacrer pleinement à l'œuvre. 1 Corinthiens 9:14 rappelle que « le Seigneur a ordonné que ceux qui annoncent l'Évangile vivent de l'Évangile ».
Que penser des prédicateurs qui promettent que Dieu bénira financièrement ceux qui donnent ?
Il faut garder du recul. Si on donne pour recevoir, ce n'est plus un don, c'est un troc. On donne parce qu'on aime, pas pour obtenir quelque chose en retour. Certains discours promettent aussi que tous les chrétiens devraient être riches et en bonne santé, mais cela ne correspond pas aux Écritures : l'apôtre Paul lui-même a connu la disette, et Jésus n'a même pas eu de quoi s'acheter un oreiller. L'enjeu biblique n'est pas d'être riche, c'est d'être libre — libre par rapport à l'argent, libre pour suivre Christ, libre pour aimer Dieu et son prochain.
pour prendre des notes et poser une question.


