Le couronnement du Roi : Barabbas libre, Jésus condamné

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Introduction

Le procès de Jésus devant Pilate, on l'a vu dans des centaines de tableaux, de sculptures et de films. On croit connaître l'histoire. Mais Jason Procopio nous rappelle qu'il est très facile de voir ce qui se passe dans Marc 15.1-20 sans vraiment voir ce qui s'y passe. Ce que Marc décrit ici, ce n'est pas d'abord une tragédie ni une trahison catastrophique. C'est un couronnement. C'est la manière dont Jésus-Christ, le roi de l'univers, accède à son trône, avec pour couronne des épines et pour trône une croix.

Plan du message

1. Le roi devant Pilate (v. 1-5)

  • Les chefs religieux ne pouvaient pas mettre Jésus à mort eux-mêmes sous l'occupation romaine, ils devaient présenter le cas au gouverneur Pilate.
  • Leur réaction n'est pas si étonnante : Jésus menaçait leur pouvoir, le temple, la loi, leur identité nationale, et ils se battent pour préserver tout cela, même s'il faut écraser la vérité.
  • Pilate ne se soucie pas du blasphème. Ce qui l'intéresse, c'est quelqu'un qui prétend être roi et qui pourrait menacer l'ordre romain.
  • Jésus reste silencieux. Il ne cherche pas à se défendre. Ce silence accomplit la prophétie d'Ésaïe 53:7 sur l'agneau muet devant ceux qui le tondent. Ce n'est pas de la faiblesse : son silence est de la souveraineté mise en œuvre.

2. Le roi échangé contre Barabbas (v. 6-15)

  • Pilate a l'habitude de relâcher un prisonnier à chaque Pâque. Il propose à la foule le choix entre Jésus, qu'il sait injustement accusé par jalousie, et Barabbas.
  • Barabbas est un meurtrier, coupable d'insurrection et de vol. Personne ne pensait qu'il était innocent, sa culpabilité ne faisait aucun doute.
  • La foule, excitée par les chefs religieux, réclame la libération de Barabbas et la crucifixion de Jésus. Ce n'est pas parce qu'ils manquent de preuves qu'ils refusent de croire, c'est parce qu'ils ne veulent pas croire.
  • Voici le centre du sandwich littéraire de Marc, l'Évangile en miniature : le coupable est libéré parce que l'innocent meurt à sa place.

3. Le roi reçoit sa couronne (v. 16-20)

  • Les soldats déjà brutaux mettent à Jésus un habit pourpre (la couleur royale), sur une chair déchirée par le fouet.
  • Ils tressent une couronne d'épines : une moquerie cruelle et douloureuse de la gloire d'une vraie couronne d'or.
  • Ils s'inclinent, crient « Salut, roi des Juifs », le frappent avec un roseau, lui crachent dessus. Ils se moquent, mais dans leur moquerie, ils l'identifient correctement sans le vouloir. Il est le roi.
  • Le péché se moque toujours de la souveraineté de Dieu avant de devoir s'y incliner. Chaque humiliation que Jésus endure fait partie de son couronnement.

4. Nous sommes dans chacun de ces personnages

  • Dans les soldats : Christ nous semble parfois risible, on a envie de se cacher derrière le silence quand les gens démontent notre foi avec des arguments qui paraissent brillants.
  • Dans la foule et les chefs religieux : leur rébellion est la nôtre. On veut tous être rois et maîtres de notre propre vie. Quiconque menace cette indépendance devient un ennemi.
  • Dans Pilate : laissés à nous-mêmes, on préfère faire ce qui est facile plutôt que ce qui est juste, pour maintenir l'ordre plutôt que pour dire la vérité.
  • Dans Barabbas : nous sommes tous coupables devant Dieu et libérés parce que le roi innocent a pris notre place. Mais être libéré implique d'admettre qu'on est coupable, et beaucoup n'arrivent pas jusque là.

5. Quel type de roi est ce Jésus ?

  • Sa royauté n'est comme aucune autre. Il a la victoire non pas en tuant mais en étant tué.
  • Sa couronne est une couronne d'épines. Son trône est une croix. Sa victoire n'est pas sur des nations ennemies mais sur le péché et la mort.
  • Il nous montre ce qu'est la vraie royauté : un amour qui se donne, une justice qui s'obtient par le sacrifice, une rédemption qui passe par la honte.
  • Il n'y a aucune bonne raison de refuser de suivre un roi comme lui, un roi qui s'est donné pour nous en premier, alors qu'il méritait déjà toute notre adoration.

Points à retenir

  • Marc ne veut pas d'abord attirer notre attention sur la souffrance physique de Jésus, beaucoup ont souffert autant physiquement. Il veut nous montrer que ce moment est le couronnement du vrai roi.
  • Le silence de Jésus devant Pilate n'est pas de la faiblesse mais l'accomplissement d'Ésaïe 53:7 et une expression de sa souveraineté.
  • Barabbas coupable libéré, Jésus innocent condamné : voilà l'essence même de l'Évangile en une seule scène.
  • On ne refuse pas Jésus par manque de preuves, on le refuse parce qu'on ne veut pas lâcher le contrôle de sa propre vie.
  • Face à un roi qui prend son trône en souffrant pour nous, on n'a aucune bonne raison de choisir autre chose que de le suivre.

Application personnelle

  1. Quand tu lis ce texte, dans quel personnage te reconnais-tu le plus aujourd'hui : les soldats moqueurs, la foule versatile, Pilate qui cède à la pression, ou Barabbas libéré ?
  2. Quelle est la « façon de vivre » ou la zone de contrôle que tu défends peut-être, comme les chefs religieux, contre l'autorité de Christ dans ta vie ?
  3. Où est-ce que tu ressembles à Pilate en ce moment, sachant ce qui est juste mais faisant ce qui est simple pour éviter les ennuis ?
  4. As-tu déjà tenu la vraie posture de Barabbas devant Dieu : tomber à genoux et lui dire « Aie pitié de moi car j'ai péché contre toi » ?
  5. Considère à nouveau ton roi cette semaine : ses épines, sa condamnation qui aurait dû être la tienne. Quelle bonne raison aurais-tu de ne pas te soumettre à un roi comme lui ?

Versets cités

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Questions fréquentes

Pourquoi Marc ne détaille-t-il pas la souffrance physique de Jésus comme le fait un film comme La Passion du Christ ?

Deux raisons principales, explique Jason Procopio. D'abord, Marc n'en avait pas besoin : il écrit son Évangile 20 à 30 ans après les faits, à des lecteurs qui vivaient encore sous l'occupation romaine et qui savaient parfaitement ce que représentait le châtiment corporel et la crucifixion. Ensuite et surtout, la souffrance physique n'est pas ce que Marc (ni aucun des évangélistes), veut nous faire contempler en premier. Beaucoup d'hommes ont physiquement souffert autant ou même pire que Jésus, et beaucoup de chrétiens ont souffert autant pour leur foi. Le centre du texte, c'est le couronnement du vrai roi.

Pourquoi la foule s'est-elle retournée si vite contre Jésus après l'avoir acclamé à son entrée à Jérusalem ?

C'est une idée reçue, précise Jason Procopio. Rien dans la Bible ne suggère qu'il s'agit des mêmes personnes. La scène devant Pilate se déroule dans la cour intérieure du palais royal, qui n'était pas immense, quelques centaines de personnes au maximum. Cette foule ne contenait donc pas toute la population de Jérusalem. C'était seulement une petite partie que les chefs religieux avaient réussi à monter contre Jésus.

Pourquoi Jésus reste-t-il silencieux devant les accusations de Pilate ?

Le silence de Jésus n'est ni de la faiblesse ni un manque d'arguments : c'est un choix. Ce silence accomplit la prophétie du Messie annoncée dans Ésaïe 53:7, où le serviteur souffrant est comparé à un agneau muet devant ceux qui le tondent. Comme le résume Jason Procopio, ce silence est de la souveraineté mise en œuvre : le roi accepte humblement les insultes et les accusations parce qu'il est venu pour cela.

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